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Le Miracle d'Héliane

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Das Wunder der Heliane

Das Wunder der Heliane
Le Miracle d'Héliane
Genre Opéra
Nbre d'actes 3
Musique Erich Korngold
Livret Hans Müller-Einigen
Langue
originale
allemand
Sources
littéraires
Die Heilige de Hans Kaltneker
Durée (approx.) 2h45
Dates de
composition
1923-1926
Création 27 octobre 1927
Staatsoper de Hambourg
Création
française
21 janvier 2026
Opéra national du Rhin (Strasbourg)

le Stadttheater de Hambourg en 1890 (détruit pendant la guerre 1939-45)

Le Miracle d'Héliane (Das Wunder der Heliane) opus 20 est un opéra en trois actes d'Erich Wolfgang Korngold[1] sur un livret de Hans Müller-Einigen d'après un mystère de Hans Kaltneker, intitulé Die Heilige. Composé entre 1923 à 1926, il est créé le au Stadttheater de Hambourg sous la direction de Egon Pollack.

Après la création à Hambourg, Le miracle d'Héliane a été joué sur douze scènes au cours des années suivantes, notamment à Vienne où il se heurte aux critiques et il ne trouve pas réellement son public[2].

En 1928, l'œuvre est présentée au Städtische Oper de Berlin sous la direction de Bruno Walter, où elle reçoit également un accueil négatif.

Elle continua néanmoins d'être largement jouée jusqu'à la montée du nazisme et la censure des œuvres de compositeurs juifs[3].

Un article de Brendan G. Carroll paru dans le New Grove, considère Das Wunder der Heliane comme le chef-d'œuvre de Korngold. Bien qu'il n'ait pas connu la même popularité que son précédent opéra, Die tote Stadt, plusieurs témoignages prouve qu'il suscitait beaucoup d'admiration au sein du milieu artistique. La soprano allemande créatrice du rôle-titre d'Ariadne aux Naxos, Lotte Lehman, déclarait par exemple que son enregistrement du célèbre air d'Heliane, « Ich ging zu ihm » figurait parmi ses préférés.

Mais comme l'ensemble de l'oeuvre lyrique de Korngold après son exil à Hollywood en 1938, l'opéra tomba dans l'oubli et ne fut pas repris durant les décennies de l'après-Guerre.

Ce n'est que depuis une trentaine d'années que ces musiques considérées comme dégénérées par les Nazis (entartete Musik) sont redécouvertes et les créations se succèdent sur les différentes scènes d'opéra[4].

lLa soprano Renée Fleming chante l'air d'Heliane « Ich ging zu ihm » aux BBC Proms, et fait figurer le titre dans son album « Homage, the Age of Diva » sorti en 2006[5]. Une série de représentations est également organisée au Royal Festival Hall de Londres en 2007, sous la direction de Vladimir Jurowski avec le London Philharmonic et les solistes Andreas Schmidt dans le rôle du Souverain, Michael Hendrick dans celui de l'Étranger et Patricia Racette dans le rôle-titre[6].

En 2010, l'oeuvre est créée au Pfalztheater de Kaiserslautern, sous la direction d'Uwe Sandner, avec un metteur en scène de Johannes Reitmeier, avec Sally du Randt (Heliane), Derrick Lawrence (Le souverain), Norbert Schmittberg (L'étranger),

En septembre 2017, une nouvelle production réalisée par David Bösch et dirigée par Alexander Joel, est représentée à l’Opéra des Flandres, à Gand et à Anvers, avec Ausrine Stundyte (Héliane), Tómas Tómasson (Le souverain), Ian Storey (L'Étranger)[7],[8].

En 2018, c'est au tour du Deutsche Oper de Berlin de donner plusieurs représentations dans une nouvelle mise en scène, de Christof Loy, avec Sara Jakubiak (Heliane), Josef Wagner (Le Souverain) et Brian Jagde, (l’étranger), Derek Welton (le geôlier) sous la direction musicale de Marc Albrecht[9]. Le label Naxos en sort un DVD[10].

La première américaine a eu lieu en 2019 au Bard College de New York, dans le cadre du trentième Festival annuel de musique de Bard. Leon Botstein dirige l'American Symphony Orchestra dans une mise en scène de Christian Räth avec Ausrine Stundyte (Héliane), Daniel Brenna (l'Etranger), Alfred Walker (Le Souverain), Nicholas Brownlee (le geôlier)[11].

La création française se déroule en janvier et février 2026 à l'Opéra national du Rhin de Strasbourg. Cette production est montée pour célébrer le centenaire de la composition de l'opéra. Elle est produite par le Nederlandse Reisopera et mise en scène par Jakob Peters-Messer. Robert Houssart dirige l'orchestre. Les décors, les lumières et la vidéo sont de Guido Petzold, les costumes de Tanja Liebermann et la chorégraphie de Nicole van den Berg. La distribution réunit Camille Schnoor (Héliane), Joseph Wagner (Le souverain), Ric Furman (L'étranger), Kai Rüütel-Pajula (La messagère), Damien Pass (le geôlier) et Paul McNamera (le juge aveugle[12].

Rôles, tessiture et distribution de la Première

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Rôle Voix Première,
(Chef d'orchestre : Egon Pollak)
Heliane soprano Maria Hussa
Le souverain, son mari (Der Herrscher) baryton Rudolf Bockelmann
L'étranger (Der Fremde ) ténor Carl Günther
le messager (Die Botin) alto Sabine Kalter
le portier (Der Pförtner) basse Hermann Markowski
le juge aveugle (Der blinde Schwertrichter) ténor Gunnar Graarud
le jeune homme (der junge Mann) ténor Jan Berlik
les six juges: Paul Schwarz, Hermann Siegel, Julius Gutmann, Peter Kreuder, Herbert Taubert, Arnold Greve
Les séraphins Olga Schramm-Tschörner, Franziska von Issendorf, Olga Wiese, Frieda Singler, Sophie Bock, Erna Homann, Janna Maria Balß
foule, militaires, porte-flambeaux, joueurs de fanfare, hommes d'église, jeunes guides d'aveugles, partisans. chœur

Instrumentation

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L'orchestre est composé de cent pupitres dont : quatre flûtes, deux hautbois, un cor anglais, trois clarinettes, une clarinette basse, deux bassons, un contrebasson, quatre cors, trois trombones, trois trompettes, un tuba, glockenspiel, xylophone, gong, tam-tam, triangle, caisse claire, grosse caisse, deux harpes, célesta, piano, orgue, harmonium, guitare, cordes.

Lieu : Un État totalitaire non identifié

Époque : Inconnue.

Le cruel souverain exerce son pouvoir sur le pays, mais souffre de ne pouvoir conquérir le cœur de son épouse, Héliane. Malheureux, il ne tolère pas le bonheur de ses sujets. Un jeune étranger, récemment arrivé, apporte la joie au peuple ; arrêté et condamné à mort, il sera exécuté à l'aube. Le souverain lui rend visite pour connaître les raisons de son geste. L'étranger implore sa clémence, mais le souverain reste inflexible. Il accepte cependant de le laisser libre pour sa dernière nuit. Après le départ de son époux, Héliane vient réconforter l'étranger dans sa cellule. En lui parlant et en prenant conscience de sa bonté, sa pitié et sa tristesse se muent en amour. L'étranger lui dit combien elle est belle et elle lui dévoile sa longue chevelure blonde. Puis, elle montre ses pieds nus et, enfin, se tient entièrement nue devant lui. Il demande à Héliane de se donner à lui pour sa dernière nuit, mais elle refuse et se rend à la chapelle pour prier pour l'Étranger. Le Souverain retourne dans la cellule et propose à Héliane de l'épargner si l'Étranger parvient à lui apprendre à l'aimer. Héliane revient, toujours nue. Elle est stupéfaite de trouver son époux dans la cellule. Fou de rage, il ordonne la mort de l'Étranger et le procès d'Héliane.

Le Souverain et son messager (également son ancienne amante, qu'il a repoussée) attendent l'arrivée du bourreau et des membres de la cour. Héliane sera jugée lorsque les six juges et le juge en chef aveugle arriveront. Le Souverain l'accuse d'adultère avec l'Étranger. Héliane ne peut nier s'être tenue nue devant lui, mais elle insiste sur le fait qu'elle ne s'est donnée à lui qu'en pensée. Le Souverain lui presse un poignard contre sa poitrine et lui dit qu'elle devrait se suicider. L'Étranger est amené pour témoigner, mais il reste muet, souhaitant rester seul quelques instants avec Héliane. Il l'embrasse, puis prend le poignard et se suicide, empêchant ainsi le Souverain de prouver qu'Héliane ment. Le Souverain renvoie l'audience et annonce à Héliane qu'elle sera jugée par Dieu : si elle est innocente, comme elle le prétend, elle devra ressusciter l'Étranger. Bouleversée, elle accepte de se soumettre à l'épreuve.

Une foule s'est rassemblée devant le palais du Souverain. Les Juges, accompagnés du Grand Juge, arrivent pour assister à la tentative d'Héliane de ramener l'Étranger à la vie. Le messager attise la colère de la foule au début de l'épreuve. Héliane pleure, elle refuse de mentir, avouant avoir aimé le jeune Étranger. Voyant ses larmes, le Souverain veut la sauver, mais à la seule condition qu'elle devienne sienne. Héliane, plus que jamais amère envers son époux, refuse cette ultime offre. La foule la traîne jusqu'au bûcher où elle va mourir. Soudain, un coup de tonnerre retentit, stupéfiant l'assistance. Presque aussitôt, des étoiles apparaissent dans le ciel et tous sont émerveillés de voir le corps du jeune Étranger se relever, transfiguré, du cercueil. Par miracle, il est vivant. Héliane s'échappe de la foule en stupéfaction et se jette dans les bras de cet Étranger qu'elle aime. Fou de rage, le souverain lui enfonce son épée dans la poitrine. L'Étranger bénit le peuple et bannit le souverain dont le pouvoir est brisé. Il prend Héliane dans ses bras. Unis par leur amour, ils s'élèvent vers le ciel.

Discographie et vidéographie

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  • Nicolai Gedda, Andreas Scholz, Anna Tomowa-Sintow, Gotthold Schwarz, Hartmut Welker, John David de Haan, et al. Conductor: John Mauceri, Berlin Radio Symphony Orchestra. 3x CD, DDD, Decca, partie des titres de l' Entartete Musik.
  • Annemarie Kremer (soprano), Ian Storey (tenor), Aris Argiris (baritone), Katerina Hebelková (alto), Nuttaporn Thammathi (tenor), Conductor Fabrice Bollon. Philharmonisches Orchester Freiburg, Opernchor du Théâtre de Friebourg, Freiburg Bach Choir. Enregistré dans la Rolf-Böhme-Saal, au Konzerthaus de Freiburg, Allemagne, 20–26 July 2017. Naxos
  • DVD: Sara Jakubiak (Helene), Brian Jagde (The Stranger), Josef Wagner (The Ruler), Okka von der Damerau (The Messenger), Derek Welton (The Doorman), Burkhard Ulrich (The Blind Judge), Gideon Poppe (The Young Man), Choeurs et Orchestre du Deutsche Oper Berlin, direction musicale: Marc Albrecht, (mise en scène: Christof Loy), 2018 Deutsche Oper Berlin, Naxos DVD and BD2019.

Références

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  1. Vincent Guillemin, « Le Miracle d’Héliane de Korngold à Gand », sur ResMusica, (consulté le )
  2. « Das Wunder der Heliane », sur Forum Opéra (consulté le )
  3. Eleonore Biezunski, « Musiques et musiciens interdits sous le IIIe Reich », sur Institut Européen des Musiques Juives, (consulté le )
  4. « "Le Miracle d'Héliane", nouvelle œuvre rare à l'affiche de l'Opéra du Rhin », sur France Musique, (consulté le )
  5. « Renée Fleming - The Age of the diva - Homage », sur www.forumopera.com (consulté le )
  6. (en) « Das Wunder der Heliane, Royal Festival Hall, London », sur The Independent, (consulté le )
  7. Laurent Bury, « KORNGOLD, Das Wunder der Heliane — Gand », sur Forum Opéra (consulté le )
  8. Vincent Guillemin, « Le Miracle d'Héliane de Korngold à Gand », sur ResMusica, (consulté le )
  9. Vincent Guillemin, « Le Miracle d'Heliane a eu lieu à Berlin », sur ResMusica, (consulté le )
  10. « KORNGOLD, E.W.: Wunder der Heliane (Das) [Opera] (.. - 2.110584-85 | Discover more releases from Naxos », sur www.naxos.com (consulté le )
  11. « Vérification de votre navigateur - reCAPTCHA », sur bachtrack.com (consulté le )
  12. Helene Adam, « Strasbourg : miracle à l’ONR avec la création française d’un chef d’œuvre méconnu de Korngold, « Das Wunder der Heliane » », sur Cult, (consulté le )

Liens externes

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