Dark Crystal

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Dark Crystal
Description de cette image, également commentée ci-après
Un Skeksès : SkekUng, le général et maître des Garthims.

Titre original The Dark Crystal
Réalisation Jim Henson
Frank Oz
Scénario Jim Henson
David Odell
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre fantasy
Durée 93 minutes
Sortie 1982

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Dark Crystal (The Dark Crystal en anglais) est un film américain de fantasy de Jim Henson et Frank Oz, sorti en 1982. Il se déroule dans un univers imaginaire à la faune et à la flore foisonnantes, dominé par deux peuples rivaux. Deux représentants d'un troisième peuple, plus frêle, se trouvent contraints d'entreprendre une quête pour sauver le monde. L'univers visuel est conçu en grande partie par l'illustrateur Brian Froud. Les personnages et créatures du film sont entièrement animés grâce à des marionnettes.

Le film reçoit un accueil partagé dans les médias à sa sortie, les critiques portant essentiellement sur son scénario tandis que les effets spéciaux sont appréciés. Dark Crystal est cependant un succès commercial en salles et remporte plusieurs prix. Il est considéré par la suite comme un classique du genre de la fantasy au cinéma.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Dans un monde appelé Thra, un gigantesque cristal, sorte de talisman gardé dans les profondeurs d'un château, accumule la lumière des trois soleils qui éclairent la planète pour la restituer sous forme d'énergie vitale aux êtres qui y vivent. Le cristal s'est assombri depuis mille ans : les UrSkeks, êtres semi-divins qui en avaient la garde, l'ont fait voler en éclats lors de la précédente grande conjonction — l'alignement cyclique des trois soleils — perturbant alors gravement l'ordre du monde, au point qu'eux-mêmes se sont divisés en deux races distinctes : celle des Mystiques (UrRus en version originale), êtres chevelus bons et paisibles au museau allongé, et celle des Skeksès (Skeksis en anglais), sortes de rapaces reptiliens hargneux et cruels.

Les Skeksès se sont emparés du château du Cristal pour jouir de son pouvoir amoindri et les Mystiques ont été contraints de se réfugier dans un vallon secret, loin du château. Survient alors une prophétie, émise par la gardienne des secrets Aughra, selon laquelle le pouvoir des Skeksès sera renversé et l'éclat du cristal restauré par un représentant de la race des Gelflings, êtres à l'allure elfique. Les Skeksès ne voyant pas d'autre solution que de les exterminer jusqu'au dernier, ils créent les Garthims, sortes de scarabées géants avec une lourde carapace, armés de pinces et conçus pour la razzia.

Un Gelfling réchappe à ce massacre : Jen, un jeune garçon, est sauvé par les Mystiques et élevé dans leur vallée par le maître lui-même. Celui-ci, mourant, lui révèle sa mission cruciale : retrouver l'éclat de cristal et guérir le cristal avant la prochaine grande conjonction. Commence alors sa quête, et la découverte de ce monde qu’il n’a encore jamais parcouru.

Il se rend d'abord chez Aughra, qui lui remet l'éclat peu avant d'être tuée par les Garthims. Jen s'enfuit et croise Kira, une autre survivante Gelfling, avec qui il fait le reste du chemin. Tous deux doivent se cacher des Garthims lancés à leur poursuite et s'orienter jusqu'au château du Cristal au milieu de la nature sauvage de Thra. Les Gelflings trouvent finalement un moyen de transport rapide sous la forme de montures géantes à longues jambes. Pendant ce temps, les Mystiques sont eux aussi en route pour le château, mais à une allure beaucoup plus lente. Arrivés au château, les deux Gelflings doivent éviter les Skeksès. Kira est capturée par les Skeksès et est sur le point d'être utilisée pour une expérience macabre, mais elle s'échappe de justesse. Ils s'aventurent dans les profondeurs de l'édifice afin de replacer le fragment dans le cristal. Dans l'intervalle, les Mystiques arrivent à leur tour au château du Cristal. Un combat s'engage entre Mystiques pacifiques et Skeksès agressifs, mais il ne pourrait qu'aboutir à leur annihilation mutuelle, car chaque blessure infligée à l'un apparaît également sur son correspondant de l'autre peuple. Enfin, les deux Gelflings parviennent à replacer le fragment dans le cristal. Les Mystiques présents fusionnent avec les Skeksès pour redevenir des UrSkeks et l'harmonie est restaurée sur Thra.

Personnages[modifier | modifier le code]

Marionnette utilisée pour le Mystique UrRu. Exposition Jim Henson au Musée national d'histoire américaine à Washington en 2006.

Les personnages cités ici sont les dix Skeksès ainsi que leurs pendants, les dix Mystiques. Chacun d'entre eux représente un côté d'un des anciens UrSkeks, le Mystique représentant le côté bénéfique et le Skeksès le côté maléfique. Ils ne sont plus que dix au début de l'histoire du film alors qu'originellement ils étaient dix-huit, mais ils ne pouvaient pas se reproduire car ils sont asexués, et les blessures que l'un peut recevoir rejaillissent sur l'autre. Ainsi, lorsque Jen blesse skekSil, le chambellan, la même blessure apparaît sur le corps d'urSol, l'alter-égo Mystique de skekSil. La mort de n'importe lequel des deux êtres, quelle qu'en soit la cause, provoque également la mort de son opposé, ainsi lorsqu'urSu, le maître Mystique et leur chef meurt, il en va de même pour son alter-égo maléfique skekSo, l'empereur des Skeksès.

Mystiques[modifier | modifier le code]

  • maître Mystique mourant : urSu
  • chanteur : urSol
  • numérologiste : urYod
  • cuisinier : urAmaj
  • gardien du rituel : urZah
  • guérisseur : urLm
  • herboriste : urNol
  • alchimiste : urTih
  • scribe : urArc
  • historien? : urUtt

Skeksès[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Skeksès.
  • Empereur Skeksès mourant : skekSo
  • grand prêtre : skekZok
  • chambellan : skekSil
  • général et maître des Garthims : skekUng
  • gourmet : skekAyuk
  • maître des esclaves : skekNa
  • ornementaliste : skekEkt
  • gardien des parchemins : skekOk
  • trésorier : skekShod
  • savant : skekTek

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Interprètes[1][modifier | modifier le code]

Voix anglaises[1][modifier | modifier le code]

Voix françaises[modifier | modifier le code]

Conception du film[modifier | modifier le code]

Jim Henson à la cérémonie des Emmy Awards 1989.

Idée originale[modifier | modifier le code]

Jim Henson découvre le travail de Brian Froud en 1976 et entame des démarches pour une possible collaboration avec l'artiste. L'année suivante, un accord est passé sur un projet de film[2].

Financement[modifier | modifier le code]

Jim Henson investit toute sa fortune personnelle dans la conception de Dark Crystal[3].

Création de l'univers[modifier | modifier le code]

Les Skeksès devaient à l'origine parler leur propre langue construite et les dialogues étaient sous-titrés. Cette idée fut cependant abandonnée car le public test trouvait qu'ils détournaient trop l'attention. On peut trouver certaines des scènes dans cette version dans les compléments de l'édition du film en DVD.

Les Mystiques devaient au départ s'appeler les UrRus. Il en reste une seule réminiscence dans le film. Lors de la scène de la Grande Conjonction, on peut en effet entendre dans la version originale un Skeksès qui les appelle de cette façon.

Animation[modifier | modifier le code]

Dark Crystal est un film techniquement atypique car il n'utilise pas les techniques classiques d'animation et apparaît bien avant l'avènement de l'animation numérique. Tous les personnages sont des marionnettes, aucun d'entre eux n'est un humain (excepté sur deux ou trois plans larges) ou un animal « maquillé ».

Pour le tournage proprement dit, Jim Henson recherche un mime capable d'animer les personnages et de diriger les chorégraphies de marionnettes, mais il n'en trouve ni aux États-Unis ni en Angleterre. En 1979, il entend parler du mime Jean-Pierre Amiel, qui vient de recevoir un prix au Festival international d'Edimbourg. Henson lui fait passer un casting en l'invitant à animer un Garthim (sorte de scarabée géant utilisé par les Skeksis). Aussitôt convaincu par le résultat, il engage Jean-Pierre Amiel ainsi que son épouse Claude[3]. Henson et Jean-Pierre Amiel font passer un casting à près de 1500 personnes et en retiennent une cinquantaine. Jean-Pierre Amiel consacre huit mois à former et entraîner ces mimes. Chaque personnage donne lieu à la conception d'un ensemble de mouvements, démarches et gestes, la directive de Henson étant que le résultat paraisse le plus naturel possible[3].

Les personnages les plus grands sont animés par plusieurs personnes qui doivent coordonner leurs gestes. Chaque Mystique est ainsi animé par cinq personnes cachées à l'intérieur de la marionnette et qui se coordonnent à l'aide de petits écrans de contrôle. L'animation des Mystiques mobilise à elle seule une cinquantaine de personnes[3].

Le tournage du film a lieu sur les plateaux des studios de Humpstead, au Royaume-Uni, dans la région de Londres. Tous les décors sont reconstitués à la taille naturelle, à l'exception du château pour lequel on utilise une maquette[3]. Outre l'animation des personnages principaux, la faune et le flore présentes dans chaque décor sont animés par des personnes cachées en-dessous[3]. Le tournage dure un an et demi[3].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

À sa sortie aux États-Unis, Dark Crystal reçoit un accueil mitigé dans les médias[4]. Dans le New York Times, Vincent Canby livre une critique défavorable au film, qu'il considère comme « du J. R. R. Tolkien dilué »[5]. S'il apprécie l'effort évident investi dans le film, il déplore un certain manque de lisibilité des images finales. Mais c'est envers le scénario qu'il se montre le plus critique, puisqu'il le juge « dépourvu de charme comme d'intérêt »[6].

En dépit de cet accueil initial variable, le film acquiert peu à peu une meilleure réputation, en particulier auprès des amateurs de la fantasy[7]. Dans les années 2000, il est considéré par les spécialistes de la fantasy comme un classique du genre au cinéma[8].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Produits dérivés[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Un roman a été tiré du film, écrit en 1982 par Anthony Charles H. Smith (en) aux éditions Henry Holt & Company, et traduit en français en 1983 aux éditions Presses de la Cité dans la collection Futurama Superlights (sans nom de traducteur). Jim Henson fournit à A. C. H. Smith le scénario du film, lui donne librement accès au tournage et à de nombreux dessins de production et ébauches préparatoires de l'univers, en vérifiant la cohérence entre l'univers du film et celui du roman mais l'autorisant à étoffer l'histoire. Henson surveille attentivement l'élaboration du roman, qu'il relit et annote[12].

Une série de romans pour la jeunesse formant une préquelle au film est publiée par J. M. Lee en 2016-2017, en deux tomes : Les Ombres du Dark Crystal (Shadows of the Dark Crystal) et Song of the Dark Crystal (pas encore traduit)[13].

Le film a été adapté en bande dessinée aux éditions Marvel aux États-Unis et publié en France aux éditions Lug dans un album à la couverture originale française de Jean Frisano[14]. Le scénario est signé David Kraft et les dessins de Bret Blevins[15].

Bande originale[modifier | modifier le code]

La musique originale de Dark Crystal a été rééditée en CD en 2007 pour le vingt-cinquième anniversaire du film, sur le label La-La Land Records. Elle comporte treize morceaux composés par Trevor Jones et interprétés par le London Symphony Orchestra, dirigé par Marcus Dods[16].

  1. The Dark Crystal Overture (3:11)
  2. The Power Ceremony (3:57)
  3. The Storm (1:03)
  4. The Mystical Master Dies (0:51)
  5. The Funerals/Jen's Journey (5:25)
  6. The Seksis' Funeral (2:42)
  7. The Pod Dance (3:14)
  8. Love Theme (3:17)
  9. Gelfling Song (2:22)
  10. The Gelfling Ruins (2:43)
  11. The Landstrider Journey (0:44)
  12. The Great Conjunction (4:13)
  13. Finale (7:14)

Durée totale : 00:40:56

Jeu vidéo[modifier | modifier le code]

Un jeu vidéo dérivé du film, The Dark Crystal, conçu par Roberta Williams, est sorti en 1983 sur disquette pour les ordinateurs Apple II et Atari 8-bit. Il s'agit d'un jeu d'aventure[17].

Postérité[modifier | modifier le code]

Le multi-instrumentiste canadien Devin Townsend a intitulé une chanson Skeksis en référence aux Skeksès, dans l'album Alien de son groupe de metal Strapping Young Lad.

Version restaurée[modifier | modifier le code]

Une version restaurée du film sort en France le 9 janvier 2019[3].

Suites[modifier | modifier le code]

Projet abandonné de suite au cinéma[modifier | modifier le code]

Une suite, appelée en anglais Power of the Dark Crystal avait été annoncée en 2009 par la Jim Henson Company. Ce film, qui aurait dû être réalisé par Genndy Tartakovsky, devait conter les aventures d'une mystérieuse fille de feu qui, avec l'aide d'un paria Gelfling, vole un éclat du Cristal légendaire dans le but de faire revivre le soleil mourant se trouvant au centre de la planète. Initialement prévu pour 2011[18], le film a été abandonné. Son scénario a été cependant repris et adapté en un comic également appelé Power of the Dark Crystal, par Simon Spurrier et Kelly et Nichole Matthews. Le comic est publié chez Archaia sa publication a commencé en février 2017.

Préquelle en série télévisée[modifier | modifier le code]

Le 18 mai 2017, Netflix révèle avoir commandé une série télévisée de 10 épisodes qui formeront la préquelle du film[19]. Il est indiqué que la série sera produite par la Jim Henson Company et que le tournage débutera durant l'automne 2017. Un teaser est mis en ligne le même jour[20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Article de Dominique Monrocq dans Starfix, date inconnue
  2. Page "Making of" du site officiel de The Dark Crystal. Page consultée le 18 février 2019.
  3. a b c d e f g et h “Dark Crystal” : on a retrouvé le Garthim (le quoi ?) du film culte de Jim Henson, article d'Isabelle Poitte dans Télérama le 9 janvier 2019 (entretiens avec Jim Henson et Jean-Pierre Amiel sur la conception du film). Page consultée le 18 février 2019.
  4. Von Gunden (1989).
  5. « watered down J.R.R. Tolkien »
  6. « It's without charm as well as interest. »
  7. Von Gunden (1989).
  8. Besson (2007), p. 129.
  9. Fiche du film Cristal oscuro sur le site Dara.bne.es (Biblioteca nacional de España). Page consultée le 18 février 2019.
  10. 'Cristal oscuro' recibe los primeros premios del Festival de Cine Imaginario de Madrid, article de Diego Galán dans El Pais le 27 mars 1983. Page consultée le 18 février 2019.
  11. Palmarès des BAFTA de 1984 sur Allociné. Page consultée le 18 février 2019.
  12. Page "Novelisations" du site personnel d'A. C. H. Smith. Page consultée le 18 février 2019.
  13. Fiche du cycle des Ombres du Dark Crystal sur le site NooSFere (consulté le 18 février 2019).
  14. [1]
  15. [2]
  16. (en) « Dark Crystal, The », sur soundtrack collector (consulté le 28 août 2015).
  17. Manuel du jeu Dark Crystal de Sierra Online (1982 aux États-Unis) sur le site officiel The Dark Crystal. Document consulté le 18 février 2019.
  18. Fiche du film sur IMDB
  19. (en) « Netflix Announces "The Dark Crystal: Age of Resistance," A Prequel Series to the Groundbreaking Jim Henson Film », sur Netflix Media Center (consulté le 21 mai 2017)
  20. « The Dark Crystal: Age of Resistance | Teaser | Netflix », (consulté le 21 mai 2017)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne Besson, La Fantasy, Klincksieck, coll. « 50 questions », .
  • (en) Vincent Canby, "Review: Henson's Crystal", dans Rosenthal, A. M (éd.), The New York Times, New York City (NY), 17 décembre 1982. (ISSN 0362-4331). [lire en ligne]
  • (en) K. Von Gunden, "The Dark Crystal : Other Worlds, Other Times", dans Flights of Fancy : The Great Fantasy Films, Jefferson, NC: McFarland & Company, 7 janvier 1989, p. 30–44. (ISBN 978-0-7864-1214-3).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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