Daphne Caruana Galizia

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Daphne Caruana Galizia
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 53 ans)
Bidnija (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Daphne Anne Vella
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
The Malta Independent (en), Times of Malta (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Œuvres réputées

Daphne Caruana Galizia, née Daphne Vella le à Sliema (Malte) et morte assassinée le à Mosta, est une journaliste d'investigation et blogueuse maltaise.

Elle accède à la notoriété pour ses enquêtes et révélations d'informations sensibles, notamment sur la corruption.

Elle est tuée le 16 octobre 2017 par l'explosion de sa voiture, qui avait été piégée[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Daphne Anne Vella est née le 26 août 1964 à Sliema, de Michael Alfred Vella et de Rose Marie Vella, née Mamo. Elle a étudié au couvent St. Dorothy à Mdina et au collège St. Aloysius à Birkirkara. Elle a fréquenté l'Université de Malte en tant qu'étudiante adulte et a obtenu un bachelor en archéologie en 1997.

Journaliste[modifier | modifier le code]

Journaliste depuis 1987, Daphne Caruana Galizia est chroniqueuse régulière au Times of Malta et rédactrice adjointe au Malta Independent, puis travaille pour le magazine Taste & Flair.

Blogueuse[modifier | modifier le code]

Daphne Caruana Galizia se lance ensuite dans la rédaction d'un blog controversé et très populaire à Malte, dans lequel elle attaque différentes personnalités maltaises. En 2013, elle est arrêtée pour ne pas avoir respecté le devoir de réserve la veille des élections générales, mais elle est relâchée peu après. En 2016, elle publie des informations sur l'implication de Konrad Mizzi et Keith Schembri dans le scandale des Panama Papers. Politico la décrit alors comme une « croisée contre le manque de transparence et la corruption à Malte »[2], la classe comme une des « 28 personnalités qui font bouger l’Europe », la décrivant comme « un WikiLeaks entier en une seule femme, en croisade contre le manque de transparence et la corruption à Malte »[2],[3]. Elle enquêtait également sur les Malta Files.

En 2017, elle prétend que l'entreprise maltaise Egrant, qui apparaît dans les Panama Papers, appartient à l'épouse du premier ministre Joseph Muscat. Elle avait notamment accusé l’épouse du Premier ministre, Michèle Muscat, d'avoir ouvert un compte au Panama pour y abriter des pots-de-vin versés par l'Azerbaïdjan, en échange de l'autorisation donnée à une banque azérie de travailler à Malte[4]. Ce scandale entraîne la tenue de nouvelles élections, qui ne causent cependant pas la chute du gouvernement.

Elle est l'objet de plusieurs menaces (tentative d’incendie, chien égorgé ou encore voiture brûlée)[5].

Assassinat[modifier | modifier le code]

Daphne Caruana Galizia est tuée dans l'explosion de son véhicule le 16 octobre 2017, près de son domicile à Bidjina, alors qu’elle avait rapporté deux semaines auparavant avoir reçu des menaces de mort[6]. Le meurtre a lieu une demi-heure après qu'elle a publié un article sur son blog dans lequel elle a écrit « Il y a désormais des escrocs partout où vous regardez. La situation est désespérée » et a nominalement accusé d'escroquerie Keith Schembri (en), chef de cabinet du ministre de l’énergie[3], Konrad Mizzi.

Réactions[modifier | modifier le code]

Mémorial improvisé avec fleurs, bougies et hommages divers laissés au pied du monument du Grand Siège, devant le palais de justice de La Valette.

Le soir de sa mort, plusieurs milliers de personnes se réunissent pour une veillée funèbre[7]. Le lendemain, un rassemblement de quelques dizaines de personnes a lieu devant le tribunal de La Valette pour réclamer justice[7].

Divers politiciens maltais, certains ayant été accusés dans son blog, dénoncent ce qu’ils appellent « une attaque barbare » (Joseph Muscat) et « un meurtre politique » (Adrian Delia, dirigeant du parti nationaliste)[6]. La Commission européenne se dit horrifiée et réclame que justice soit faite[7]'[8]. Le Parti populaire européen se dit préoccupé par la situation à Malte concernant la lutte contre la corruption, l'évasion fiscale et la liberté de presse[8]. Pour Reporters sans frontières, cet assassinat « fait plus penser à la Russie de [Vladimir] Poutine qu’à l’Union européenne », où les meurtres politiques ou mafieux de journalistes sont « rarissimes »[7].

Funérailles[modifier | modifier le code]

Les restes de Caruana Galizia sont rendus à la famille le 27 octobre 2017 et des funérailles publiques ont lieu le 3 novembre 2017 à la rotonde Sainte-Marie-de-l'Assomption de Mosta avant un enterrement privé. La journée a été décrétée jour de deuil national à Malte[9]. Les funérailles ont été présidées par l'archevêque de Malte, Charles Scicluna, qui dans son homélie dit aux journalistes "de ne jamais se lasser de leur mission d'être les yeux, les oreilles et la bouche du peuple".

La présidente Marie-Louise Coleiro Preca et le Premier ministre Joseph Muscat n'ont pas assisté aux funérailles car la famille de Caruana Galizia avait exprimé qu'ils n'étaient pas les bienvenus. Le chef de l'opposition, Adrian Delia, n'y assista pas non plus. Parmi les participants de l'enterrement, il y eut : Silvio Camilleri, juge en chef de Malte ; Antonio Tajani, président du Parlement européen ; Harlem Désir, représentant de l'OSCE pour la liberté des médias ; Eddie Fenech Adami, ancien président de Malte (2004-2009) ; Lawrence Gonzi, ancien Premier ministre de Malte (2004-2013) ; et Simon Busuttil, ancien dirigeant du Parti nationaliste (2013-2017).

Enquête[modifier | modifier le code]

Le site de l'explosion se trouve au sommet de la route de Bidnija, aux limites de Mosta (coin supérieur droit).

Le soir du 16 octobre, le premier ministre Joseph Muscat ordonne aux forces de l'ordre maltaises de concentrer tous leurs moyens pour retrouver les assassins[7]. Il demande également l'aide du FBI, qui accepte d'envoyer des agents[7].

La famille de Daphne Caruana Galizia obtient que la magistrate qui aurait dû diriger l'enquête se récuse, car elle avait plusieurs fois été visée par les révélations de la blogueuse assassinée[4].

Le 21 octobre 2017, le gouvernement maltais promet une récompense d'un million d'euros à quiconque apporterait des informations permettant de résoudre le meurtre[10].

Le 4 décembre 2017, 10 personnes, toutes Maltaises, sont arrêtées par la police maltaise, après une enquête menée en collaboration avec le FBI, Europol et la police finlandaise[11]. Le 5 décembre, 3 d'entre-eux - Vincent Muscat et les frères George et Alfred Degiorgio - sont accusés d'avoir fabriqué la bombe, sont inculpés et maintenus en détention[12].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Mariée à un avocat, elle est mère de deux fils[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Baptiste Chastand, « À Malte, une blogueuse renommée assassinée dans l'explosion de sa voiture », sur lemonde.fr, (consulté le 16 octobre 2017).
  2. a et b « Daphne Caruana Galizia - Politico », (consulté le 17 octobre 2017).
  3. a et b « Journaliste assassinée à Malte : « C’est une guerre contre l’Etat et le crime organisé », écrit son fils », sur lemonde.fr, (consulté le 18 octobre 2017).
  4. a et b « Malte sous le choc après l’assassinat d’une journaliste d’investigation », sur rfi.fr, (consulté le 18 octobre 2017).
  5. a et b François de Labarre, « L'ombre de la mafia plane sur Malte », Paris Match, semaine du 26 octobre au 1er novembre 2017, pages 56-61.
  6. a et b (en) Juliette Garside, « Malta car bomb kills Panama Papers journalist », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne).
  7. a, b, c, d, e et f « Malte réclame justice après l’assassinat de la journaliste Daphne Caruana Galizia », sur ledevoir.com, (consulté le 18 octobre 2017).
  8. a et b « Après l'assassinat d'une journaliste à Malte, l'UE est sous le choc », sur rfi.fr, (consulté le 18 octobre 2017).
  9. « A Malte, des proches et des anonymes se pressent à l’enterrement de Daphne Caruana Galizia », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  10. « Assassinat de Daphne Caruana Galizia : le gouvernement maltais promet une récompense », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  11. « Malte : 10 arrestations dans l'enquête sur l'assassinat d'une journaliste », sur liberation.fr, (consulté le 4 décembre 2017)
  12. « Malte: 3 inculpations dans l'enquête sur l'assassinat d'une journaliste », sur lepoint.fr, (consulté le 6 décembre 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]