Danses polonaises

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Les danses polonaises sont des danses, nationales ou populaires, qui se cristallisent en Pologne au XVIIe siècle : la polonez (la polonaise), la krakowiak (la cracovienne), la mazur (la mazur), la kujawiak (la kujawiak) et l'oberek (l’oberek).

Polonaise[modifier | modifier le code]

Origines et pas[modifier | modifier le code]

La polonaise est une danse originaire de la cour de Pologne de rythme ternaire modéré. Elle a un caractère processionnel et majestueux. Son origine semble remonter aux cérémonies de cour du XVIe siècle. Les premières polonaises ressemblent peu à la danse du XIXe siècle, qui se caractérise par un rythme ternaire, des phrases débutant sur le premier temps de la mesure et la répétition de brefs motifs rythmiques.

Frédéric Chopin et ses polonaises[modifier | modifier le code]

La polonaise est strictement associée à Frédéric Chopin, l’un des pianistes les plus connus polonais du XIXe siècle et un grand compositeur de musique romantique. Dans ses polonaises, il en appelle aux traditions de la danse noble du XVIIe siècle.

Les polonaises de Chopin présentent un caractère grandiose, pleines de noblesse et le compositeur y insère toutes les acquisitions du domaine de l’écriture pianistique pour montrer le passé de la Pologne nobiliaire. Il s’éloigne de la musique de danse en y introduisant des éléments dramatiques et monumentaux. Il opère les mêmes changements dans les mazurkas, en abandonnant ce modèle de musique populaire, bourgeoise et aristocratique, pour aboutir à une petite pièce lyrique de concert. Non seulement les traditions musicales, mais aussi les traditions littéraires viennent influer sur le style national de Chopin. Le milieu intellectuel polonais a certainement enflammé l’imagination du jeune Chopin en lui apportant des tendances patriotiques, des opinions concernant la situation historique de la Pologne, en créant chez lui une attitude sentimentale qui a laissé des traces dans toute son œuvre.

Krakowiak[modifier | modifier le code]

Origines et pas[modifier | modifier le code]

La cracovienne est une danse folklorique, née à Cracovie, une ville située au sud de la Pologne. Son origine remonte à la fin du XVIIIe siècle. Elle est considérée comme une danse nationale. C’est une danse à deux temps, de tempo vif avec des rythmes syncopés. Sa chorégraphie est une succession de cercles qui se font et se défont pour donner les lignes d’un carré, des diagonales et des étoiles. La cracovienne est la seule danse nationale qui n’est pas à ¾.

Milieu[modifier | modifier le code]

Au début, la cracovienne était connue comme une danse paysanne. Avec le temps, elle est aussi devenue populaire parmi la bourgeoisie et la noblesse. Enfin, elle s’est répandue dans toute la Pologne. Ce qui caractérise la cracovienne, ce sont les habits de couleurs vives qui apportent charme et beauté dans cette danse. Dans la musique folklorique, la cracovienne commence par une « przyśpiewka », qui est une courte chanson folklorique de circonstance ; on la chante le plus souvent pendant la noce.

Répertoires traditionnels[modifier | modifier le code]

La cracovienne est la plus célèbre en Petite-Pologne, d’où elle vient. Dans cette région, dans le passé, beaucoup de danses qui avaient les mêmes tempos et rythmes que la cracovienne, ont porté différents noms indiquant soit leur lieu d’origine, par exemple le proszowiak qui vient de Proszowice, le skalbmierzak de Skalbmierz, ou la façon de danser : suwany,mijany, przebiegany, etc. La cracovienne suwany se réfère au pas glissé. Dans la cracovienne mijany, il s’agit pour les partenaires de passer d’un couple à l’autre. Par contre, les pas chassés de la cracovienne przebiegany rappellent le cheval au galop.

Kujawiak[modifier | modifier le code]

Origines et pas[modifier | modifier le code]

La kujawiak vient de Couïavie, une région située au nord de la Pologne. Le nom « kujawiak » est apparu pour la première fois en 1830. Elle a été la plus connue à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.

La kujawiak est une danse nationale polonaise plus lente, à pas marchés. Sa mélodie, d’expression lyrique, présente un mouvement balancé. Ce qui caractérise cette danse, c’est un changement de tempo progressivement de très lent jusque très rapide, en gardant la même mélodie. La mesure est à ¾ comme dans le cas de la mazur.

Similitude avec les autres danses

Il y a beaucoup de ressemblances entre la kujawiak et d’autres danses polonaises comme : la mazur et l’oberek. On peut entendre le même rythme mais le tempo est lent et la mélodie augmente progressivement.

Oberek[modifier | modifier le code]

Origines et pas[modifier | modifier le code]

Le nom « oberek » tire son origine de la façon de danser en tournant. Elle consiste en une suite de rotations d’un danseur autour d’une danseuse dans la première mesure, et dans la deuxième mesure, c’est l’inverse. C’est pourquoi, elle ne porte pas le nom d’une région comme dans le cas de la cracovienne et kujawiak. Souvent, l’oberek est nommé aussi l’obertas ou l’ober.

L’oberek est une danse paysanne, populaire dans toute la Pologne. C’est une danse rapide, de tempo vif à trois temps. Elle comporte un rythme très accentué, marqué par les battements de pied des danseurs sur le sol. Le tempo d’oberek se transforme en tempo impétueux.

Mazur et Mazurek[modifier | modifier le code]

Différences[modifier | modifier le code]

La principale différence entre la mazur et la mazurka (appelée mazurek en polonais) est le fait que la première est une danse et la deuxième est une forme musicale. La mazur est une danse à ¾ dont le rythme, avec ses accents introduits sur le deuxième ou le troisième temps de la mesure, est caractérisée par une grande liberté. Elle comporte des pas glissés avec un rythme pointé. La mazurka, en revanche, occupe une place importante dans l’œuvre de Chopin.

C’est une forme musicale qui s’appuie sur une des trois danses : mazur, kujawiak ou oberek.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire encyclopédique de la musique, sous la direction de Denis Arnald, Robert Laffont, Université d’Oxford, tome II
  • Encyclopédie de la musique, Fasquelle, tome III, Paris 1961
  • La Musique, Les hommes, les instruments, les œuvres, Librairie Larousse, tome I-II, Paris 1965
  • Leksykon, Taniec w polskiej tradycji, Grażyna W. Dąbrowska, Wyd. MUZA SA, Warszawa 2005/2006

Liens externes[modifier | modifier le code]