Daniel Steibelt

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Daniel Steibelt
Description de l'image Daniel Steibelt.jpg.
Naissance
Berlin, Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Décès
Saint-Pétersbourg, Drapeau de la Russie Russie
Activité principale Compositeur, pianiste
Lieux d'activité Paris, Londres, Saint-Pétersbourg

Daniel Steibelt est un compositeur et pianiste virtuose allemand, né à Berlin le et mort à Saint-Pétersbourg le [1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Son instruction musicale, commencée avec son père, facteur de pianos, put être perfectionnée, grâce au prince héritier de Prusse, Friedrich Wilhelm, auprès de Johann Philipp Kirnberger, un des grands pédagogues berlinois. Pour des "erreurs de jeunesse" dont on ne connaît pas la teneur, Steibelt fut placé comme soldat par son père. Point fait pour l'état militaire, il déserta et dut fuir la Prusse en 1784[1]. Commencèrent alors des années de voyage. Dès 1787, ses trois sonates pour piano avec accompagnement de violon op.1 furent publiées à Paris, chez Boyer. En 1788, il publia à Munich trois sonates pour clavecin avec accompagnement de violon ; en 1789, il parcourut la Saxe, se produisit à Dresde, poursuivit vers Hanovre, et atteignit Mannheim. Au début de 1790, il s'installa à Paris : il y acquit une grande célébrité en tant que pianiste virtuose, et spécialement grâce à une sonate intitulée la Coquette, qu'il composa pour la reine Marie-Antoinette. Il connut également le succès avec son opéra Roméo et Juliette créé au Théâtre Feydeau le 10 septembre 1793.

En 1796, il quitta Paris pour Londres[1], où il se maria avec une excellente exécutante au tambourin. Il est possible mais non prouvé que ce départ soit lié à sa kleptomanie et son peu de scrupules en affaires (il vendit comme neuves des partitions déjà publiées et à peine modifiées). À Londres, il attira l'attention du public par ses talents de pianiste. En 1798, il composa son Concerto n° 3 en mi bémol qui contient le fameux Rondo pastoral, avec une scène d'orage, composition qui lui assura une grande renommée. L'année suivante, il entama une tournée en Allemagne et, après s'être produit favorablement à Hambourg, Berlin (après que son père eut réussi à le faire radier de la liste des déserteurs), Dresde et Prague, il arriva fin mars 1800 à Vienne, où il fut confronté à Beethoven dans une joute musicale au piano[2]'[3]. Selon le témoignage postérieur et sujet à caution de Ferdinand Ries (il n'était pas présent lors de l'événement), il y aurait perdu la face, Beethoven ayant improvisé de manière magistrale sur un thème de Steibelt après avoir posé une partition de ce dernier à l'envers sur le pupitre. Après cette aventure malheureuse, il aurait juré de ne jamais retourner à Vienne tant que Beethoven y aurait été. Cette anecdote, mal documentée à l'époque des faits, a beaucoup contribué, de façon très injuste, à jeter le discrédit sur Steibelt et sa musique.

En août, Steibelt revint à Paris, où il dut reconquérir les faveurs du public et se refaire un nom. Ayant apporté la partition de l'oratorio La Création de Joseph Haydn, il demanda au vicomte de Ségur de lui en versifier le livret en français, auquel il adapta la musique. Steibelt tenait la partie de clavier lors de la première exécution parisienne de l'oratorio, le [2] à l’Opéra, le soir où Bonaparte Premier Consul échappa de peu à la « machine infernale » royaliste en se rendant à ce concert. Steibelt venait de publier sa « Grande Sonate pour piano dédiée à Madame Bonaparte »[2].

Après la signature de la paix d'Amiens, Steibelt retourna à Londres (été 1802), d'où il revint à Paris à l'automne 1805. Le , Napoléon et Joséphine assistèrent à la création de son "intermède musical" La Fête de Mars, destiné à célébrer le retour de l'Empereur après la campagne conclue victorieusement à Austerlitz. En octobre 1808, alors que les répétitions de son opéra La Princesse de Babylone venaient de commencer, il quitta Paris pour aller tenter sa chance à la cour de Russie, où il arriva au printemps 1809, après avoir donné en route des concerts à Francfort, Leipzig et Dresde. À Saint-Pétersbourg l'empereur de Russie Alexandre Ier le nomma son maître de chapelle en 1810 où il succéda à Boïeldieu[1]'[2]. Après que l'armée napoléonienne eut été forcée de battre en retraite à l'automne 1812, Steibelt composa La destruction de Moscou, œuvre pour piano dans laquelle il fait entrer les Français à Moscou sur l'air de Malbrough-s'en-va-t-en-guerre (Beethoven utilisera ce même thème en 1813 pour caractériser les Français dans La Bataille de Vitoria) et les fait se plaindre de leur défaite au son de la Marseillaise en mode mineur.

C'est à Saint-Pétersbourg que Steibelt vécut jusqu'à sa mort[2].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Outre ses compositions pour la scène, Steibelt a écrit un grand nombre d'œuvres pour le piano-forte. Son jeu, très brillant, n'atteignait peut-être pas le niveau exceptionnel de ses contemporains Joseph Woelfl, Johann Baptist Cramer et Muzio Clementi ; cependant, il possédait un réel talent et sa réputation n'était pas surfaite. Hanon dans son livre Le pianiste virtuose assure que Steibelt faisait frissonner son public lorsqu'il exécutait le trémolo au piano.

I)Sonates pour piano solo (p) accompagné ou non d'un violon (vn)

-3 sonates op 1 (piano et violon) -1 sonate sans opus (piano-1790) -3 sonates op 2 : en ré et en si pour piano(p) et violon(vn) en lab pour piano (pn) -3 sonates op 4 :la et mib (p et vn), lab (p) -3 sonates op 6:en la (p+vn), en lab et mib (p) -2 sonates sans opus en ré et do (p) -sonate "la coquette" op 6 ou op9 suivant les éditions (1791) -3 sonates op 7 :en fa,mib et mi (p) -2 sonates op 8 : en mi mineur, ré (p+vn) -6 sonates op 11 : en si, la, ré, mib,do,fa mineur (p+vn) -2 grandes sonates op 15 :sol mineur ,lab (p. solo) (1793) -2 sonates op 16 :en fa et mib (p) -3 sonates op 18 :en sol (p) en do et si (p+vn) -3 sonates op 19: en mib,fa,sol mineur (p) -Sonate op 23: en sol mineur (p solo -1809) -Sonate op 25 :en sol (p) -2 sonates (p+vn -1796) -3 sonates faciles op 26 : en ré ,la ,fa (p+vn) -6 sonates op 27 :mi mineur , mib,si,do,mi,sol (p -1797) -6 sonates op 28 : (p solo -? ) -3 sonates op 29  :en mib, si, fa mineur (p solo) -Sonate op 30 : (p + vn) -Grande sonate op 32 :(p+ vn ) -4 sonatines op 33 :en do ,fa ,sol ,ré (p) -3 sonates op 33 pour p et vn -3 sonates op 35 pour p+ vn -3 sonates op 36 en fa,si, la (p+vn) -3 sonates op 37 en do,la,mib (p+vn) -3 sonates op 38 en en la,si,sol (p) -3 autres sonates op 38 en do,si,sol (p) -3 sonates op 39 en fa,si,la (p+vn) -3 autres sonates op 39 en lab,mib,fa (p) -3 sonates op 40 en la mineur, fa,ré (p+vn) -Sonate op 40 en mib (p ) -3 sonates faciles (p) -3 sonates op 42 en do,si,sol (p+vn) -3 sonates op 42 en ré,mib,la (p solo) -3 sonates op 43 (p) -Sonate op 44 (p+vn) -3 sonates op 45 en la ,si,ré (p+vn) -3 sonates op 46 (p+vn) -6 sonatines op 49 en do,si,sol,ré,mib,la (p) -6 sonates op 50 piano solo (p) -3 sonates op 51 en do,sol,fa (p) -3 sonates op 56 en la mineur,fa,do (p+vn) -Sonate op 57 pour piano (p) -Sonate op 59 "dédiée à Mme Bonaparte" en mib (piano solo -1808) -Sonate op 60 en mib (piano solo-1803) -Sonate op 63 en si (piano solo-1800) -Grande sonate op 64 en sol (piano solo-1809) -2 sonates op 65 en sol ,mib (p+vn) -Sonate op 65 pour piano solo -2 sonates op 66 en fa,la (piano solo -1809) -6 sonates op 67 pour piano et violon -3 sonates op 68 ou 75 en fa,sol,la (p+vn-1806) -2 sonates faciles en la et si -3 sonates op 69 pour piano et violon (1804) -3 sonates op 70 en sol,fa,la (piano-1808) -3 sonatines op 70 (p+vn) -3 sonates op 71 en sol,mib,si (p+vn) -3 sonatines op 72 en do,si,sol (p+vn -1809) -3 sonates op 73 en sol,fa,la (p+vn) -3 sonates op 74 mib,la, si (p+vn) -3 sonates op 75 en fa,sol,la (p+vn) -2 sonates op 75 en sol,mib (p) -3 sonates op 76 en la,sol,mib (p) -6 sonatines op 77 en sol,do,si,fa,mib,la mineur (p solo) -3 sonates op 79 en sol,fa,la (p+vn -1808) -1 sonate op 79 pour piano et violon? -Sonate op 80 en si pour piano et violon -3 sonates op 81 en la ,sol,mib (p) -1 sonate op 81 en si (p+vn) -Grande sonate martiale op 82 ou 88 en ré (piano solo-1811) -2 sonates op 83 en do,fa (p solo) -Sonate op 83 en mi (p+vn) -3 sonates op 84 en si,sol,mib (p) -Sonate op 84 en sol (p+vn) -2 sonates op 85 en do ,ré (p) -6 sonatines op 86 en do,sol,si, fa,mib,la mineur (piano solo ,idem op 77?) -Sonate op 87 en si (p+vn) -Sonate op 89 en sol (p+vn) -Sonate op 91 en do (p) -3 sonatines sans opus en do ,sol,la -Sonate périodique en si (p-1801)

II)Musiques diverses pour piano et musique de chambre

-16 sonates pour piano 4 mains -7 sonates pour 2 pianos -5 duos pour piano et harpe -9 sonates pour harpe accompagnée (violon,flute...) -1 sonate pour harpe solo -20 potpourris pour piano solo (dont 1 arrangé pour piano et orchestre) -36 valses, 36 bacchanales, ,12 divertissements pour piano accompagnés d'un triangle et un tambourin ad libitum -6 valses à 3 mains -des variations ,6 préludes en fantaisies,caprices,rondos,fantaisies, marches -des pièces descriptives pour piano telles "La grande bataille de Jemmappe et l'hymne des marseillais avec des variations pour le pianoforte" -50 études op 78 (p--1805)+ méthode de pianoforte (1805) -3 quatuors à cordes op 17 (1790) -3 quatuors à cordes op 49 (vers 1800) -65 sonates en trios pour piano ,violon/flute et violoncelle -2 quintettes pour piano et cordes op 28 en sol et en ré -quatuor pour piano et cordes op 51

III)Musique d'orchestre

-Ouverture en symphonie (1796) -Valses et marches -Concerto pour piano et orch.n°1 en do (1796) -Double concerto pour piano et violon en mi mineur n°2 (1796) -Concerto pour piano et orch.n°3 "l'orage" en mi (1798) -Concerto pour piano et orch.n°4 en mib (après 1798) -Concerto pour piano et orch.n°5 "la chasse" op 64 en mib (1802) -Concerto pour piano et orch.n°6 "le voyage au Mont St Bernard" (1816) -Concerto pour piano et orch. n°7 "dans le genre Grec" avec 2 orchestres en mi mineur(1816) -Concerto pour piano et orch. n°8 avec final choral "bacchanale" (1820) -Concerto pour harpe et orch.(1807)

IV) Chants

-30 chansons op 10 (1794) -6 romances (1798) -5 airs d'Estelle (1798)

V)Pour la scène

-Roméo et Juliette ,opéra,3 actes ,Paris (1793) -Albert et Adelaide,pasticcio,3 actes,Londres (1798) -Le retour de Zéphyre,ballet, Paris (1802) -Le jugement de Berger,ballet,Paris (1804) -La fête de Mars ,intermezzo, Paris (1806) -La pricesse de Babylone,opéra,3 actes,St Petersbourg (1812) -La fête de l'Empereur ,ballet,St Petersbourg (1809) -Der blode Ritter ,ballet,1810 -Les folie amoureuses,ballet (1810) -Cendrillon,opéra,3 actes (1810) -Le Jugement de Midas ,inachevé (1823)

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

  • Variations sur deux chansons populaires russes, Irina Ermakova, piano (Arte Nova ANO 516260, 1996)
  • Sonate en mi majeur, Hiroko Sakagami, piano (Hans Georg Nägeli, éditeur et compositeur, MGB CD 6193, 2002)
  • Grande Sonate en mi bémol majeur, dédiée à Madame Bonaparte, Daniel Propper, piano (L'Echo des batailles, Forgotten Records, fr 16/17P, 2012)
  • La Destruction de Moscou, une grande fantaisie, Daniel Propper, piano (L'Echo des batailles, Forgotten Records, fr 16/17P, 2012)
  • Grand concert pour la harpe, Masumi Nagasawa, harpe, Kölner Akademie, dir. Michael Alexander Willens (Ars Produktion, ARS 38 108, 2012)
  • Sonate en ut mineur, op.6 n°2, Anna Petrova, piano (Gega New, GD 362, 2013)
  • Etudes op.78 (n°50, 32 et 3), Anna Petrova, piano (Gega New, GD 362, 2013)
  • Grande sonate martiale, en ré majeur, op.82, Anna Petrova, piano (Gega New, GD 362, 2013)
  • Concerto en sol mineur, n°6, Le voyage au Mont St. Bernard, Anna Petrova, piano (Gega New, GD 362, 2013)
  • L'Orage, rondo extrait du 3e concerto, Anna Petrova-Forster, piano (Forgotten Records, fr 32P, 2015)
  • Rondo Les Papillons, Anna Petrova-Forster, piano (Forgotten Records, fr 32P, 2015)
  • Fantaisie et Variations sur deux thèmes russes, Anna Petrova-Forster (Forgotten Records, fr 32P, 2015)
  • Sonate en sol majeur, op.64, Anna Petrova-Forster (Forgotten Records, fr 32P, 2015)
  • Concertos n°3 ,5 et 7 ,Howard Shelley, Ulster Orchestra (Hyperion records ,The classical piano concerto)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Marc Honegger, Dictionnaire de la musique : Tome 2, Les Hommes et leurs œuvres. L-Z, Bordas,‎ 1979, 1232 p. (ISBN 2-04-010726-6), p. 1064
  2. a, b, c, d et e Dictionnaire de la musique : sous la direction de Marc Vignal, Larousse,‎ 2011, 1516 p. (ISBN 978-2-0358-6059-0), p. 1341
  3. Maynard Solomon, Beethoven, Fayard,‎ 2003, 570 p. (ISBN 978-2-2136-1305-5), p. 97