Daniel Leconte

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Daniel Leconte
Nom de naissance Daniel Leconte
Naissance
Oran, Drapeau de l'Algérie Algérie
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Producteur de cinéma
Producteur de télévision
Journaliste
Films notables Carlos
Site internet filmenstock.com

Daniel Leconte est un journaliste français, producteur de cinéma et de télévision, né le 7 janvier 1949 à Oran, en Algérie.

Carrière de journaliste[modifier | modifier le code]

Daniel Leconte a commence sa carrière en 1972 comme pigiste pour Politique Hebdo et Le Monde diplomatique. Envoyé spécial en Thaïlande en 1972 puis au Laos et au Cambodge en 1973 et 1974, il écrit plusieurs grands reportages sur le conflit indochinois. Il travaille ensuite pour le supplément du journal Le Monde avant d’intégrer le service étranger de la rédaction de Libération en 1979.

En 1980, il quitte Libération et travaille pour « Les après-midi de France Culture .Parallèlement, il coécrit Carnaval une fiction réalisée par Gérard Guillaume et produite par le Service de la Recherche de l'INA (1981). Il y joue le premier rôle masculin. La même année, il écrit Les pieds noirs, histoire et portrait d’une communauté, publié aux éditions du Seuil.

En juin 1981, il est intégré à la rédaction d'Antenne 2, d’abord au service société puis au service étranger. En 1982, il signe avec Jean Louis Saporito «  Refuzniks ou la liberté refusée », un film tourné clandestinement en URSS. Pour ce premier film, il obtient le Prix Bernard Lecache de la LICRA, (Ligue contre le racisme et l’antisémitisme) qui lui est remis par Alain Poher, Président du Sénat.

En 1983, il réalise «  Voyage à l’intérieur de la résistance polonaise », un film tourné clandestinement après l'état de siège décrété par le général Jaruzelski. Le film est diffusé dans « Résistances », le magazine des droits de l'homme de la rédaction d’Antenne 2. Il est dupliqué à plusieurs milliers d'exemplaires en Pologne par les militants antitotalitaires qui le font circuler sous le manteau et devient ainsi l'un des premiers films de la vidéothèque clandestine de Solidarność. En rétorsion, la junte polonaise refuse les visas à Antenne 2 pour le voyage historique du Pape Jean Paul II en Pologne.

En 1984, il réalise Les esprits sont tombés dans la boîte, un film tourné en Amazonie dans une tribu Yanomami, découverte par des missionnaires protestants américains au cours d’une expédition qui avait remonté l’un des affluents de l'Amazone en 1967.

Parallèlement à son activité de grand reporter au service étranger d'Antenne 2, Daniel Leconte présente les journaux télévisés. Le journal de nuit et Télématin d’abord. Puis les journaux de 13h et de 20h.

À partir de 1986, il produit et présente avec Jean-Claude Guillebaud « L'Histoire immédiate », la version télévisée de la collection des éditions du Seuil créée par Jean Lacouture. Seront adaptés entre autres pour le petit écran les livres de Jean Boissonnat et Michel Albert, d'Emmanuel Todd, Joël de Ronay et de Laurent Joffrin, etc.

En 1988, il obtient le Prix Albert Londres et le Prix Ondas pour La deuxième vie de Klaus Barbie. Il retrace le parcours en Amérique latine du bourreau de Jean Moulin, Régis Debray alors conseiller du Président Mitterrand à l'Élysée accepte de l’aider. Il convainc Alvaro de Castro l’ancien bras droit de Barbie et Gustavo Sanchez Salazar qui a arrêté Barbie de répondre à ses questions. Au cours de ce tournage, il obtiendra des documents inédits sur l’activité de Barbie qui vaudront à Gustavo Sanchez Salazar d’être convoqué à Lyon pour en dire plus aux jurés chargés de juger Klaus Barbie.

La même année, il réalise avec Jean Louis Saporito Entre deux mondes. Pour les besoins du film, il retrouve à New York, Paris et Jérusalem les personnages rencontrés à Moscou et à Leningrad au cours de son premier film : « Refuzniks ou la liberté refusée ». Au cours du tournage, il découvre que « Refuzniks ou la liberté refusée » a été falsifié par le KGB et présenté au public soviétique en 1984 comme un exemple de la façon dont les espions de l'étranger travaillent pour salir l'URSS et le communisme. Dans Entre deux mondes, il reprend des extraits du documentaire falsifié par le KGB pour démontrer à son tour les méthodes totalitaires de l'Union soviétique.

En 1988 toujours, Daniel Leconte présente avec Jean-Claude Guillebaud Les nouveaux Russes en direct de Moscou et en présence de Boris Eltsine notamment.

En 1989, il quitte la rédaction d'Antenne 2 et entreprend le tournage à Moscou de Le rêve perdu de Nicolas Kazakov, en coproduction avec le Studio Gorki. C’est la première coproduction entre la France et l'URSS soutenue par la nouvelle chaîne culturelle franco-allemande Arte.

En 1991, Daniel Leconte s’associe à Christophe de Ponfilly et Frédéric Laffont pour produire et réaliser « Zanzibar », un magazine mensuel de grands reportages diffusé sur France 3. Il y signe trois films «  Les amants de Tokyo Bay », « Tanger 36e parallèle » et « Qu’elle était verte ma campagne ».

En 1992, il est et engagé comme Directeur-adjoint de l’Information par Arte. Il créé le concept, produit et présente jusqu’en 1994 le magazine hebdomadaire « Transit ». Michel Polac et Daniel Cohn-Bendit éloignés des écrans depuis de longues années font leur retour sur le devant de la scène et signent une chronique hebdomadaire dans ce magazine. « Transit » est composé de nombreux reportages. Il signe personnellement l’un de ces grands reportages « Le Monde selon Bouddha » tourné à Dharamsala dans le Nord de l’Inde.

C’est dans « Transit » que le Dalaï Lama sera invité, ainsi que Salman Rushdie, qui cible d’une fatwa des mollahs iraniens pour avoir écrit Les versets sataniques viendra débattre publiquement avec Toni Morrison, Susan Sontag, Pierre Bourdieu, Jacques Derrida et Hans Enzensberger. Dans « Transit » encore que la montée de l’islam radical sera pour la première fois nommée. C’est dans « Transit » enfin que les parlementaires européens réunis à Strasbourg briseront l’isolement des combattants assiégés à Sarajevo et dialogueront en direct avec eux.

En décembre 1994, Daniel Leconte quitte Arte. Il créé « Doc en stock », il en devient le président-directeur général et producteur indépendant.

Doc en Stock[modifier | modifier le code]

En 1995, il créé le concept, produit et présente pour Arte« De quoi jme mêle ». La dernière émission de cette collection aura lieu en décembre 2011.

C’est une émission de documentaires suivis de débats sur des sujets d'actualité. «  Les années Carlos » en 1995, «  A quoi servent les hommes politiques ? », en 1997, «  La nuit algérienne » en 1998, «  Le singe, cet homme », «  Une enfance gay » «  United we stand » en 2001, «  La France est elle antisémite ? », et «  Le 11 septembre n’a pas eu lieu » en 2003 », «  Les hommes et les femmes sont-il faits pour vivre ensemble ? », «  Les esclaves oubliés », «  Pour en finir avec le communisme », «  Où sont passées les féministes ? », «  Ces droits de l’homme qu’on assassine », «, «  Le mâle du siècle », etc.

En 1998 pour une diffusion Arte, il réalise « Millau, un été meurtrier » et deux épisodes nouveaux de sa saga documentaire « Le rêve perdu de Nicolas Kazakov commencée en 1990 : « Lénine si tu savais » et « Le pope, le communiste et le manager ».

En 1999, Daniel Leconte créé FILM EN STOCK dont la mission principale consiste à produire des fictions et des films de cinéma. Producteur de fictions, Daniel Leconte a notamment porté à l’écran Princesse Marie de Benoît Jacquot avec Catherine Deneuve et Hans Bennent, La Ravisseuse d’Antoine Santana avec Isild Le Besco, Anémone et Grégoire Collin, Monsieur Max de Gabriel Aghion avec Jean Claude Brialy, Dominique Blanc, Guillaume Gallienne, Féodor Atkine, Jean Claude Dreyfus, Au crépuscule des temps de Sarah Lévy avec Yolande Moreau, Jean Claude Dreyfus et Féodor Atkine .

En 2001, il crée le concept, il produit et lance sur Arte une nouvelle collection : « L'enfance d'un chef». Six films de 52 minutes consacrés à des géants de l’histoire pour comprendre les cheminements personnels qui les ont conduits à changer l’histoire du monde : Margaret Thatcher, Deng Tsiao Ping, Ronald Reagan. Il réalise personnellement trois numéros de cette collection prestigieuse : Boris Eltsine, Fidel Castro et Juan Carlos.

En 2007, Il réalise C'est dur d'être aimé par des cons sorti en salles en sélection officielle du Festival de Cannes 2008 et au «  New York Film Festival ». Le réalisateur suit le procès intenté en 2007 contre le journal satirique Charlie Hebdo après la publication par ce dernier des caricatures danoises de Mahomet qui avaient prêté à polémique en 2005[1].

En 2010, il écrit l’idée originale et produit CARLOS mini-série événement, réalisée par Olivier Assayas, en sélection pour le festival de Cannes6. Carlos, salué par la critique a remporté le Golden Globe Award de la meilleure mini série à l'occasion de la 68e cérémonie des Golden Globe Awards à Los Angeles le 17 janvier 20117. Carlos sa également a reçu 2 nominations aux Emmy Awards américains 20118.

En 2011, Daniel Leconte a produit et réalisé Le Bal des menteurs nommé aux Césars 2012 dans la catégorie meilleur film documentaire, qui est consacré à l'affaire Clearstream.

En 2012, Daniel Leconte créé, produit et présente «  I LOVE DEMOCRACY » sur Arte. Un grand carnet de voyages à travers le monde pour rendre compte des grands rendez-vous démocratiques : Tunis, Athènes, La Havane, Washington, Oslo, Téhéran, Istanbul, Moscou, Berlin seront les étapes seront les étapes de cette grande série.

En 2013, il produit « REPAS DE FÊTE », une émission présentée par le chef du Ritz, Michel Roth.

En 2015, il produit et réalise avec Emmanuel Leconte « L'Humour à mort » en sélection officielle au Festival de Toronto et au Festival de Copenhague.

Critiques et controverses[modifier | modifier le code]

Les émissions de Daniel Leconte ont été accusées par Acrimed et la journaliste Mona Chollet de faire des amalgames douteux entre gauchistes, complotistes et antisémites[2],[3].

À propos du film sur l'affaire Clearstream Le Bal des Menteurs, plusieurs médias ont critiqué le fait que l'avocat de Clearstream Richard Malka soit le conseiller juridique du film[4],[5].

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Carnaval, 1980.
  • Refuzniks ou la liberté refusée, 1982.
  • Voyage à l’intérieur de la résistance polonaise, 1984.
  • Corse : Un dimanche pas comme les autres', 1984.
  • Les esprits sont tombés dans la boite, 1985.
  • L’Angleterre à l’heure de Madame Thatcher, 1986.
  • La deuxième vie de Klaus Barbie, 1986.
  • L’Afrique malade du Sida, 1987.
  • Entre deux mondes, 1989.
  • Le rêve perdu de Nicolas Vassiliévitch Kazakov, 1991.
  • Le palais des illusions
  • La passion selon Staline
  • Natacha, Tatiana et Lena
  • Les enfants de l’utopie
  • Les amants de Tokyo Bay, 1992.
  • Tanger, 36e parallèle, 1993.
  • Quelle était verte ma campagne, 1993.
  • Le monde selon Bouddha, 1993.
  • My name is Angie, 1994.
  • Klein : un cas allemand, 1995.
  • Les soldats de Dieu, 1995.
  • Les enfants du Bon Dieu ou La vie quotidienne au Vatican, 1995.
  • Bons baisers de Berlin, 1995.
  • Que la Reine sauve la BBC..., 1996.
  • To Beef or not to beef, 1996.
  • Les troubadours de l’info, 1997.
  • Scènes de classe en Bavière, 1997.
  • L’affaire Boeing, 1997.
  • Gouverner, c’est choisir ?, 1997.
  • Lénine si tu savais..., 1998.
  • Le pope, le communiste et le manager (2e partie)
  • Le Tsar, le docteur du tsar et l’espion, 1998.
  • 42, été meurtrier 1998 - Sélection FIPA 99
  • Avant la guerre, 1999.
  • Boris Eltsine, l’enfance d’un chef, 2001.
  • La faute à Lénine, 2001.
  • Que reste-t-il du rêve américain ?, 2001.
  • Afghanistan la guerre pour de vrai, 2002, coréalisé avec Damien Degueldre
  • Vous avez dit antisémite ?, 2003, coréalisé Barbara Necek
  • Fidel Castro, l'enfance d’un chef, 2004
  • C'est dur d'être aimé par des cons, 2008
  • Carlos, 2010
  • Le Bal des Menteurs, 2011
  • Le Grand Bal des Menteurs, 2011
  • Pasqua par Pasqua 2015
  • L’humour à mort 2015

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Au nom du Père, éd. NEB
  • Les pieds noirs, éd. du Seuil
  • Camus si tu savais..., 308 pages, éd. du Seuil, 2006, (ISBN 978-2-02-090764-4)

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Serge Kaganski, « Des caricatures à la kalachnikov, le long combat de Charlie contre les intégrismes tourne à la tragédie sanglante. C’est dangereux d’être détesté par des cons », lesinrocks.com, 7 janvier 2015 [1]
  2. Arnaud Rindel, Henri Maler, Arte et la théorie du complot : une émission de propagande de Daniel Leconte, Acrimed, 27 avril 2004.
  3. «De quoi j'me mêle!», ou quand Arte dérape, Le Courrier, 9 mai 2004.
  4. “Le grand bal des menteurs”, le docu qui refait le procès Villepin, Les Inrocks, 20 avril 2011.
  5. Procès Clearstream : « Le Bal des menteurs », par omission, Rue 89, 2 mars 2011.

Liens externes[modifier | modifier le code]