Dan Na Ambassagou

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Dan Na Ambassagou
Idéologie Aucune
Objectifs Défense des populations dogons
Statut Actif
Fondation
Date de formation Octobre ou décembre 2016
Pays d'origine Mali
Organisation
Chefs principaux • Youssouf Toloba
• David Tembiné
• Mamadou Goudienkilé
Membres Plusieurs centaines à 5 000[1],[2]
Guerre du Mali

Dan Na Ambassagou ou Dan Nan Amassagou (dogon : « les chasseurs qui se confient à dieu ») est un groupe d'autodéfense de chasseurs dogons, fondé en 2016 au Mali.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Dan Na Ambassagou est fondé au Mali vers octobre 2016[1] ou décembre 2016[3],[4], après l'assassinat de Théodore Somboro, qui dirigeait à l’époque la société des chasseurs dogons[1]. Il apparaît cependant au grand jour au cours de l'année 2018, dans un contexte de violences communautaires entre Peuls et Dogons[5],[6],[7].

Organisation, effectifs et commandement[modifier | modifier le code]

Le groupe rassemble des chasseurs traditionnels dozos de la communauté des Dogons[5],[6],[7]. Il est particulièrement actif dans le cercle de Koro, mais est aussi bien présent dans le cercle de Bankass, le cercle de Douentza et le cercle de Bandiagara[5],[8]. Le président du mouvement est David Tembiné[7],[8]. Le chef de la branche militaire est Youssouf Toloba, ancien membre de Ganda Koy et Ganda Izo[9],[8],[2]. Des querelles éclatent cependant au sein du groupe et en 2018 la branche dirigée par Youssouf Toloba reconnaît un autre chef politique : le capitaine Mamadou Goudienkilé, qui est désigné comme président de la coordination nationale du mouvement[2]. Le groupe revendique plusieurs centaines de combattants[1]. En décembre 2018, Youssouf Toloba affirme que Dan na Amassagou compte 5 000 hommes et possède une trentaine de camps d'entraînement[2].

En février 2018, Dan Na Ambassagou forme avec plusieurs autres milices du centre du Mali une coalition appelée la « Coordination des mouvements signataires et groupes d’autodéfense du centre », afin de participer au processus de désarmement[10]. Cependant, n'étant pas inclus dans l'Accord d'Alger de 2015, ces groupes ne bénéficient pas des subsides du désarmement financé par l'ONU[10].

Relations avec le gouvernement malien[modifier | modifier le code]

Le 7 juillet 2018, l'armée malienne tente sans succès de désarmer la milice à Kanou Kombolé[11]. David Tembiné déclare alors : Si l’Etat veut désarmer, il faut qu’il prenne ses responsabilités et assure au préalable la sécurité[11]. Le 8 juillet, le groupe déclare vouloir chasser tout représentant de l’État dans le Pays dogon[3].

Le gouvernement malien est cependant soupçonné d'avoir apporté un soutien à la milice[11]. Selon un rapport publié le 20 novembre 2018 par la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) et l'Association malienne des Droits de l’Homme (ADMH) De nombreux témoignages et individus bien informés font état d’un soutien logistique et financier apporté aux donzos par le gouvernement malien ou tout au moins par certains de ses membres. [...] Si les liens entre gouvernement et milices dogons restent à démontrer, il est en revanche plausible que les donzos aient été dans un premier temps utilisés par les FAMA, comme éclaireurs ou informateurs, avant de participer plus activement aux combats – avec ou sans l’aval de l’état-major militaire. Il semble probable également qu’ils bénéficient d’une certaine liberté de déplacement, voire d’une complicité de la part de l’armée malienne. De nombreux témoins disent avoir vu des donzos mener des opérations militaires aux côtés des FAMA[3].

Dan na Amassagou reconnait l'autorité du gouvernement malien et déploie le drapeau national malien dans les villages où il est présent[12]

Le 28 août 2018, un nouvel accord de paix est signé dans le cercle de Koro par 34 chefs de villages des communautés Peules et Dogons, mais il est aussitôt rejeté par l'aile militaire de Dan na Amassagou, qui désavoue l'aile politique du mouvement[13],[9].

Le 27 septembre 2018, Youssouf Toloba signe un accord de cessez-le-feu[14]. Le 2 octobre, la branche militaire de Dan na Amassagou s'engage à déposer les armes, lors d'une visite du Premier ministre malien Soumeylou Boubèye Maïga à Mopti[15],[8],[16]. Mais le 21 novembre, Moussa Togoun, un chef de la branche militaire dirigée par Youssouf Toloba annonce que Dan na Amassagou rompt le cessez-le-feu, ce qui est condamné par David Tembiné, le chef de la branche politique[14]. En décembre, Youssouf Toloba dément cependant avoir rompu le cessez-le-feu[2].

À partir de 2018, Dan na Amassagou est accusé par plusieurs associations de droits de l’homme et associations communautaires d'exactions et de massacres contre les communautés peules, ce que le groupe nie[2],[4].

Le , le gouvernement malien ordonne la dissolution de Dan na Amassagou, accusé d'être responsable du massacre d'Ogossagou[17]. Cependant Dan na Amassagou annonce qu'il refuse la dissolution[4],[18].

Vidéographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d « « Avant, nous étions des frères » | Exactions commises par des groupes d’autodéfense dans le centre du Mali », Human Rights Watch, (consulté le 10 janvier 2020)
  2. a b c d e et f Olivier Dubois, « Mali - Youssouf Toloba : « Notre mouvement cible les malfaiteurs, pas une ethnie » », Le Point, (consulté le 10 janvier 2020)
  3. a b et c FIDH et AMDH, « Centre Mali : les populations prises au piège du terrorisme et du contre-terrorisme », sur Fédération internationale pour les droits humains, (consulté le 10 janvier 2020)
  4. a b et c « Mali: qui est Dan Nan Ambassagou, la milice accusée du massacre d'Ogossagou? », RFI, 25 mars 2019. (consulté le 10 janvier 2020)
  5. a b et c « Mali: deux nouveaux groupes d’autodéfense voient le jour dans le centre - RFI », RFI, (consulté le 10 janvier 2020)
  6. a et b Morgane Le Cam, « Dans le centre du Mali, « c’est la souffrance, la fatigue et la peur qui nous ont poussés à fuir » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 10 janvier 2020)
  7. a b et c Célian Macé, « Mali : «Les Dogons nous accusent d’être complices des jihadistes» », Libération, (consulté le 10 janvier 2020)
  8. a b c et d Olivier Dubois, « Mali - Violences intercommunautaires : comment en est-on arrivé là ? », Le Point, (consulté le 10 janvier 2020)
  9. a et b Aïssatou Diallo, « Accord entre Peuls et Dogons au Mali : « Tout le monde ne veut pas la paix » », Jeune Afrique, (consulté le 10 janvier 2020)
  10. a et b Morgane Le Cam, « Au Mali, le difficile désarmement des milices », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 10 janvier 2020)
  11. a b et c Morgane Le Cam, « Au Mali, les liaisons dangereuses entre l’Etat et les milices », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 10 janvier 2020)
  12. Baba Ahmed, « Massacre d’au moins 154 Peuls au Mali : des sanctions qui peinent à convaincre », Jeune Afrique, (consulté le 10 janvier 2020)
  13. « Mali: les difficultés de l’accord de paix entre Dogons et Peuls de Koro - RFI », RFI, 6 septembre 2018. (consulté le 10 janvier 2020)
  14. a et b VOA avec AFP, « Un groupe de chasseurs dogons met fin à une trêve au centre du Mali », voa (consulté le 10 janvier 2020)
  15. « Mali: à Mopti, le Premier ministre assiste au dépôt d’armes d’un groupe dogon - RFI », RFI, (consulté le 10 janvier 2020)
  16. Boubacar Sidiki Haidara, « Jean Kassogue : « Si l’Etat prend ses responsabilités, Dana Ambassagou n’a plus intérêt à faire la guerre » », Journal du Mali, (consulté le 10 janvier 2020)
  17. « Massacre au Mali: IBK remplace son état-major et dissout la milice dogon », RFI, (consulté le 10 janvier 2020)
  18. « Mali: Dan Nam Ambassagou refuse sa dissolution demandée par les autorités - RFI », RFI, 28 mars 2019. (consulté le 10 janvier 2020)