Étienne Noël D'Amilaville

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Damilaville)
Étienne Noël D'Amilaville
Description de cette image, également commentée ci-après
Buste présumé d'Étienne Noël D'Amilaville, Marie-Anne Collot ; Musée du Louvre.
Naissance
Décès
Auteur
Mouvement encyclopédiste

Étienne Noël D'Amilaville est un fonctionnaire et homme de lettres français né en novembre 1723 et mort le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Il fut d'abord garde du corps du roi, puis Premier commis au bureau de l'impôt du vingtième ; cette fonction lui donnait le droit d'avoir le cachet du contrôleur-général des Finances pour affranchir la correspondance qui sortait de son bureau. Acquis aux idées philosophiques, il devint à partir de 1760 l'ami de Diderot, de d'Alembert et de Voltaire, et fit usage de son privilège pour faire parvenir à celui-ci toutes les nouvelles littéraires ou politiques et faire circuler lettres et pamphlets à l'abri de toute censure, notamment lors de l'affaire Sirven (1767).

Relations avec Voltaire[modifier | modifier le code]

D'Amilaville facilite les échanges avec d’autres alliés tels que Denis Diderot. De son côté, Voltaire lui confie ses émois à propos des affaires Calas, La Barre, Sirven et autres, il lui parle de ses plans, de ses campagnes en ne ménageant pas ses adversaires, lui adresse l'auteur du Christianisme dévoilé, publié sous le nom de Boulanger et actuellement attribué à d'Holbach[1].

Le combat pour l'athéisme[modifier | modifier le code]

Au sein du groupe constitué autour du baron d’Holbach, Étienne Noël D'Amilaville a joué un rôle qui n'a pas encore été éclairci : on lui a attribué, à tort, Le Christianisme dévoilé et l’Essai sur les préjugés. C'est dire assez que le personnage mérite sa place au sein du combat philosophique de pointe et l'on peut dire que, sur le plan de la pensée antireligieuse, il va bien au-delà des options que Voltaire affiche : c'est un athée radical. Ainsi, dans ses lettres à D'Alembert, Voltaire assigne à D'Amilaville comme caractère de « haïr Dieu, et de travailler à le faire haïr »[2]. Ces divergences n’empêchent pas les deux hommes d’unir leurs efforts au plus chaud de la campagne contre l’Infâme. La mort prématurée de D'Amilaville, écrit Voltaire à d'Alembert, le prive de l’un de ses plus ardents compagnons de lutte : « Je regretterai toute ma vie D'Amilaville. J'aimais l'intrépidité de son cœur. Il avait l'enthousiasme de Saint-Paul : c'était un homme nécessaire »[2].

Publications[modifier | modifier le code]

L'Encyclopédie[modifier | modifier le code]

D'Amilaville a signé deux articles de l’Encyclopédie : MOUTURE, vol. X (1765), p. 828a–829b et POPULATION, (Phys. Polit. Morale.), vol. XIII (1765), p. 88a–103b.

L'article VINGTIEME, imposition, (Econ. pol.), vol. XVII (1765), p. 855 [845a–890 [880]A], lui est attribué par Grimm en décembre 1768[3].

L'article Article PAIX, (Droit nat. politique. & moral.), vol. XI (1765), p. 768b–769a lui est parfois attribué sans fondement.

L'Honnêteté théologique[modifier | modifier le code]

L'Honnêteté théologique est un ouvrage publié en 1767, attribué à D'Amilaville par Grimm en décembre 1768.

« Damilaville fit, l'année dernière, un pamphlet intitulé l'Honnêteté théologique, pour venger Marmontel des attaques de l'absurde Riballier et de son aide de camp Cogé[4] ; c'est son meilleur ouvrage. Il nous le donna pour être de M. de Voltaire, et tout le monde le crut. En effet, il l'avait fait imprimer à Genève, et M. de Voltaire l'avait rebouisé. La première phrase, par exemple : « Depuis que la théologie fait le bonheur du monde », porte trop visiblement son cachet pour être d'un autre. Cogé lui-même, qui n'est pas le moins bête du troupeau des cuistres, y avait été trompé, et croyait être redevable de l’Honnêteté théologique à l'honnêteté de M. de Voltaire »

— Correspondance littéraire, philosophique et critique, 15 décembre 1768, en ligne.

Autres œuvres[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • Emmanuel Boussuge et Françoise Launay, « L’ami D’Amilaville », Recherches sur Diderot et sur l'Encyclopédie, 2014, n° 49, p. 25-41.
  • Emmanuel Boussuge et Françoise Launay, « Étienne Noël D'Amilaville (1723-1768) », Les collaborateurs de l'Encyclopédie, Édition Numérique Collaborative et Critique de l'Encyclopédie. Consulter en ligne.
  • Frank A. Kafker et Serena L. Kafker, « Damilaville, or D'Amilaville, Etienne-Noël (1723-1768), the author of articles on milling and demography and parts of the articles on the vingtième tax », The Encyclopedists as individuals: a biographical dictionary of the authors of the Encyclopédie, Studies on Voltaire and the Eighteenth Century, 257, Oxford, Voltaire Foundation, 1988, p. 84-88.
  • Christiane Mervaud, « La Logique du combat contre l'infâme. La correspondance de Voltaire et de “frère Damilaville” », Raison présente, 112, 1994, p. 4-25.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Sur cette controverse, voir Olivier Bloch et Geneviève Artigas-Menant, Voltaire et les manuscrits philosophiques clandestins, Paris, Sorbonne, , 466 p. (ISBN 978-2-84050-608-9, lire en ligne), p. 127.
  2. a et b Henri Delassus, La Conjuration antichrétienne, 1910, tome I, p. 63.
  3. Correspondance littéraire, philosophique et critique, 15 décembre 1768, en ligne.
  4. L'abbé François-Marie Cogé avait dénoncé le Bélisaire de Marmontel, et Riballier s'était chargé de le faire censurer.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]