Dalila Ennadre

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Dalila Ennadre
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Biographie
Naissance
Décès
Nom dans la langue maternelle
دليلة الندريVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Dalila Ibnou EnnadreVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Activités
Fratrie
Œuvres principales

Dalila Ennadre, née le à Casablanca (Maroc) et morte le à Paris (France), est une réalisatrice marocaine, connue pour ses documentaires sur la vie quotidienne au Maroc et ses portraits de femmes, et dont les œuvres ont été plusieurs fois primées.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dalila Ennadre est née le 12 août 1966 à Casablanca au Maroc. Elle grandit en France, chemin de Marvilles à Saint-Denis puis dans la cité des 4000 à La Courneuve. Son frère aîné, Touhami Ennadre, se passionne pour la photographie et devient artiste-photographe[1]. Elle arrête ses études à 16 ans, et de 1985 à 1996, elle séjourne successivement en Guyane, en Allemagne, au Maroc et au Québec. Pendant cette période, elle étudie le cinéma en autodidacte, et travaille comme chargée de production sur des séries TV ou des films de commande pour des institutions[2],[3].

Elle décide de se consacrer à la réalisation de films documentaires, souvent sur des thèmes issus de rencontres et tournant autour de la vie quotidienne au Maroc. En 1987, elle réalise un premier documentaire Par la grâce d'Allah, sur un meunier des montagnes marocaines, puis en 1994, Idoles dans l'ombre. De 1996 à 1999, elle intervient pour la société L'Yeux ouverts comme chargée de production et comme monteuse, notamment sur La Ballade des sans papiers en 1997, et Nous retournerons un jour en 1999. Cette même année 1999, elle revient à la réalisation[2],[3]. Elle commence notamment le tournage de El Batalett, Femmes de la médina, y dressant le portrait chaleureux de quelques femmes marocaines qui habitent le quartier pauvre de l'ancienne médina de Casablanca, où elle est née, ainsi que le portrait de leurs enfants et ados[4].

Les réalisations s’enchaînent ensuite dans les années 2000, dont La caravane de Mé Aïcha en 2003 sur la vie d'une poétesse dans le désert, Fama, une héroïne sans gloire en 2004 sur une militante démocratique, Je voudrais vous raconter en 2005 sur la réalité de la vie des femmes au moment de la réforme du droit de la famille, et J'ai tant aimé… en 2008 sur une ancienne prostituée de l'armée française[5].

En 2012, elle est également actrice dans un film de Brahim Fritah, Chroniques d’une cour de récré. Elle est en 2013 en résidence artistique à l'Espace 1789 de Saint-Ouen. Elle est ensuite de retour à l’ancienne médina de Casablanca pour tourner Des murs et des hommes[2]. Sa dernière œuvre est un documentaire consacré à Jean Genet, qui a vécu les dix dernières années de sa vie à Larache, et où il s'est fait enterrer, dans le vieux cimetière espagnol. Elle s'était vu attribuer en 2018 une aide du CNC pour cette réalisation[6],[7].

Elle meurt le des suites d'une longue maladie[6].

Quelques distinctions (non exhaustif)[modifier | modifier le code]

Les réalisations d'Ennadre ont été primées à plusieurs reprises. Dès 2002, le Grand Prix aux rencontres documentaires Traces de vies de Clermont-Ferrand et Vic-le-Comte est décerné à El Batalett, Femmes de la médina[8]. En 2009, son film J'ai tant aimé… reçoit le prix du meilleur documentaire du Festival de Cinéma Africain de Tarifa, en Espagne. Et en 2014, Des murs et des hommes est récompensé du Grand prix documentaire du Festival du cinéma maghrébin d'Alger, et du Grand Prix TV 2M au Fidadoc (festival international du film documentaire) d'Agadir.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Comme réalisatrice[modifier | modifier le code]

  • 1987 : Par la grâce d’Allah
  • 1994 : Idoles dans l’ombre
  • 1999 : Loups du désert
  • 2001 : El Batalett, Femmes de la médina[9],[10]
  • 2003 : La caravane de Mé Aïcha
  • 2004 : Fama, une héroïne sans gloire[11]
  • 2005 : Je voudrais vous raconter[12]
  • 2008 : J'ai tant aimé…[13]
  • 2014 : Des murs et des hommes[14],[15]
  • 2019 : Jean Genet, notre père des fleurs[7]

Comme actrice[modifier | modifier le code]

  • 2012 : Chroniques d'une cour de récré. Elle y interprète la mère.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Articles de presse[modifier | modifier le code]

  • Catherine Humblot, « Résistantes du quotidien », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Rédaction LM, « Le palmarès de Traces de vie », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  • Olivier Barlet, « Femmes de la médina – El Batalett - de Dalila Ennadre », Africultures,‎ (lire en ligne).
  • « Ce que j’ai enduré en banlieue m’a renvoyé à mes racines et m’a permis de découvrir que je venais d’une culture millénaire », Libération (Maroc),‎ (lire en ligne).
  • Claire Diao, « FCAT 2014 Festival de Cine Africano de Cordoba) : Dalila Ennadre parle du non-dit de la sexualité au Maroc », Courrier International,‎ (lire en ligne).
  • Nadir Dendoune, « La réalisatrice. franco-marocaine Dalila Ennadre est morte », Le courrier de l'Atlas,‎ (lire en ligne)

Webographie[modifier | modifier le code]