Désert (protestantisme)

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En référence à la traversée du désert de Moïse (et l’espoir de la terre promise), on désigne par désert la clandestinité des protestants restés en France pendant les persécutions religieuses, entre la révocation de l’édit de Nantes (1685) et l’édit de tolérance de Versailles (1787).

On qualifie ainsi du Désert les assemblées, baptêmes, mariages et sépultures effectués clandestinement, ainsi que les registres tenus par les pasteurs qui effectuaient ces actes.

Les registres du Désert, porteurs de noms de personnes pratiquant la « Religion prétendue réformée » (RPR), étaient itinérants comme les pasteurs qui les tenaient, et ne devaient pas tomber entre les mains des autorités civiles ou judiciaires. Beaucoup furent perdus, compliquant les recherches historiques ou généalogiques des familles protestantes.

On distingue deux périodes :

1685-1715[modifier | modifier le code]

La période est caractérisée par le départ forcé ou l’abjuration de tous les pasteurs, puis l’émergence des assemblées animées par des « prédicants », prédicateurs sans formation ni autre reconnaissance que celle des gens venus les écouter. La principale personnalité de ce premier Désert est l’avocat nîmois Claude Brousson, auteur des Lettres à l’Église de Dieu qui est sous la Croix invitant à se débrouiller sans pasteurs reconnus. La période s’achève, notamment en Vivarais et en Cévennes, avec des phénomènes extatiques ou charismatiques, et une révolte armée (les « Camisards ») unanimement condamnée par le reste du protestantisme, y compris français.

1715-1787[modifier | modifier le code]

Les pasteurs reviennent clandestinement en France et assurent une continuité. Sous la direction d’Antoine Court dans le Languedoc et de Jacques Roger dans le Dauphiné, les prédicateurs laïcs sont interdits, les « prophètes » déclarés hérétiques, les consistoires sont placés sous l’autorité des pasteurs. Ceux-ci ont une courte formation au séminaire théologique de Lausanne. Mais à partir de Louis XV, la tolérance gagne petit à petit et des lieux de culte plus réguliers apparaissent ici ou là.

En 1910, Frank Puaux et Edmond Hugues ont créé le « Musée du Désert » , établi dans la maison natale du chef camisard Pierre Laporte surnommé Rolland. Situé au cœur des basses Cévennes, au Mas Soubeyran, dans un hameau de la commune de Mialet à côté d’Anduze, il retrace cette période de l’histoire protestante française. Aujourd’hui, en commémoration de cette période de l’histoire du protestantisme français, se tient annuellement l’assemblée du Désert, au Mas Soubeyran.

Source[modifier | modifier le code]

  • La Revue Réformée.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • H. Bost – C. Lauriol (éd.), Entre Désert et Europe, le pasteur Antoine Court (1695-1760), Paris, 1998.
  • H. Bost, « Le Désert des Huguenots : une poétique de l’épreuve », Revue des sciences humaines 258 (2000), p. 177-206.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]