Dépendance aux médicaments

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La dépendance aux médicaments est une forme extrême d’addiction. Les médicaments psycholeptiques, particulièrement les narcotiques, les antidépresseurs, les neuroleptiques, les stimulants dopaminergiques et les benzodiazépines présentent un risque de dépendance physique et psychique[1]. Il s’agit de l'extrême difficulté ou de l'impossibilité pour un patient de baisser ou d'arrêter la prise d’un médicament ou bien de prendre une dose plus forte que celle prescrite afin d’obtenir l’effet souhaité[2]. On parle aussi de toxicomanie médicamenteuse[2]. Cet état peut être un résultat direct du traitement, dans le cas où l'apport bénéfique de la médication est plus importante que son effet addictogène; il peut cependant aussi résulter d'une utilisation abusive, détournée et récréative.

La toxicomanie médicamenteuse est une cause de mortalité souvent égale ou supérieure à la toxicomanie illégale dans les pays développés: les somnifères et anxiolytiques (bien que souvent mêlés à une consommation simultanée d'alcool) sont associés à une surmortalité de 320'000 à 507'000 personnes aux États-Unis en 2010, soit du même ordre de grandeur que le tabac (480'000 morts en 2010)[3].

De même, 49'000 Américains sont morts d'overdose aux opioïdes en 2017, dont la majorité avait découvert les narcotiques via des médicaments produits légalement par l'industrie pharmaceutique. Voir l'article Crise des opioïdes.

Toutefois, l'apparition d'une dépendance ne concerne généralement qu'une minorité de patients pour un médicament donné[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Publication de la Société française d'alcoologie, du Ministère délégué à la santé Paris, et de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie. Consulté le 14 décembre 2012.
  2. a et b M. Dematteis, « Addiction aux médicaments », sur https://sante.ujf-grenoble.fr/, Clinique de Médecine Légale et d'Addictologie CHU de Grenoble, Université Joseph Fourrier (consulté le )
  3. Kripke DF, Langer RD, Kline LE. Hypnotics’ association with mortality or cancer: a matched cohort study. BMJ Open 2012;2:e000850. doi:10.1136/bmjopen-2012-000850.
  4. Cheng-Fang Yen, Chih-Hung Ko, Yu-Ping Chang et Cheng-Ying Yu, « Dependence, misuse, and beliefs regarding use of hypnotics by elderly psychiatric patients taking zolpidem, estazolam, or flunitrazepam », Asia-Pacific Psychiatry: Official Journal of the Pacific Rim College of Psychiatrists, vol. 7, no 3,‎ , p. 298–305 (ISSN 1758-5872, PMID 25296384, DOI 10.1111/appy.12147, lire en ligne, consulté le )