Dépôt du Bachet-de-Pesay
| Dépôt du Bachet-de-Pesay | |
Vue du bâtiment administratif. | |
| Adresse | Route de La-Chapelle 1, 1212 Lancy |
|---|---|
| Coordonnées | 46° 10′ 28″ nord, 6° 07′ 52″ est |
| Ouverture | 1988 à 1992 |
| Surface | 53 500 m2 |
| Capacité | 125 tramways et bus (en 2011) |
| Lignes | Tramway : |
| Matériels | Tramways, autobus Matériel préservé de l'AGMT |
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Le dépôt du Bachet-de-Pesay est un dépôt de tramway et d'autobus des Transports publics genevois, situé à la route de La-Chapelle à Lancy, dans le canton de Genève en Suisse. Mis en service entre 1988 et 1992, il accueille depuis cette date le siège social de la régie autonome, auparavant situé au dépôt de La Jonction, tout comme le remisage des tramways.
Il accueille aussi l'Association genevoise du musée des tramways (AGMT), qui y conserve ses tramways historiques.
Localisation
[modifier | modifier le code]Le dépôt est situé sur la commune de Lancy, à proximité de la limite avec Carouge, à hauteur de la station Lancy-Bachet, gare. Cette dernière est desservie par les lignes 12 et 18 du tramway de Genève, ainsi que par les lignes de bus 22, 23, 43, 46, 80 et 82 des Transports publics genevois.
Le site occupe un pâté de maisons délimité par la route de La-Chapelle au sud, la rue des Avanchis à l'est, le chemin des Tuileries au nord et la route de Saint-Julien à l'ouest. Le site est desservi par la gare de Lancy-Bachet, située sur la ligne ferroviaire CEVA.
Histoire
[modifier | modifier le code]La construction du dépôt s'inscrit dans la modernisation des transports en commun du canton, entamée par le remplacement de la Compagnie genevoise des tramways électriques (CGTE) par la régie des Transports publics genevois (TPG) le . Auparavant, les TPG ne comptaient qu'un seul dépôt, celui de La Jonction, repris à la CGTE. Le , le Grand Conseil vote un crédit d'études sur la modernisation des infrastructures des transports publics, incluant la création d'un nouveau dépôt[1] ; le site du Bachet-de-Pesay est retenu afin d'accueillir les tramways, les bus des lignes desservant la campagne genevoise, les ateliers centraux et l'ensemble des services administratifs de la régie[1].
Le Grand Conseil vote, en , les crédits nécessaires à la construction du dépôt dont le projet choisi est celui des architectes Paul Marti et Walter Rohner[1]. Un dépôt provisoire, pour les trolleybus, est installé la même année dans l'ancien palais des expositions du boulevard Carl-Vogt, afin de libérer de la place à La Jonction en attendant la construction du nouveau dépôt ; ce dépôt provisoire fermera en 1995[2].
La construction débute en , sur le site de la ferme Guillierme-Pastori, qui a été démontée pièce par pièce pour être reconstruite au musée suisse en plein air de Ballenberg dans l'Oberland bernois[3], et dure quatre ans[1]. La mise en service s'est étalée elle aussi sur quatre ans, le remisage étant mis en service en , les ateliers à l'été 1990 et le bâtiment administratif est achevé en 1991 et mis en service en 1992[1]. L'Association genevoise du musée des tramways (AGMT) intègre le dépôt le , ce qui lui permet de conserver sa collection dans des conditions nettement plus satisfaisantes. Ce déménagement met fin au stockage en extérieur dans la boucle de Moillesulaz, où le matériel avait été endommagé lors de l'inondation de 1979, due au débordement du Foron[4].
Le Bachet-de-Pesay aura coûté 241 millions de francs (357 millions en valeur 2011)[5].
Le dépôt est récompensé du prix Interassar en 1990[1]. Ce prix distingue chaque année une réalisation architecturale construite dans la région genevoise. Il est décerné par l'Interassar, une association regroupant les associations d'architectes de Genève, l'association genevoise d'architectes (AGA), la fédération des architectes suisses (FAS) et la société suisse des ingénieurs et des architectes (SIA)[1]. Le jury décerne le prix à l'unanimité au dépôt, reconnaissant un « souci d'intégration urbanistique et technique » et que son « intégration [...] dans l'environnement étonne par sa discrétion, en dépit de l'importance de l'emprise au sol, de l'ampleur de ses volumes et des difficultés inhérentes à un programme aussi complexe que chargé ». Il relève que l'ouvrage contribue à créer une porte d'entrée dans l'agglomération genevoise[1].
Depuis le , les TPG sont propriétaires des bâtiments tandis que l'État de Genève leur concède le terrain[5]. Entre 2008 et 2009, le dépôt est réaménagé afin d'accueillir 18 rames de tramway supplémentaires (poses de nouvelles voies de garage, etc.) pour un coût de cinq millions de francs[6].
En 2014, le dépôt est équipé de 5 496 m2 de panneaux photovoltaïques sur le toit, couvrant jusqu'à 25 % des besoins du site, bien qu'une partie de la production soit revendue aux Services industriels de Genève (SIG)[7].
Installations
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Le dépôt, d'une surface totale de 53 500 m2, est constitué de deux bâtiments tous deux peints majoritairement en rose[1],[8],[9] :
- le premier bâtiment regroupe l'ensemble des services administratifs ;
- le second bâtiment; organisé sur trois niveaux, concentre les fonctions opérationnelles :
- au sous-sol se trouvent les locaux techniques, les vestiaires et parkings pour le personnel ;
- le 1er étage est destiné au remisage et à l'entretien périodique des véhicules. En 2011, il accueille jusqu'à 125 véhicules, dont 85 rames de tramways et 40 autobus. Le remisage est dimensionné pour recevoir des bus articulés[5]. Cet étage abrite également la sellerie et l'atelier de sérigraphie des véhicules ;
- le 2e étage est destiné aux ateliers centraux et à la maintenance lourde.
La gestion de la signalétique aux arrêts et des distributeurs de tickets est gérée depuis le Bachet, qui accueille aussi la collection des tramways anciens de l'AGMT[4],[8],[9].
Le bâtiment administratif accueille également l'une des trois agences commerciales du réseau. En , elle est transformée en décembre 2019 en agence libre-service, sans personnel, dans l'attente de son remplacement définitif par la nouvelle agence située à côté de la gare de Lancy-Pont-Rouge, mise en service à la fin du mois de [10],[11]. Les bornes de vente en libre-service sont finalement démontées en [12].
Les accès ferroviaires et routiers pour les véhicules des TPG sont répartis entre la station Bachet-de-Pesay au sud et celle de De-Staël au nord.
Une piste d'essais de 622 mètres ceinture le bâtiment au niveau du remisage[8]. L'ensemble est utilisable aussi bien pour les tramways que les autobus et même les trolleybus, bien que ces derniers soient remisés au dépôt de La Jonction[8].
Avenir
[modifier | modifier le code]Le dépôt arrive à saturation. Conçu à l'origine pour accueillir 63 rames de tramways et 71 autobus, soit un total de 134 véhicules[1], il voit sa capacité progressivement dépassée par l’évolution du parc.
Ainsi, en 2011, s'il n'abrite que 40 autobus, il accueille en revanche 85 rames de tramways, portant le total à 125 véhicules[5]. Cette situation conduit les TPG à recourir à une situation transitoire : la boucle de retournement du Rondeau de Carouge, inutilisée en service commercial depuis la remise en service de la boucle du Bachet en 2018, est exploitée annexe au dépôt. Cette zone est clôturée et fermée la nuit ainsi que les dimanches et fêtes[13].
Afin de désaturer le Bachet, de mettre fin à l'utilisation de la boucle du Rondeau et de prévoir les futures extensions du réseau, les TPG ont construit, à Vernier, le dépôt En Chardon le long de la route de Meyrin, qui remplace en partie le dépôt de La Jonction. En effet, la ville de Genève souhaite récupérer le site situé en pleine ville, à l'exception de la halle des trolleybus qui demeure en service[14],[5].
Le nouveau dépôt En Chardon est devenu complètement opérationnel le ; à cette date, 45 rames de tramway y ont été transférées[15].
À plus long terme, dans l'hypothèse d'un 4e dépôt, le Bachet pourrait être amené à ne remiser que des tramways, avec une capacité alors estimée à 90 rames[5].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- « Prix Interassar 1990 », Ingénieurs et architectes suisses, 11e série, , p. 151 (lire en ligne).
- ↑ « Le trolleybus Saurer 666 », sur vintagetrolleybus.ch (consulté le ).
- ↑ (fr + de) Peter Baertschi, « Deux fermes romandes pour le Ballenberg », Patrimoine, 79e série, , p. 22-23 (lire en ligne).
- « Histoire de l'AGMT », sur agmt.ch (consulté le ).
- « Projet de loi ouvrant une subvention d'investissement de 170 000 000 F pour la construction du dépôt « En Chardon » au profit des Transports publics genevois, en vue de concrétiser la première étape de libération du site de la Jonction »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), sur ge.ch, (consulté le ).
- ↑ « Les TPG sont à l’étroit au Bachet », sur 20min.ch, (consulté le ).
- ↑ Leïla Skalli, « Les TPG inaugurent leur discrète centrale solaire », sur tdg.ch, (consulté le ).
- « Les bâtiments des TPG », sur tpg.ch (consulté le ).
- « Les dépôts TPG »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), sur bus-tram-geneve.ch (consulté le ).
- ↑ « Une nouvelle agence tpg à Lancy-Pont-Rouge », sur tpg.ch, (consulté le ).
- ↑ « Les activités de conseil et de vente de l’agence du Bachet-de-Pesay ont été transférées à la nouvelle agence de vente tpg de Lancy-Pont-Rouge. »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), sur tpg.ch, (consulté le ).
- ↑ « Fermeture définitive de l’agence Bachet-de-Pesay », sur tpg.ch, (consulté le ).
- ↑ André Knoerr, « 2019-03-24, TPG, Carouge Rondeau », sur flickr.com, (consulté le ).
- ↑ David Ramseyer, « Le gros du chantier est fini au dépôt géant des TPG », sur 20min.ch, (consulté le ).
- ↑ « Le dépôt des TPG à 330 millions est opérationnel », sur 20min.ch, (consulté le ).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Transports publics genevois
- Dépôt de La Jonction
- Dépôt En Chardon
- Tramway de Genève
- Autobus de Genève
