Démographie du Nord-Pas-de-Calais

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Le Nord-Pas-de-Calais est la quatrième région la plus peuplée de France et a longtemps été, économiquement et démographiquement, une des plus dynamiques de l'hexagone. Malgré l'atténuation récente de ce phénomène, elle reste une des plus jeunes : le taux de natalité était de 13,7 ‰ en 2005 (contre 12,6 ‰ pour l'ensemble de la France métropolitaine). Les moins de 20 ans formaient 27,8 % de la population en 2005 (contre 25,2 % pour la Métropole)[1],[2].

Le Nord-Pas-de-Calais est densément peuplé avec ses 322,7 hab./km2 en 1999. Il y a plusieurs raisons à cela, dont une natalité qui a longtemps été élevée, un fort excédent naturel et depuis la révolution industrielle un forte immigration (belge avant 1910, polonaise dans les mines, italienne entre 1920 et 1930, maghrébine après 1945).

Évolution de la population[modifier | modifier le code]

Années Population au 1er janvier
département du
Nord
département du
Pas-de-Calais
Total Région
1801 765 923 505 615 1 271 538
1851 1 159 301 693 878 1 853 179
1861 1 303 380 724 338 2 029 618
1872 1 447 764 761 158 2 210 822
1881 1 603 259 819 022 2 424 118
1891 1 736 341 874 364 2 612 289
1901 1 867 408 956 466 2 823 874
1911 1 962 679 1 068 821 3 031 500
1921 1 788 727 900 704 2 778 897
1936 2 022 998 1 179 634 3 202 632
1946 1 918 254 1 169 196 3 086 890
1954 2 099 430 1 227 467 3 376 272
1962 2 293 112 1 366 282 3 659 394
1968 2 418 165 1 397 781 3 815 946
1975 2 511 478 1 392 295 3 913 773
1982 2 520 526 1 412 413 3 932 939
1990 2 529 495 1 432 208 3 961 703
1991 2 531 624 1 433 769 3 965 393
1992 2 536 843 1 434 353 3 971 196
1993 2 541 429 1 436 353 3 977 782
1994 2 544 978 1 436 805 3 981 783
1995 2 548 948 1 437 398 3 986 346
1999 2 555 471 1 441 996 3 997 467
2000 2 560 144 1 444 960 4 005 104
2001 2 565 457 1 448 228 4 013 685
2002 2 569 429 1 451 085 4 020 514
2003 2 571 987 1 452 590 4 024 577
2004 2 573 309 1 453 722 4 027 031
2005 2 563 886 1 451 727 4 015 613
2006 2 565 257 1 453 387 4 018 644
2007 2 564 950 1 456 726 4 021 676
2008 2 564 959 1 459 531 4 024 490
2009 2 571 940 1 461 257 4 033 197
2010 2 576 770 1 461 387 4 038 157
2011 2 580 343 1 463 413 4 043 756
2012 2 587 128 1 463 628 4 050 756
Années département du
Nord
département du
Pas-de-Calais
Total Région

En 1954, la population représentait 7,8 % de la population nationale. Depuis, le ralentissement de la croissance est lié à l'atténuation des excédents naturels et des soldes migratoires. Avant la crise consécutive aux chocs pétroliers, les habitants du Nord avaient une dominante ouvrière très marquée (48,1 % des actifs en 1975).

Évolution par arrondissement[modifier | modifier le code]

Les chiffres sont fournis par l'INSEE[8]

Arrondissements Population Accroissement
1982-99
1982 1990 1999
Nord 2 520 526 2 531 855 2 555 020 34 494
-- Avesnes-sur-l'Helpe 250 632 245 460 238 466 -12 166
-- Cambrai 167 699 162 162 158 845 -8 854
-- Douai 244 092 247 015 246 987 2 895
-- Dunkerque 371 670 375 073 379 702 8 032
-- Lille 1 126 088 1 152 883 1 182 026 55 938
-- Valenciennes 360 345 349 262 348 994 -11 351
Pas-de-Calais 1 412 413 1 433 203 1 441 568 29 155
-- Arras 296 649 299 123 300 785 4 136
-- Béthune 277 201 282 966 279 783 2 582
-- Boulogne-sur-Mer 158 180 158 703 163 159 4 979
-- Calais 113 001 114 702 118 311 5 310
-- Lens 332 152 331 256 326 719 -5 433
-- Montreuil 95 636 98 264 99 288 3 652
-- Saint-Omer 139 594 148 189 153 523 13 929
Région 3 932 939 3 965 058 3 996 588 63 649

Entre 1982 et 1999, plus de 85 % de l'accroissement démographique vont à l'arrondissement de Lille, lequel coïncide assez bien avec l'aire urbaine de la métropole régionale. Entre 1990 et 1999, c'est même presque la totalité de l'accroissement démographique de la région qui se concentre autour de la métropole. C'est cependant l'arrondissement de Saint-Omer qui est le plus dynamique. Si l'on ajoute que les arrondissements de Dunkerque, Calais, Boulogne-sur-Mer et Arras ont enregistré quelques bonnes progressions, on doit admettre que le développement démographique se concentre ces dernières décennies dans le nord de la région, autour d'un axe Lille-Calais, bien que la capitale du Pas-de-Calais ne se trouve pas dans cette zone.

En revanche les arrondissements de Valenciennes, d'Avesnes-sur-Helpe et de Cambrai ont souffert de dépopulation. Ces arrondissements qui, ensemble, constituent le Hainaut français et le Cambrésis recouvrent les zones de la région les plus éloignées de la zone littorale. L'arrondissement de Lens a également perdu quelques milliers d'habitants.

Mouvement naturel de la population[modifier | modifier le code]

Chiffres fournis par l'INSEE[9],[10],[11] .

Département 2000 2004 2005 2006
Naiss. Décès Solde Naiss. Décès Solde Naiss. Décès Solde Naiss. Décès Solde
Nord 37 464 22 647 14 817 36 257 21 167 15 090 35 960 21 895 16 553 36 858
Pas-de-Calais 20 074 14 082 5 992 19 304 13 421 5 883 19 407 13 944 5 463 19 780
Région 57 538 36 729 20 809 55 561 34 588 20 973 55 367 35 839 19 528 56 638

La hausse de plus de 1250 naissances enregistrée en 2006, permet à la région de récupérer une bonne partie de la baisse observée entre 2000 et 2005. À noter que celle-ci était due au contrecoup de la forte baisse de fécondité observée dans les années 1970-80, ainsi qu'à l'émigration qui frappe surtout les jeunes. Au total la fécondité n'a pas baissé entre 2000 et 2006.

Fécondité par département[modifier | modifier le code]

Le nombre moyen d'enfants par femme ou indice conjoncturel de fécondité a évolué comme suit pour chaque département et pour l'ensemble de la région :

Département Fécondité
1999[12]
Fécondité
2000
Fécondité
2001
Fécondité
2002
Fécondité
2003[13]
Fécondité
2004[14]
Fécondité
2005
Nord 1,93 1,99 1,98 1,97 1,94 1,96
Pas-de-Calais 1,99 2,06 2,07 2,02 1,97 2,02
Région 1,94 2,01 2,01 1,99 1,95 1,98
France métropolitaine 1,79 1,87 1,88 1,87 1,87 1,89 1,92

Évolution récente de la fécondité[modifier | modifier le code]

Les données de fécondité postérieures à 2003 sont fort fragmentaires. L'INSEE Bretagne nous révèle cependant qu'en 2005, la fécondité a dépassé le seuil du taux de fécondité de 2,0 dans 5 régions[15], avec en tête les Pays de la Loire. Il s'agit en outre du Nord-Pas-de-Calais, de la Picardie, de la Franche-Comté et de la région Centre. Le Nord-Pas-de-Calais garde ainsi sa place au sein des régions les plus fertiles du pays. Ce mouvement est confirmé par la hausse des naissances observée en 2006, malgré un nombre de femmes susceptibles de procréer en baisse continue depuis la fin des années 1990.

Étrangers et immigrés[modifier | modifier le code]

Par immigré on entend quelqu'un résidant en France, né étranger à l'étranger. Il peut être devenu français par acquisition ou avoir gardé sa nationalité étrangère. Par contre le groupe des étrangers est constitué par l'ensemble des résidents ayant une nationalité étrangère, qu'ils soient nés en France ou hors de France. Les Français de naissance ne sont pas des immigrés, même s'ils sont nés hors de France.

Note :
Le code de la nationalité française déclare que toute personne née d'au moins un parent français est française à la naissance (par filiation). Est également française à la naissance, toute personne née en France d'au moins un parent lui-même né en France (double droit du sol). Ainsi donc tout enfant d'un étranger né lui-même en France est Français de plein droit.
Les enfants nés en France de parents étrangers nés tous deux à l'étranger sont donc étrangers, mais deviennent Français de plein droit à 18 ans, s'ils y résident et y ont résidé de manière continue ou discontinue pendant cinq années depuis l'âge de 11 ans et s'ils ne désirent pas conserver leur nationalité d'origine. Cependant le mineur de 16 ans accomplis peut faire la demande d'acquisition anticipée de la nationalité sans l'accord de ses parents et sous les mêmes conditions de durée de résidence en France durant cinq années depuis l'âge de 11 ans. De plus, dès l'âge de 13 ans, les parents peuvent demander la nationalité française pour leur enfant, avec son accord (sous condition d'avoir résidé cinq ans en France depuis l'âge de 8 ans).

Nombre d'immigrés et d'étrangers dans le Nord-Pas-de-Calais[modifier | modifier le code]

Effectifs début 1999[16] Effectifs à la mi-2004
Étrangers 131 465 127 000
-- Étrangers nés en France 22 522 18 000
-- Étrangers nés à l'étranger 108 943 109 000
Immigrés 172 737 179 100
-- Français par acquisition nés à l'étranger 63 794 70 100
-- Étrangers nés à l'étranger 108 943 109 000

Répartition des immigrés par région du monde et pays de naissance[modifier | modifier le code]

Pays de naissance des immigrés vivant en région Nord-Pas-de-Calais en 1999

Source :[17]

Origine Immigrés 1999 dont % de
naturalisés
% sur total
des immigrés
Total Général 172 584 36,8 100,0
Europe 83 277 47,1 48,3
Europe des 15 63 803 39,9 37,0
-- Belgique 18 471 45,7 10,7
-- Italie 15 339 37,3 8,9
-- Portugal 13 296 20,2 7,7
-- Allemagne 8 705 69,0 5,0
-- Espagne 4 229 37,9 2,5
-- Royaume-Uni 2 034 20,8 1,2
-- Autres Europe des 15 1 729 33,4 1,0
Autres Europe 19 474 70,6 11,3
-- Pologne 15 029 73,3 8,7
-- ex-Yougoslavie 1 467 60,3 0,9
-- Autres 2 978 62,5 1,7
Afrique 77 407 23,7 44,9
Maghreb 68 618 21,9 39,8
-- Algérie 35 302 25,2 20,5
-- Maroc 30 683 17,2 17,8
-- Tunisie 2 633 34,0 1,5
Autres Afrique 8 789 37,3 5,1
Asie 9 369 47,5 5,4
-- Turquie 2 280 10,8 1,3
-- Laos 1 278 62,9 0,7
-- Vietnam 1 205 80,4 0,7
-- Autres Asie 4 606 52,7 2,7
Amérique/Océanie 2 414 61,4 1,4
Total Général 172 584 36,8 100,0
Immigrés 1999 dont % de
naturalisés
% sur total
des immigrés

Évolution de la répartition par sexe des immigrés[modifier | modifier le code]

Année Région Nord-Pas-de-Calais France métropolitaine
Hommes Femmes Ensemble % de la
population
Hommes Femmes Ensemble % de la
population
1982 106 016 103 380 209 396 5,3 2 178 816 1 858 220 4 037 036 7,4
1990 93 419 95 977 189 396 4,8 2 168 271 1 997 681 4 165 952 7,4
1999 84 925 87 659 172 584 4,3 2 166 318 2 139 776 4 306 094 7,4
2004-2005 89 400 89 700 179 100 4,5 2 445 000 2 485 000 4 930 000 8,1

Source : INSEE Nord-Pas-de-Calais [18]

Évolution du nombre des immigrés et des étrangers depuis 1968[modifier | modifier le code]

Source :[19].

1968 1975 1982 1990 1999 2004
Population
Immigrés 224 880 228 475 209 396 189 396 172 584 179 100
% 5,9 5,8 5,3 4,8 4,3 4,5
Étrangers 183 700 204 810 196 368 166 543 131 695 127 000
% 4,8 5,2 5,0 4,2 3,3 3,2

Répartition des naissances par nationalité de la mère[modifier | modifier le code]

Chiffres de l'INSEE pour l'année 2004[20] :

Ensemble Françaises Étrangères
Total
étrangères
Algérie Espagne Italie Portugal Maroc Tunisie
Nord 36.257 33.782 2.475 792 23 28 59 712 58
Pas-de-Calais 19.304 18.970 334 75 1 5 4 123 5
Nord-Pas-de-Calais 55.561 52.752 2.809 867 24 33 63 835 63
-- naissances légitimes 28.750 26.437 2.313 774 12 19 40 793 62
-- naissances hors-mariage 26.811 26.315 496 93 12 14 23 42 1

L'important contingent de naissances de mère maghrébine (1.765 pour l'ensemble), très largement supérieur à celui des naissances d'origine euro-méditerranéenne (120 pour les trois pays), indique que la région reçoit encore un apport régulier en jeunes adultes maghrébins, alors que, sauf pour le Portugal, l'immigration de jeunes européens du sud a quasi cessé, entraînant un large vieillissement des communautés espagnoles et italiennes.

Si la moitié des naissances de mère française ont lieu désormais hors-mariage, il n'en va pas du tout de même pour les mères étrangères surtout celles de tradition musulmane (Tunisie).

Villes et aires urbaines[modifier | modifier le code]

Intense urbanisation[modifier | modifier le code]

À l'échelle nationale, l'urbanisation a pris une forme unique : importance de la population citadine (86,4 %), grand nombre de villes (511) et d'agglomérations (105). Elle concerne autant les petites villes isolées que les grandes agglomérations du bassin minier ou encore de la conurbation lilloise. Coiffant le réseau urbain, cette dernière s'appuie sur une quinzaine de communes moyennes. Une bonne partie des communes rurales situées à proximité des villes sont en réalité des zones périurbaines dont au moins 40 % de la population active travaille dans le centre urbain. Il en résulte une moyenne de nombre d'habitants par commune de près de 2600, supérieure à la moyenne nationale de 1600[21].

Sept villes régionales sont classées parmi les principales en France en nombre d'habitants, notamment Lille qui avec 182 228 habitants en 1999 arrive au treizième rang avec une progression de +5,86 % par rapport à 1990. Mais ce sont Saint-Omer, Calais et Arras qui, dans la région, ont connu les plus fortes progressions relatives de leurs populations.

Les principales aires urbaines[modifier | modifier le code]

Carte des communes de plus de 10 000 habitants :
Jaune : entre 10 000 et 20 000 habitants
Orange : entre 20 001 et 50 000 habitants
Rouge : entre 50 001 et 100 000 habitants
Pourpre : Lille (212 000 habitants)

Les populations suivantes se réfèrent aux aires urbaines dans leur extension définie lors du recensement de 1999[22]

Aires urbaines Date du recensement
1982 1990 1999
Lille (y.c. Roubaix, Tourcoing et Villeneuve-d'Ascq) 1 081 470 1 110 895 1 143 125
Douai-Lens (59)/(62) 564 268 561 139 552 682
Valenciennes (59) 411 975 400 539 399 677
Dunkerque (59) 264 720 265 172 265 974
Béthune (62) 268 603 270 909 268 439
Boulogne-sur-Mer (62) 130 921 131 210 135 116
Calais (62) 118 145 121 458 125 584
Arras (62) 119 962 122 911 124 206
Maubeuge (59) 123 807 121 599 117 470
Saint-Omer (62) 87 182 90 791 93 516
Cambrai (59) 60 360 58 855 58 828
Armentières (59) 55 913 57 738 58 706
Merville (59) 28 144 30 964 31 514
Étaples (62) 25 013 26 002 26 686
Hazebrouck (59) 24 535 25 134 26 217
Berck (62) 21 280 22 561 23 196
Aulnoye-Aymeries (59) 21 646 21 101 20 047
Bailleul (59) 16 484 17 198 17 732
Fourmies (59) 18 824 18 049 17 151

On peut constater que l'agglomération lilloise est en expansion démographique modeste (5,7 % sur 17 ans), entraînant avec elle les aires urbaines de Merville et Armentières, ainsi qu'Hazebrouck et Bailleul. Quasi toutes les aires urbaines du centre-sud et de l'est de la région, à l'exception d'Arras sont en régression, parfois importante comme Maubeuge et Fourmies. La fermeture des mines et la désindustrialisation y ont fait des ravages, à l'instar du Hainaut wallon voisin.

Par contre dans le Pas-de-Calais, les vastes régions maritimes sont en expansion démographique, légère certes mais indiscutable (Calais, Boulogne-sur-Mer, Étaples et Berck), y compris la ville de Saint-Omer.

Densité de population[modifier | modifier le code]

Densité de population en 2000
Nord
Pas-de-Calais
France
métropolitaine
UE des 15
Habitants au km2 322 106 116

Source Insee

Structure par âge et tendances[modifier | modifier le code]

Structure par âge de la population en 1999
âge Nord-Pas-de-Calais France
- de 20 ans 28,0 % 24,6 %
20 à 59 ans 53,2 % 54,1 %
60 ans et + 18,7 % 21,3 %

Source Insee

Comme dans tous les pays riches, l'âge moyen tend à augmenter en raison d'une augmentation de l'espérance de vie, des effets retardés du baby boom ; Le poids des seniors (65 ans et plus) prend de plus en plus d'importance par rapport à celui des moins de 20 ans : En 2013, sur 100 personnes de moins de 20 ans, 55 personnes ont 65 ans et plus.
Cette tendance est assez générale en France, et la région Nord-Pas-de-Calais reste la plus jeune de France : En 2013, les moins de 20 ans représentent 26,8 % de la population régionale[23].

La langue flamande[modifier | modifier le code]

Extension des parlers flamands dans l'arrondissement de Dunkerque, en 1874 et 1972

Le flamand ou vlaemsch, variété du néerlandais, est avec le chti ou picard, l'une des deux langues régionales du Nord-Pas-de-Calais. Il se parle dans l'arrondissement de Dunkerque et y concerne plus ou moins 60 000 locuteurs de plus de 18 ans[24]. Au Moyen Âge, l'aire d'extension de la langue flamande était beaucoup plus importante qu'actuellement. Les différents dialectes flamands se parlaient dans les régions de Saint-Omer, Calais (Kaleis en flamand) et englobaient Boulogne-sur-Mer (Boonen), ainsi que Roubaix (Rosbeek ce qui signifie rivière aux roseaux), Wattrelos et Halluin. Les parlers flamands ont progressivement reculé de ces régions, n'y laissant qu'une série de toponymes ou noms de localités et autres lieux, typiquement germaniques et à peine francisés (Audinghen, Audruicq, Bayenghem, Éperlecques et bien d'autres encore). Au XIXe siècle le territoire sur lequel le flamand se parlait encore correspondait approximativement à l'arrondissement de Dunkerque. Mais progressivement, dans les villes d'abord, puis dans les campagnes, le français s'implanta, là comme presque partout ailleurs dans les provinces, car il était le seul à être enseigné dans les écoles.

La carte ci-contre mesure la régression de l'usage du flamand dans l'arrondissement de Dunkerque, sur une période d'un siècle. On remarque que Dunkerque, jadis bilingue est devenue exclusivement francophone. Signalons que le flamand se parle toujours dans des petites villes, telles Hondschoote, Cassel et surtout Bailleul (Belle en flamand).

Situation en 1999[modifier | modifier le code]

Comme pour l'usage du picard, la langue flamande est surtout déclarée par les générations les plus anciennes. D'après l'enquête de l'INSEE menée conjointement avec le recensement de 1999, la proportion de locuteurs est divisée par 13,3 pour le flamand, entre les gens âgés de plus de 60 ans et les moins de 25 ans (par 2,4 pour le picard).

Le taux de conservation de la langue flamande (défini comme la proportion des adultes ayant entendu leurs parents parler le flamand et qui eux aussi l'utilisent, fût-ce occasionnellement) est de l'ordre du tiers (33 %). Cette proportion atteint 42 % chez les agriculteurs. Remarquons que le chiffre de 33 % comme taux de conservation implique celui de 11 % seulement de conservation après deux générations, c’est-à-dire en plus ou moins 60 ans. Parmi les locuteurs du flamand, une grosse moitié appartiennent aux catégories des ouvriers et des employés, et 11 % sont agriculteurs.

Références[modifier | modifier le code]

  1. INSEE Première n° 1118 - Bilan démographique de l'année 2006 (janvier 2007)
  2. a et b INSEE - Estimation de population au 1er janvier, par région, sexe et grande classe d'âge (Excel)
  3. INSEE - Estimation de population au 1er janvier, par département, sexe et grande classe d'âge (Excel)
  4. INSEE - Estimation de population au 1er janvier, par département, sexe et grande classe d'âge [xls]
  5. INSEE - Estimation de population au 1er janvier, par région, sexe et grande classe d'âge [xls]
  6. IAURIF - Ressources documentaires [PDF]
  7. SREF - Les recensements en France de 1801 à 1999
  8. INSEE - Recensement 1999
  9. INSEE - La population de la France en 2000 [PDF]
  10. Naissances et décès par département et région
  11. INSEE - Naissances vivantes et décès domiciliés par département et région (juin 2007)
  12. INSEE - Indicateurs généraux de population par département et région (Excel)
  13. INSEE - La population française en 2003 (septembre 2005) [PDF]
  14. INSEE - Situation démographique en 2005 (page 238) [PDF]
  15. INSEE Bretagne - Flash d'Octant n° 118 - Michel Rouxel : Bilan démographique 2005 [PDF]
  16. INSEE - Recensement de 1999 Tableau IMG2 - Lieux de naissance à l'étranger d'après la nationalité
  17. INSEE Nord-Pas-de-Calais - Atlas des populations immigrées de la région Nord-Pas-de-Calais (janvier 2007) [PDF]
  18. INSEE Nord-Pas-de-Calais - Atlas des populations immigrées de la région Nord-Pas-de-Calais - L'immigration en Nord-Pas-de-Calais (janvier 2007) [PDF]
  19. idem INSEE Nord-Pas-de-Calais - Atlas des populations immigrées de la région Nord-Pas-de-Calais (janvier 2007) [PDF]
  20. INSEE - Nés vivants par département, qualité juridique et nationalité de la mère (Excel)
  21. Rapport sur la réforme des collectivités sur le site de la Région Nord-Pas-de-Calais
  22. INSEE - Recensement 1999
  23. La Gazette du Nord - Pas de Calais, N°8602, 8 novembre 2013, p.7), DOC00306664
  24. INSEE - Profils : La richesse linguistique du nord de la France (février 2004) [PDF]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]