Démographie de la Seine-Saint-Denis

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Blason du département de la Seine-Saint-Denis

Au recensement de 2009, le département français de la Seine-Saint-Denis comptait 1 515 983 habitants. Depuis la fin des années 1990, sa population – plutôt stagnante pendant près de 25 ans – connaît un développement soutenu. En effet, en sept ans, de 1999 à 2006, sa population s'est accrue de plus de 109 000 unités, c'est-à-dire près de 15 600 personnes par an.

En 2011, l'indice de fécondité s'élève à 2,43 enfants par femme, soit le niveau le plus élevé de tous les départements de France métropolitaine[1].

La Seine-Saint-Denis est aussi le département français comptant le plus d'immigrés en 2009 avec 27,4 % soit 415 593 sur une population de 1 515 983 (dont 21,9 % nés hors de l'Europe)[2], ou de personnes issues de l'immigration. En 2005, 57 % des moins de 18 ans étaient d'origine étrangère[3] et 64,9 % des enfants nés en 2011 en Seine-Saint-Denis, soit 18'411 sur 28'362, ont au moins un parent né à l'étranger (quelle que soit sa nationalité). Les parents nés en France comprennent les parents nés dans les collectivités d'outre-mer (COM)[4].

La mortalité infantile y est une des plus élevées de France métropolitaine (5,3 pour mille en 2005) après les départements de la Meuse (6,0) et du Puy-de-Dôme (5,5) [5].

Les chiffres 2009 du recensement (rendus publics en janvier 2009) ont montré une forte progression par rapport aux chiffres de 1999. Après la stagnation de la décennie précédente, les prix de l’immobilier attractifs et un taux de natalité record ont permis à la Seine-Saint-Denis de connaître une progression de près de 8 %. Les 40 villes grossissent à des rythmes allant de 0,85 % à Coubron à 22,8 % à Dugny. Parmi les progressions remarquables : Aubervilliers (+ 16,44 %, soit 10 400 habitants en plus), Bondy (+ 13,84 %, soit 6 500 habitants), Saint-Denis, où le quartier de la Plaine a muté dans la dynamique du Stade de France, accueille 12 000 personnes de plus qu’en 1999 (+ 13,92 %). Avec 101 587 habitants, Montreuil reste la 4e ville d’Ile-de-France, battue de 1 000 unités par Argenteuil (Val-d’Oise). Saint-Denis et Aulnay-sous-Bois complètent le podium. Bondy, Épinay-sur-Seine, Sevran et Le Blanc-Mesnil franchissent de manière officielle le cap des 50 000 habitants[6].

Historique[modifier | modifier le code]

Évolution de la population en Seine-Saint-Denis
Année Population
1er janvier
1876 138 099
1881 180 412
1886 207 901
1891 230 992
1896 262 735
1901 307 329
1906 349 545
1911 411 443
1921 504 956
1926 635 806
1931 769 315
1936 776 378
1946 730 361
1954 845 231
1962 1 083 724
1968 1 249 606
1975 1 322 127
1982 1 324 301
1990 1 381 197
1999 1 382 928
2006 1 491 972
2007 1 508 500
2009 1 515 983


Tableau démographique depuis 1876[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

1962-2006[modifier | modifier le code]

Sources : Insee[7],[8].

1962-1968 1968-1975 1975-1982 1982-1990 1990-1999 2000 2004 2005 2006
Population en
début de période
1 083 724 1 249 606 1 322 127 1 324 301 1 381 197 1 394 625 1 443 186 1 459 074 1 475 000
Naissances 128 763 159 001 153 562 188 629 209 605 25 082 26 313 26 760 27 916
Idem annuellement 21 460 22 714 21 937 23 578 23 289 25 082 26 313 26 760 27 916
Décès 58 968 72 222 72 713 78 508 82 871 8.734 8.147 8 333 8 452
Solde naturel 69 795 86 779 80 849 110 121 126 734 16.348 18 166 18 427 19 464
Solde migratoire 96 087 -14 258 -78 675 -53 225 -125 070 -4 165 -2 278
Variation totale 165 882 72 521 2 174 56 896 1 664 12 183 15.888

Depuis 1999[modifier | modifier le code]

Source : Insee[9]

Année Effectifs Indicateurs
Population Naissances Décès Accroissement
naturel
Accroissement
total
Taux de
fécondité
Taux de
natalité
Taux de
mortalité
1999 1 390 131 23.918 8.744 15.174 11.306 2,15 17,2 6,3
2000 1 404 366 25.082 8.734 16.348 12.183 2,25 17,9 6,2
2001 1 419 497 25.281 8.440 16.841 12.411 2,26 17,8 5,9
2002 1 435 067 25.702 8.600 17.102 12.272 2,28 17,9 6,0
2003 1 450 505 25.868 9.363 16.505 11.695 2,28 17,8 6,5
2004 1 466 501 26.313 8.147 18.166 15.888 2,30 17,9 5,6
2005 1 483 445 26.760 8.333 18.427 2,31 18,0 5,6
2006 1 497 155 27.916 8.452 19.464 2,39 18,6 5,6
2007 1 504 403 2,38 18,4 5,4
2008 1 511 225 2,41 18,6 5,5
2009 1 519 016 2,42 18,6 5,5
2010 1 526 256 2,43 18,7 5,5
2011 1 534 558 2,43 18,5 5,4

Évolution de la part de la population d'origine étrangère[modifier | modifier le code]

En février 2011 la démographe Michèle Tribalat était auditionnée devant une commission du Sénat. Au cours de son intervention filmée et visionable en ligne sur le site du Sénat[10] elle donna les chiffres sur la part des jeunes (moins de 18 ans) d'origine étrangère en Île-de-France, en Seine-Saint-Denis et à Clichy-sous-Bois.

Le graphique ci-dessous donne l'évolution de la part des jeunes (0 à 17 ans) d'origine étrangère de 1968 à 2005.

Année France Île de France Seine-Saint-Denis Clichy-sous-Bois
2005 18 % 37 % 57 % 77 %
1998 17 % 34 % 50 % 69 %
1990 16 % 31 % 42 % 60 %
1982 15 % 26 % 34 % 42 %
1975 13 % 21 % 27 % 30 %
1968 11 % 18 % 19 % 22 %

En 2005, 57 % des jeunes de moins de 18 ans en Seine-Saint-Denis sont d'origine étrangère (au moins un parent immigré) contre 18,10 % en France métropolitaine et 41 % à Paris. Parmi les vingt communes françaises où la concentration dépasse 60 % en 2005, toutes sauf une, Vaulx-en-Velin, sont situées en Île-de-France avec, en tête, Clichy-sous-Bois, Aubervilliers et La Courneuve, toutes les trois en Seine-Saint-Denis, où environ trois quarts de la jeunesse est d’origine étrangère. Dans certaines ville de Seine-Saint-Denis, moins de 5 % des jeunes sont d'origine européenne[11],[12].

2005 (en %) Seine-Saint-Denis Paris Val-de-Marne Val-d'Oise France
Toutes origines 56,7 41,30 39,90 37,90 18,10
Europe du Sud 4,0 4,0 5,5 4,8 2,6
Maghreb 22,0 12,1 13,2 13,0 6,9
Afrique noire 16,0 9,9 10,8 9,1 3,0
Turquie 2,7 0,6 1,2 3,1 1,4

Composition des ménages[modifier | modifier le code]

Taille des ménages au recensement de 2006

Seine-Saint-Denis Moyenne nationale (métropole)
Nombre total de ménages 569 131 26 069 046
Ménages de 1 personne 30,8 % 33,0 %
Ménages de 2 personnes 27,0 % 32,8 %
Ménages de 3 personnes 16,6 % 14,9 %
Ménages de 4 personnes 13,9 % 12,6 %
Ménages de 5 personnes 6,9 % 4,8 %
Ménages de 6 personnes ou plus 4,7 % 1,9 %

Source : Insee, Résultats du recensement de la population de 2006[13]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En 2011, dernière année publiée, les départements de France métropolitaine ayant la fécondité la plus élevée étaient la Seine-Saint-Denis (2,43 enfants par femme), le Val-d'Oise (2,34) et l'Essonne (2,24).
  2. Insee Atlas des populations immigrées (page 5) [PDF]
  3. Évolution de la structure ethnique de la population
  4. Données détaillées des statistiques d'état civil sur les naissances en 2011, Insee, 2012
  5. Insee - Situation démographique en 2005 (page 236 : mortalité infantile) [PDF]
  6. « En dix ans, toutes les villes ont grossi », Le Parisien,‎ 2 janvier 2009 (consulté le 4 janvier 2009)
  7. Insee Recensement de 1999 - Fiche profil - Evolutions démo 1962 - 1999
  8. Naissances et décès par département et région
  9. Insee - Population - Données détaillées (date de mise en ligne : juillet 2013)
  10. « Audition de Mme Tribalat devant la commission du Sénat »
  11. Michèle Tribalat, Revue Commentaire, juin 2009, n°127
  12. Michèle Tribalat, Les yeux grands fermés, Denoël, 2010
  13. Insee Seine-Saint-Denis Ménages par taille des ménages

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]