Démographie de la Franche-Comté

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Démographie de la Franche-Comté
Dynamique (2015)
Population 1 179 735 hab.
Taux de natalité 10,75 
Taux de mortalité 9,6 
Taux de mortalité infantile 3,95 
Espérance de vie à la naissance 81,7 ans
Structure par âge (2015)
0-14 ans 18,3 %
15-64 ans 62,2 %
65 ans et plus 19,5 %

La démographie de la Franche-Comté est l'ensemble des données et études concernant la population de la Franche-Comté à toutes les époques. Ces données sont notamment calculées par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

Au , le nombre de personnes habitant en Franche-Comté est estimé à 1 179 078 millions.

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

1801 1851 1872 1876 1886 1901
842 6801 015 505938 754960 833962 967919 387
1906 1911 1921 1926 1931 1936
915 474911 640837 040850 183853 269837 935
1946 1954 1962 1968 1975 1982
804 219856 119928 374992 5451 060 3171 084 049
1990 1999 2006 2007 2008 2009
1 097 2761 117 2571 150 6241 158 6521 163 9311 168 208
2010 2012 2015 - - -
1 171 7631 175 6841 179 735---
(Sources : Insee, SPLAF.)

Au début du XIXe siècle la Franche-Comté était principalement rurale. Le département le plus peuplé était le Jura avec 290 300 habitants suivi de la Haute-Saône avec 284 400 habitants, du Doubs avec 230 250 habitants et enfin du futur Territoire de Belfort avec 37 750 habitants. En presque deux siècles, entre 1801 et 1999 la population franc-comtoise a augmenté de 274 400 habitants, soit un accroissement de 32 % seulement alors que la population française progressait de 82 % pendant ce même intervalle. Les équilibres démographiques au sein de la région ont été bouleversés.

Globalement d'une phase de croissance avant 1851 on passe à une phase de déclin démographique jusqu'en 1946, qui constitue le point bas. Après le baby-boom qui s'observe jusqu'en 1975 la population croît de façon modérée jusque dans les années 1990. La progression est plus marquée depuis 1999 mais reste toutefois très inférieure à la progression moyenne nationale. Jusqu'en 1851 la croissance de la population est à peu près identique dans les quatre départements bien qu'un épisode de famine marque la Haute-Saône en 1817. Vers le milieu du XIXe siècle la crise économique et agricole entame le déclin démographique et une phase d'émigration pour les Francs-Comtois. La métallurgie franc-comtoise rate le passage au coke. Une grave épidémie de choléra traverse la région en 1853-1854. C'est en réaction qu'un effort sera fait à partir de cette époque sur les équipements publics en fontaines et lavoirs. La guerre de 1870 provoque une nouvelle chute de la population suivie d'une courte embellie.

Dès la fin du XIXe siècle, la population recommence à baisser et les évolutions sont très différentes dans les quatre départements comtois. Le Territoire de Belfort se renforce avec une forte immigration d'Alsaciens à la suite du passage de l'Alsace et de la Lorraine sous le contrôle de l'Allemagne. Le développement industriel conditionnera ensuite la croissance démographique. Les départements les plus ruraux comme la Haute-Saône et le Jura perdent des habitants, Le Doubs maintient sa population. La croissance démographique reprend à partir de 1946 et profite essentiellement aux zones urbaines du Doubs et du Territoire de Belfort.

Sur la période de 1990 à 1999, le déficit migratoire comme l'excédent naturel réduit par rapport aux années 1980.

Évolution par département[modifier | modifier le code]

Année Population au 1er janvier
Doubs Jura Haute-Saône Territoire de Belfort Franche-Comté
1872 291 251 287 634 303 088 56 781 938 754
1901 298 864 261 288 266 605 92 304 919 061
1911 299 935 252 713 257 606 101 386 911 640
1921 285 022 229 062 228 348 94 338 836 770
1931 305 500 229 109 219 257 99 403 853 269
1946 298 255 216 386 202 573 86 648 803 862
1954 327 187 220 202 209 303 99 427 856 119
1962 384 881 225 682 208 440 109 371 928 374
1968 426 458 233 547 214 176 118 450 992 631
1975 471 082 238 856 222 254 128 125 1 060 317
1982 477 163 242 925 231 962 131 999 1 084 049
1990 484 770 248 759 229 650 134 097 1 097 276
1999 499 062 250 857 229 732 137 408 1 117 059
2006 516 157 257 399 235 867 141 201 1 150 624
2007 520 133 258 897 237 197 142 444 1 158 671
2008 522 685 260 740 238 548 141 958 1 163 931
2009 525 276 261 277 239 194 142 461 1 168 208
2010 527 770 261 534 239 548 142 911 1 171 763
2012 531 062 260 932 239 750 143 940 1 175 684
2015 536 959 260 587 237 706 144 483 1 179 735
Année Doubs Jura Haute-Saône Territoire de Belfort Franche-Comté

Population actuelle[modifier | modifier le code]

La période récente montre un accroissement de la croissance démographique en Franche-Comté 0,37 % par an entre 1999 et 2006 mais qui est encore loin de la croissance moyenne de la population observée en France métropolitaine 0,64 % par an sur cette même période. La Franche-Comté présente, d'un point de vue démographique, de très forts contrastes. D'un côté nous avons son image traditionnelle, il s'agit de châlets dans les monts du Jura, des plateaux du Haut-Doubs, ou encore des villages qui parsèment les bassins de la Haute-Saône... Malgré cette image très sympathique, qui fait de la Franche-Comté une des régions les plus vertes de France, elle possède de grands bassins de population peu reconnus et non négligeables.

Concentrations démographiques[modifier | modifier le code]

Le premier pôle démographique de Franche-Comté est sa partie nord-est, celle de l'aire urbaine Belfort - Montbéliard - Héricourt - Delle qui compte plus de 307 000 habitants. Le second pôle urbain est celui de Besançon au centre de la Franche-Comté et capitale régionale. Son bassin démographique compte 250 000 habitants. Arrivent en troisième position des bassins démographiques de taille équivalente, il s'agit de Dole, Vesoul, Lons-le-Saunier et Pontarlier (entre 65 000 et 30 000 habitants). Il existe encore d'autres bassins, mais ceux-ci sont trop petits pour être cités en tant que grands bassins démographiques.

  • Doubs
Aire urbaine Population 2010 Population 2015 Évolution 2010-2015 (en %)
Besançon 244 965 250 563 + 2,3
Montbéliard 162 582 160 671 - 1,2
Pontarlier 30 857 30 895 + 0,1
  • Jura
Aire urbaine Population 2010 Population 2015 Évolution 2010-2015 (en %)
Dole 65 696 65 400 - 0,4
Lons-le-Saunier 58 200 58 674 + 0,8
Champagnole 14 408 14 266 - 1,0
Saint-Claude 12 632 11 343 - 10,2
  • Haute-Saône
Aire urbaine Population 2010 Population 2015 Évolution 2010-2015 (en %)
Vesoul 59 333 59 262 - 0,1
Gray 18 199 17 295 - 5,0
Lure 12 086 12 251 + 1,4
Luxeuil-les-Bains 15 426 14 652 - 5,0
  • Territoire de Belfort
Aire urbaine Population 2010 Population 2015 Évolution 2010-2015 (en %)
Belfort 113 152 114 445 + 1,1
Delle 10 293 10 029 - 2,6

Immigration[modifier | modifier le code]

Origine des immigrés de Franche-Comté.

En 2007, la Franche-Comté comptait 75 350 immigrés[1] dont 43 % étaient français par acquisition. 5,9 % de la population franc-comtoise est immigrée contre 7,4 % au niveau national ce qui, en dépit de son statut de région frontalière, en fait une région d'immigration moyenne. Bien que la part des immigrés soit stable depuis 1975 dans la métropole, elle a diminué de 1,4 point dans la région. Bien que le Territoire de Belfort soit le moins peuplé, il reste néanmoins le seul où la moyenne d'immigrés est comparable à celle de la France. Les immigrés sont surtout présents dans les grandes villes telles Besançon, Saint-Claude, Belfort et Montbéliard.

Les 5 pays d'origine les plus représentés sont le Maroc (15,7 %), l'Algérie (14,1 %), le Portugal (13,9 %), l'Italie (12 %) et la Turquie (10,6 %). Ils représentent à eux seuls près des 2/3 des immigrés franc-comtois. On décèle aussi une importante proportion d'immigrés originaires de l'ex-Yougoslavie : 4,8 % alors qu'ils ne sont que 1,7 % au niveau national.

Les premières vagues d'immigration, début du XXe siècle, sont d'origine européenne : les Italiens seraient les premiers à arriver dans la région dès les années 1920, puis arrivent les Polonais (notamment dans le bassin minier de Ronchamp). Les Portugais sont arrivés plus tardivement, dès la fin des années 1950 seulement, mais leur nombre augmente nettement jusqu'aux années 1970. Les Maghrébins sont arrivés fin de la Seconde Guerre mondiale, composés quasiment que d'Algériens ; les Marocains n'arrivent qu'en petit nombre, cela jusqu'en 1969 où on enregistre cette année plus d'arrivées marocaines que d'algériennes. L'immigration maghrébine n'a ensuite cessé de diminuer. Les Turcs ont maintenu leurs arrivées soutenues dès les années 1970 jusqu'au début des années 1980.

Entre 1975 et 1999, la population immigrée a diminué de 14 % alors que la population franc-comtoise progressait de 5,7 %. Ainsi, le nombre d'immigrés est de 5,9 %, alors qu'il était de 7,3 % avant.

Part des immigrés à travers les quatre départements de Franche-Comté.

Perspectives[modifier | modifier le code]

Les grands bassins démographiques (Belfort - Montbéliard et Besançon) se situent sur les axes de communication majeurs de Franche-Comté (A36, ligne ferroviaire, Canal du Rhône au Rhin). L'attractivité de ces pôles régionaux a encore été renforcée avec l'ouverture fin 2011 des gares ferroviaires de Belfort - Montbéliard TGV et de Besançon Franche-Comté TGV situées sur la LGV Rhin-Rhône. L'infrastructure routière a également été améliorée, avec le doublement progressif de la RN 19 de Langres à Delle, permettant de relier Paris à Berne en voie rapide grâce à la Transjurane.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « L'immigration en Franche-Comté », sur insee.fr, (consulté le 21 juillet 2018).

Sources[modifier | modifier le code]

  • Deux siècles d'évolution démographique en Franche-Comté (1801-1999) Insee Franche-Comté juin 2001
  • 1 146 000 Franc-Comtois : La périurbanisation se renforce Insee Franche-Comté L'essentiel n°93 décembre 2006