Démographie de la Charente

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Sommaire

Évolution démographique de la Charente[modifier | modifier le code]

Introduction[modifier | modifier le code]

L'évolution démographique de la Charente est caractérisée par plusieurs phases, mais dans une vue globale, le département a peu progressé. Il se caractérise par une certaine stagnation démographique alors qu'il a connu de profonds bouleversements à l'intérieur de ses limites départementales, avec notamment l'émergence d'Angoulême comme principale agglomération.

L'évolution démographique de la Charente en chiffres[modifier | modifier le code]

Tableau no 1 : L'évolution démographique de 1793 à 2007[modifier | modifier le code]

Évolution de la population de la Charente entre 1801 et 2007
1801 1806 1821 1826 1831 1836 1841 1846 1851
299 029327 052347 541353 653362 531365 126367 893379 031382 912
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
378 721379 081378 218367 520373 950370 822366 408360 259356 236
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
350 305351 733347 061316 279312 790310 489309 279311 137313 635
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2007 2009
327 658331 016337 064340 770341 993339 628344 708349 535351 563
À partir de 1962 : population sans doubles comptes.

Graphique de l'évolution démographique de 1793 à 2007[modifier | modifier le code]


Les grandes dates de l'évolution démographique de la Charente pendant la période contemporaine[modifier | modifier le code]

Tableau no 2 : Les grandes dates de l'évolution démographique de la Charente pendant la période contemporaine[modifier | modifier le code]

Évolution démographique
1801 1851 1881 1906 1921 1936 1946 1990 2007
299 029382 912370 822351 733316 279309 279311 137341 993349 535[1]


Chaque année mentionnée dans le tableau ci-dessus indique les dates-clés de l'histoire démographique de la Charente dans la période contemporaine qui va du début du XIXe siècle jusqu'au siècle actuel.

  • 1801 : Minimum démographique pour le département pour toute la période contemporaine.
  • 1851 : Maximum démographique du département non seulement pour tout le XIXe siècle mais également pour toute la période contemporaine.
  • 1881 : Continuité de l'exode rural qui devient massif, consécutif cette fois à la crise du phylloxéra qui a commencé à ravager les vignes charentaises à partir de 1875.
  • 1906 : Maximum démographique du département pour tout le XXe siècle mais le maximum de population observé en 1851 ne sera pas rattrapé.
  • 1921 : Perte démographique record due à la Première Guerre mondiale ; le département enregistre en effet sa plus forte chute de population jamais enregistrée dans toute la période contemporaine (- 30 782 habitants entre 1911 et 1921).
  • 1936 : Minimum démographique du département pour tout le XXe siècle.
  • 1946 : Chiffre de population le plus bas depuis la Libération.
  • 1990 : Le département atteint son meilleur chiffre de population depuis la Libération. Cependant, cet essor démographique est loin du chiffre de 1906.
  • 2007 : Le département renoue avec la croissance démographique en ce début du XXIe siècle[N 1].

Population par divisions administratives[modifier | modifier le code]

Arrondissements[modifier | modifier le code]

Les superficies des arrondissements[modifier | modifier le code]

Carte administrative du département de la Charente

Le département de la Charente est subdivisé en trois arrondissements depuis la loi Poincaré de 1926[2] et s'étend sur une surface totale de 5 956 km2.

Par sa superficie, il est le moins étendu des départements de la région Poitou-Charentes dont il occupe à peine le quart de la région avec 23,1 %.

Depuis la nouvelle refonte de la carte administrative du département appliquée au 1er janvier 2008, la superficie des deux premiers arrondissements de la Charente est relativement identique. L'arrondissement de Confolens qui est le plus étendu couvre une superficie de 2 268 km2 tandis que celui d'Angoulême s'étend sur 2 217 km2. Ils occupent chacun plus du tiers de la surface départementale, respectivement 38,1 % et 37,2 %, ce qui est une moyenne assez usuelle dans les départements français.

Par contre l'arrondissement de Cognac, qui est le plus petit des trois avec une superficie 1 471 km2, occupe tout juste le quart de la superficie départementale avec 24,7 %.

Dans la région Poitou-Charentes, les deux premiers arrondissements de la Charente occupent respectivement les troisième et quatrième rangs par leur superficie tandis que celui de Cognac figure parmi les moins étendus de la région[N 2].

Tableau des arrondissements et de leur superficie[modifier | modifier le code]

(Classement par ordre de superficie)

Arrondissement Superficie Proportion dans le département
Confolens 2 268 km2 38,1 %
Angoulême 2 217 km2 37,2 %
Cognac 1 471 km2 24,7 %

La population des arrondissements en 2007[modifier | modifier le code]

La population se concentre principalement dans l'arrondissement d'Angoulême qui rassemble plus de la moitié de la population départementale avec 193 710 habitants, soit 55,4 %, en 2007 tandis que celui de Cognac en rassemble un peu plus d'un quart avec 26,1 %. Ces deux arrondissements concentrent 81,5 % de la population charentaise en 2007. C'est le quatrième arrondissement le plus peuplé de la région Poitou-Charentes, se situant après les arrondissements de Poitiers, Niort et La Rochelle.

L'arrondissement de Cognac compte 91 174 habitants en 2007 et occupe le deuxième rang par sa population dans le département de la Charente.

Quant à l'arrondissement de Confolens à l'est du département, il se caractérise par un peuplement somme toute assez moyen. Avec 64 651 habitants en 2007, il ne représente que 18,5 % de la population du département charentais. À titre de comparaison, il est de surface quasi équivalente à l'arrondissement d'Angoulême, mais il est trois fois moins peuplé que ce dernier.

Tableau démographique des arrondissements de la Charente[modifier | modifier le code]

(Classement par ordre de population)

Arrondissement Population
2007
Population
1999
variation
2007/1999
Superficie
en km2
Densité
hab./km2
Angoulême 193 710 185 150 en augmentation  4,6 % 2217 87
Cognac 91 174 90 108 ==   1,2 % 1471 62
Confolens 64 651 64 370 ==   0,3 % 2268 28
Tableau de l'évolution démographique des arrondissements de la Charente de 1946 à 2007[modifier | modifier le code]

(N.B.: La population de chaque arrondissement correspond à celle de leurs limites territoriales de 2008)[2].

Années Population des arrondissements
Angoulême Cognac Confolens Charente
1962 158 214 90 164 79 280 327 658
1968 164 173 91 528 75 315 331 016
1975 173 209 93 154 70 701 337 064
1982 180 369 91 874 68 527 340 770
1990 184 108 91 497 66 388 341 993
1999 185 150 90 108 64 370 339 628
2007 193 710 91 174 64 651 349 535

Cantons[modifier | modifier le code]

Le département de la Charente recense 35 cantons dont trois sont des fractions cantonales de la ville d'Angoulême, deux relèvent de la ville de Cognac ainsi que deux autres de Confolens.

Entre 1999 et 2007, le département de la Charente a vu croître sa population de 2,9 %. Parmi les 35 cantons qui composent le département, un sur trois enregistre une croissance égale ou supérieure à la moyenne départementale, soit 13 cantons.

En fait, dans la période inter-censitaire 1999/2007, la population de 18 cantons est en croissance démographique nette - soit plus de la moitié des cantons du département - tandis qu'elle baisse pour seulement deux d'entre eux et est en stagnation pour les quinze autres.

Les trois plus fortes croissances démographiques dans la période 1999/2007 concernent le canton de La Rochefoucauld avec une croissance record de +12,7 %, suivi du canton de Saint-Amant-de-Boixe avec +12,3 % et du canton de Hiersac avec +6,9 %. Ce sont tous des cantons péri-urbains situés autour d'Angoulême ou semi-ruraux en forte expansion démographique pour au moins trois raisons majeures : un prix de l'immobilier beaucoup plus accessible pour les jeunes ménages, un coût du foncier nettement plus abordable et enfin une pression fiscale sur le foncier moins lourde que dans les villes. La péri-urbanisation autour d'Angoulême mais également autour de Cognac est un phénomène social et urbain qui remonte au milieu des années 1970. Cette "exurbanisation"[N 3] touche encore Angoulême et Cognac, principalement les quartiers populaires.

Il est vrai que le canton de Brossac affiche une croissance assez exceptionnelle de 7,3 % dans cette même période, mais elle n'est pas significative au regard de la population de ce canton qui est le moins peuplé du département et de toute la région. Ce canton profondément rural enregistre une croissance essentiellement due à l'installation de nombreux retraités, ce qui a pour conséquence majeure un vieillissement accéléré de la population. Les conséquences démographiques se feront fortement ressentir au début de la décennie des années 2020.

Les deux cantons en perte de vitesse sont par ordre de décroissance le canton de Confolens-Sud avec une perte démographique de -3,4 % et le canton d'Angoulême-Est avec une perte démographique de -3 %.

Tableau démographique des 35 cantons de la Charente et leur évolution démographique entre 1999 et 2007[modifier | modifier le code]

(Classement par ordre démographique de 2007)

Canton Pop.
2007
var.
/1999
canton Pop.
2007
var.
/1999
La Couronne 23 570 en augmentation  5,3 % Blanzac-Porcheresse 8 080 en augmentation  6,7 %
Gond-Pontouvre 19 251 en augmentation  5,9 % Chabanais 7 930 ==   -0,5 %
Cognac-Sud 19 074 ==   1,7 % Châteauneuf-sur-Charente 7 827 en augmentation  2,9 %
Ruelle 19 017 en augmentation  6,5 % Villebois-Lavalette 7 496 en augmentation  4,4 %
La Rochefoucauld 18 467 en augmentation  12,7 % Rouillac 7 342 en augmentation  4,5 %
Angoulême-Ouest 16 059 ==   -0,9 % Montbron 6 935 en augmentation  2,8 %
Cognac-Nord 15 999 ==  -0,9 % Confolens-Sud 6 613 en diminution  -3,4 %
Soyaux 15 088 en augmentation  4,2 % Villefagnan 5 670 ==  1,5 %
Angoulême-Nord 13 764 ==   0,3 % Aigre 4 819 ==   -1,8 %
Angoulême-Est 12 846 en diminution  - 3 % Montmoreau-Saint-Cybard 4 721 ==  0,2 %
Jarnac 12 599 ==   1,7 % Chalais 4 623 ==   0,6 %
Segonzac 12 142 ==   - 1 % Confolens-Nord 4 590 en augmentation  2 %
Hiersac 11 718 en augmentation  6,9 % Baignes-Sainte-Radegonde 4 122 en augmentation  5,9 %
Saint-Claud 10 997 ==   0,8 % Montembœuf 3 879 en augmentation  2,1 %
Barbezieux-Saint-Hilaire 9 744 ==   -1,2 % Aubeterre-sur-Dronne 3 293 en augmentation  5,5 %
Saint-Amant-de-Boixe 8 782 en augmentation  12,3 % Champagne-Mouton 2 647 ==   -1,9 %
Mansle 8 764 en augmentation  2,7 % canton de Brossac 2 325 en augmentation  7,3 %
Ruffec 8 742 ==   1,4 %

En 2007, la Charente compte 14 cantons sur 35 ayant plus de 10 000 habitants, soit 2 cantons sur 5. Ce nombre est identique à celui du recensement de 1999.

Un seul canton a plus de 20 000 habitants; il s'agit du canton de La Couronne qui est dix fois plus peuplé que le canton de Brossac, ce dernier étant le plus faiblement peuplé de la Charente.

De plus, le canton de Brossac fait partie des neuf cantons les moins peuplés du département et qui ont chacun moins de 5 000 habitants en 2007.

La répartition démographique par tranches communales[modifier | modifier le code]

Depuis la décennie des années 1970, le département a vu le nombre de ses communes diminuer de façon notable, ce nombre atteint 404 communes aujourd'hui[2].

Entre 1999 et 2007, la répartition de la population par communes fait apparaître d'importants contrastes de peuplement ainsi que des évolutions démographiques très sensibles entre chaque tranche de communes.

Tableau de l'évolution démographique par tranche de communes entre 1999 et 2007[modifier | modifier le code]

Tranche de communes Nombre de communes en 2007 Nombre d'habitants en 2007 Proportion dans le département en 2007 Nombre de communes en 1999 Nombre d'habitants en 1999 Proportion dans le département en 1999
< 99 habitants 13. 1 044 hab. 0,3 % 18. 1 490 hab. 0,4 %
> 100 - 199 < 84. 12 489 hab. 3,6 % 84. 12 645 hab. 3,7 %
> 200 - 499 < 148. 49 443 hab. 14,1 % 151. 49 924 hab. 14,7 %
> 500 - 999 < 89. 59 977 hab. 17,2 % 86. 58 070 hab. 17,1 %
> 1 000 - 1 999 < 38. 49 966 hab. 14,3 % 34. 43 687 hab. 12,9 %
> 2 000 - 4 999 < 22. 66 521 hab. 19 % 24. 74 505 hab. 21,9 %
> 5 000 - 9 999 < 6. 37 835 hab. 10,8 % 4. 26 425 hab. 7,8 %
> 10 000 - 19 999 < 2. 29 591 hab. 8,5 %. 2. 29 711 hab. 8,7 %
> 20 000 habitants 1. 42 669 hab. 12,2 % 1. 43 171 hab. 12,7 %


Les très petites communes[modifier | modifier le code]

A la lecture du tableau ci-dessus, les très petites communes, celles appartenant à la catégorie des communes de moins de 199 habitants, tendent à se dépeupler et leur nombre à diminuer régulièrement. Elles ne représentent plus que 3,9 % de la population départementale en 2007 contre 4,1 % en 1999. Cependant, elles sont encore nombreuses puisque 1 commune sur 4 se trouve dans cette catégorie de communes.

Au recensement de 2007, ces communes se situent majoritairement dans l'arrondissement de Confolens qui est, pour rappel, le moins peuplé des arrondissements de la Charente et le plus rural. En effet, cet arrondissement cumule en 2007 44 communes sur les 97 communes de cette catégorie, soit près de la moitié (45 %).

Les communes de 200 à 499 habitants[modifier | modifier le code]

Comme dans la catégorie précédente, cette tranche de petites communes tend également à se réduire et leur nombre à diminuer. En 2007, elles ne représentent plus que 14,1 % de la population départementale contre 14,7 % en 1999. Ces communes sont très souvent situées dans le "rural profond" et sont très peu attractives, sauf celles qui peuvent bénéficier d'une relative proximité d'Angoulême et de son agglomération urbaine, pôle urbain principal du département dont l'influence s'étend largement sur ces communes. Ainsi, la continuité du phénomène de l'"exurbanisation" d'Angoulême mais également de Cognac profite à ces petites communes.

La tranche des communes moyennes[modifier | modifier le code]

Cette catégorie de communes dont la population est comprise entre 500 et moins de 1 000 habitants affiche une certaine vitalité démographique. Ce phénomène n'est pas inhérent au seul département de la Charente puisqu'il se vérifie également dans le département voisin de la Charente-Maritime.

Ces communes sont au nombre de 89 en 2007 contre 86 en 1999, soit 2 communes sur 5 appartiennent à cette tranche de communes. Une majorité d'entre elles bénéficient généralement d'un bon report de la péri-urbanisation avec installation de jeunes ménages souvent avec des enfants et revitalisation économique et sociale des villages. Ce constat se vérifie avec force dans les cantons péri-urbains de La Rochefoucauld, Saint-Amant-de-Boixe et Hiersac ainsi que ceux redynamisés de Montbron et de Blanzac-Porcheresse dans l'arrondissement d'Angoulême. Même les communes de cette catégorie situées dans le canton de Jarnac et dans celui de Rouillac, tous deux situés dans la mouvance urbaine de Cognac et dont certaines communes font partie de son aire urbaine, bénéficient d'un réel essor démographique.

Par contre, comme partout ailleurs dans le département et la région Poitou-Charentes, ces communes situées en milieu rural profond n'offrent guère de possibilité de développement et sont le plus souvent condamnées à péricliter, sinon à stagner dans un premier temps. Cette situation se vérifie dans les communes se situant dans l'arrondissement de Confolens, notamment dans les cantons de Confolens-Nord et Confolens-Sud.

La tranche des communes de 1 000 à 1 999 habitants[modifier | modifier le code]

Entre 1999 et 2007, les communes de 1 000 à 1 999 habitants augmentent aussi bien en nombre qu'en chiffre de population. Leur proportion dans le département est passée de 12,9 % en 1999 à 14,3 % en 2007 et le nombre de communes de cette catégorie est passé de 34 à 38 dans la même période.

Aujourd'hui, un habitant sur six réside dans une commune de 1 000 à moins de 2 000 habitants. Cette situation se vérifie également dans le département voisin de la Charente-Maritime où les proportions démographiques sont presque identiques.

La vitalité de ces communes est un fait récent et une large proportion d'entre elles est composée de communes péri-urbaines. Nombre d'entre elles - comme les communes de 500 à 999 habitants - bénéficient des mêmes retombées positives de leur proximité d'un centre urbain et connaissent une réelle revitalisation de leurs activités communales.

La tranche des communes de plus de 2 000 habitants[modifier | modifier le code]

La catégorie des communes de plus de 2 000 habitants se caractérise par une croissance démographique constante bien que le nombre de communes soit resté le même en 1999 et en 2007. Elles sont 31 communes représentant en 2007 50,5 % de la population départementale.

Aujourd'hui, un habitant sur deux réside dans une commune de plus de 2 000 habitants dans le département de la Charente.

Les 31 communes de plus de 2 000 habitants[modifier | modifier le code]

En 2007, sur les 404 communes qui composent le département de la Charente, 31 ont une population municipale supérieure à 2 000 habitants[N 4], soit 1 commune sur 13 en Charente.

Parmi celles-ci, 9 communes ont plus de 5 000 habitants et sont toutes classées comme communes urbaines[N 5] ou en voie de l'être[N 6], dont 3 recensent plus de 10 000 habitants dont Angoulême qui compte plus de 40 000 habitants.

L’évolution démographique de ces différentes communes entre 1999 et 2007 est contrastée. Parmi les neuf communes de plus de 5 000 habitants, la moitié d'entre elles enregistre une croissance démographique positive avec quelques records de croissance comme ceux constatés à Saint-Yrieix-sur-Charente (+ 9,2 %), Champniers (+ 8,6 %) et L'Isle-d'Espagnac (+ 8,2 %).

Les deux villes principales du département, Angoulême et Cognac, enregistrent une stagnation de leur chiffre de population orientée toutefois vers une légère décroissance démographique. En fait, ces deux villes sont en crise urbaine depuis le milieu des années 1970 et continuent de perdre de la population, autant dans les vieux quartiers de centre-ville que dans les quartiers populaires. Cette "exurbanisation" profite aux communes de la proche banlieue de ces deux villes et aux communes rurales périphériques.

Ainsi, ce sont surtout les villes de banlieue et les communes péri-urbaines qui affichent les plus fortes croissances démographiques, comme partout ailleurs sur le territoire national.

À l'inverse, cinq petites villes sont en véritable crise urbaine. La persistance de ce déclin touche notamment Barbezieux-Saint-Hilaire, Jarnac, Ruffec, La Rochefoucauld et Confolens. Toutes ces petites villes enregistrent des pertes démographiques assez importantes. Les deux premières avaient plus de 5 000 habitants en 1975. Elles se caractérisent toutes par une véritable "hémorragie" démographique alors que ce sont des centres économiques importants auprès de leur canton ou de leur "pays".

Tableau de l'évolution démographique des 31 communes de plus de 2 000 habitants entre 1999 et 2007[modifier | modifier le code]

(En caractères gras, les 9 communes de plus de 5 000 habitants en 2007)

(Classement par ordre d'importance démographique au recensement de 2007)

Commune Pop.
2007
var.
/1999
Commune Pop.
2007
var.
/1999
Angoulême 42 669 ==  -1,2 % Châteauneuf-sur-Charente 3 451 ==  0,8 %
Cognac 19 243 ==  -1,5 % La Rochefoucauld 3 089 en diminution  -4,3 %
Soyaux 10 348 ==  1,7 % Saint-Michel 3 078 en augmentation  4 %
Ruelle-sur-Touvre 7 468 en augmentation  3,4 % Magnac-sur-Touvre 3 010 en augmentation  6,4 %
La Couronne 7 037 en augmentation  2,6 % Chasseneuil-sur-Bonnieure 2 960 en augmentation  4,7 %
Saint-Yrieix-sur-Charente 6 960 en augmentation  9,2 % Confolens 2 798 en diminution  -2 %
Gond-Pontouvre 6 044 ==  1,2 % Roumazières-Loubert 2 580 en diminution  -7,2 %
L'Isle-d'Espagnac 5 324 en augmentation  8,2 % Mouthiers-sur-Boëme 2 442 en augmentation  8,1 %
Champniers 5 001 en augmentation  8,6 % Cherves-Richemont 2 437 ==  -0,4 %
Barbezieux-Saint-Hilaire 4 645 en diminution  -3,6 % Puymoyen 2 401 en augmentation  4,2 %
Jarnac 4 508 en diminution  -3,2 % Nersac 2 317 en diminution  -2,8 %
Châteaubernard 3 884 en augmentation  10 % Montbron 2 167 en diminution  -3,3 %
Roullet-Saint-Estèphe 3 686 en augmentation  4,6 % Segonzac 2 166 en diminution  -5,7 %
Brie 3 652 en augmentation  22,6 % Mornac 2 114 en augmentation  13,4 %
Ruffec 3 594 ==  -1 % Linars 2 068 en diminution  -2 %
Fléac 3 518 en augmentation  21,1 %


Les 31 communes de plus de 2 000 habitants représentent en 2007 50,5 % de la population du département et celles de plus de 5 000 habitants en totalisent 31,5 %.

En 2007, un habitant sur deux réside dans une commune de plus de 2 000 habitants en Charente.

Densité de population[modifier | modifier le code]

La densité de population du département[modifier | modifier le code]

La densité de population progresse peu en Charente depuis la Libération, en cohérence avec l'évolution démographique générale de la population départementale.

En 2007, la densité s'établit à 59 hab/km2. Elle demeure nettement inférieure à la moyenne nationale qui est de 114 hab/km2 et elle est également inférieure à la moyenne de la région qui est de 67 hab/km2 en 2007.

1946
 
52
 
1954
 
53
 
1962
 
55
 
1968
 
56
 
1975
 
57
 
1982
 
57
 
1990
 
57
 
1999
 
57
 
2007
 
59
 

Dans la région Poitou-Charentes, la Charente est non seulement le département le moins peuplé mais il en est également le moins densément peuplé. Pour mémoire, la région a une densité de population très moyenne, près de deux fois inférieure à celle de la France métropolitaine, dont les densités respectives sont de 67 hab/km2 et 114 hab/km2.

Tableau des densités de population des quatre départements de Poitou-Charentes en 2007[modifier | modifier le code]

(Classement par ordre d'importance de densité de population)

Département Densité de population
Charente-Maritime 88 hab/km2.
Deux-Sèvres 61 hab/km2.
Vienne 60 hab/km2.
Charente 59 hab/km2.
Tableau des densités de population des deux autres départements limitrophes de la Charente en 2007[modifier | modifier le code]

(Classement par ordre d'importance de densité de population)

Département Densité de population
Haute-Vienne 65 hab/km2.
Dordogne 45 hab/km2.

La densité de population des arrondissements[modifier | modifier le code]

À l'intérieur du département, les trois arrondissements qui le composent ont des densités de population très différentes, résultant d'une distorsion importante dans la répartition de la population entre les deux arrondissement dominés par les villes principales d'Angoulême et de Cognac et celui qui confine aux marges septentrionales et orientales du département, correspondant à l'arrondissement de Confolens et qui a les caractéristiques communes à la diagonale des faibles densités.

Tableau des densités de population des trois arrondissements de la Charente en 2007[modifier | modifier le code]

(Classement par ordre d'importance de densité de population)

Arrondissement Densité de population
Angoulême 87 hab/km2.
Cognac 62 hab/km2.
Confolens 28 hab/km2.


L'arrondissement d'Angoulême avec une densité moyenne de 87 hab/km2 est non seulement le plus densément peuplé de la Charente mais il en est également le plus peuplé. Sa densité de population est supérieure à celle de son département et à celle de la région.

Il occupe le quatrième rang régional pour sa densité de population se classant après l'arrondissement de La Rochelle (244 hab/km2), l'arrondissement de Poitiers (122 hab/km2) et l'arrondissement de Rochefort (117 hab/km2). Il devance notamment les arrondissements de Saintes (78 hab/km2) et de Niort (74 hab/km2).

L'arrondissement de Cognac avec 62 hab/km2 occupe une position très moyenne par sa densité de population. Si celle-ci est supérieure au département de la Charente, elle demeure inférieure à celle de la région.

La densité de population de l'arrondissement de Confolens avec 28 hab/km2 est de loin la plus faible des trois arrondissements charentais et elle est inférieure de moitié à celle du département de la Charente. Arrondissement rural par excellence, c'est également un territoire de longue tradition d'émigration, même si celle-ci s'est "momentanément" arrêtée depuis le début du XXIe siècle.

Ces importants contrastes de peuplement au sein de la Charente se vérifient également à l'échelle des cantons.

La densité de population des cantons[modifier | modifier le code]

Les disparités de la répartition de la population dans le département de la Charente sont nettement plus visibles au niveau des cantons.

La Charente compte 9 cantons de plus de 100 hab/km2 et 5 qui ont une densité de population comprise entre 50 et 99 hab/km2 mais 2 d'entre eux ont une densité inférieure à celle du département.

En fait, le département rassemble une forte majorité de cantons de moins de 49 hab/km2 où ceux-ci sont au nombre de 21 dont 3 ont moins de 19 hab/km2. Ce qui signifie que 2 cantons sur 3 ont une faible densité de population et, même plus encore, puisque 23 cantons ont une densité inférieure à la moyenne départementale qui n'est pas très élevée avec 59 hab/km2.

Le tableau ci-dessous montre clairement que les cantons les plus densément peuplés sont situés majoritairement autour d'Angoulême et de Cognac et entre ces deux villes principales le long de la vallée de la Charente.

Enfin, l'arrondissement de Confolens est le seul du département à ne pas compter de cantons dont la densité de population dépasse les 50 hab/km2 et il compte deux cantons avec une densité inférieure à 19 hab/km2. Il possède, comme indiqué plus avant, toutes les caractéristiques de la diagonale des faibles densités dont la faible densité de population en est un des aspects les plus marquants.

Tableau des densités de population des cantons de la Charente en 2007[modifier | modifier le code]

Canton Densité de population en 2007 Population Arrondissement Rang
Densité de population supérieure à 200 hab/km2
Angoulême-Ouest
737 hab/km2
16 059 hab.
Angoulême
1
Angoulême-Nord
624 hab/km2
13 764 hab.
Angoulême
2
Angoulême-Est
584 hab/km2
12 846 hab.
Angoulême
3
Ruelle-sur-Touvre
330 hab/km2
19 017 hab.
Angoulême
4
Cognac-Sud
280hab/km2
19 074 hab.
Cognac
5
Gond-Pontouvre
245 hab/km2
19 251 hab.
Angoulême
6
La Couronne
212 hab/km2
23 570 hab.
Angoulême
7
Densité de population comprise entre 100 hab/km2 et 199 hab/km2
Cognac-Nord
162 hab/km2
15 999 hab.
Cognac
8
Soyaux
161 hab/km2
15 088 hab.
Angoulême
9
Densité de population comprise entre 50 hab/km2 et 99 hab/km2
Jarnac
78 hab/km2
12 599 hab.
Cognac
10
Hiersac
74 hab/km2
11 718 hab.
Angoulême
11
La Rochefoucauld
66 hab/km2
18 467 hab.
Angoulême
12
Segonzac
53 hab/km2
12 142 hab.
Cognac
13
Châteauneuf-sur-Charente
53 hab/km2
7 827 hab.
Cognac
14
Densité de population comprise entre 20 hab/km2 et 49 hab/km2
Saint-Amant-de-Boixe
49 hab/km2
8 782 hab.
Angoulême
15
Barbezieux-Saint-Hilaire
47 hab/km2
9 744 hab.
Cognac
16
Ruffec
41 hab/km2
8 742 hab.
Confolens
17
Saint-Claud
40 hab/km2
10 997 hab.
Confolens
18
Mansle
36 hab/km2
8 764 hab.
Confolens
19
Chabanais
34 hab/km2
7 930 hab.
Confolens
20
Blanzac-Porcheresse
33 hab/km2
8 080 hab.
Angoulême
21
Rouillac
32 hab/km2
7 342 hab.
Cognac
22
Chalais
32 hab/km2
4 623 hab.
Angoulême
23
Montbron
29 hab/km2
6 935 hab.
Angoulême
24
Baignes-Sainte-Radegonde
27 hab/km2
4 122 hab.
Cognac
25
Aubeterre-sur-Dronne
25 hab/km2
3 293 hab.
Angoulême
26
Villebois-Lavalette
24 hab/km2
7 496 hab.
Angoulême
27
Aigre
24 hab/km2
4 819 hab.
Confolens
28
Montmoreau-Saint-Cybard
24 hab/km2
4 721 hab.
Angoulême
29
Confolens-Nord
'24 hab/km2
4 590 hab.
Confolens
30
Confolens-Sud
22 hab/km2
6 613 hab.
Confolens
31
Villefagnan
20 hab/km2
5 670 hab.
Confolens
32
Densité de population inférieure à 19 hab/km2
Montembœuf
19 hab/km2
3 879 hab.
Confolens
33
Champagne-Mouton
17 hab/km2
2 647 hab.
Confolens
34
Brossac
14 hab/km2
2 325 hab.
Cognac
35


Carte des densités de population des cantons de la Charente en 2007

Charente demography cantons.svg

La densité de population des communes[modifier | modifier le code]

42 communes ont de plus de 100 hab/km2 en 2007

Au recensement de 2007, sur les 404 communes que compte la Charente, 42 ont une densité de population supérieure à 100 hab/km2 dont 19 ont une densité supérieure à 200 hab/km2. Elles représentant 10,4 % des communes du département, soit une commune sur dix en Charente a plus de 100 hab/km2.

En 1999, le département en recensait 38, dont le même nombre qu'en 2007 avaient plus de 200 hab/km2. Leur proportion s'établissait alors à 9,4 % de toutes les communes du département, soit moins d'une commune sur dix.

Par ailleurs, les communes les plus densément peuplées, sont non seulement les deux villes principales de la Charente mais elles concernent principalement les communes de banlieue de l'agglomération d'Angoulême comme le montre le tableau ci-dessous. Toutes ces villes ont une densité de population supérieure à 200 hab/km2 dont trois ont plus de 1 000 hab/km2 et quatre autres ont entre 500 hab/km2 et 999 hab/km2.

Tableau des dix communes les plus densément peuplées de la Charente en 2007[modifier | modifier le code]

(Classement par ordre d'importance de densité de population)

Commune Densité de population
Angoulême 1 953 hab/km2.
Saint-Michel 1 251 hab/km2.
Cognac 1 242 hab/km2.
L'Isle-d'Espagnac 895 hab/km2.
Soyaux 811 hab/km2.
Gond-Pontouvre 811 hab/km2.
Ruelle-sur-Touvre 701 hab/km2.
Saint-Yrieix-sur-Charente 475 hab/km2.
La Rochefoucauld 428 hab/km2.
Magnac-sur-Touvre 385 hab/km2.


Angoulême est, après La Rochelle (2 703 hab/km2) et Poitiers (2 120 hab/km2), la troisième ville la plus densément peuplée de la région, elle devance ainsi Niort dont la densité de population est de 859 hab/km2 en 2007[N 7].

Les communes de plus de 50 à 99 hab/km2[modifier | modifier le code]

En 2007, 68 communes ont une densité de population comprise entre 50 et 99 hab/km2. Ce qui représente 1 commune sur 6 en Charente. Elles étaient 64 en 1999.

Ces communes sont souvent d'anciennes communes agricoles que la péri-urbanisation a considérablement changé. Elles ont l'avantage d'être situées entre dix et vingt kilomètres d'Angoulême, et bénéficient toutes d'une croissance démographique très rapide, en particulier celles qui sont situées dans les cantons de La Rochefoucauld, Hiersac et Saint-Amant-de-Boixe. Elles se sont transformées en communes péri-urbaines ou semi-rurales et sont majoritairement situées dans l'aire urbaine d'Angoulême et dans celle de Cognac.

Si la péri-urbanisation est une chance de développement pour une catégorie de communes rurales, il n'en est pas toujours ainsi pour les communes du "rural profond" où les densités de population chutent vertigineusement et qui sont également présentes en Charente.

6 communes ont moins de 9 hab/km2 en 2007[modifier | modifier le code]

Ainsi, à l'autre extrême du classement des communes, 6 d'entre elles ont moins de 9 hab/km2 en 2007. Elles sont toutes situées dans les marges orientales et méridionales du département et appartiennent au secteur démographique ayant les caractéristiques de la diagonale des faibles densités.

Trois d'entre elles sont situées dans le canton de Brossac, partie sud-ouest du département au contact de la Double saintongeaise, micro-région à la démographie particulièrement déprimée.

Il s'agit le plus souvent de communes forestières dont l'importance occupée par les bois recouvre souvent plus de la moitié de la superficie communale, ce qui correspond notamment à la commune la moins densément peuplée de la Charente, Combiers, qui se situe dans le canton de Villebois-Lavalette.

Tableau des six communes les moins densément peuplées en 2007[modifier | modifier le code]

(Classement par ordre d'importance de densité de population)

Commune Densité de population Canton Arrondissement
Poullignac 9 hab/km2. Montmoreau-Saint-Cybard Angoulême
Sauvignac 9 hab/km2. Brossac Cognac
Boisbreteau 8 hab/km2. Brossac Cognac
Saint-Vallier 8 hab/km2. Brossac Cognac
Vieux-Ruffec 8 hab/km2. Ruffec Confolens
Combiers 5 hab/km2. Villebois-Lavalette Angoulême


Cependant, ces communes étaient plus nombreuses au recensement de 1999 puisqu'elles étaient au nombre de onze. Elles ont en effet toutes enregistré une croissance de population, plutôt "inattendue", entre 1999 et 2007 mais ce "semblant de vitalité" ne doit pas faire illusion. Leur densité de population demeure malgré tout extrêmement faible, atteignant la plupart quelque 10 hab/km2 en 2007, cas notamment des communes de Courlac, Lésignac-Durand, Mainzac et Sauvagnac et même 12 pour Saint-Laurent-des-Combes[N 8].

Population rurale et population urbaine[modifier | modifier le code]

Une population rurale dominante[modifier | modifier le code]

En 1999, la population rurale demeure majoritaire en Charente avec 53,1 % comme depuis le lendemain de la Seconde Guerre mondiale où cette proportion était beaucoup plus élevée 66,3 % en 1946.

Trois périodes distinctes marquent l'évolution de la population rurale en Charente depuis la Libération. Après avoir beaucoup diminué entre 1946 et 1975, la population rurale est devenue entre 1975 et 1990, le moteur de la croissance démographique charentaise, mais dans la période 1990-1999, elle a renoué avec la décroissance.

Tableau de l'évolution de la population rurale de 1946 à 1999[modifier | modifier le code]

Année Population rurale Taux de population rurale
1946 206 324 66,3 %
1954 201 199 64,2 %
1962 197 759 60,4 %
1968 173 522 53,7 %
1975 171 080 50,8 %
1982 176 123 51,7 %
1990 182 497 53,4 %
1999 180 244 53,1 %


La période 1946-1975 : chute spectaculaire de la population rurale[modifier | modifier le code]

La chute spectaculaire de la population rurale entre 1946 et 1975 n'a pas pour autant effacé la prépondérance de la population des campagnes dans le département puisqu'elle demeure majoritaire, même au plus fort du mouvement de l'expansion urbaine qui s'est arrêté en 1975.

Dans cette période où l'urbanisation s'est considérablement développée dans les villes et a vidé progressivement les campagnes, l'arrondissement de Confolens affiche une décroissance démographique très importante. Un grand nombre de ses communes rurales enregistre dans cette période une chute de population spectaculaire. Dans la seule période 1962-1975, cet arrondissement a perdu un dixième de sa population, affectant principalement les communes rurales. Il est passé de 79 280 habitants en 1962 à 70 701 habitants en 1975, perdant 8 579 habitants, soit une baisse de - 10,8 %. Dans le même temps, sa densité de population est passée de 35 hab/km2 à 31 hab/km2 alors que celle du département passait de 55 hab/km2 à 57 hab/km2. Cet écart est allé en se creusant dans les décennies suivantes.

L'arrêt de la croissance urbaine des villes constaté à partir de 1975 n'a pas pour autant entraîné la chute de la population rurale dans les décennies suivantes.

La période 1975-1990 : la population rurale, moteur de la croissance démographique de la Charente[modifier | modifier le code]

De 1975 à 1990, la population rurale a alimenté la croissance démographique départementale gagnant dans cette période 11 417 habitants alors que le département ne s'accroissait que de 4 929 habitants.

Cependant, si la population rurale a progressé de 1975 à 1990, celle-ci ne s'est pas faite uniformément puisque l'arrondissement de Confolens a continué de perdre de la population dans cette période.

En fait, cette croissance de la population rurale est imputable au phénomène nouveau de l'"exurbanisation" des villes principales (Angoulême et Cognac) et secondaires (Barbezieux, Jarnac, Ruffec et La Rochefoucauld) qui a commencé dès 1975. Toutes ces villes sans exception ont commencé à perdre de la population à partir de cette date. Les citadins se sont installés de préférence dans les villages et quelques gros bourgs situés en périphérie des villes. Ce mouvement est particulièrement net autour d'Angoulême dans un rayon de dix à plus de vingt kilomètres où un très grand nombre de communes rurales ont été revitalisées par la rurbanisation. Grâce à la péri-urbanisation, un grand nombre de ces communes péri-urbaines ont vu leur population croître dans d'importantes proportions. Une sorte de "banlieue" à la campagne s'est donc spontanément développée autour d'Angoulême principalement, s'étendant notamment dans cinq cantons périphériques (Blanzac, Hiersac, La Rochefoucauld, Saint-Amant-de-Boixe et Villebois-Lavalette).

Tableau démographique de quelques cantons péri-urbains autour d'Angoulême et leur évolution démographique entre 1975 et 1990[modifier | modifier le code]

(Classement des cantons par ordre alphabétique)

Canton Population
1975
variation
1975/1982
Population
1982
variation
1982/1990
Population
1990
Blanzac-Porcheresse 6 739 en augmentation  4,7 % 7 058 en augmentation  8,7 % 7 672
Hiersac 8 361 en augmentation  13,9 % 9 553 en augmentation  13,7 % 10 859
La Rochefoucauld 13 698 en augmentation  7,8 % 14 761 en augmentation  10,3 % 16 277
Saint-Amant-de-Boixe 6 640 en augmentation  11 % 7 372 en augmentation  3,4 % 7 624
Villebois-Lavalette 5 912 en augmentation  11,7 % 6 606 en augmentation  10,4 % 7 295


La rurbanisation est un fait social bien ancré en Charente. En effet, ce mouvement n'a pas touché exclusivement Angoulême et Cognac qui demeurent les principales villes et agglomérations de la Charente mais il s'est également étendu autour des petites villes de l'armature urbaine de ce département moyennement urbanisé. Ainsi ce phénomène de desserrement urbain autour des villes se vérifie-t-il dans la périphérie de Jarnac et de Barbezieux-Saint-Hilaire, même s'il est moins dynamique qu'autour des villes principales, il n'en est pas moins visible.

La péri-urbanisation dans le canton de Jarnac entre 1975 et 1990[modifier | modifier le code]

Année Population du canton Population de la ville-centre Population des communes rurales
1975 12 060 5 042 7 018
1982 12 145 4 861 7 284
1990 12 795 4 786 8 009


La péri-urbanisation dans le canton de Barbezieux entre 1975 et 1990[modifier | modifier le code]

Année Population du canton Population de la ville-centre Population des communes rurales
1975 10 150 5 198 4 952
1982 10 096 5 103 4 993
1990 9 935 4 774 5 161


Il est intéressant de relever que même si le canton de Barbezieux affiche une baisse démographique régulière entre 1975 et 1990, elle ne l'a pas été automatiquement pour la population rurale qui n'a cessé de croître, en partie au profit de la ville-chef-lieu de canton.


La période 1990-1999 : arrêt de l'essor de la population rurale[modifier | modifier le code]

Par contre, la période 1990-1999 tranche nettement avec la précédente, étant plutôt négative pour la population rurale comme pour l'ensemble de la population départementale. Elle marque un coup d'arrêt de l'essor de la population rurale en Charente. La crise industrielle qui a également touché les campagnes charentaises y est pour beaucoup et le phénomène de l'exode rural a repris, le département ayant un taux migratoire négatif dans cette période particulièrement difficile.

De plus, la péri-urbanisation a cessé d'être le vecteur principal de la croissance démographique du département. Le mouvement s'est essoufflé mais il a continué autour d'Angoulême, certes à un rythme nettement moins rapide, tandis qu'il s'est arrêté autour de Cognac, Jarnac et Barbezieux. Dans cette période, les cantons péri-urbains autour d'Angoulême affichent une croissance démographique faible et même deux d'entre eux sont en baisse (Blanzac-Porcheresse et Villebois-Lavalette).

Si la population rurale demeure majoritaire en Charente, les villes ont dans un premier temps été le moteur de la croissance démographique départementale avant d'entrer dans une crise profonde, à l'exception notable d'Angoulême.

L'évolution du taux de population urbaine depuis la Libération[modifier | modifier le code]

Comme l'indique l'histogramme ci-dessous, deux phases nettement distinctes apparaissent dans l’évolution du taux de population urbaine qui n'a jamais franchi la barre des 50 %.

Après avoir progressé de façon remarquable entre 1946 et 1975 où il atteint son taux le plus élevé avec 49,2 %, cette proportion de la population urbaine a par la suite régressé jusqu’en 1990 pour se stabiliser par la suite en 1999.

1946
 
33.7
 
1954
 
35.8
 
1962
 
39.6
 
1968
 
46.3
 
1975
 
49.2
 
1982
 
48.3
 
1990
 
46.6
 
1999
 
46.9
 

L'évolution de la population urbaine depuis la Libération[modifier | modifier le code]

Comme l’indique le taux de population urbaine, l'évolution de la population urbaine fait apparaître deux phases très clairement distinctes.

Première période (1946-1975) : un essor urbain ininterrompu[modifier | modifier le code]

La première période, qui va de 1946 à 1975, se caractérise par une croissance très vigoureuse et régulière de la population urbaine où celle-ci gagne 61 171 nouveaux citadins. Cet essor remarquable est de + 58,4 % alors que, dans le même temps, le département ne s’est accru que de 25 937 habitants (+ 8,33 %).

Dans cette période de reconstruction de l'après-guerre et d'expansion industrielle qui a surtout profité aux villes, la population urbaine s'est accrue deux fois plus vite que la population départementale. Dans le même temps, le nombre de communes urbaines est passé de 12 à 30 de 1946 à 1975. Par la suite, il n'a pratiquement plus varié.

L’année 1975 marque le maximum démographique de la population urbaine en Charente. Lors de ce recensement, le département comptait alors 8 villes de plus de 5 000 habitants dont Barbezieux (5 198 habitants) et Jarnac (5 042 habitants), ces deux dernières ont d'ailleurs atteint leur maximum démographique cette année-là[N 9]. De plus, c'est à partir de cette année-là que l'agglomération d'Angoulême franchit pour la première fois de son histoire urbaine le cap des 100 000 habitants, atteignant alors avec ses communes agglomérées 100 528 habitants. Elle était la première agglomération urbaine de la région Poitou-Charentes devançant La Rochelle et Poitiers.

Deuxième période (1975-1999) : le déclin urbain[modifier | modifier le code]

La deuxième période est marquée par un déclin urbain continu de 1975 à 1999 où la population urbaine a perdu 7 016 habitants tandis que, dans le même temps, le département s'est accru, certes modérément (+ 2 564 habitants). Le nombre de communes urbaines a très peu évolué, étant en 1999 de 31 mais le département a perdu une unité urbaine dès 1982 (Chabanais).

Dans cette période d'arrêt de l'urbanisation de la Charente, seule l’agglomération d’Angoulême se singularise. Elle s’est accrue aussi bien en population qu’en extension spatiale gagnant 2 communes entre 1975 et 1999 et totalisant 16 communes dans son unité urbaine.

Tableau de l'évolution démographique d'Angoulême et de son agglomération urbaine de 1975 à 1999

Année UNITÉ URBAINE (Nombre de communes urbaines) dont ville-centre
1975 100 528 (14) 47 221
1982 103 552 (15) 46 197
1990 102 908 (16) 42 876
1999 103 746 (16) 43 171


L'agglomération passe de 100 528 habitants en 1975 à 103 746 habitants en 1999, soit un gain de 3 218 habitants alors que, dans le même temps, la population urbaine a perdu 7 016 habitants. Ce qui a pour conséquence un renforcement du poids démographique de l'agglomération angoumoisine dans la population urbaine de la Charente et qui devient "écrasant" de recensement en recensement. La proportion était de 60,6 % en 1975, elle est passée à 65,1 % en 1999.

Angoulême et son agglomération exercent une influence largement dominante dans l'urbanisation du département mais ne parviennent pas à tirer vers le haut la croissance urbaine. C'est en termes d'aire urbaine que cette attractivité peut se mesurer le mieux.

L'aire urbaine d'Angoulême rassemble 80 communes en 1999 et 153 781 habitants, soit 45,3 % de la population de la Charente. Troisième aire urbaine de Poitou-Charentes après celles de Poitiers et de La Rochelle, elle se caractérise par un dynamisme moyen dans la région.

Cependant, elle fait nettement mieux que la deuxième agglomération du département qui est Cognac.

Dans le même temps, l'unité urbaine de Cognac a perdu une commune (Cherves-Richemont) et est repassée sous les 30 000 habitants depuis 1990.

C'est que l'agglomération cognaçaise a été traversée par une crise économique particulièrement dure avec la disparition de nombreuses industries tandis que des restructurations industrielles particulièrement lourdes ont pesé sur l'emploi. Dans le même temps, la reconversion vers l'économie tertiaire a été lente. Du coup, Cognac et son agglomération ont cessé d'être attractives et ont perdu entre 1975 et 1999 5 486 habitants[N 10].

Tableau de l'évolution démographique de Cognac et de son agglomération urbaine de 1975 à 1999

Année Unité urbaine (Nombre de communes urbaines) dont ville-centre
1975 32 528 (7) 22 237
1982 31 189 (7) 20 660
1990 27 468 (6) 19 528
1999 27 042 (6) 19 534


De plus, l'ancien petit centre industriel de Chabanais qui est situé dans le Confolentais est entré dans un déclin quasi irréversible, perdant même son statut de "commune urbaine" en 1982. Chabanais est d'ailleurs passée sous le seuil des 2 000 habitants en 1999. Ainsi, entre 1975 et 1999, cette commune est-elle passée de 2 434 habitants à 1 944 habitants, affichant une lourde perte démographique de 490 habitants, soit - 20,1 %.

Cette évolution contrastée entre ces deux périodes de l’histoire urbaine de la Charente se lit également dans le nombre de communes et d'unités urbaines qui, depuis 1975, a à peine changé.

Tableau de l'évolution urbaine de 1946 à 1999[modifier | modifier le code]
Année Unité urbaine (Nombre de communes urbaines) Nombre d'unités urbaines
1946 104 813 (12) 14
1954 112 436 (17) 14
1962 129 899 (18) 11
1968 157 494 (23) 11
1975 165 984 (30) 11
1982 164 647 (30) 10
1990 159 496 (30) 10
1999 159 438 (31) 10


Au recensement de 1999, une certaine stabilité dans l'évolution de la population urbaine est constatée. L'Insee a inventorié une dizaine d’unités urbaines en Charente en 1999.

L’agglomération d’Angoulême y a un poids écrasant, rassemblant plus des 2/3 de la population urbaine en Charente (65,1 %). En Poitou-Charentes, seules Poitiers et La Rochelle la devancent.

Tableau des dix unités urbaines de la Charente en 1999[modifier | modifier le code]

(Classement par ordre d'importance de population)

Unité urbaine Population (Nombre de communes)
Angoulême 103 746 hab. (16)
Cognac 27 042 hab. (6)
Barbezieux-Saint-Hilaire 4 819 hab. (1)
Jarnac 4 659 hab. (1)
Ruffec 4 100 hab. (2)
Châteauneuf-sur-Charente 3 422 hab.. (1)
La Rochefoucauld 3 228 hab. (1)
Confolens 2 855 hab. (1)
Chasseneuil-sur-Bonnieure 2 786 hab. (1)
Roumazières-Loubert 2 781 hab. (1)

L'évolution urbaine entre 1999 et 2007[modifier | modifier le code]

En 1999, la Charente comptabilisait 10 unités urbaines, ce nombre demeure le même en 2007.

Le tableau suivant donne la liste des 10 unités urbaines de la Charente et leur évolution démographique entre 1999 et 2007[N 11]. Cette liste donne une indication de l'évolution urbaine en Charente qui, en première lecture, montre que l'urbanisation continue de progresser à Angoulême, qu'elle se reprend légèrement à Cognac mais qu'elle régresse dans toutes les petites villes depuis le début du XXIe siècle.

Tableau démographique de 10 unités urbaines de la Charente et leur évolution démographique entre 1999 et 2007[modifier | modifier le code]

(Classement des unités urbaines par ordre démographique de 2007)[N 12].

Rang Unité urbaine Population
2007
variation
2007/1999
Population
1999
1 Angoulême 109 009 en augmentation  5,1 % 103 746
2 Cognac 27 203 ==  0,6 % 27 042
3 Jarnac 4 952 en augmentation  6,2 % 4 659
4 Barbezieux-Saint-Hilaire 4 645 en diminution  3,6 % 4 819
5 Ruffec 4 066 ==  -0,8 % 4 100
6 Châteauneuf-sur-Charente 3 451 ==  0,8 % 3 422
7 La Rochefoucauld 3 089 en diminution  4,3 % 3 228
8 Chasseneuil-sur-Bonnieure 2 916 en augmentation  4,7 % 2 786
9 Confolens 2 798 en diminution  2 % 2 855
10 Roumazières-Loubert 2 580 en diminution  7,2 % 2 781

L'agglomération d'Angoulême, une expansion urbaine régulière[modifier | modifier le code]

Angoulême et son agglomération qui affichent une croissance démographique de 5 263 habitants est l'une des rares unités urbaines du département à croître. Si elle progresse légèrement plus vite que le département, respectivement + 5,1 % et + 2,9 %, l'agglomération angoumoisine doit cette attractivité au fait de l'élargissement de son unité urbaine depuis 1999 où elle gagne deux nouvelles communes, Balzac et Vœuil-et-Giget.

Cette attractivité échappe certes à la ville-centre qui continue de perdre de la population (- 502 habitants) mais elle se confirme nettement dans les villes de sa proche banlieue, qu'elles soient résidentielles ou ouvrières. En effet, à l'intérieur des limites de son agglomération, toutes les villes de plus de 5 000 habitants sont en croissance démographique, y compris celles qui avaient perdu continuellement de la population depuis 1975, notamment Soyaux et Ruelle-sur-Touvre.

En périphérie de cette agglomération qui rassemble 18 communes urbaines[N 13], les communes de son aire urbaine enregistrent des croissances démographiques plus fortes encore. Ce qui est le cas notamment de Champniers qui passe tout juste le cap des 5 000 habitants avec 5 001 habitants et affiche une croissance de + 8,6 %, ou bien encore de Roullet-Saint-Estèphe et de Brie qui ont franchi le seuil des 3 500 habitants avec respectivement 3 686 habitants (+ 4,6 %) et 3 652 habitants (+ 22,6 %), cette dernière affichant l'une des croissances démographiques les plus élevées du département. Dans la périphérie sud-ouest d'Angoulême, Mouthiers-sur-Boëme participe également à cet essor de la péri-urbanisation et fait partie des communes les plus attractives ; elle compte 2 442 habitants en 2007 et enregistre une croissance démographique de + 8,1 %.

L'aire urbaine d'Angoulême rassemble 161 282 habitants en 2007[N 14], soit 46,1 % de la population du département, elle a continué de renforcer son poids démographique en Charente. Sa croissance est presque deux fois plus rapide que celle du département, respectivement + 4,9 % et + 2,9 %.

L'agglomération d'Angoulême et sa périphérie semi-urbaine contrastent nettement avec les autres villes dont l'évolution urbaine est nettement moins dynamique.

Le léger "regain" de Cognac et de son agglomération[modifier | modifier le code]

L'agglomération de Cognac s'accroît très légèrement entre 1999 et 2007 avec un gain de population de 161 habitants. Cette légère croissance démographique est à signaler car elle met fin à une longue période de décroissance urbaine depuis 1975 où, à cette date, l'agglomération de Cognac affichait un chiffre de population record de 32 528 habitants.

Certes, à l'instar d'Angoulême, la ville-centre perd de la population avec une baisse de population de 291 habitants entre les deux derniers recensements mais cette décroissance a profité aux villes de sa proche banlieue, en particulier à Châteaubernard qui, avec 3 884 habitants, enregistre l'une des plus fortes croissances urbaines de la Charente (+ 10 %).

Ce léger "regain" de population résulte d'une politique d'urbanisation qui commence à porter ses fruits et qui profitera à terme à la ville-même de Cognac.

Il n'en est pas ainsi des petites villes du département qui sont entrées dans une léthargie ou une crise urbaine de longue durée.

La crise urbaine des villes secondaires[modifier | modifier le code]

Parmi ces villes secondaires qui sont toutes de petites villes mais qui disposent d'équipements à l'échelle de leur canton ou de leur "pays", quatre sont durablement entrées dans une crise urbaine profonde. Il s'agit des villes de Barbezieux, Jarnac, Ruffec et La Rochefoucauld. Leur chute démographique n'a pas été stoppée depuis le début du nouveau siècle, elles ont perdu une réelle attractivité alors que leurs cantons sont attractifs, à l'exception de celui de Barbezieux.

Barbezieux et Jarnac avaient franchi le seuil symbolique des 5 000 habitants en 1975, après avoir connu une forte poussée urbaine depuis la Libération. À partir du recensement de 1975, elles ont régulièrement perdu de la population même si, quelquefois, la première a affiché une reprise démographique qui, cependant, n'a jamais été assez forte pour enrayer son déclin. Ainsi, entre 1975 et 2007, elles ont perdu plus d'un dixième de leur population. Barbezieux-Saint-Hilaire a perdu 513 habitants, soit - 9,9 % et Jarnac - 534 habitants, soit - 10,6 %. Ces deux villes charentaises ne constituent pas des cas isolés dans la région Poitou-Charentes, cette décroissance est également observée dans quelques villes secondaires de la Charente-Maritime à l'instar de Saint-Jean-d'Angély, Pons et Jonzac.

Jarnac bénéficie d'une extension de son unité urbaine avec l'annexion de la commune voisine de Triac-Lautrait, située sur la rive gauche de la Charente. Malgré cette extension urbaine, Jarnac ne dépasse pas les 5 000 habitants et même si elle se situe au 3e rang départemental des unités urbaines de la Charente, son évolution démographique demeure médiocre.

Mais ce sont surtout Ruffec et La Rochefoucauld qui affichent dans cette même période des chutes démographiques plutôt spectaculaires et les plus importantes du département.

Si Ruffec voit sa population relativement se stabiliser entre 1999 et 2007, c'est dans le long terme qu'il faut analyser la situation démographique de cette petite ville. Ruffec a perdu entre 1975 et 2007 647 habitants, soit - 15,3 %.

De même en est-il pour La Rochefoucauld qui perd de la population entre 1999 et 2007 alors que son bilan démographique sur les trente dernières années est particulièrement négatif. Avec une baisse de 610 habitants entre 1975 et 2007, cette petite cité des bords de la Tardoire affiche une perte record de - 16,5 %.

Le cas de La Rochefoucauld surprend par l'ampleur de sa chute démographique alors qu'elle est située dans le canton le plus dynamique de la Charente. Cette petite cité touristique que domine son joli château Renaissance possède pourtant de nombreux atouts, étant entre autres située dans l'orbite d'Angoulême et étant bien reliée à la préfecture charentaise depuis la réalisation de la 2X2 voies de l'axe routier Angoulême-Limoges. Alors que toutes les communes de son canton affichent des croissances démographiques records entre 1999 et 2007, seul ce chef-lieu de canton ne participe pas à ce renouveau.

Le déclin de ces petites villes qui constituent le réseau secondaire urbain de la Charente est également constaté à Châteauneuf-sur-Charente, petite ville riveraine du fleuve éponyme et située aux limites de l'aire urbaine d'Angoulême. Certes, elle résiste mieux que les quatre autres villes secondaires précédemment mentionnées mais elle n'exerce aucune attractivité sur son canton. Il s'agit en fait d'un petit centre en léthargie urbaine depuis de longues décennies et qui ne profite pas de l'influence exercée par Angoulême. Châteauneuf-sur-Charente se caractérise ainsi par une stagnation démographique étonnante, oscillant autour des 3 500 habitants depuis le XXe siècle. En 1975, la ville comptait 3 500 habitants, sa population est légèrement passée sous le seuil des 3 500 habitants dès 1999.

Le déclin persistant des petites villes du Confolentais[modifier | modifier le code]

Les trois dernières villes de la liste des unités urbaines de la Charente sont toutes situées dans l'arrondissement de Confolens et aucune d'entre elles ne participe à l'essor urbain du département.

De plus, aucun de ces petits centres ne dépasse les 3 000 habitants au recensement de 2007 alors qu'en 1975, Roumazières-Loubert en comptait 3 146 et qu'en 1982, ils étaient deux à franchir ce seuil avec Confolens (3 009 habitants) et Roumazières-Loubert (3 007 habitants).

Si Confolens est considérée comme la "capitale" de cette petite région, elle n'est pas pour autant un véritable centre attractif. Depuis 1982, sa population n'a cessé de diminuer de recensement en recensement passant de 3 009 habitants en 1982 à 2 798 habitants en 2007, soit une perte démographique de 211 habitants.

Il en est de même pour Roumazières-Loubert dont la chute démographique est beaucoup plus grave. De 1975 à 2007, la ville a perdu 566 habitants, soit - 18 %.

Seul, le gros bourg industriel de Chasseneuil-sur-Bonnieure avec 2 916 habitants en 2007 fait figure d'ilot de résistance dans le Confolentais, sa population ayant crû de + 4,7 % entre les deux derniers recensements. En fait, ce petit centre progresse peu car il comptait 2 903 habitants en 1982 et avait perdu de la population aux recensements de 1990 et 1999.

Le bilan urbain du département en 2007[modifier | modifier le code]

Tel qu'il se présente en 2007, le bilan démographique des villes de la Charente peut paraître à première vue globalement positif. En cumulant la population des dix unités urbaines - dans leurs limites définies par l'Insee en 2010 -, la population urbaine est de 164 709 habitants en 2007 contre 159 438 en 1999, soit une légère progression de 5 271 habitants. Grâce à la croissance de l'agglomération d'Angoulême, celle-ci compense en grande partie la perte démographique importante des petits centres urbains du département.

En fait, en prenant en compte le critère du taux de population urbaine, le bilan urbain est très légèrement positif mais il demeure toujours inférieur à celui de la population rurale. Ce taux a en effet légèrement augmenté en Charente, passant de 46,9 % en 1999 à 47,1 % en 2007 car la population urbaine a globalement progressé plus vite que celle du département, respectivement +3,3 % et +2,9 %.

Cependant, la Charente demeure le 16e département le plus rural de France et le 1er de la région Poitou-Charentes[N 15],[3].

Résidences secondaires[modifier | modifier le code]

Le département comporte une majorité de résidences principales (selon le recensement général de la population du 1er janvier 2008, 6,5 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires) et dans seulement quatre communes principales de la Charente les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux[4].

Commune Population SDC Nombre de logements Résidences secondaires % résidences secondaires
Écuras 638 657 301 45,81 %
Benest 361 329 108 32,83 %
Cellefrouin 332 364 95 25,95 %
Brossac 535 392 958 25,00 %
Nanteuil-en-Vallée 1 462 987 200 20,26 %
Saint-Séverin 787 489 90 18,40 %

La Charente est aussi le quatrième département de France en nombre de résidents britanniques, 5 083 en 2006, juste derrière Paris, la Dordogne et les Alpes-Maritimes[5],[6].

Dans la région de Montbron, les villages du Chat dans la commune d'Écuras et de la Prèze dans la commune de Rouzède ont entièrement été construits et habités par des Hollandais.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le chiffre de 2007 qui indique une population de 349 535 habitants correspond à celui de la population municipale (sans doubles comptes), la population totale étant elle de 362 528. Ce dernier chiffre est surtout pris en compte par les administrations de l'État pour des questions financières (impôts et taxes) et budgétaires (DGF). Elle entre très rarement en ligne de compte pour les études démographiques car elle a l'inconvénient de contenir des doubles comptes c'est-à-dire des groupes de personnes comptés deux fois (lycéens et étudiants en internat, malades dans des hôpitaux, prisonniers dans des prisons, militaires dans des casernes...).
  2. Superficie des 14 arrondissements de Poitou-Charentes : 1 - arrondissement de Montmorillon (3 000 km2), 2 - arrondissement de Niort (2 792 km2), 3 - arrondissement de Confolens (2 268 km2), 4 - arrondissement d'Angoulême ( 2 217 km2), 5 - arrondissement de Châtellerault (2 065 km2), 6 - arrondissement de Poitiers (1 926 km2), 7 - arrondissement de Bressuire (1 623 km2), 8 - arrondissement de Parthenay (1 585 km2), 9 - arrondissement de Saintes (1 546 km2), 10 - arrondissement de Jonzac (1 530 km2), 11 - arrondissement de Rochefort ( 1 528 km2), 12 - arrondissement de Cognac (1 471 km2), 13 - arrondissement de Saint-Jean-d'Angély (1 442 km2) et 14 - arrondissement de La Rochelle (818 km2)
  3. Phénomène de déprise urbaine au même titre que l'exode rural mais qui touche les cœurs des villes depuis les années 1970
  4. Une ville est caractérisée par une population agglomérée supérieure à 2 000 habitants, à savoir une population d’un ensemble d'une ou plusieurs communes présentant une continuité du tissu bâti (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions). L’indicateur pris en compte est ici la population municipale. Celle-ci comprend les personnes ayant leur résidence habituelle sur le territoire de la commune, dans un logement ou une communauté, les personnes détenues dans les établissements pénitentiaires de la commune, les personnes sans-abri recensées sur le territoire de la commune et les personnes résidant habituellement dans une habitation mobile recensée sur le territoire de la commune. Ainsi le seuil de 2 000 habitants ne caractérise pas ici la notion de ville.
  5. Selon la définition de l'INSEE
  6. Cas notamment de la commune de Champniers qui, au recensement de 1999, figurait encore dans la classe des communes rurales selon la définition de l'Insee
  7. Elle fait partie des huit communes les plus densément peuplées de la région, c'est-à-dire ayant plus de 1 000 hab/km2 dont la liste en 2007 est la suivante : 1 - La Rochelle : 2 703 hab/km2 ; 2 - Poitiers : 2 120 hab/km2 ; 3 - Angoulême : 1 953 hab/km2 ; 4 - Saint-Maixent-l'École : 1 454 hab/km2 ; 5 - Saint-Michel : 1 251 hab/km2 ; 6 - Cognac 1 242 hab/km2 , 7 - Rochefort : 1 184 hab/km2 et 8 - Buxerolles : 1 064 hab/km2.
  8. Pour rappel, toutes ces communes pré-citées avaient entre 8 et 9 hab/km2 au recensement de 1999
  9. Les autres villes étaient par ordre croissant en 1975 Gond-Pontouvre (5 310 hab.), La Couronne (5 901 hab.), Ruelle-sur-Touvre (8 152 hab.), Soyaux (12 717 hab.), Cognac et Angoulême
  10. Ce chiffre inclut celui du retrait de la commune de Cherves-Richemont qui a également perdu son statut de "commune urbaine". Il reflète en fait la profonde crise urbaine et économique qui a frappé cette agglomération qui, en 1975, se classait au septième rang en Poitou-Charentes, bien avant Royan et Saintes
  11. Les données nouvelles proviennent des nouvelles délimitations des unités urbaines établies par l'Insee en 2010
  12. Les chiffres de population de 2007 concernent les unités urbaines dans leur nouvelle délimitation de 2010 établie par l'INSEE
  13. Selon la définition de l'Insee en 2010
  14. toutefois ce chiffre demeure provisoire car il est celui qui est réalisé dans les limites du recensement de 1999
  15. Source Insee 2011. Selon l'Insee, la ruralité d'un département est définie par le nombre d'unités urbaines, 10 pour la Charente.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Chiffre de population légale de l'INSEE [PDF]
  2. a b et c Administration de la Charente
  3. Journal Charente libre, 16 juin 2011
  4. Source INSEE, chiffres au 01/01/2008
  5. Insee
  6. La Charente libre du 4 janvier 2010

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]