Démographie de l'Algérie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Démographie de l’Algérie
Pyramide des âges de l'Algérie en 2005
Pyramide des âges de l'Algérie en 2005
Dynamique
Population (2017) 40 969 443[1] hab.
Accroissement naturel 1,7 %
Indice de fécondité 2,7 enfants par
Taux de natalité 22,2
Taux de mortalité 4,3
Taux de mortalité infantile 20,4
Espérance de vie à la naissance 76,8 ans
Âge médian (2016)
Homme 27,5 ans
Femme 28,1 ans
Structure par âge (2017)
0-14 ans 29,31 %
15-64 ans 65,04 %
65 ans et plus 5,65 %
Sex-ratio
À la naissance 102 /100
Moins de 15 ans 98 /100
15-64 ans 97 /100
65 ans et plus 86 /100
Migration (2017)
Solde migratoire −0,9
Composition linguistique
Arabe algérien 78 %
Kabyle 13 %
Chaoui 6 %
Autres dialectes berbères 3 %
Composition ethnique
Arabo-Berbères (ou chamito-sémites) 99 %
Africains Sub-Sahariens, Chinois, autres 1 %
Composition religieuse
Islam 98 %
Athéisme 1,8 %
Christianisme 0,2 [2] %
Répartition géographique de la population de l’Algérie en 1971.
Répartition de la population (2008)
Évolution démographique

La démographie de l'Algérie est l'ensemble des données et études concernant la population de l'Algérie, d'hier et d'aujourd'hui.

Évolution de la population[modifier | modifier le code]

On observe une augmentation rapide de la population algerienne depuis l'independance

En janvier 2016[3], la population de l'Algérie est évaluée à 40.4 millions d'habitants contre 12.7 millions en 1965[4].

Année Population
(en milliers)
1950 8 872
1955 9 917
1960 11 278
1965 12 771
1970 14 691
1975 16 834
1980 19 475
1985 22 847
1990 26 240
1995 29 315
2000 31 719
2005 33 961
2010 37 063
2016 40 400

Natalité[modifier | modifier le code]

Après une chute rapide de sa natalité dans les années 1980-1990, faisant passer la fécondité de 4,5 enfants par femme en 1990 à 2,4 enfants par femme en 2000, la fécondité a remonté sensiblement depuis, progressant régulièrement et dépassant les 3 enfants par femme depuis 2012 (3,1 enfants par femme en 2015), une évolution assez inhabituelle. Le taux de natalité passe de 600 000 naissances par an dans les années 1990- 2000 à 1 million de naissances en 2015, augmentation qui est décrite comme un « réel nouveau baby-boom »[5].

Cette explosion des naissances s'expliquerait par l'amélioration des conditions de vie notamment un meilleur accès au logement, davantage d'emplois et l'amélioration de la situation sécuritaire avec la fin de la guerre civile[5].

Le taux de natalité est également encouragé par le rajeunissement de l'âge du mariage[6]. Ce serait « vraisemblablement le premier moteur de la hausse récente de la fécondité. » À cela s'ajoute un reflux de la pratique contraceptive dans le mariage[7].

Répartition de la population[modifier | modifier le code]

La population algérienne est très inégalement répartie sur le territoire, en effet elle est très majoritairement concentrée à moins de 250 km du littoral méditerranéen, au-delà de 250 km au sud du littoral la population se fait rare hormis en quelques villes qui correspondent à des oasis.

Les 12 wilayas ayant une densité de moins de 20 habitants au km² (Djelfa, Laghouat, El Oued, Naama, El Bayedh, Ouargla, Ghardaïa, Adrar, Bechar, Tamenrasset, Illizi et Tindouf) représentent 89 % de la superficie du pays pour à peine 13 % de la population.

Les 36 autres wilayas, ayant toutes une densité supérieure à 20 habitants au km², et toutes situées au nord du pays, représentent 11 % de la superficie (soit environ 240 000 km2) et regroupent 87 % de la population.

Parmi ces 36 wilayas du Nord, les densités les plus fortes se retrouvent autour des grandes agglomérations (Alger, Oran, Constantine et Annaba), viennent ensuite les wilayas littorales plus rurales (Chlef, Tipaza, Tizi Ouzou, Jijel, Skikda, etc), puis les wilayas intérieures (Relizane, Mascara, Médéa, Souk Ahras, etc) et enfin les wilayas proches du Sahara (Tébessa, M'sila, Tiaret, Saïda, etc).

Wilaya Densité de la population
(en habitant au km²)
Alger 3693,63
Oran 685,56
Blida 678,58
Boumerdès 504,14
Constantine 429,12
Annaba 423,56
Mostaganem 338,90
Tizi Ouzou 316,03
Béjaïa 279,25
Tipaza 272,86
Jijel 247,17
Sétif 229,09
Mila 225,09
Skikda 223,22
Chlef 209,16
Bouira 156,70
Ain Defla 156,42
Ain Temouchent 156,05
Bordj Bou Arreridj 152,73
Relizane 149,11
Mascara 131,98
El Tarf 122,32
Guelma 117,64
Tlemcen 104,75
Souk Ahras 96,48
Tissemsilt 93,43
Médéa 92,48
Batna 91,85
Oum El Bouaghi 81,38
Sidi Bel Abbès 66,09
M'sila 52,92
Saïda 48,88
Tebessa 45,60
Tiaret 40,96
Khenchela 39,41
Biskra 34,37
Laghouat 18,18
Djelfa 16,44
El Oued 11,87
Naâma 6,44
Ghardaïa 4,22
El Bayadh 2,90
Ouargla 2,63
Bechar 1,66
Adrar 0,94
Tamenrasset 0,32
Tindouf 0,31
Illizi 0,18

Émigration[modifier | modifier le code]

Le pays connaît un taux important d'émigration. En 2000, l'Algérie est le 15e pays du monde ayant fourni le plus de migrants, estimés à plus de 2 millions d’individus, soit une proportion de 6,8 % par rapport à la population du pays[8]. La France abrite la plus importante communauté algérienne à l'étranger, estimée à un million de personnes, dont près de 450 000 binationaux[9]. Selon l'Association internationale de la diaspora algérienne, d'autres communautés importantes vivent en Espagne (300 000)[10], au Royaume-Uni (250 000)[10], au Canada (110 000)[10], en Belgique (50 000)[10] et en Italie (50 000)[10]. Le taux de migration est négatif (-0,33‰), car le taux d'émigration n'est qu'en partie compensé par l'immigration de populations venues des pays du sud. L'Algérie abrite notamment dans la région de Tindouf près de 165 000 réfugiés sahraouis[11] ayant fui le Sahara occidental en 1975.

Cette émigration s'est encore accélérée depuis 2000. Entre 2000 et 2013, 840 000 Algériens ont quitté le pays portant le nombre d'Algériens expatriés à 1 770 000 en 2013. 82 % des émigrés algériens se trouvent en France. Cette émigration a pour conséquence une « hémorragie grave dans l'encadrement et les élites universitaires »[12]. En 2017, les chiffres de l'émigration repartent à la hausse. Entre les mois de juillet et septembre, les Algériens faisaient partie des cinq principales nationalités d'arrivants en Europe après la Syrie, le Maroc, le Nigeria et l'Irak[13].

Origine du peuplement[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, en majorité les Algériens se désignent ethniquement comme Arabes, car parlant l'arabe et faisant partie culturellement du monde arabe. Néanmoins, les ancêtres des Algériens actuels étaient essentiellement des Berbères autochtones, auxquels se sont mêlés à partir du Xe siècle avant JC des migrants venus du Moyen-Orient (Phéniciens puis Arabes), d'Europe du Sud (Andalous musulmans d'origine ibérique, Italiens...) et d’Afrique subsaharienne (essentiellement via la traite négrière, notamment des femmes)[14].

La diffusion de l'islam à partir du VIIIe siècle et la migration limitée des Arabes entre le VIIIe siècle et XIe siècle, entraîne la généralisation de la langue arabe[14]. Une partie de la population s'identifient aux Berbères, principalement les Kabyles, les Chaouis des Aurès et les Mozabites[14].

Génétique[modifier | modifier le code]

Le chromosome Y est transmis de père en fils. Des tests dans cette partie du chromosome Y fournissent des informations au sujet des ancêtres masculins directs, soit le père, le grand-père paternel et ainsi de suite.

Selon trois études génétiques menées parmi des Algériens d'Alger, Oran et Tizi Ouzou, les principaux haplogroupes présents en Algérie seraient le E1B1b (50 à 60 %) associé aux Berbères, le J (25 %) associés aux Moyen-Orientaux et le R1b (10 à 15 %) associé aux Européens de l'Ouest[15],[16].


Fréquences des haplogroupes Y-ADN dans les trois villes[modifier | modifier le code]

Population Nb A/B E(xE1b1b1) E1b1b1 E1b1b1a E1b1b1b E1b1b1c F K G I J1 J2 R1a R1b-M269 Autres Études
1 Oran 102 0 7,9 % 0 5,9 % 45,1 % 0 0 0 0 0 22,5 % 4,9 % 1 % 11,8 % 1 % Robino et al. (2008)[15]
2 Alger 35 0 2,9 % 0 11,4 % 42,9 % 0 11,8 % 2,9 % 0 0 22,9 % 5,7 % 0 0 0 Arredi et al. (2004)[16]
3 Tizi Ouzou 19 0 0 0 0 47,4 % 10,5 % 10,5 % 0 0 0 15,8 % 0 0 15,8 % 0 Arredi et al. (2004)

Sources[modifier | modifier le code]

  1. https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/ag.html CIA World factbook, 2017
  2. http://www.pewforum.org/2012/12/18/table-religious-composition-by-country-in-percentages/
  3. Office National des Statistiques algérien
  4. « Population Division of the Department of Economic and Social Affairs of the United Nations Secretariat, World Population Prospects: The 2010 Revision », Nations unies
  5. a et b Taux de natalité en Algérie: plus d'un million de naissances par an, huffpostmaghreb.com, 25 juillet 2015
  6. Un million de naissances en Algérie en 2015, un "baby boom" et un nombre de mariages multiplié par deux, huffpostmaghreb.com, 25 décembre 2016
  7. ZAHIA OUADAH-BEDIDI, Plus de doute, la fécondité augmente en Algérie, orientxxi.info, 4 avril 2017
  8. Gilles Pison, Atlas de la population mondiale. Faut-il craindre la croissance démographique et le vieillissement ?, Autrement (Éditions), coll. « Atlas/Monde », (ISBN 978-2-7467-1259-1), p. 57
  9. « Présentation de l’Algérie » sur le site du ministère français des Affaires étrangères.
  10. a, b, c, d et e http://aida-association.org/diaspora/index.php
  11. (en) « Humanitarian aid for the Sahrawi refugees living in the Tindouf region », par la direction générale de l'aide humanitaire (ECHO) de la commission européenne.
  12. 840.000 Algériens ont quitté le pays sous Bouteflika contre 110.000 dans la décennie 90, huffpostmaghreb.com, 20 septembre 2014
  13. L’émigration algérienne repart à la hausse, lemonde.fr, 6 décembre 2017
  14. a, b et c Algeria, sur encyclopédie Britannica.
  15. a et b (en) Robino C, Crobu F, Di Gaetano C, et al., « Analysis of Y-chromosomal SNP haplogroups and STR haplotypes in an Algerian population sample », International Journal of Legal Medicine, vol. 122, no 3,‎ , p. 251–5 (PMID 17909833, DOI 10.1007/s00414-007-0203-5)
  16. a et b (en) Arredi B, Poloni ES, Paracchini S, et al., « A predominantly neolithic origin for Y-chromosomal DNA variation in North Africa », American Journal of Human Genetics, vol. 75, no 2,‎ , p. 338–45 (PMID 15202071, PMCID 1216069, DOI 10.1086/423147)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :