Défenestration de Prague

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Les défenestrations de Prague sont deux défenestrations qui ont eu lieu à Prague en Bohême, en 1415 pour la première et 1618 pour la seconde.

Première défenestration de Prague[modifier | modifier le code]

La première défenestration de Prague.

La première défenestration de Prague, ou « Praguerie », se produisit au début des croisades contre les hussites. Le réformateur chrétien Jan Hus, déclaré hérétique par le concile de Constance, mort sur le bûcher le , conservait de nombreux partisans ; le prédicateur Jan Želivský (de) menait ces hussites.

L'élément déclencheur de la défenestration est, le , une pierre qui aurait été lancée depuis l'hôtel de ville de la Nouvelle-Ville de Prague contre une procession menée par Jan Želivský, dont les partisans prennent d'assaut le bâtiment[1],[2]. Ils jettent par la fenêtre sept échevins catholiques sur des lances pointées vers le haut et la foule les achève[réf. nécessaire]. La foule s'en prend ensuite aux églises et monastères fidèles à l'Église catholique[1] : l'incident a déclenché une révolte de grande ampleur.

Le voit la mort du roi Venceslas IV dit « l'Ivrogne », de la maison de Luxembourg, favorable aux hussites. Lui succède son frère, Sigismond Ier, roi de Hongrie depuis 1387, et roi de Germanie depuis 1411. Sigismond entreprend de mater la rébellion : les croisades contre les hussites vont durer jusqu'en 1436.

Deuxième défenestration de Prague[modifier | modifier le code]

La deuxième défenestration de Prague.

Le , en réaction à la fermeture de deux églises protestantes à Broumov et Hrob, une délégation de protestants de Bohême, menée par le comte de Thurn, se rend à la résidence du roi Matthias à Prague, le château de Prague ou Hradshin.

Successeur de son frère Rodolphe II de Habsbourg, lequel avait garanti en 1609 par un édit royal (Majestätsbrief, « Lettre de Majesté ») le droit aux protestants de pratiquer leur religion, Matthias, sans héritier direct, a choisi son cousin Ferdinand, archiduc de Styrie, pour succéder au trône. Or, Ferdinand est un fervent catholique et partisan de la Contre-Réforme.

La réunion s'envenime entre les représentants du roi et la délégation protestante. Deux gouverneurs habsbourgeois, Wilhelm Slavata (de) et Jaroslav Martinic (de), ainsi que l'un de leurs domestiques nommé Fabricius, sont jetés par une fenêtre du palais. Ces derniers tombent sur un tas de fumier et s'en tirent sans grand mal.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Cf. Martin Malia, Histoire des révolutions, éditions Tallandier, (EAN 9791021002524), « La dynamique religieuse »
  2. Cf. Henry Bogdan, Histoire des pays de l'Est, éditions Perrin, coll. « Tempus », (réimpr. 2008) (EAN 9782262070953), « Humanisme, renaissance et crises dans les monarchies occidentalisées (XIVe-XVe siècles) ».

Articles connexes[modifier | modifier le code]