Décentralisation industrielle (France)

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La décentralisation industrielle est une politique menée en France à partir des années 1960, qui consiste à délocaliser certaines activités industrielles des régions et villes les plus industrialisées vers les régions et villes les moins industrialisées, dans un but d'aménagement du territoire. Avec la politique des métropoles d'équilibre la décentralisation industrielle constitue l'un des deux leviers pour rééquilibrer le territoire et l'armature urbaine aux dépens de Paris.
C'est la voie administrative - l'agrément-redevance - qui a été utilisée pour limiter l'implantation de nouveaux établissements en région parisienne et pour inciter, d'autre part, les entreprises parisiennes à transférer en province leurs unités de production. La procédure dite d'agrément a été mise en place en 1955[1]. Elle visait à soumettre à autorisation préalable la construction et l'occupation de locaux à usage professionnel et singulièrement de bureaux en région parisienne. Elle concernait aussi bien les services de l'État que le privé. Son objectif était de faire respecter les orientations de la politique d'aménagement du territoire, ainsi que de maintenir un équilibre entre les constructions de logement et de bureaux en Ile-de-France.
Cette politique a permis le déplacement de certaines activités de l'Île-de-France principalement vers la Picardie, le Nord et l'Ouest de la France[2]. Certaines activités industrielles ont également été créée ex nihilo, avec le soutien de l'État, dans l'ouest et le sud-ouest du pays.

Les raisons d'une décentralisation industrielle en France[3][modifier | modifier le code]

Un déséquilibre démographique[modifier | modifier le code]

La région parisienne compte en 1960 près de 7,3 millions d’habitants (INSEE). En dépit de sa faible natalité et de son taux de mortalité en légère hausse, la population aurait augmenté de près de 100% en cinquante ans, puisant les deux tiers de son renouveau familial sur le capital démographique provincial.

L’agglomération parisienne absorberait plus particulièrement 100 000 jeunes adultes environ par an depuis une dizaine d'années, au détriment des campagnes qui souffrent de cet exode rural. En effet, ce déséquilibre entraînent par la suite des difficultés à entretenir la population inactive du reste de la France. Cette dernière représenterait généralement 40% des habitants, dont 15% ont dépassé l’âge d’une vie professionnelle.

Surcharge démographique et gestion[modifier | modifier le code]

L’un des objectifs d’une décentralisation industrielle est de remédier aux problèmes d’existences et d’organisations liées aux agglomérations surchargées.

Les villes-centres, malgré leur restriction spatial, sont surpeuplées et supportent de lourdes charges administratives et de gestion. Un besoin en services se ressent notamment dans les domaines des transports publics, de la police ou de la communication. Des emploi dans le secteur tertiaire voient le jour et attirent inexorablement les migrants sans qualifications. Les autorités doivent également modérer dans la mesure du possible le trafic automobile urbain. La circulation est de plus en plus saturée et le stationnement difficile, laissant présager pour les prochaines années des avenues bloquées.

La congestion de ces grandes zones urbaines entraînent dans un dernier temps ce qu’on appelle une « crise de la vie ». Le prix immobilier et les loyers augmentent tandis qu’un aménagement urbain coûteux devient indispensable : édification de nouveaux immeubles d'habitation et d'édifices de services comme les écoles ou les hôpitaux.

Déséquilibre économique[modifier | modifier le code]

L’une des raison principale de la décentralisation industrielle vient du fait que la région parisienne concentrait la grande majorité des flux économiques aux détriments des régions rurales. Forte de son ascendant démographique et de son noyau d’activités, elle produisait plus de la moitié des recettes budgétaires et maintenait un revenu moyen bien supérieur au reste de la France. En 1958, le revenu moyen d’un Parisien s’élevait à 310 000 anciens francs pour 170 000 dans le reste de la France. En outre en 1957, elle réalisait 47,5% du chiffre d’affaires national, soit près de  18 700 milliards d’anciens francs.

L’influence de Paris s’étendait alors bien au-delà de sa région et empêchait les villes voisines de croître. « Les tentacules de Paris s'étendent ainsi sur tout le territoire » [4]s’exprime Jean-François Gravier. Seules quelques villes parvenaient encore à conserver une certaine autonomie en s’appuyant sur leurs activités traditionnelles, telles Lyon, Lille ou Grenoble mais reconnaissait le poids indéniable de la capitale. Le développement économique du reste de la France était jusque-là délaissé.

Le choix de cette décentralisation « industrielle »[modifier | modifier le code]

Tout d'abord, notons que les différentes entreprises industrielles, portant à la fois sur la métallurgie de transformation, la chimie, l'automobile, le textile et le vêtement... occupent plus de la moitié de la population active parisienne. Le déplacements de ces activités vers les périphéries permettrait donc d'aboutir à un une répartition démographique plus équilibrée sur le territoire français tout en promouvant l'enrichissement de toutes les régions. Le but est donc de remédier aux problèmes d'une macrocéphalie parisienne en expansion.

En outre, si Paris se doit de conserver son prestige national intrinsèquement lié à certains secteurs (politique, financier, commercial, intellectuel, culturel…), les activités industrielles « ne peuvent justifier leur présence par nécessités absolues ». En effet, les coûts de transports pour l’acheminement des matériaux et énergies ainsi que les livraisons des produits ne pèsent que peu dans la balance. Ils seront pondérés avec des prix de terrain plus abordables et une main d’œuvre moins chère.

Enfin, le pouvoir public a la possibilité d’agir sur la congestionnèrent spatial de l’industrie avec une politique visant à refuser les permis de construire de nouveaux bâtiments industriels. A la fois incisive et correctrice, elle se résume en 2 choix :

- Si une entreprise décide de s’installer en périphéries plutôt qu’en zone parisienne, elle pourra bénéficier d’indemnités de décentralisation industrielle portant sur des aides financières et des primes de l’Etat.

- Dans le cas contraire, elle devra s’établir dans des locaux industriels devenus vacants par cessation d’activité et pourvues d’infrastructures utilisables.

Les difficultés liées à la décentralisation industrielle [5][modifier | modifier le code]

Si, au début du développement de l’industrie dans la seconde moitié du XVIIIème siècle, cette dernière se concentrait surtout dans les campagnes en raison des règlements dans les villes qui gênaient le développement industriel, la suppression de l’Ancien Régime et les progrès techniques vont en modifier la localisation. L’industrie va alors se regrouper là où elle dispose d’un meilleur approvisionnement en matières premières et en énergie, d’une main d’œuvre disponible, de capitaux et d’un vaste marché de consommation. Les villes, et notamment Paris et celles de la région parisienne, sont alors privilégiées puisque, en plus de présenter tous ces avantages, elles constituent de véritables carrefours de communication.

Cependant, le développement industriel de la région parisienne et la concentration des activités à Paris entraînent un important déséquilibre du point de vue démographique, économique et social. La politique de décentralisation industrielle devient la solution à ce problème, mais en soulève de nombreux autres.

Les problèmes accompagnant la décentralisation de l'entreprise[modifier | modifier le code]

Les premiers problèmes sont ainsi ceux liés au transfert de l’entreprise. Implanter une entreprise en province, hors de la région parisienne peut engendrer des réactions psychologiques négatives, aussi bien de la part du chef d’entreprise que de ses collaborateurs et leur famille. Il s’agit d’un véritable changement d’habitudes, de la découverte de l'inconnu. De nombreuses incertitudes se font ressentir notamment à propos des futurs rapports avec les fournisseurs, avec la clientèle, des conditions de fixation du prix de revient, … Transférer une entreprise aboutit dans un premier temps à un arrêt ou une diminution de l’activité et donc à une perte de temps et d’argent à laquelle il faudra pallier, mais qui peut déstabiliser l’industriel.

La seconde difficulté relève de l’achat de terrains pour s’implanter en province. Bien que les prix soient moins élevés que dans la région parisienne, il peut arriver que les entreprises conservent leurs anciens terrains, soit parce qu’ils n’ont pas pu être vendus, soit pour garder leurs contacts et leur implantation traditionnelle. De plus, si l’on assiste à de multiples achats de terrains dans une région, une spéculation à la hausse sera visible et se ressentira sur les prix. Pour les industriels, la difficulté quant à l’achat de nouveaux terrains n’est pas uniquement pécuniaire, il s’agit également de rassembler plusieurs critères : le sous-sol et le sol doivent être assez résistants pour accueillir les installations, la superficie doit correspondre aux besoins de l’usine et être suffisante pour accueillir des agrandissements éventuels, le terrain doit être à proximité des réseaux de communication tels que les routes, voies ferrées et parfois voies d’eau, mais relativement à l’écart des habitants pour ne pas causer de troubles.

La troisième difficulté est celle liée aux constructions : une fois les terrains acquis, l’entreprise devra faire édifier des constructions industrielles au moindre coût en ayant recours à des matériaux et une main d’œuvre locale. Si les constructions industrielles sont déjà présentes, il s’agit quand même de les aménager et les remettre en état.

Enfin, le dernier problème lié au transfert d’une industrie est celui relatif à la main-d’œuvre. Si l’entreprise emploie uniquement une main d’œuvre locale, cette dernière est déjà logée et n’est pas source de difficultés. Or, si elle fait appel à une main d’œuvre de la région parisienne ou d’une autre région, il devient nécessaire d’assurer un logement. En revanche, si le transfert de main d’œuvre se limite à quelques cadres ou ingénieurs, ces derniers peuvent se loger avec leurs propres moyens. Mais, s’il faut loger tout le personnel, plusieurs mesures doivent être envisagées : locations dans la commune ou les communes voisines mais aussi achat ou construction de maisons pour loger le personnel. Avant chaque décentralisation, il est nécessaire de penser aux aménagements d’habitations pour la main d’œuvre, qui ne doivent pas être de simples dortoirs mais des lieux de détente offrant des conditions d’existence confortables aux familles. D’autre part, la main d’œuvre peut poser d’autres questions et notamment en termes de transfert : attirer le personnel vers la nouvelle usine peut s’avérer être une tâche difficile. La main d’œuvre parisienne peut émettre des réticences quant à suivre l’entreprise décentralisée puisqu’il s’agit pour elle de quitter ses relations, ses habitudes pour aller vivre en dehors de la ville. Il peut y avoir une véritable crainte du dépaysement, de l’ennui et de l’éloignement à toutes les commodités offertes par la ville. Cependant, recruter sur place peut être aussi difficile pour les industries puisque la main d’œuvre est peu nombreuse et ne dispose pas d’un niveau de qualification élevé. Il est alors nécessaire de les former pour qu’elle puisse s’adapter, mais, les rendements demeurent inférieurs à ceux de la région parisienne.

Les problèmes quant au fonctionnement de l'entreprise décentralisée[modifier | modifier le code]

La seconde grande catégorie de problèmes est liée au fonctionnement de l’entreprise décentralisée. En s’intéressant d’abord aux niveaux de salaires, ces derniers ont toujours été plus important à Paris que dans le reste de la France. Certaines industries ont alors considéré que cet avantage compensait les rendements moindres ou l’éloignement des grands centres de consommation. Mais la différence de salaire a diminué progressivement et est alors moins visible.

D’autre part, les charges sociales qui étaient également moins élevées en province sont devenues les mêmes qu’en région parisienne. Il faut également prendre en compte le coût des équipes d’entretien : si dans une grande agglomération l’industrie pouvait s’en passer, elles deviennent nécessaires dans les industries décentralisées dans de petites villes. L’équipe doit être polyvalente pour pouvoir réparer les bâtiments, les machines et le petit outillage.

Dans un second temps, les autres dépenses de fonctionnement concernent les frais d’approvisionnement et de distribution. Se ravitailler en matières premières peut être difficile et plus cher si l’éloignement avec celles-ci est grand. Les frais de transport sont alors plus importants notamment par exemple pour s’approvisionner en fonte ou acier de Lorraine, en charbon produit dans les mines du Nord... Les fabricants d’équipements et de pièces détachées sont eux aussi principalement regroupés autour de Paris.  De plus, l’éloignement avec la région parisienne peut perturber les processus de fabrication et occasionner des frais supplémentaires : déplacements fréquents pour rencontrer les fournisseurs et visites fréquentes à la capitale pour obtenir des crédits, réaliser des commandes importantes ou se documenter sur les accords commerciaux et les procédures. Enfin, se pose le problème de l’acheminement des produits finis qui entraîne des coûts de distribution supplémentaires selon la localisation de la nouvelle usine. Si cette dernière commerce principalement avec la région parisienne, les frais d’emballage, de manutention et de transport ne seront pas négligeables. En revanche, si l’usine échange sur tout le territoire, il peut être nécessaire d’avoir des entrepôts près des grandes régions de consommation et ainsi d’engager des dépenses supplémentaires.

Ainsi, mettre en place une décentralisation industrielle n’est pas chose aisée pour les usines qui sont confrontées à diverses difficultés auxquelles il leur faut penser pour assurer leur pérennité

Les conséquences engendrées par la décentralisation industrielle[modifier | modifier le code]

La politique de décentralisation industrielle, menée ces dernières années, n’a pas eu pour seule conséquence le déplacement de certaines industries en province mais a fortement impacté divers autres domaines notamment démographique, économique, social, technologique ou encore communicationnel.

Conséquence démographique[modifier | modifier le code]

Dépeuplement urbain[modifier | modifier le code]

D’une part, étant donné le déplacement d’industries au dehors de la capitale, de la main d’œuvre parisienne a dû elle aussi s’installer en province pour répondre au besoin des entreprises industrielles implantées. Ainsi, la décentralisation a engendré un déplacement de la population urbaine à travers la France, dégorgeant de ce fait les villes massivement peuplées. Ce ralentissement de l’accroissement de la population urbaine pourrait se chiffrer approximativement à 400 0000 à 600 0000 individus, ce qui aurait permis de freiner l’augmentation de la population parisienne d’un tiers[3].

Par conséquent, les villes dépeuplées et possédant majoritairement des individus âgés se sont vu accueillir une nouvelle population, jeune et active, grâce au dépeuplement urbain, augmentant alors la population des villes dépeuplées. Ainsi, la décentralisation industrielle a permis de rééquilibrer d’un point de vue démographique la province française, résultant d’une immigration venant notamment de la capitale, ce qui a enclenché un effet boule de neige pour l’attractivité économique de ces villes. En effet, les nouvelles industries implantées attirent une main œuvre qualifiée des villes urbaines, qui attire ensuite de nouvelles industries à venir s’y installer, participant considérablement au développement industrielle et économique de villes en dehors de Paris. Mais le repeuplement de certaines villes françaises n’est pas seulement dû à l’immigration venant de la capitale, il résulte également du déplacement de population de régions voisines, une population étant le plus souvent initialement agricole. (conf conséquence sociale).

Taux de natalité [6][modifier | modifier le code]

D’autre part, la décentralisation industrielle a affecté le taux de natalité en France. En effet, comme Pierre Coutin le souligne : « la natalité varie en fonction inverse de la proportion de la population urbaine », il existe une disparité sur le taux de natalité entre les villes urbaines et celles qui le sont moins, bien qu’ils existe une tendance régionale. Ainsi, la main d’œuvre urbaine déplacée dans les villes plus petites et dans les campagnes, a été influencé par le milieu plus rurale où le taux de natalité est bien plus important que dans les villes fortement urbaines qui connaissent elles une dénatalité. Du fait que les villes peu urbaines offrent plus d’espaces, les ménages qui y vivent possèdent le plus souvent des terres ou un jardin influençant fortement le nombre d’enfant dans le foyer. Le taux de natalité en France a donc augmenté pendant la période de décentralisation, en partie influencé par les déplacements de population à travers la France dans les zones moins peuplées.

Conséquence sociale[6][modifier | modifier le code]

La décentralisation industrielle a particulièrement eu des conséquences sociales. Notamment sur l’impact psychologique des ouvriers urbains s’installant dans les villes où les industries se sont décentralisées.  En effet, ces individus ont été confrontés au recommencement d'une nouvelle vie, plongés dans l’inconnu, et devant s’adapter à de nouveaux modes de vies éloignés des habitudes parisiennes. Mais la décentralisation a eu en particulier des répercussions sur l’agriculture.

Déplacement de la main d'oeuvre agricole vers l'industrie[modifier | modifier le code]

A l’arrivé des industries décentralisées dans les autres villes et campagnes françaises, le besoin en main d’œuvre a été cruellement important pour soutenir le développement de l’activité dans les nouvelles régions non parisiennes. Bien que les entreprises industrielles aient fait appel à des ouvriers parisiens, ils restent insuffisants pour effectuer le travail industriel. Ainsi, pour compléter les effectifs manquants dans l’industrie, de la main d’œuvre agricole a été embauché. Il y a eu en conséquence un fort déplacement de la main d’œuvre agricole vers l’industrie, une main d’œuvre attirée par un salaire plus élevé, des journées moins longues, par un travail plus stable et moins pénible. Même si cela demandait aux entreprises industrielles de former ces ouvriers initialement agriculteurs, ils représentaient tout de même une main d’œuvre bon marché, moins coûteuse de la main d’œuvre parisienne, ce qui compensait les difficultés rencontrées lors d’une décentralisation d’une industrie. Ainsi, le déplacement d’agriculteurs vers le métier d’ouvrier n’a pas seulement concerné la population de la zone où l’établissement industriel s’est implanté mais toute les communes rurales voisines, ce qui a fait apparaître le statut d’« ouvrier-paysan ».  En effet, ces ouvriers d’usines vivant à la campagne car possédant généralement des terres, effectuaient une double journée en tant qu’agriculteur et d’ouvrier. Ce travail mixte permettait d’augmenter les ressources mais il arrivait rapidement un surmenage où la fatigue impactait le travail et l’investissement. C’est pourquoi ce double rôle n’a pas été viable sur le long terme, et l’industrie, prenant une place de plus en plus importante, a été le plus souvent privilégiée aux dépens de l’agriculture.

Par conséquent, la main d’œuvre agricole a considérablement diminué impactant en partie certaines cultures notamment celles des vignes ou de la betterave à sucre. Néanmoins, ce recul de la main d’œuvre agricole pour l’industrie n’a pas seulement eu des conséquences négatives, puisque le manque d’effectif a participé d’une certaine façon à l’amélioration technique dans le domaine agricole faisant appel à des machines de plus en plus perfectionnées demandant moins de contribution humaine.

La décentralisation industrielle a également modifié les habitudes, les goûts et les modes de vies de la population rural, moralement et matériellement.

Conséquence économique[6],[7],[8][modifier | modifier le code]

La décentralisation industrielle a fortement contribué au développement économique des régions Françaises, à la fois créatrice d’emploi et redistributrice de revenu.

Création d'emplois[modifier | modifier le code]

En effet, plus de 450 000 emplois avait déjà été créés en 1971 en province grâce à la décentralisation industrielle, ainsi, 9/10 des emplois prévus ont été créés. L’industrie décentralisée employant le plus étant l’automobile, on retrouve Renault et Citroën parmi les 10 entreprises responsables de 24% des emplois crées par la décentralisation. Ainsi, le déplacement des industries hors région parisienne a permis de réduire le chômage en province en créant de nouveaux emplois.

Redistribution des revenues[modifier | modifier le code]

De plus, l’industrie offrant un salaire plus élevé que l’agriculture par exemple, le pouvoir d’achat des ouvriers a augmenté, améliorant ainsi considérablement le niveau de vie des habitants des régions non parisiennes. Par ailleurs, opposer agriculture et industrie serait erroné puisqu’il existait finalement une relation d’interdépendance entre les deux activités. En effet, le salaire plus élevé des ouvriers était redistribué en partie aux paysans, puisque le prix de l’alimentation, comme celui de la volaille, s’est adapté à l’augmentation des revenus lié aux nouvelles industries implantées à travers la France. C’est pourquoi l’amélioration du niveau de vie ne s’est pas limitée aux ouvriers mais à toute la population où était situé les industries décentralisées.

Régions industrielles[modifier | modifier le code]

Cette décentralisation industrielle a permis de remplir son objectif, et de créer de nouvelles métropoles régionales industrielles, en dehors de Paris. Ainsi, certaines villes et régions Françaises ont pu devenir plus attractive économiquement en s’appuyant en partie sur l’industrie, qui représente finalement un pôle de compétitivité. Cependant, Paris et sa région reste toute de même la plus développée et conserve sa première place dans le domaine industrielle, puisque bien qu’une décentralisation industrielle ait eu lieu, les entreprises parisiennes n’ont que très rarement fermées, Paris devenant le siège social des industries implantées hors région parisienne. Les régions provinciales n’ont pas non plus pu concurrencées la capitale en raison de décentralisation principalement d’entreprises de taille petites et moyennes, et dans de petites villes inférieures à 5 000 habitants.

Conséquence sur les axes communicationnels[modifier | modifier le code]

L’éclatement des industries parisiennes à travers la France a accéléré la progression des axes de communication. En effet, le développement de l’activité industrielle hors région parisienne nécessitait obligatoirement une couverture sur le territoires des axes routiers et ferroviaires en plus des réseaux fluviaux pour acheminer facilement les marchandises entre les fournisseurs, clients et faciliter l’échange entre le siège social parisien et ses industries décentralisées.  

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Voir le rapport d'information du Sénat intitulé L'exception territoriale : un atout pour la France : lire le rapport
  2. Cédric Perrin, « PME et décentralisation industrielle dans le Nord », M-P. Chelini, J-F. Eck (dir.) PME et grandes entreprises en Europe du Nord-Ouest, Presses universitaires du septentrion, Lille, 2012.
  3. a et b Pierre Georges, Nécessités et difficultés d'une décentralisation industrielle en France, Annales de géographie, , p. 31
  4. Jean François Gravier, Paris et le désert français, , 74 p.
  5. André BRIGNOLE et Jean TEISSEDRE, « La décentralisation industrielle et les Pouvoirs Publics », La Revue administrative,‎ 4e année, no. 23 (septembre octobre 1951), pp. 472-484 (13 pages)
  6. a b et c Isabelle Couzon, « De la décentralisation industrielle à l’aménagement du territoire rural : Pierre Coutin, 1942-1965 », En ligne Ruralia,‎ (lire en ligne)
  7. Tugault Yves, « La décentralisation industrielle et le Bassin parisien », En ligne,‎
  8. Bastié, J, La décentralisation industrielle en France de 1954 à 1971, Bulletin de l'Association de géographes français,