Décennie perdue (Japon)

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Le terme de décennie perdue (失われた10年, Ushinawareta jūnen?) désigne la période suivant l'éclatement de la bulle spéculative japonaise. Cette décennie est marquée par une lente dégradation de la situation économique entre 1991 et 2000.

En particulier, cette période a été marquée par une croissance économique faible, et un problème de déflation persistante, en dépit de taux d'intérêt bas.

Cette situation a été décrite comme une trappe à liquidité dès 1998 par des économistes tels que Paul Krugman[1], qui estimait que la cause de la trop faible croissance était la confiance des acteurs économiques dans la capacité de la Banque du Japon à tenir rigoureusement les objectifs d’inflation qui lui étaient assignés. Krugman en déduisait que pour rendre la politique monétaire efficace, il convenait que la banque centrale soit « irresponsable de façon crédible[1] », c’est-à-dire qu’elle donne aux acteurs économiques des raisons sérieuses de croire qu’elle laisserait de l’inflation se produire. La Banque du Japon a par la suite adopté en ce sens une politique d’assouplissement quantitatif entre 2001 et 2006.

Cette décennie perdue est cependant à relativiser si l'on tient compte de la démographie et du vieillissement du Japon : en comparant l’évolution du PIB à celle de la population en âge de travailler, Paul Krugman montre que la progression du PIB par tête s’est établie à 1,2 % par an entre 1990 et 2007, concluant que la stagnation du pays sur cette période est un mythe[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Paul Krugman, Japan’s trap, 1998, page personnelle[lire en ligne]
  2. (en) Paul Krugman, « The Japan Story », The Conscience of a Liberal sur The New York Times, le 5 février 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]