Cyrtophora

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Cyrtophora est un genre d'araignées aranéomorphes de la famille des Araneidae[1].

Distribution[modifier | modifier le code]

Les espèces de ce genre se rencontrent en Asie, en Océanie et en Afrique[1]. Cyrtophora citricola est aussi présente en Europe du Sud et a été observée en Amérique tropicale[2],[3].

Description[modifier | modifier le code]

Ce sont des araignées construisant pour la plupart des toiles complexes en forme de dôme (d'où le nom de Tent-web spiders donné par les anglophones aux espèces ce genre) et à spirales circulaires (on les dit Araignées orbitèles).

Certaines Cyrtophora grâce à leurs pattes très épineuses et à la conformation particulière de leur organe producteur de soie construisent des toiles géométriques très particulières, semblables à un filet dont les mailles seraient carrées ou losanges (selon la manière dont la toile est tissée ou étirée).

Les femelles, plus grandes que les mâles, ont un corps mesurant chez la plupart des espèces généralement environ 10 mm.

Certaines espèces (ex : Cyrtophora cicatrosa) peuvent rapidement changer de couleur[4].

Comportement[modifier | modifier le code]

Des agrégations sont possibles et fréquentes, les araignées ayant alors une vie coloniale. Les toiles sont construites dans la végétation sur les lieux de passages d'insectes, mais parfois aussi dans l'habitat humain, ou par exemple entre les fils de téléphone[5].

Toiles remarquables[modifier | modifier le code]

Trois espèces notamment ont été étudiées pour leurs toiles particulièrement complexes : Cyrtophora citricola, Cyrtophora cicatrosa et Cyrtophora moluccensis.

Ces toiles apparentés à des filets, puisque dépourvues de fils adhésifs, évoquent pour certains aspectes celles faites par le genre Mecynogea, et celles des Linyphiidae, mais elles diffèrent de l'orbe classique des "épeires" et les "argiopes" de la même famille. La toile comporte :

  • une base (nappe formée d'innombrables radii et d'un fil spiralé (non adhésif car dépourvu de gouttelettes visqueuses)) horizontale dont le tour est arrondi ;
  • un réseau sus-jacent irrégulier soutenant la nappe ;
  • un réseau sous-jacent, également irrégulier, soutenant également la nappe ;

Les fils sont tissés en les croisant, et forment ainsi un filet robuste, aux mailles carrées ou losangiques, qui évoquent le filet de nylon fin qui emballe les oranges ou d'autres fruits, ou le filet à plancton ( Cyrtophora moluccensis[6].

Le tissu s'incurve pour former une forme de tente en dôme ou un entonnoir surbaissé (cette forme est unique chez presque toutes les Cyrtophora, mais parfois multiple dans une même toile par exemple chez Cyrtophora cicatrosa[7].

Le mâle pygmée ne tisse qu'un petit morceau irrégulier de toile pour son repos, ainsi que de la toile spermatique et du "fil de cour" ("Balz-Faden") lors des préludes à l'accouplement (Blanke, 1972 1974). Ces trois types de structures de soie étant fixées sur la grande toile sécrétée par la femelle, qui joue le rôle de nasse piégeant les insectes, mais aussi d'abri pour la femelle qui se positionne généralement ventre en l'air, sur la face interne du dôme.

Les fils-barrière du réseau irrégulier supérieur interceptent les insectes en vol et les projettent sur le dôme où l'araignée alertée les attrape au travers du tissu. Elle les mord et leur injecte son venin via ses chélicères, puis les emmaillote de soie.

La toile, presque toujours habitée par des espèces d'Argyrodes (Theridiidae cleptoparasites) est utilisée pour abriter leurs cocons ovigères. Des débris de proies, et des débris végétaux semblent être utilisés par les araignées comme matériel de camouflage[8].

Elles conservent aussi de petites réserves d'eau dans cette toile.

Les espèces de Cyrtophora sont probablement les araignées qui montrent le plus clairement « les corrélations étroites entre la structure des toiles et la composition de l'appareil séricigène »[9],[10].

Liste des espèces[modifier | modifier le code]

Selon World Spider Catalog (version 17.0, 07/03/2016)[11] :

Publication originale[modifier | modifier le code]

  • Simon, 1864 : Histoire naturelle des araignées (aranéides). Paris, p. 1-540 (texte intégral).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b WSC, consulté lors d'une mise à jour du lien externe
  2. Álvares & De Maria, 2004 : First record of Cyrtophora citricola (Forskål) in Brazil (Araneae, Araneidae). Revista Brasileira de Zoologia, vol. 21, no 1, p. 155-156 (texte intégral).
  3. Fauna Europaea, consulté lors d'une mise à jour du lien externe
  4. Spider Ecology Earth-Life Web Productions
  5. observations de Kovoor et Lopez au Sri Lanka
  6. Lubin, 1973 : Web structure and function: the non-adhesive orb-web of Cyrtophora moluccensis. (Doleschall) (Araneae : Araneidae). Forma et Functio, vol. 6, p. 337-358.
  7. Kullmann, 1964 : Neue Ergebnisse über den Netzbau und das Sexualverhalten einiger Spinnenarten (Cresmatoneta mutinensis, Drapetisca socialis, Lithyphantes paykullianus, Cyrtophora citricola) als Beitrag zur Frage der Bedeutung besonderer Verhaltensmerkmale für die Systematik. Zeitschriftfür Zoologische Systematik und Evolutionsforschung, vol. 2, p. 41–122.
  8. Tso & Severinghaus, 2000 : Argyrodes fissifrons inhabiting webs of Cyrtophora hosts: Prey size distribution and population characteristics. Zoological Studies, vol. 39, p. 236–242 (texte intégral).
  9. Anatomie des araignées ; Appareil séricigène des Araignées
  10. Kovoor & Lopez, 1982 : Anatomie et histologie des glandes séricigènes des Cyrtophora (Araneae, Araneidae): affinités et corrélations avec la structure et la composition de la toile. Revue Arachnologique, vol. 4, p. 1-21.
  11. WSC, consulté le version 17.0, 07/03/2016