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Cycle économique

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Cycle économique

Un cycle économique est, en économie, une période d'une durée déterminée qui recouvre une phase de croissance, suivie d'un pic, auquel succède une récession ou du moins un creux. L'activité économique est ainsi rythmée par des variations qui ont des conséquences sur le niveau de vie de la population, les revenus de l'État, l'activité des entreprises.

Les cycles économiques ont fait l'objet d'études théoriques et empiriques par les économistes, qui ont abouti à l'identification de différents types de cycles, chacun ayant ses propres causes. Les cycles financiers sont ainsi différents des cycles des affaires, eux-mêmes différents de cycles économiques d'origine agricole. Certains économistes, comme Nikolaï Kondratiev, ont identifié des cycles économiques longs, dont la durée peut aller jusqu'à soixante années.

Vue d'ensemble

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Le système économique fonctionne de manière cyclique, c'est-à-dire par la répétition de motifs où s'enchaînent des pics et des creux, correspondant à des phases d'accélération et de décélération (voire de chute) de la croissance, chacune étant auto-renforcée[1]. Lors des périodes de croissance (d'expansion ou de reprise)[2], l'investissement et la consommation augmentent (l'augmentation de l'investissement est plus que proportionnelle à celle de la demande)[2] ; l'inverse se produit lors des phases de rechute ou de dépression[3]. Autrement dit, la baisse des investissements (sur le marché des biens de production) est plus forte que la baisse de la demande exercée sur le marché des biens de consommation (effet accélérateur)[3]. Les phases descendantes des cycles sont généralement précédées par une chute de la consommation, puis, en décalé, par une chute de l'investissement. Les biens les plus fortement touchés par la baisse de la demande sont les biens de consommation, suivis des biens intermédiaires, puis des biens d'équipement. Les services sont les moins touchés[4]. De manière générale, le niveau des prix augmente en phase d'expansion du fait de la hausse de la demande[1].

La définition de référence des cycles des affaires provient du livre Measuring Business Cycles (1946), publié par Arthur F. Burns et Wesley C. Mitchell. Ils écrivent qu'ils sont un « type de fluctuation dans l'activité économique agrégée », consistant en des phases d'expansion suivies de phases de récessions. Selon eux, ces cycles ne peuvent être décomposés en des cycles plus courts, et s'ils sont récurrents, ne sont pas périodiques : chacun peut durer plus ou moins longtemps que le précédent[1].

Les cycles économiques peuvent avoir des causes variées. La typologie des cycles économiques est liée à l'identification de causes différentes, produisant des cycles de nature, de durée et d'effets différents[1]. Il n'existe ainsi pas une seule cause aux cycles économiques[1].

De manière générale, le cycle peut être lié à l'évolution de l'offre ; dans ce cas-là, le retournement est lié à une saturation des capacités de production : la croissance se retrouve bloquée par manque de facteurs de production disponibles. Une chute de la disponibilité du capital, par exemple, ou une pénurie de travailleurs, ou encore un manque de matières premières ou d'énergie. Dès lors qu'il existe une faible substituabilité entre ces facteurs à court terme, il devient difficile pour les entreprises de ne pas réduire l'offre et d'augmenter leurs licenciements. Un tel problème peut être atténué par un recours aux importations (et à la fuite des cerveaux pour les travailleurs qualifiés, et à l'immigration), mais un déséquilibre de la balance commerciale peut aussi renforcer le cycle[4].

Le cycle peut aussi être lié à l'évolution de la demande ; dans ce cas-là, la baisse de la consommation conduit les entreprises à réduire leur offre et leurs investissements, menant à des licenciements qui aggravent la situation économique et peut la conduire à la déflation. Cette baisse de la consommation peut être liée à un choc exogène comme à une modification du partage de la valeur ajoutée. Selon le modèle de Goodwin, une augmentation rapide des coûts salariaux unitaires peut causer une dégradation de l'investissement, une baisse de la consommation des entreprises, et donc un retournement conjoncturel. Cela est renforcé par l'inertie de l'emploi et la baisse de la productivité marginale des facteurs de production lors de la phase ascendante du cycle : plus la croissance augmente, plus elle exige des travailleurs ; or, les travailleurs les mieux qualifiés et les plus productifs étant embauchés en premier, les derniers travailleurs employés sont les moins productifs[4].

Toutefois, le point de retournement, lieu où a lieu le retournement conjoncturel qui marque l'entrée dans une nouvelle phase du cycle, est le marché des actions. Le canal du prix des actifs est alors dominant : comme l'écrit Claude Diebolt (2024), « [l]a baisse du prix des titres fait baisser le ratio cours-bénéfice de sorte que les actions redeviennent attrayantes et suscitent un regain d'intérêt de la part des investisseurs », ou vice versa.

Les effets du cycle sont multiples et concernent tous les aspects d'un système économique donné. Le cycle a un effet fort sur l'épargne des ménages et ses déterminants, comme le résument Philippe Sigogne et Jacques Adda :

Effets du cycle sur l'épargne et autres variables économiques[4]
Phase du cycle Croissance Blocage Récession Reprise
Variable
Épargne de précaution - + ++ --
Consommation + -- - ++
Épargne logement + + 0 --
Effet de capitalisation 0 0 + -
Salaires réels + + 0 --
Conditions financières 0 - ++ -

Indicateurs

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L'identification des cycles économiques et des phases qui les composent permet de dégager un certain nombre d'indicateurs. Ces indicateurs, qui sont des variables économiques sur lesquels les cycles ont un effet, se divisent en trois groupes : ceux qui réagissent en avance sur le cycle, avec le cycle, et en retard du cycle. Le département du Commerce des États-Unis a mis en place des indicateurs, classifiés en trois catégories : A (en avance), C (coïncident), et R (retardé).

Indicateurs cycliques opérationnels (source : Survey of Curent Business, Department of Commerce ; Les Cycles économiques 1, dir. Jean-Paul Fitoussi, Philippe Sigogne[4]
Indicateurs sélectionnés Classification au cycle de référence
Pics Creux Ensemble
A. Groupe avancé
Durée hebdomadaire du travail, manufacturier, heures A A A
Demandes moyennes hebdomadaires d'indemnité chômage, milliers (inversé) A C A
Nouvelles commandes de biens de consommation et demi-produits A A A
Performance des vendeurs A A A
Contrats et commandes d'investissement productif A A A
Nouveaux permis de construire A A A
Variation des carnets de commande de biens durables A A A
Taux de variation des prix des matières premières A A A
Cours des actions (SP 500, indice) A A A
Masse monétaire (M2) A A A
Attentes des consommateurs A A A
B. Groupe coïncident
Emploi non agricole C C C
Revenu des ménages, hors transfert C C C
Production industrielle C C C
Ventes de l'industrie et du commerce C C C
C. Groupe retardé
Durée moyenne de chômage R R R
Stocks industriels et commerciaux / ventes R R R
Taux de variation du coût unitaire de main d’œuvre manufacturier R R R
Taux de base bancaire R R R
Encours de crédits industriels et commerciaux R R R
Encours de crédit à tempérament / revenu des ménages R R R
Variation des prix des services aux consommateurs R R R

Premiers témoignages (Antiquité)

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La cyclicité de l'activité économique est un motif récurrent dans les écrits humains. L'Ancien Testament mentionne un rêve de Pharaon au sujet d'un cycle à venir dans son royaume, l'épisode des vaches grasses et des vaches maigres. L'agriculture, aussi, suit le cycle des saisons, rendant inévitable la chute de la production, puis sa réaugmentation[4].

Travaux précurseurs (années 1770 aux années 1860)

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Les économistes de l'école classique et leurs contradicteurs rédigent des traités d'économie à partir des années 1770, dont certains disposent d'analyses, plus ou moins étoffées, des cycles économiques et de leurs causes. Sont notamment évoqués des cycles de surproduction et de sous-production par Jean-Baptiste Say (1803) et Thomas Malthus (1820) ; David Ricardo (1817) souligne, lui, les effets des décisions politiques et des chocs exogènes comme les guerres sur l'activité économique[1].

Premières recherches (années 1860 aux années 1940)

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Les recherches sur les causes et les durées des cycles se sont multipliées à partir des années 1860. Au XIXe siècle a en effet lieu une répétition de crises économiques qui commencent à entraîner des faillites et des licenciements à grande échelle et voient le crédit se bloquer. Karl Marx évoque des grandes causes de cycles économiques dans Le Capital (1867), dont l'évolution des taux d'intérêt qui influence la volonté d'investissement des entreprises[1]. La première tentative d'explication systématique est celle de l'économiste français Clément Juglar, en 1862, qui met en évidence un cycle des affaires de 8 à 10 ans en France, en Angleterre et aux États-Unis. Il s'agit donc de la première tentative d'historiographie des cycles économiques français. A sa suite, plusieurs auteurs mettent mis en lumière des cycles économiques plus ou moins longs. Le cycle Kitchin (3 à 4 ans), le cycle Kuznets (15 à 25 ans), et le cycle Kondratiev (40 à 60 ans).

Les écrits de John Maynard Keynes, fondateurs de la macroéconomie moderne, s'inscrivent dans une volonté de fournir aux décideurs publics des outils de pilotage du cycle économique. La Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie expose ainsi des réflexions sur les origines des cycles économiques et les moyens de les lisser[5].

Amenuisement de la recherche (années 1950-1970)

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Durant les Trente Glorieuses, la faible volatilité du cycle des affaires et la quasi-disparition des crises économiques provoquent un amenuisement de la recherche sur les cycles économiques. En 1969, Martin Bronfenbrenner publie Is the Business Cycle Obsolete?. Il faut attendre le retour des crises dans les années 1970 pour qu'il y ait un regain d'intérêt pour le cycle économique[6].

Renaissance de la recherche sur les cycles (années 1970 à aujourd'hui)

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Les cycles économiques puissants provoqués par les chocs pétroliers conduisent à un renouveau de la recherche économique sur les cycles[6]. Face aux effets de ces chocs, les recherches qui sont menées répondent à une volonté prospective, c'est-à-dire au désir de comprendre les crises économiques pour les prévenir, ou, dans tous les cas, en minimiser les effets. La recherche permet alors aux États et aux banques centrales de jouer sur différentes variables macroéconomiques pour lisser les effets du cycle et adopter des politiques contracycliques.

Les programmes de recherche liés aux cycles reviennent sur le devant de la scène académique dans les années 1970, avec les apports des nouvelles écoles de pensée comme le monétarisme et la nouvelle économie classique. Ils mettent par exemple au point la théorie des cycles réels, puis la théorie des bulles rationnelles.

En France, le Comité de datation des cycles de l'économie française (CDCEF) est créé en 2020 par l'Association française de science économique pour travailler à l'élaboration d'une datation de référence des cycles économiques français[1]. Aux États-Unis, le National Bureau of Economic Research fait référence en matière de datation depuis ses premiers travaux sur le sujet en 1978[1]. En Europe, le Center for Economic and Policy Research dispose d'un comité de datation des cycles économiques depuis 2003[1].

Grands types de cycles

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Les cycles mineurs (cycles Kitchin)

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Les cycles mineurs ont été identifiés par Joseph Kitchin sur la base des travaux de Clément Juglar sur le cycle homonyme. Kitchin a analysé des cycles courts, de 4 ans environs, qui seraient des cycles intermédiaires aux cycles Juglar. La cause de ces cycles serait la cyclicité des stocks : en période de croissance, les entreprises surstockent, ce qui mène à un excédent d'offre sur la demande ; en période de crise, elles déstockent trop, et voient la demande dépasser l'offre, les obligeant à réinvestir pour reconstituer les stocks. De plus, le mouvement des stocks interagit avec celui des taux d'intérêt et des prix. L'analogie de la chaudière est parfois utilisée pour illustrer ces cycles : la chaudière est remplie de bois tant qu'il ne fait pas chaud ; mais la température visée est à un moment atteinte et dépassée ; on cesse alors de l'alimenter, ce qui finit par causer du froid.

Les cycles courts (cycles Juglar)

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Clément Juglar soutient le premier l'existence d'un cycle court dans son traité Les crises commerciales et leur retour périodique en France en Angleterre et aux États-Unis (1862). Il a étudié en détail les premières grandes crises du XIXe siècle (1810, 1818, 1825, 1830, 1837, 1847, 1857, 1867, 1882, 1891). Sur la base de données sur les prix et l'évolution du crédit, il montre un motif de crise décennale principalement dû aux dérèglements périodiques du crédit. Il met les banques au centre de l'explication des crises, qu'il qualifie de « commerciales ». Pour lui, la spéculation et le crédit tendent les ressorts économiques à l'extrême. La période d'euphorie finale provoque des anticipations excessives qui ne trouvent pas de réalité. Le renversement commence. Le crédit s'arrête. L'investissement également. Les entreprises se retrouvent avec des capitaux sans rentabilité et des excès de stocks. La production ralentit. Le chômage augmente. Les prix baissent, entraînant des anticipations négatives qui aggravent la crise. Certaines banques trop engagées font faillite. Puis la situation est assainie. La reprise se produit progressivement. L'optimisme revient et l'investissement reprend puis s'accélère.

L'analyse de Juglar se fait dans un contexte de grande flexibilité des prix et dans un cadre monétaire d'étalon bi-métallique or et argent, ce qui explique que ses deux principaux indicateurs étaient la courbe des prix et celle des taux d'intérêt. Appliquant une grande rigueur formelle à ses analyses, il pensait pouvoir prévoir les crises de façon presque certaine.

La crise de 1921 remet d'actualité l'étude d'un cycle décennal de l'économie, car précédée en 1907 d'une crise bancaire et boursière particulièrement dure. Wesley Mitchell publie en 1927 Business Cycles The problem and its setting. Il définit le cycle comme une fluctuation de l' agrégat global d'activité économique (on dirait le PIB aujourd'hui). En 1927, A.C Pigou, le père du fameux effet Pigou[7], voit plus les variations économiques comme des réponses à des chocs qui ébranlent l'économie et provoquent son déséquilibre. Toute la question est la récurrence de ces chocs : sont-ils exogènes ou en partie endogènes ?

Après la crise de 1929, l'analyse des forces cycliques reprend avec vigueur. J. A. Schumpeter publie en 1939 Business Cycles, une étude du cycle simplifiée en quatre phases ; « prosperity, recession, depression, recovery ». Son idée est que l'investissement commande le cycle et qu'il est largement dépendant de facteurs d'entraînement psychologiques qui peuvent pousser à l'euphorie pendant les périodes de succès et inversement à la morosité lors d'un retournement. La récession serait le fruit naturel de l'expansion rapide qui la précède. Il reprend une part notable de l'apport du Russe Togan-Baranowsky qui déjà avait lié les phases d'expansion et de repli aux mouvements de l'investissement.

C'est le livre majeur de J.M. Keynes qui renouvelle toute la théorie de la crise économique, analysé comme une rupture de la demande globale. L'étude du cycle proprement dit sera après guerre le fait des économistes keynésien qui partent des fluctuations de la demande globale et des moyens de la contrôler, notamment Alvin Hansen[8].

Les cycles de moyenne durée (cycles Kuznets)

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Simon Kuznets a commencé sa carrière d'économiste avec sa thèse (universitaire) sur le cycle, publiée en 1930[9]. Il considérait qu'une véritable observation économique implique un appareil statistique et des indicateurs fiables. Il a défini des cycles de 14-20 ans, qui ne convaincront pas réellement. Il travaillera avec Arthur Burns au sein du National Bureau of Economic Research pour affiner la comptabilité nationale. Il obtiendra un prix Nobel d'économie. Ses travaux sur le cycle de moyenne durée n'ont été ni confirmés par les faits ni repris par les économistes.

Les cycles longs (cycles Kondratieff)

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L'existence de crises économiques plus dures et plus longues que d'autres a fait évoquer un possible cycle long de l'économie, c'est-à-dire de mécanismes répétitifs reproduisant les mêmes effets. Comme pour les crises périodiques de 6-10 ans, ce n'est pas tant le fait qu'il y a ait des récessions qui est contesté mais leur caractère réellement cyclique qui pourrait permettre via des dispositifs statistiques et prospectifs avancés d'en prévoir la survenue. Le problème est compliqué par le fait qu'un cycle de 40-60 ans offre historiquement moins de séquences à observer et que la transformation des économies rend précaires la comparabilité des artéfacts. Une tentation est de s'attaquer aux chiffres qu'on connaît bien et de leur donner une importance phénoménologique peut-être excessive. Ce fut par exemple le cas des prix dont l'évolution est connue depuis longtemps, pour Juglar. Ce sera également le cas pour le statisticien Kondratieff. Ce dernier aura un destin tragique : il sera fusillé par ordre de Staline pour avoir laissé croire que la crise du capitalisme n'était pas « finale » et qu'après la crise pouvait naître une nouvelle période de prospérité. La postérité des travaux de Kondratieff sera également difficile. Tous ceux qui ont cherché à prévoir l'avenir avec des modèles dérivés de ses idées seront démentis par la réalité. On retrouve l'échec statistique de Clément Juglar.

L'intérêt pour les forces à long terme déterminant la prospérité, dans la foulée de Schumpeter, qui s'était développé dans les années soixante (institut Rand aux États-Unis, Futuribles en France) s'est aussi beaucoup émoussé dans l'esprit « court-termiste » qui s'est emparé des économies à partir de 1971 et de l'instauration des changes flottants. Il est vrai que la durée de vie d'un produit est de quelques années seulement et que l'accélération des technologies rend la prévision à moyen et long terme particulièrement difficile et spéculative. La mondialisation rend le champ statistique également beaucoup plus complexe.

Autres explications aux théories du cycle

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Le cycle des saisons

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Le cycle des saisons est un cycle économique lié au cycle astronomique qui, combiné aux aléas météorologiques a un effet direct sur l'élevage, les moissons, les vendanges et autres récoltes, et ce notamment dans les économies où le secteur agricole est central[10]. Cela peut également concerner des pays dépendants d'activités saisonnières, comme le tourisme. L'interprétation correcte des séries mensuelles implique leur « dé-saisonalisation »[10]. Au XXe siècle, les économistes des pays riches ont accordé une importance faible à ce facteur explicatif[10].

Les cycles sectoriels

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La théorie des cycles sectoriels est proposée par Jean-Baptiste Say dans son Traité d'économie politique publié en 1803, dans lequel il présente la loi des débouchés. Il défend l'idée selon laquelle les crises de surproduction ou de sous-production sont impossibles au niveau agrégé ; toutefois, il met en lumière l'existence de crises de sur- ou sous-production sectorielles, liées à la mauvaise estimation par les producteurs de la demande pour leur bien[1].

Aujourd'hui, les grandes industries reconnaissent pratiquement toutes un caractère cyclique à leur production. L'industrie aéronautique a un cycle propre, avec un emballement de la demande de vols aériens qui conduit à la construction massive d'avions, mais cela prend du temps, de telle sorte que lorsqu'ils sont livrés à la compagnie aérienne acheteuse, ils sont sous-utilisés. Les ventes automobiles dépendent du lancement des nouveaux modèles. Le rythme de vie d'un modèle rythme les rentrées d'argent. La tendance à relancer les modèles tous en même temps provoque un cycle récurrent. Le bâtiment est également une activité cyclique. Les poussées de construction succèdent à des phases de ralentissement plus ou moins prolongées, les spéculations immobilières, foncières et bancaire y ayant leur part. La composition des cycles sectoriels donnerait le cycle global avec, de temps à autre, une « vague scélérate », la dépression, qui serait le fruit de l'amplification de multiples récessions simultanées.

Les cycles sociopsychologiques

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Maurice Allais a théorisé le « cycle du crédit et de la spéculation » comme étant, notamment, corrélés à un « cycle de l'oubli ».
La capacité d'oubli des humains les rend à nouveau crédules et prêts à une confiance exagérée ; un exemple de mathématiques extrêmes appliquées à un domaine particulièrement incertain.

Les grands cycles historiques

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Fernand Braudel a cru détecter l'existence de grandes cycles historiques de prospérité et de dépression, dans l'ensemble de l'histoire du Moyen Âge. Il s'agit plus d'une analyse factuelle qu'une réelle tentative de trouver des ressorts périodiques répétitifs communs aux phases d'expansion et de récession.

Les cycles politiques

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Les perturbations économiques liées aux décisions politiques ont fait l'objet d'analyses très tôt. David Ricardo montre ainsi, dans ses Des principes de l'économie politique et de l'impôt (1817), que des chocs exogènes liés à des politiques publiques ou à des guerres peuvent modifier les conditions de production d'un pays, réorienter l'offre, reconfigurer l'appareil productif, etc. Cette position est inspirée par les guerres napoléoniennes et leurs effets sur l'économie britannique[1]. Cette explication des cycles économiques est une explication exogène à l'économie, dans le sens où ce sont des chocs extérieurs à l'activité économique même qui provoquent le cycle[1].

Des cycles économiques liés aux cycles électoraux ont aussi été identifiés, notamment par les économistes de la théorie des choix publics. Des études relevant de cette école montrent que les dépenses publiques locales ont tendance à augmenter dans l'année qui précèdent une échéance électorale, avant de chuter une fois l'élection remportée[11].

Les cycles fiscaux

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Quand les affaires vont bien, le caractère progressif des impôts génèrent des ressources fiscales plus que proportionnelles qui sont aussitôt dépensées, confortant la phase d'expansion. Lorsque les affaires vont moins bien les recettes se replient mais pas les dépenses. Les déficits s'accroissent, qu'il faut bien ensuite résorber. La mini-récession de 1996 en France est généralement associée au choc fiscal des impositions massives d'Alain Juppé.

Les cycles liés à la législation

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La question a pris une importance nouvelle avec la mise en cause de la législation comptable des opérations bancaires et financières. Les normes IAS et les règles de Bâle II, en forçant les institutions financières à valoriser leurs actifs à leur valeur quotidienne estimée, sont mis en cause dans le déclenchement de la crise des CDO puis du blocage du marché inter bancaire. Lorsque les enchères sur les CDO se sont bloqués il a fallu les déprécier quasi totalement provoquant des conséquences en chaîne dans les bilans des banques. Mettre en place une comptabilité qui ne serait pas violemment « procyclique » est une des tâches que s'est donnée le G20.

Auparavant de nombreux cycles fiscaux ont été détectés. Le plus amusant est le « cycle de l'esquimau glacé » provoqué par le contrôle des prix. Ne pouvant pas faire croître le prix du produit à leur guise, les fabricants changeaient le produit : une taille plus grande avec un prix augmenté plus que proportionnellement permettait de contourner les blocages. La limite était évidemment la taille de la bouche du client. On repassait alors à un modèle plus petit et « moins cher », etc.

Les cycles boursiers

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Le caractère oscillant de la bourse a suscité une littérature sur les méthodes permettant d'en prévoir les hauts et les bas. L'analyse graphique (chartist en anglais) prétend détecter les inflexions significatives. Les quelques succès rencontrés l'ont été lorsque la tendance était bien établie. Les renversements de tendance ont en général été manqués. Par ailleurs, le choix de l'échelle et des points remarquables d'un graphique (surtout le choix du point de départ d'une tendance) ont une influence sur le résultat de l'analyse. Chaque année, le Wall Street Journal compare les performances d'un portefeuille d'action établi de façon aléatoire, par un singe tirant des fléchettes, à celles du choix des analystes financiers les mieux payés. Le premier l'emporte à chaque fois[12].

Les cycles de la dette

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L'accumulation de dettes, y compris de dettes publiques, a pu être identifiée comme un facteur rythmant le cycle économique. La théorie de la déflation par la dette d'Irving Fisher a été mobilisée par ce dernier pour expliquer des cycles économiques dans un article intitulé « The Debt-Deflation Theory of Great Depressions » (1933)[13]. Il montre qu’une accumulation excessive de dette en période d’expansion finit par provoquer un retournement lorsque chute la confiance en la capacité du système à assurer des bénéfices susceptibles de permettre un remboursement aisé de la dette. La tentative de désendettement des agents économiques, lorsqu'elle est massive et concomitante, conduit à des vente d’actifs et des réduction de dépenses qui entraîne une chute des prix et de l'investissement. Ceci a pour effet d’augmenter la valeur réelle de la dette et de faire rentrer le cycle dans la spirale dépressive avec défauts de paiement et faillites[14].

Les cycles de la dette ont aussi été analysés par Hyman Minsky, qui montre dans Stabiliser une économie instable (1986) que la stabilité économique engendre de l’instabilité de manière endogène. En effet, selon Minsky, les périodes d’expansion économique conduit les agents économiques à prendre de plus en plus de risques, tandis que les banques relâchent les conditions d'octroi de crédit ; s'ensuit une hausse de l’endettement. Viens alors le « moment Minsky », où des investisseurs surendettés vont vendre leurs actifs afin de faire face à leur besoin de liquidité. Intervient alors le basculement du cycle, où un nombre croissant d'agents économiques va agir de la même manière pour liquider leurs positions et conserver leurs profits, causant une chute de l'investissement[15].

Les cycles liés aux taches solaires

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L'économiste William Stanley Jevons a cherché à expliquer la périodicité décennale découverte par Juglar. Mais contrairement à ce dernier, il écrit, en 1866[16], que les récessions sont corrélées à l'apparition des taches solaires. Cette constatation a laissé perplexes les économistes qui ne l'ont pas reprise. Un économiste comme Costas Azariadis a été remarqué pour avoir construit des modèles de prophéties auto-réalisatrices, dont l'équilibre est ironiquement désigné par l'expression « équilibre à taches solaires ». Dans ces modèles, la croyance de tous les agents en une causalité d'un phénomène externe à l'économie conduit à sa réalisation effective du simple fait de la coordination des anticipations des agents.

Notes et références

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  1. a b c d e f g h i j k l et m Laurent Ferrara et Valérie Mignon, Les cycles économiques: une analyse empirique, Economica, coll. « Corpus », (ISBN 978-2-7178-7300-9)
  2. a et b Jean-Marie Albertini, Les rouages de l'économie nationale, Paris, Les Éditions Ouvrières, , 317 p. (ISBN 2-7082-0663-X), p. 206
  3. a et b Jean-Marie Albertini, ..., p. 211
  4. a b c d e et f Philippe Sigogne sous la dir. de Jean-Paul Fitoussi, Les cycles économiques, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, (ISBN 2-7246-0643-4, 978-2-7246-0643-0 et 2-7246-0641-8, OCLC 30992246, lire en ligne)
  5. (en) Masayuki Otaki, Keynes’s General Theory Reconsidered in the Context of the Japanese Economy, Springer, (ISBN 978-4-431-55915-3, lire en ligne)
  6. a et b Pierre Dockès, Le Capitalisme et ses rythmes : splendeurs et misère de la croissance, CLASSIQUES GARNIER MULTIM, (ISBN 2-406-09372-7 et 978-2-406-09372-5, OCLC 1105152918, lire en ligne)
  7. Arthur Cecil Pigou ; Industrial Fluctuations, 1927
  8. Alvin Hansen, Business Cycles and National Income
  9. Secular Movements in Production and Prices, Houghton-Mifflin, Boston and New York
  10. a b et c Jeffrey A. Miron, The economics of seasonal cycles, MIT Press, (ISBN 978-0-262-13323-4)
  11. Dennis C. Mueller, Choix publics: Analyse économique des décisions publiques, De Boeck Superieur, (ISBN 978-2-8041-6211-5, lire en ligne)
  12. https://www.forbes.com/sites/rickferri/2012/12/20/any-monkey-can-beat-the-market/
  13. (en) David Glasner, Business Cycles and Depressions: An Encyclopedia, Routledge, (ISBN 978-1-136-54527-6, lire en ligne)
  14. Edouard Challe, La "debt-deflation" selon Irving Fisher, Histoire et actualité d'une théorie de la crise financière, Cahiers d'Économie Politique, Année 2000, 36, pp. 7-38
  15. Laurence Scialom, Hyman Minsky : un économiste visionnaire, laviedesidees.fr, 16 avril 2019
  16. Journal of the statistical society of London, en 1866

Articles connexes

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Liens externes

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