Cybergraphie

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La cybergraphie regroupe un ensemble d'approches, de méthodes et de techniques d'enquête relatives à l'étude du cyberespace et de sa « population » (principalement les internautes).

Plus précisément, les approches cybergraphiques visent à décrire et comprendre les porosités entre les « mondes virtuels » et les « mondes réels ». Les techniques d'enquête formalisées par les chercheurs spécialisés en cybergraphie peuvent par exemple servir à étudier l'impact des formes de socialités apparues avec le développement technologique (réseaux sociaux, sites de rencontres…) sur les liens sociaux et/ou culturels établis dans des contextes d'interaction non médiatisée.

L'apparition de ce néologisme s'inscrit dans le prolongement de la formalisation d'une série de cybernotions telles que cyberculture, cyberespace, cybernétique.

Dans l'usage courant, le terme est aussi parfois employé comme synonyme de webographie (ou sitographie).

Travaux fondateurs et pluralité des approches[modifier | modifier le code]

C'est à la toute fin des années 90 que le terme commencera à être utilisé pour désigner des approches méthodologiques et scientifiques.

L'impulsion sera donnée par un groupe de chercheurs du CICI (Centro de Investigaciones de la Comunicación y la Información) de l'Université de Zulia au Venezuela. En 2004, Adriana Cely Álvarez présentera la cybergraphie comme une « proposition méthodologique pour l'étude des médias de communication sociaux cybernétiques[1] ». Elle exposera également les fondements théoriques de son approche.

En 2007, Ángel Páez et Holy Castañeda fourniront un exemple d'application de cette méthode, mise en œuvre dans le cadre du projet de recherche Gouvernement électronique et participation citoyenne au Venezuela[2]. Les deux chercheurs s'attacheront à analyser les contenus et l'interactivité des sites web des mairies vénézuéliennes afin de faire ressortir les enjeux politiques et sociaux liés à la transition numérique opérée par les institutions gouvernementales du pays.

Les approches cybergraphiques étant apparues récemment, aucune synthèse théorique ou méthodologique faisant consensus dans la communauté scientifique internationale n'a été produite à ce jour (pas de manuel, ni d'ouvrage théorique de référence). L'emploi du terme est donc encore entouré d'une certaine ambiguïté sémantique.

On retrouvera par exemple une définition un peu différente de la cybergraphie dans les travaux de la chercheuse Johanna Järvinen-Tassopoulos (Université d'Helsinki, docteure en politique sociale). Pour cette dernière, le terme recouvre « l’ensemble des modes de communication et de transcription de la corporéité[3] » qui s'opèrent dans le cyberespace. S'intéressant - dans la lignée des travaux de Michel Maffesoli - aux pratiques de cybersexe, Johanna Järvinen-Tassopoulos montrera notamment que la substitution des contacts corporels par les écrits érotiques occasionne en retour des « transformations sémantiques et graphiques dans la communication quotidienne ».

On remarquera qu'ici la chercheuse use du terme cybergraphie pour désigner non pas son approche scientifique ou ses techniques d'enquête, mais des procédés ou comportements observables dans le cyberespace (autrement dit, ses données). Néanmoins, elle procède à une analyse des contenus disponibles sur l'écran et se situe en ce sens dans une démarche méthodologique assez similaire à celle des chercheurs vénézuéliens.

Cyberethnographie[modifier | modifier le code]

Corrélative de l'enquête cybergraphique menée autour des contenus et données disponibles en ligne, l'enquête réalisée in situ (cyberethnographie). La méthode consiste alors à réaliser des observations dans des endroits où le « monde virtuel » devient presque palpable ; là où l'on peut en trouver des traces, manifestations ou empreintes, voire là où ils régissent les échanges, l'organisation sociale et/ou spatiale (par exemple les cybercafés). Cette proposition méthodologique n'a pu émerger qu'après un certain changement de perspective théorique, qui a d'abord été formulé par des sociologues, anthropologues ou géographes (parmi lesquels Thierry Joliveau[4], Madeleine Pastinelli). Il s'est agi de « rompre avec cette réification d’un cyberespace se posant en abstraction des autres sphères de la vie sociale[5] ».

Dans cette veine, on peut aussi citer l'étude du chercheur slovaque Martin Sperka (spécialiste en information et communication, Slovak University of Technology) autour des arts génératifs[6]. On trouvera encore des illustrations de cette démarche méthodologique dans les récents travaux des chercheurs rattachés au Labo des Usages (collectif AADN, Lyon, France). L'étude de cas est menée depuis 2014 dans un des quartiers de la ville de Villeurbanne et aborde plus particulièrement la thématique des identités en ligne. Elle constitue en quelque sorte le pendant cyberethnographique des travaux menés en 2008 par Fanny Georges, au Centre de recherche Images, Cultures et Cognition, proposant une approche sémiotique et statistique de Facebook[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Adriana Cely ÁLVAREZ,  « Cibergrafía: Propuesta teórico metodológica para el estudio de los medios de comunicación social cibernéticos », Revista de Ciencias Humanas y Sociales,  v. 20, n° 43, 2004. En ligne : http://www.scielo.org.ve/scielo.php?pid=S1012-15872004000100007&script=sci_arttext
  2. Ángel PÁEZ et Holy CASTAÑEDA, « Evolución del gobierno electrónico en Venezuela (Ángel Páez y Holy Castañeda) », Temas de Comunicación, [S.l.], n. 15, p. 173-190, avril 2011. En ligne : http://revistasenlinea.saber.ucab.edu.ve/temas/index.php/temas/article/view/320
  3. Johanna JÄRVINEN-TASSOPOULOS, « Transmis, transporté, transcrit : le corps érotisé. », Sociétés, 4/2006, no 94, p. 105-110. En ligne : www.cairn.info/revue-societes-2006-4-page-105.htm.
  4. Voir les différentes questionnements et études au sujet de la géonumérisation du monde dans le blog du chercheur : https://mondegeonumerique.wordpress.com/
  5. Madeleine PASTINELLI, « Pour en finir avec l'ethnographie du virtuel ! Des enjeux méthodologiques de l'enquête de terrain en ligne », Anthropologie et Sociétés, vol. 35, n° 1-2, 2011, p. 35-52. En ligne : http://id.erudit.org/iderudit/1006367ar
  6. Martin SPERKA, « Reality, Representations and Cybergraphy », in Actes du 6e symposium des arts électroniques, sept. 1995, p. 272-276
  7. Fanny GEORGES (Centre de recherche Images, Cultures et Cognition), « Modèle de la présentation de soi: l'hexis numérique, une étude sémiotique et statistique », Communication scientifique LUDOVIA, 2008. En ligne : http://www.ludovia.com/2008/10/modele-de-la-presentation-de-soi-lhexis-numerique-une-etude-semiotique-et-statistique/