Culture de Michelsberg

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Le site de Michaelsberg (Michelsberg) en Allemagne.
Vase en tulipe typique du Michelsberg.

La culture de Michelsberg (en allemand : Michelsberger Kultur (MK)) est une importante culture néolithique dont la datation est d'environ 4400-4300 à 3700-3500 AEC (avant l'ère commune). Ainsi, elle appartient au néolithique tardif d'Europe centrale. Sa distribution couvrait une grande partie de l'Europe centrale occidentale, des deux côtés du Rhin. Une chronologie détaillée, basée sur la poterie, a été produite dans les années 1960 par l'archéologue et préhistorien allemand Jens Lüning (de).

Ses manifestations ont été mises au jour dans l'ouest de l'Allemagne, au sud des Pays-Bas, en Belgique et en France (dans le Bas-Rhin et en Lorraine).

La culture de Michelsberg[modifier | modifier le code]

Céramiques et meules du Michelsberg provenant d'une tombe près de Hoheneck, Landesmuseum Württemberg à Stuttgart[1].

Le nom conventionnel de cette culture est dérivé de celui d'un important site archéologique d'excavation sur le Michaelsberg (de) (abréviation de Michaelsberg), une colline s'élevant près d'Untergrombach, un village dans l'entité de Bruchsal, entre Karlsruhe et Heidelberg (Land de Bade-Wurtemberg).

La culture de Michelsberg, datant du Néolithique Moyen, a précédé la culture de Wartberg (3600 à 2800 AEC).

Considérée en 1950 par Jean Arnal, avec d'autres sites d'Europe occidentale (Windmill Hill à Avebury, Almeria, Lagozza, Cortaillodetc. ) comme une composante du chasséen[2], elle en a été détachée dès 1959 par R. Riquet qui ne retient l'appellation chasséenne que pour les productions du Néolithique moyen français[3].

L'artisanat au Michelsberg[modifier | modifier le code]

Les poteries typiques de cette culture présentent des formes probablement héritées des traditions céramiques d'Europe septentrionale. Les objets en cuivre sont très rares et le mégalithisme funéraire absent.

Pratiques funéraires[modifier | modifier le code]

Les sépultures de la culture Michelsberg sont relativement rares et il n'y a aucune indication de l'existence de cimetières organisés contrairement aux précédentes cultures rubanée (ou de la poterie linéaire - LBK[4]) et de Rössen.

Des restes humains à l'état de squelettes, fréquemment désarticulés, ont été découverts dans des fosses sur de nombreux terrassements du Michelsberg.

La colonie MK d'Aue (Saxe) a délivré huit fosses, six contenant un seul individu et deux en contenant plusieurs. Le profil d'âge des personnes enterrées est très étonnant, car il est limité aux enfants de moins de sept ans et aux adultes de plus de cinquante ans (un âge considérable en Europe néolithique). En d'autres termes, les êtres humains en âge de dominer la vie sociale et économique de la communauté sont absents des sépultures. Il a été suggéré que leurs corps n'ont peut-être pas reçu d'enterrement formel, mais ont été éliminés par excarnation, auquel cas les restes de squelettes provenant de fosses à ordures peuvent être le résultat d'une telle activité.

La même hypothèse peut s'appliquer aux ossements humains trouvés dans les remplissages des fossés d'enceinte autour des établissements du Michelsberg. Il a également été suggéré que des restes partiellement articulés trouvés dans de tels fossés pourraient indiquer que des tombes ont été placées sur les surfaces adjacentes à ceux-ci et qu'ils ont ensuite été emportés par l'érosion.

Parfois, les fosses contiennent des dépôts plus structurés d'os humain, comme des squelettes d'adultes entourés de ceux d'enfants. De telles sépultures sont probablement liées au domaine cultuel ou au rituel, tout comme les dépôts d'offrandes dans certaines fosses, en particulier dans les colonies d'Aue et de Scheelkopf où les fosses contenaient notamment des vases soigneusement placés et des cornes d'aurochs. Ces dernières avaient été soigneusement séparées des crânes, reflétant peut-être une signification symbolique particulière attribuée à cet animal.

Un aspect jusqu'ici inconnu de la pratique funéraire du Michelsberg est suggéré par la découverte en 2004 de sépultures du MK dans la grotte de Blätterhof près de Hagen, en Westphalie où des individus de tout âges semblent être représentés.

Un enterrement inhabituel a été découvert à Rosheim, dans le Bas-Rhin, en France. Ici, la fosse contenait les restes d'une femme adulte accroupie, les jambes appuyées contre une pierre. Elle semble avoir été placée, avec de la poterie et des os, dans un empaquetage soigné fait de mottes d'argile. Sa mort a été causée par un impact contondant sur son crâne.

Le Michelsberg en Belgique[modifier | modifier le code]

De nombreux sites de la culture de Michelsberg ont été découverts en Belgique dont :

À Spiennes[modifier | modifier le code]

Les populations du Michelsberg sont à l'origine de l'exploitation des mines de silex de Spiennes, en Belgique. Ces minières de Spiennes, situées en Hainaut, sont inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2000.

À Chaumont-Gistoux[modifier | modifier le code]

À Chaumont-Gistoux, dans le Brabant wallon, un important site du Michelsberg a été découvert en 1965, au lieu-dit « Les Bruyères ». Le site, d'une superficie de quelque 12 ha, est situé sur un promontoire sablonneux en forme de patte d'oie et présente un dispositif d'enceinte établi en arc de cercle dont seule la partie orientale a été préservée. Un fossé de 5 m de large et profond de 2 m entoure une levée de terre d'une hauteur de 2,5 m de haut et large de quelque 12 mètres. Les fouilles du site ont permis la récolte d'un matériel comprenant des silex taillés et de nombreux tessons de céramique[5]. Un local aménagé entretenu par des passionnés du cercle d'histoire local présente quelques pièces et des documents didactiques.

Autres occupations du site 
  • Quelques tombes de forme oblongue datant du Mésolithique (VIIe et VIIIe millénaire AEC sont également visibles à proximité du site.

À Boitsfort[modifier | modifier le code]

Dans la commune bruxelloise de Boitsfort, des restes de fortifications datant du Michelsberg ont été mises au jour dans la forêt de Soignes[6]. Cependant ce site a été saccagé en 1989 par de lourds engins de débardage[7].

Autres localités[modifier | modifier le code]

en province de Brabant wallon
en province du Brabant flamand
en province de Liège
en province de Hainaut
en province de Namur

Le Michelsberg en France[modifier | modifier le code]

Mairy, cruche à suspension présentée au musée de l'Ardenne à Charleville-Mézières.

Le Michelsberg en Allemagne[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Carl Schuchhardt, Deutsche Vor- und Frühgeschichte in Bildern, Oldenbourg, München/Berlin, 1936.
  2. Jean Arnal (1953) - « La structure du Néolithique français d'après les récentes stratigraphies », Zephyrus, IV, p. 311-344.
  3. Riquet, R. (1959) - « Chassey où es-tu ? », Bulletin de la Société préhistorique française, t. 56, no 5-6, p. 364-374.
  4. Linearbandkeramik.
  5. « Un site exceptionnel : le site du Michelsberg à Gistoux », in: Amalgame, no 70, hiver 2016, p. 24
  6. La fortification du Michelsberg de Boisfort François Hubert, Revue archéologique de Picardie, 1984, vol. 1, N° 1-2
  7. Le saccage du site néolithique du Michelsberg de Boisfort Joëlle Meskens, Le Soir, 25 avril 1989
  8. L. Lan, « Le Néolithique Michelsberg de la « ferme Saint-Anne » à Rhode-Saint-Genèse (Brabant, Belgique) : nouveau matériel lithique », in: Notae Praehistoricae, 26(2006), pp. 203-210
  9. Le trou de la Heid à Comblain-au-Pont
  10. L'occupation Michelsberg de Pont-de-Bonne "Rocher du Vieux-Château" (Modave, Province de Liège, Belgique). Présentation liminaire, Emmanuel Delye, Simon-Pierre Gilson, Pierre Noiret, Revue archéologique de Picardie, 2011, NS 28, pp. 497-505, sur persee.fr
  11. Le gué du Plantin à Neufvilles
  12. L'enceinte fortifiée néolithique de Carvin sur le site de l'INRAP
  13. Blouet V. et Guillaume Chr. (1984) - « Le Michelsberg en Lorraine », Revue archéologique de Picadie vol. 1 no 1, p. 125-132

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cauwe, N., Dolukhanav, P., Kozlowski, J. et van Berg, P.-L., Le Néolithique en Europe, Paris : Armand Colin, collection U Histoire, 2007
  • Christa Grund, Die Michelsberger Kultur, Bonn : Habelt, 2008

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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