Culture Seine-Oise-Marne

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Culture Seine-Oise-Marne
Définition
Caractéristiques
Répartition géographique Bassin parisien
Période Néolithique
Chronologie IIIe millénaire av. J.-C.

La culture Seine-Oise-Marne, dite aussi S.O.M. ou SOM, est une culture qui s'est développée à la fin de la période néolithique et au début du Chalcolithique, principalement dans le Bassin parisien (bassins de la Seine, de l'Oise et de la Marne). Cette dénomination a été donnée à un moment donné des découvertes archéologiques ; plus largement, cette culture occupe d'une façon diffuse le Nord-Ouest de la France et le Sud de la Belgique.

Datation et éléments discriminants[modifier | modifier le code]

La Pierre Turquaise, site dans la forêt de Carnelle (Val-d'Oise), dalles gravées.

Cette culture est l'« une des plus anciennement identifiées et des mieux documentées du Néolithique français »[1]. En, effet, les éléments qui apparaissent dans le Nord de la France au milieu du IIIe millénaire av. J.‑C. ne se présentent nulle part ailleurs en association, et semblent témoigner d'une genèse sur place[2]. La datation est très élastique suivant les auteurs. De plus, une persistance de cette culture a été constatée jusqu'au bronze moyen, notamment en Belgique[3].

Elle est caractérisée par ses constructions mégalithiques d'allées sépulcrales (appelées souvent improprement allées couvertes) dans lesquelles on note souvent la présence d'un vestibule précédant la chambre d'inhumation collective. De très nombreux sites ont été repérés dans la zone concernée, mais peu ont été préservés de la destruction et fouillés méthodiquement[4]. Souvent, des dalles de la sépulture sont gravées de motifs en collier accompagnés d'une paire de seins. Ces symboles évoqueraient une Déesse mère, nourricière des vivants et protectrice des morts[5]. Dans les allées couvertes ou hypogées de cette civilisation, la figuration de la déesse funéraire se trouve toujours près de l'entrée, dans le vestibule ou dans l'anté-grotte[6]. La répétition de ces gravures très identiques sur de nombreux sites[7] montre une certaine homogénéité culturelle du peuple qui les a façonnés. Ces sépultures pouvaient contenir plusieurs centaines d'individus et étaient, à l'origine, encavées ou recouvertes d'un tumulus.

Le mobilier associé est constitué d'outils en silex poli, de céramiques encore assez grossières en pot de fleur, décorées d'incisions ou de traces de corde. Assez peu de site d'habitat ont été retrouvés.

Influences et contexte[modifier | modifier le code]

Hypogée de l'Homme-mort à Tinqueux, hache de silex et sa gaine en bois de cerf .

Cette culture est contemporaine de la Culture de la céramique cordée qui s'étendait de l'Est de la France à la Russie, des éléments culturels leur sont communs, d'une certaine façon on pourrait considérer la culture Seine-Oise-Marne comme un sous-ensemble de la Culture de la céramique cordée. La spécificité de S.O.M s'exprime dans son mode de sépulture collective plus répandu.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henry de Lumley et Jean Guilaine, La Préhistoire française: publié à l'occasion du IXe Congrès de l'U.I.S.P.P., Nice, 1976, vol. 1, Éditions du Centre national de la recherche scientifique, (ISBN 2222019699 et 9782222019695), p. 418.
  2. Gérard Bailloud, Stuart Piggott, Glyn Edmund Daniel et Charles Brian Montagu McBurney, La France de la préhistoire... : Nouveaux Aspects de l’archéologie, Tallandier, , p. 123-133
  3. Persistance de la civilisation de Seine-Oise-Marne à l'âge du Bronze dans certaines régions de Belgique, extrait de l'article :

    « Alors qu'il est généralement admis que la fin de la civilisation de Seine-Oise-Marne se place vers 1800/1700 avant notre ère, les AA. estiment que cette culture s'est maintenue, du moins dans certaines régions de la Belgique, pendant tout le Bronze ancien et moyen jusque vers 1100/1000. Les données qui étayent cette nouvelle datation sont fournies par les sites de Lesdain, de Jollain-Merlin et de Blaton. Des datations au radiocarbone et par thermoluminescence de l'habitat S.O.M. de Lesdain indiquent que ce site fut occupé entre 1400 et 1300 av. J.-C. »

    — Cahen et de Laët

  4. Par exemple : Anne-Marie Ancien et Annick Le Bolloch, « La sépulture collective Seine-Oise-Marne de Verneuil-sous-Coucy (Aisne) », Revue archéologique de Picardie, vol. 3, no 1,‎ , p. 17-28 (lire en ligne).
  5. « Religion des peuples à gobelets en entonnoir, de Michelsberg, Horgen et Seine-Oise-Marne », sur Atil (consulté le 31 octobre 2017).
  6. Jean-Pierre Nicolardot, « Les gravures rupestres de Créancey (Côte-d'Or) », Bulletin de la Société préhistorique française (p. 246-250), vol. 67, no 8,‎ 1970, p. 247 (lire en ligne).
  7. Michel Brézillon et Jacques Tarrête, « Deux sculptures inédites de l'allée couverte de la Pierre turquaise à Sainl-Martin-du-Tertre (Val-d'Oise) », Gallia préhistoire, vol. 14, no 2,‎ , p. 263-266 (lire en ligne).

Annexes[modifier | modifier le code]