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Culte de la personnalité de Staline

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Portrait de Staline exposé lors d'un événement public à Leipzig, Allemagne, en 1950.

Au pouvoir en URSS de 1924 jusqu'à sa mort en 1953, Joseph Staline était entouré d'un culte de la personnalité particulièrement poussé.

Après la mort de Lénine, Staline prit le pouvoir en URSS et renforça la dictature. Le culte de sa personnalité devint proéminent dans la culture soviétique en 1929 pour célébrer son 50e anniversaire[1].

Le culte de la personnalité de Staline était transmis par la propagande. Nombreuses étaient les affiches à sa gloire dans la rue. Plusieurs chansons lui étaient également dédiées. La propagande le surnommait le Père des peuples.

Guerre froide

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Célébration des 70 ans de Staline en république populaire de Chine.

Le culte de la personnalité de Staline était également présent dans d'autres pays du bloc de l'Est, tels que la Chine ou la République démocratique allemande.

Après la mort de Staline

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Après la mort de Staline, le nouveau dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev dénonça dans un rapport secret de 1956 (mais qui fut connu en Occident et même dans une grande mesure en URSS et dans le bloc communiste), le culte de la personnalité du dictateur et une partie de la répression, particulièrement celle ayant touché les communistes à partir de 1937, mais non celle avant les Grandes Purges et l'organisation de la famine au début des années 1930. Il faudra attendre l'arrivée au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev pour que l'ensemble de ses crimes soient dénoncés.

Critique marxienne du culte de la personnalité

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Le concept de « culte de la personnalité » proprement dit est utilisé par Karl Marx lui-même, théoricien du communisme et du socialisme scientifique. Dans une lettre du au social-démocrate Wilhelm Blos, il écrit qu’il éprouve une vive « aversion pour tous les cultes de la personnalité », tout comme son ami Friedrich Engels[2],[3].

La popularité nous importe peu. Pour preuve : mon aversion pour le culte de la personnalité était telle qu'à l'époque de l'Internationale, alors assailli de nombreuses tentatives – venues de divers pays – pour me rendre hommage publiquement, je n'en ai jamais permis la diffusion ni répondu, si ce n'est par un mépris occasionnel. (-Karl Marx, Lettre du 10 novembre 1877)

Ce point de vue correspond à la vision marxiste de l’histoire, le matérialisme historique, qui accorde à l'individu un rôle conditionné au processus historique et social. Friedrich Engels, dans une lettre du 30 fevrier 1897, disait également ceci sur la critique du culte de la personnalité :

Aussi bien Marx que moi-même, nous avons toujours été opposés à toutes les manifestations publiques à l'égard de personnes privées, à moins que ce soit le moyen d'atteindre un grand but; mais, plus que tout, nous sommes contre ce genre de démonstration qui se déroule du vivant des intéressés et ont nos personnes pour objet. Si j'avais pu savoir que l'on voulait me faire un tel honneur, je me serais empressé d'exprimer en temps voulu la demande la plus polie, mais la plus impérative, pour que les camarades du Club de chant veuillent renoncer à leur projet[3].

Karl Marx avait également déconseillé que l'on se réfère à son propre nom (ou à celui d'autres penseurs) dans les programmes politiques, par exemple dans le programme du nouveau parti socialiste anglais, où Marx dans sa lettre à Hyndman le [4] dit ceci : « Cependant, en dehors de vos raisons plutôt humoristiques, je suis décidément d'avis qu'en nommant Le Capital et son auteur, cela aurait été une grosse gaffe. Dans les programmes de partis, il faut tout éviter, qui laisse apparaitre une dépendance directe à tels auteurs ou à tels livres. »

Articles connexes

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Notes et références

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  1. Graeme Gill, « The Soviet Leader Cult: Reflections on the Structure of Leadership in the Soviet Union », British Journal of Political Science, 10, 1980 : 167.
  2. « Letters: Marx-Engels Correspondence 1877 », sur marxists.architexturez.net (consulté le )
  3. a et b « Marx-Engels : La social-démocratie allemande (IV.6) », sur www.marxists.org (consulté le )
  4. [vidéo] « Engels et la genèse du marxisme - par Maximilien Rubel », Négation Affirmation, , 15:57 min (consulté le )