Cryolipolyse

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La cryolipolyse est un traitement esthétique utilisé pour détruire les cellules graisseuses. Son principe repose sur une température de froid contrôlé de 5°C (instituts de beauté) à - 0°C (paramédicaux et médecins). Tous les appareils sont calibrés pour ne pas descendre sous - 10 °C, car une température trop basse risque d'endommager les autres cellules (nerveuses ou musculaires). Elle permet une réduction non invasive des amas de graisse localisés, dans le but de redessiner la silhouette. L’exposition au froid entraîne une cristallisation qui conduit à la mort des cellules graisseuses sous-cutanées (apoptose) sans pour autant endommager les autres cellules. La procédure est non-chirurgicale et constitue une alternative à la liposuccion. La cryolipolyse est une combinaison de la cryogénie et de la lipolyse.

En Asie, aux Etats-Unis et en Europe, les appareils de cryolipolyse ont été développés pour des cliniques esthétiques, des cabinets médicaux ou paramédicaux et des instituts de beauté.

Les preuves[modifier | modifier le code]

La cryolipolyse est utilisée pour éliminer les graisses localisées afin de redessiner la silhouette d’un patient[1]. Les résultats apparaissent au bout de trois à huit semaines environ.

Au cours des semaines qui suivront le traitement, le corps va naturellement éliminer les cellules adipeuses endommagées, ce qui permettra à la peau de se rétracter pour adopter de nouveaux contours plus minces et davantage dessinés correspondants à vos souhaits. [2]

Le traitement n’est applicable que pour les amas graisseux localisés : il est recommandé aux personnes ayant de petites rondeurs disgracieuses mais pas aux personnes en surpoids[3].

En Europe, une étude clinique a été menée sur 418 zones via 147 patients par le Dr. Mickaël Naouri, afin de valider l’efficacité de la cryolipolyse[4].

Les effets secondaires[modifier | modifier le code]

Des rougeurs locales transitoires sur la peau, une certaine douleur et une sensation d’engourdissement constituent des effets secondaires courants du traitement et sont amenés à disparaître[3]. Une étude concernant les effets sur les nerfs périphériques a été menée mais n’a mis en évidence aucun résultat préjudiciable permanent[5]. En revanche, en France, la Haute Autorité de santé a mené en 2018 une évaluation d'où il ressort que si « la plupart de ces effets indésirables disparaissent spontanément au bout de quelques jours ou quelques semaines, certains, plus rares sont durables (brûlures, hyperpigmentations, neuropathies sensorielles périphériques), voire irréversibles comme les hernies inguinales et les hyperplasies paradoxales (accroissement local du tissu adipeux) »[6]. Elle conclut que « la pratique de la cryolipolyse à visée esthétique présente une suspicion de danger grave pour la santé humaine en l’absence actuelle de mise en œuvre de mesures de protection de la santé des personnes » et préconise un encadrement renforcé des appareils et des opérateurs.

Recherche sur le mécanisme[modifier | modifier le code]

Les procédures de lipolyse essaient de « dissoudre » les cellules graisseuses par des moyens non chirurgicaux. Un certain nombre de méthodes a été essayé, incluant l’utilisation de lasers, d’ultrasons et de radiofréquence[7]. La panniculite « Popsicle » est un état dermatologique qui montre que l’exposition aux basses températures peut endommager sélectivement la graisse sous-cutanée tout en laissant la peau intacte[8],[9]. En partant du principe que les cellules graisseuses sont plus facilement ciblées et détruites par le froid que les cellules de la peau, la cryolipolyse a été développée pour appliquer de basses températures au tissu via la conduction thermique. Dans le but d’éviter des gelures, un niveau de température spécifique et l’exposition sont déterminés, le plus souvent pendant 60 minutes entre - 9°C et - 13°C[10].

Des études initiales pour établir des méthodes de cryolipolyse ont été effectuées sur des porcs[11],[12]. Il apparaît que le tissu adipeux qui est refroidi en-dessous de la température du corps subit une mort localisée des cellules. Elle est suivie d’une réponse inflammatoire locale appelée panniculite[11], qui, après plusieurs mois, résulte en une réduction de la couche du tissu adipeux[13]. Quand il est exposé au froid, la réponse habituelle du corps est de restreindre la circulation pour garder la partie centrale du corps à une température correcte.

Coût et temps de traitement[modifier | modifier le code]

Le coût pour un traitement varie selon la zone. Le prix aux USA s’étend de $750 à $1500[14]. En Europe le prix moyen d’une séance est d’environ 150 € (instituts de beauté et paramédicaux) et de 600 € (médecins esthétiques) par zone ou pour 2 zones à traiter. Le temps de traitement est en général de 60 minutes. Certains dispositifs de cryolipolyse disposent d’une paire de cryodes qui peuvent être utilisées simultanément, réduisant le temps de traitement global par le traitement de zones correspondantes, telles que les côtés de l’abdomen, le derrière des jambes, et les flancs.

Conseils post-traitement[modifier | modifier le code]

Suite à son traitement de cryolipolyse, le patient doit veiller à bien s’hydrater (8 à 10 verres par jour) et à avoir une bonne hygiène de vie, notamment d’un point de vue nutritionnel.

Il est également fortement conseillé de faire de l’exercice physique quotidiennement (30 minutes de marche par jour au minimum).

Il s’agit pour le patient d’éviter la consommation d’alcool ou de café, le système lymphatique procédant à un drainage.

Il est enfin préconisé d’associer le traitement de cryolipolyse à des traitements types drainage lymphatique, massage drainant et crèmes anti-cellulites.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ingargiola, MJ.; Motakef, S.; Chung, MT.; Vasconez, HC.; Sasaki, GH. (June 2015). "Cryolipolysis for fat reduction and body contouring: safety and efficacy of current treatment paradigms". Plastic and Reconstructive Surgery. 135 (6): 1581–90. PMC 4444424 Freely accessible. PMID 26017594. doi:10.1097/PRS.0000000000001236.
  2. « Centre de Cryolipolyse - CSHP », CSHP Paris,‎ (lire en ligne)
  3. a et b Nelson, AA; Wasserman, D; Avram, MM (2009). "Cryolipolysis for reduction of excess adipose tissue". Seminars in Cutaneous Medicine and Surgery. 28 (4): 244–9. PMID 20123423. doi:10.1016/j.sder.2009.11.004.
  4. (en-US) Michaël Naouri, « M. Fat Removal Using a French Cryolipolysis Device: Retrospective Study of 418 Treatments. Centre Laser, 94130 Nogent sur Marne, France. 2016. »
  5. Coleman, SR; Sachdeva, K; Egbert, BM; Preciado, J; et al. (2009). "Clinical efficacy of noninvasive cryolipolysis and its effects on peripheral nerves" (PDF). Aesthetic Plastic Surgery. 33 (4): 482–8. PMID 19296153. doi:10.1007/s00266-008-9286-8./>
  6. Brève presse de la Haute Autorité de santé (27 septembre 2018). "Cryolipolyse à visée esthétique : la HAS préconise un encadrement renforcé"
  7. Krueger N, Mai SV, Luebberding S, Sadick NS (26 June 2014). "Cryolipolysis for noninvasive body contouring: clinical efficacy and patient satisfaction.". Clin Cosmet Investig Dermatol. 7: 201–5. PMC 4079633 Freely accessible. PMID 25061326. doi:10.2147/CCID.S44371.
  8. Ingargiola, MJ.; Motakef, S.; Chung, MT.; Vasconez, HC.; Sasaki, GH. (June 2015). "Cryolipolysis for fat reduction and body contouring: safety and efficacy of current treatment paradigms". Plastic and Reconstructive Surgery. 135 (6): 1581–90. PMC 4444424 Freely accessible. PMID 26017594. doi:10.1097/PRS.0000000000001236.
  9. Avram, MM; Harry, RS (2009). "Cryolipolysis for subcutaneous fat layer reduction". Lasers in Surgery and Medicine. 41 (10): 703–8. PMID 20014262. doi:10.1002/lsm.20864.
  10. Meyer, Patricia Froes et al. (2016). "Effects of Cryolipolysis on Abdominal Adiposity". Case Reports in Dermatological Medicine. doi:10.1155/2016/6052194.
  11. a et b Manstein, D; Laubach, H; Watanabe, K; Farinelli, W; et al. (2008). "Selective cryolysis: A novel method of non-invasive fat removal". Lasers in Surgery and Medicine. 40 (9): 595–604. PMID 18951424. doi:10.1002/lsm.20719
  12. Zelickson, B; Egbert, BM; Preciado, J; Allison, J; et al. (2009). "Cryolipolysis for noninvasive fat cell destruction: Initial results from a pig model". Dermatologic Surgery. 35 (10): 1462–70. PMID 19614940. doi:10.1111/j.1524-4725.2009.01259.x
  13. Coleman, SR; Sachdeva, K; Egbert, BM; Preciado, J; et al. (2009). "Clinical efficacy of noninvasive cryolipolysis and its effects on peripheral nerves" (PDF). Aesthetic Plastic Surgery. 33 (4): 482–8. PMID 19296153. doi:10.1007/s00266-008-9286-8.
  14. "Can you freeze your fat away?". 24 December 2015. Retrieved 25 August 2016