Cryonie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Cryogénisation)
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Ne doit pas être confondu avec la cryogénie.

La cryonie ou cryogénisation (du grec κρύος kryos signifiant 'froid'), est un procédé de cryoconservation (conservation à très basse température usuellement −196 °C) de tout ou parties d'êtres vivants dans l'espoir de les ramener à la vie par la suite lorsque les avancées scientifiques seront suffisantes[1]. Elle pourrait permettre dans le cas d'un patient souffrant d'une maladie incurable avec nos moyens médicaux actuels d'attendre qu'un traitement de sa maladie soit éventuellement développé dans un avenir lointain, ou encore permettre une meilleure conservation des organes facilitant leur transplantation.

Actuellement, le procédé n'est pas réversible[2], du fait de la toxicité des cryoconservateurs et de l'impossibilité de refroidir un corps entier à de telles températures sans sévèrement l'endommager, en effet il n'est actuellement pas possible de conserver sans les endommager plus de quelques cellules à de telles températures[3]. Mais les cryonistes espèrent que les avancées médicales permettront un jour de faire revenir à la vie des personnes cryogénisées; plusieurs stratégies ont actuellement été envisagées sans pour autant être possible à l'heure actuelle[4].

La cryogénisation est vue avec scepticisme par la communauté scientifique et n'est pas reconnue par le corps médical. En effet, l'efficacité même du processus actuel de cryonie et la possibilité de son inversion même en utilisant des technologies suffisamment poussées est remise en cause.

Une partie de la théorie de la cryogénisation repose sur le concept de mort informationnelle, selon laquelle ce qui fait l'individualité d'une personne est codée dans son cerveau et qu'il est possible de faire revivre un individu tant que la mort informationnelle n'est pas advenue[5]. Ce concept n'est pas reconnu par la communauté des médecins[6].

Aux États-Unis, la cryogénisation ne peut être pratiquée qu'après la mort légale du patient, officiellement les individus cryogénisés sont donc considérés comme morts. La cryogénisation doit s'effectuer peu de temps après la mort légale du patient[7]. En France, il est en pratique interdit de se faire cryogéniser.

La première personne à être officiellement cryogénisée fut James Bedford en 1967[8]. En 2014, plus de 250 personnes étaient cryogénisées aux États-Unis et 1500 personnes avaient prévu de se faire cryogéniser après leur mort[9].

Le patient cryonisé le plus célèbre est probablement le joueur de baseball Ted Williams[10]. La rumeur disant que Walt Disney serait cryonisé est fausse, celui-ci ayant été incinéré et ses cendres placées au Forest Lawn Memorial Park Cemetery à Los Angeles[11]. Robert Heinlein, qui était un enthousiaste du concept, fut également incinéré et ses cendres dispersées dans l'océan Pacifique. Timothy Leary, un partisan de longue date de la cryonie, entreprit des démarches pour se faire cryoniser, mais changea d'avis peu avant sa mort.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1962, le professeur Robert Ettinger publie le premier ouvrage sur la cryogenisation, The Prospect of Immortality ("La perspective de l'immortalité")[12]. Selon lui, la cryogénie permettrait à des malades d'attendre des avancées médicales suffisantes leur permettant d'être soignés. Il affirma que le processus de cryogénisation pourrait être inversé dans le futur. En 1976, Ettinger fonda Cryonics Institute, entreprise spécialisée dans le domaine de la cryonie[13].

En 1967, l'universitaire et médecin américain James Bedford est la première personne à avoir été cryonisée. En 1972, est créée l'entreprise Alcor LEF[14], entreprise américaine de cryonie, c'est dans ses locaux qu'est conservé le corps de James Bedford.

Dans les années 1970, la Cryonics Society of California, dirigée par Robert Nelson, arriva à court d'argent, ne pouvant maintenir ses patients sous cryogénie, Nelson fut poursuivi pour avoir laissé se décomposer neuf cadavres[15].

En 1971, D.R.Uhlmann étudie la vitrification de l'eau[16]. En 1984, Jacques Dubochet et J.Lepault mettent au point une méthode efficace de vitrification des cellules[17].

En 2003, est créée l'entreprise KrioRus, entreprise russe de cryonie[18].

En 2017, Jacques Dubochet, Joachim Frank et Richard Henderson reçoivent le prix Nobel de chimie pour leurs travaux sur la microscopie cryo-électronique permettant d'observer des cellules en les vitrifiant[19],[20].

Aspects biophysiques[modifier | modifier le code]

Endommagement des cellules lors de la congélation[modifier | modifier le code]

La cryonie a traditionnellement été écartée par la cryobiologie. En effet, lors du procédé de congélation des cristaux de glace se créent endommageant les cellules et structures cellulaires. Il est donc considéré en cryobiologie que ces dommages détruisent les cellules.

Les cryonistes ont longtemps soutenu que la portée de ces dégâts avait été grandement exagérée par leurs adversaires et supposent qu'en injectant dans le corps des cryoconservateurs chimiques (dans le passé du glycérol), il devrait être possible d'inhiber la germination et la croissance des cristaux de glace.

Vitrification[modifier | modifier le code]

La vitrification est la transformation d'une substance en verre. L'eau vitrifiée est un état de l'eau caractérisé par l'absence de structure, les molécules ne se réarrangent pas comme dans le cas de la glace. Dans le cas de cellule, la vitrification de l'eau permet de les refroidir sans créer de cristaux de glace limitant ainsi les dommages qui leur sont infligés lors du refroidissement. La température à partir de laquelle l'eau atteint un état vitreux est appelé température de transition vitreuse (Tg). Cependant un tel état est difficile à obtenir car dans des conditions normales l'eau en se refroidissant se transformera en glace, pour utiliser cet état bien particulier de l'eau, il est ainsi nécessaire d'utiliser une procédure particulière.

D'après D.R. Uhlmann, afin de vitrifier une épaisseur d'un micron d'eau, il faut refroidir le liquide à une température de 107 K/s[16]. Une telle vitesse de refroidissement est complexe à atteindre même dans le cas d'une unique cellule, une procédure a cependant été développée dans les années 1980 permettant de vitrifier une cellule[17]. Cette procédure nécessite une épaisseur assez faible de matériel biologique et peut échouer, ce qui rend difficile son utilisation pour la vitrification d'un organe voire d'un corps entier. D'après Jacques Dubochet, prix nobel de chimie 2017, "L’eau reste un grand mystère. Lorsque l’on comprendra ce qu’est la nature de notre eau vitrifiée, on aura fait de grands progrès en biologie, et on assistera sans doute à de nouveaux Prix Nobel."[20]

Au contraire, selon les cryonistes (thanatopracteurs exerçant dans les instituts tel que KrioRus, Alcor LEF (en) ou Cryonics Institute), les cryobiologistes Greg Fahy et Brian Wowk, de Twenty-First Century Medicine entreprise spécialisée dans la cryoconservation, auraient élaboré des cryoconservateurs permettant la vitrification de corps humains, aboutissant ainsi à la quasi-disparition de la formation de cristaux de glace dans le cerveau[réf. nécessaire]. Une autre solution vitrifiante, le CI-VM-1, aurait été élaborée par le Dr Yuri Pichugin, un chercheur ukrainien du Cryonics Institute, qui couplée à un système réfrigérant assisté par ordinateur permettant de s'assurer que le taux de refroidissement soit élevé au-dessus de Tg et faible en dessous, permettrait de réduire la création de fissures qui pourraient se produire à cause des contraintes thermiques.

Il existe cependant deux obstacles à l'utilisation de cryoconservateurs. D'une part, si l'irrigation du cerveau venait à être compromise, les produits conservateurs ne seraient plus capables d'atteindre toutes les zones, ce qui conduirait à la formation de glace pendant le refroidissement ou le réchauffement. Certaines stratégies ont été développées par les cryonistes : réparer les dommages dus au refroidissement avant de réchauffer le cerveau, atténuer les dommages lors du réchauffement par l'ajout de cryoconservateurs lors de l'état solide, ou améliorer les procédés de décongélation. D'autre part les cryoconservateurs utilisés sont toxiques, c'est d'après les cryonistes ce qui empêche la résurrection de corps vitrifiés. Là encore certaines stratégies sont envisagées en espérant dépasser cette limitation, comme réparer ou remplacer les protéines détruites par les cryoconservateurs.

Mort des organes et ischémie[modifier | modifier le code]

Un argument souvent opposé aux cryonistes est la difficulté de cryogéniser des organes morts, pour lesquels les cryoconservateurs auraient du mal à atteindre la majorité des cellules. Cependant, les cryonistes rejettent cette thèse, avançant que tant que l'opération de cryoconservation a commencé immédiatement après le constat de mort, les organes individuels, et peut-être même tout le corps du patient, restaient encore biologiquement vivants, et que la vitrification, notamment celle du cerveau, était d'ores et déjà faisable. C'est pourquoi il est nécessaire de cryogéniser rapidement un corps après sa mort[7].

Les opérations cryoniques ne peuvent pas être entreprises avant que la mort légale n'ait été déclarée (après constat de mort cérébrale, l'arrêt cardio-circulatoire n'étant pas suffisant). Mais avec l'arrêt du cœur, le flot sanguin s'interrompt et l'endommagement ischémique survient : privés d'apport en oxygène et en nutriments, les cellules, les tissus et les organes commencent à se détériorer. Si le cœur redémarre après un délai trop long d'inactivité, l'oxygène réintroduit peut causer encore plus d'endommagement à cause des contraintes oxydatives, connues sous le nom de lésions de reperfusion. Les cryonistes tentent de minimiser les lésions de reperfusion et ischémiques en refroidissant le corps et en le plaçant sous support cardio-respiratoire dès l'annonce de la mort. Des produits anticoagulants, comme l'héparine, et des antioxydants peuvent également être injectés. Ainsi les personnes souhaitant être cryogéniser portent un bracelet ou un collier qui décrit les « premiers soins » en cas de mort subite ou accidentelle. « Ne pas autopsier, ne pas embaumer, injecter 50,000 unités d'héparine IV (un puissant anticoagulant) ». Le corps est ensuite placé en suspension cryonique dans une sorte de sac de couchage inséré dans une boîte spécialement conçue, soumise à des vapeurs de glace sèche qui abaissent sa température jusqu’à – 40 °C. Enfin la boîte est immergée durant dans un conteneur d’azote liquide à – 196 °C[21].

Résurrection[modifier | modifier le code]

La résurrection nécessite la réparation des dommages dus au manque d'oxygène, à la toxicité des cryoconservateurs, aux contraintes thermiques, et aux cristaux de glace formés dans les tissus qui n'auront pas pu se vitrifier avec succès, il est donc impossible actuellement de ressusciter des corps cryogénisés.

Les cryonistes pour y parvenir envisagent généralement l'utilisation d'organismes ou de machines microscopiques qui pourraient restaurer les structures cellulaires, si possible avant même de réchauffer le corps. Le transfert d'esprit a également été suggéré comme approche, dans le cas où la technologie qui serait capable de scanner la mémoire d'un cerveau préservé verrait le jour. De plus si les technologies permettant de régénérer n'importe quelle partie du corps endommagée venaient à être développées, la survie dépendrait alors de la conservation de l'information dans le cerveau, qui doit pouvoir être suffisamment bien conservé pour permettre de restaurer l'identité du patient, ce qui ferait de l'amnésie l'ultime frontière entre la vie et la mort.

Neuroconservation[modifier | modifier le code]

La neuroconservation est la cryoconservation du cerveau, généralement tête comprise, en séparant chirurgicalement au préalable celle-ci du reste du corps. Elle est l'un des deux choix proposés aux patients, l'autre impliquant la conservation du corps entier.

La neuroconservation repose sur le fait que le cerveau est le principal réceptacle de la mémoire et de l'identité. En outre, elle est également justifiée par l'idée que si la technologie du futur était capable de réparer les dégâts de la cryonie et d'inverser le procédé, elle serait aussi probablement capable de régénérer le reste du corps autour d'un simple cerveau. Il a également été suggéré que la résurrection impliquerait probablement de se débarrasser du reste du corps, trop endommagé par le procédé, car il serait probablement plus simple d'en générer un nouveau plutôt que d'en réparer les dégâts. En outre, ces considérations s'alignent sur la diminution des coûts de conservation, une facilité accrue de transport et de stockage, ainsi qu'une qualité accrue de la conservation d'un seul organe au lieu de tout le corps.

Les avantages et inconvénients de la neuroconservation sont toujours vivement débattus au sein même des partisans de la cryonie. Ceux qui s'y opposent soutiennent l'hypothèse que le corps est en lui-même une chronique de la vie du patient, qui inclut également l'apprentissage de la motricité. Bien que peu de cryonistes croient qu'un neuro ramené à la vie puisse toujours être la même personne, il y eut des débats autour de la question de savoir jusqu'à quel point un patient pouvait ressentir une différence dans un corps régénéré par rapport à l'"original". C'est en partie pour ces raisons et pour courir le moins de risque possible au patient, que le Cryonics Institute ne garde que des corps entiers. Si certains défenseurs de la neuroconservation comprennent ces considérations, ils pensent aussi que la diminution des coûts alliée à une meilleure conservation du cerveau devait justifier la conservation de celui-ci seul. Environ les trois-quarts des patients d'Alcor sont dans ce cas.

Les cryonistes tendent à exclure le clonage, considérée comme trop primitive et probablement obsolète longtemps avant qu'il ne soit possible d'inverser la cryonisation. De même, bien que le neurochirurgien Robert J White ait prouvé que les transplantations de corps étaient possibles pour des primates, celle-ci est écartée au profit de la régénération des tissus, qui est perçue comme la méthode la plus élégante de la médecine future en tant que solution à la neuroconservation, ainsi que pour d'autres pathologies.

Aspects légaux[modifier | modifier le code]

En France, la cryonie est considérée comme un mode de sépulture et non comme un traitement médical. À ce titre, elle n'est pas tolérée car contrevenant à l'ordre public au même titre que l'embaumement (Conseil d'État, 6 janvier 2006, Martinot)[22]. Bien que la loi du 15 novembre 1887 donne le droit à chacun d'organiser comme il le souhaite ses propres funérailles, en pratique seules l'inhumation, la crémationou le don du corps à la science sont autorisés[23]. Au Canada, dans la province de la Colombie-Britannique, la promotion de la cryonie est interdite, mais pas comme choix de fin de vie. Aux États-Unis, cette pratique est autorisée et est principalement délivrée par les entreprises Crionics Instituts et Alcor. Elle est également autorisée en Chine. Légalement, la cryonie n'est pas autorisée en Angleterre. Mais en 2016, une jeune fille de 14 ans atteinte d'un cancer incurable a été autorisée à quitter son pays pour être cryogénisée aux États-Unis[24].

Questions financières[modifier | modifier le code]

Le coût de la cryonie varie fortement, allant de 26 000 à 33 000 $US pour la conservation d'un corps entier chez Cryonics Institute, 75 000$ pour une neuroconservation et 188 000$ pour la cryoconservation de tout le corps chez Alcor ou la American Cryonics Society. Depuis janvier 2015 au Québec, l'un des plus grands centres funéraires du Canada, le Groupe Magnus Poirier, offre désormais la possibilité de récupérer le corps du défunt et d'effectuer la procédure d'enlever le sang et de perfuser le patient avec le CI-VM-1[25]. Le coût varie entre 3000 et 5 000 $CDN. Par la suite, le patient est envoyé aux installations de Cryonics Institute par avion, dans un caisson adapté. En Russie, les tarifs de KrioRus se montent au moins à 26 000$, le chiffre exact n'étant pas clair[26].

Il peut également exister des procédures de remboursement dans le cas où le client décide de ne plus se faire cryogéniser.

Pour les partisans de la cryonie, le coût de cette opération est justifié car il permet aux humains de virtuellement rester en vie au lieu de mourir.

Conséquences sociales[modifier | modifier le code]

Au-delà des aspects scientifiques et de possibilité ou d'impossibilité d'obtention des résultats souhaités par les adeptes de cette technique, la cryonie soulève de nombreuses questions. Elle remet en effet en cause la notion même de mort et de cadavre.

La manipulation des cadavres nécessaire à la cryonie va à l'encontre de valeurs importantes de nombreuses sociétés telles le respect des morts au nom duquel la cryogénisation est interdite en France (Conseil d'État, arrêt cité ci-dessus).

De plus, le concept de cryonie fait passer la mort d'un état permanent à un état transitoire, certains cryonistes préfèrent ainsi parler de «patients» plutôt que de morts. Les partisans de la cryonie rejettent généralement la notion de « ressusciter les morts » et prônent plutôt la cryonie comme une procédure médicale expérimentale permettant entre autres de garder en vie les plus grands personnages historiques et intellectuels du monde.

Emerge également la question de savoir si la société à venir aura intérêt à s'occuper ou à ressusciter des morts [27].

Éthique médicale[modifier | modifier le code]

La cryonie est basée sur la croyance que la mort est un processus pouvant être inversé en s'y prenant dans les minutes, voire les heures suivant la mort clinique. Si la mort ne peut être considérée comme un événement instantané survenant dès l'arrêt du cœur, cela soulève la question de ce que peut être la mort. En effet, depuis l'invention des procédures de réanimation modernes, le critère juridique de la mort n'est plus l'arrêt cardio-circulatoire, mais, en conformité avec les préconisations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la mort cérébrale.

En 2005, eut lieu un débat sur l'éthique dans le journal médical Critical Care, qui publia que ... « peu, sinon aucun des patients dont le décès est prononcé par des médecins d'aujourd'hui ne sont vraiment morts en prenant en compte des critères scientifiques rigoureux. »[réf. souhaitée]. Le philosophe Max More suggéra une distinction entre la mort associée aux circonstances et l'intention, par opposition à la mort en tant que phénomène irréversible[réf. souhaitée]. Le bioéthiste James Hughes écrivit que l'on accorderait de plus en plus de droits aux patients cryonisés au fur et à mesure qu'on s'approcherait du but, tout en remarquant qu'il y a eu des cas où la mort légale a été remise en question par la découverte de personnes disparues présumées mortes[réf. souhaitée].

D'après ses partisans, la cryonie est perçue comme une anticipation scientifique ; la mort légale n'étant qu'un mécanisme la déclenchant, il serait possible de la considérer comme un long coma au pronostic incertain.

Éthique scientifique[modifier | modifier le code]

Bien que la cryonie de cellules soit énormément étudiée et que de nombreux articles scientifiques y fassent référence, en raison de son intérêt en microscopie, la cryonie humaine est un sujet bien plus polémique. En effet la plupart des recherches menées sur le sujet sont effectuées par les trois plus grosses entreprises de cryonie, Alcor, Cryonics Institute et KryoRus et ne sont que rarement publiées dans des revues scientifiques prestigieuses[28]. Dès lors il est possible de remettre en cause l'objectivité de ces recherches et il convient de rester prudent vis-à-vis des progrès annoncés par ces entreprises en profond décalage avec les recherches poursuivies sur la vitrification des cellules.

À l'inverse, le scepticisme de la communauté scientifique à l'égard de la cryonie limite son étude par des scientifiques n'étant pas liés à des entreprises spécialisées dans le domaine.

Religion[modifier | modifier le code]

Dans les religions monothéistes, la résurrection y est généralement considérée comme impossible en raison de la perte de l'âme. Ainsi Dieu seul a le pouvoir de ressusciter les morts, car il est le seul à pouvoir rendre son âme à un corps.

Les partisans de la cryonie objectent que le rejet théologique de faire revivre par cryonie du fait que celle-ci serait un rite funéraire n'est que sophisme : car, si c'était le cas, cela impliquerait que la résurrection par cryonie est nécessairement impossible, ce qui est impossible à démontrer, tandis que démontrer qu'il est possible de les ramener à la vie validera le point de vue que les patients cryonisés peuvent être guéris et ne sont donc pas morts.

Alcor fit publier une défense chrétienne vigoureuse de la cryonie, incluant des extraits d'un sermon du révérend luthérien Kay Glaesner[réf. souhaitée]. Le chrétien apologiste John Warwick Montgomery prit également la défense de la cryonie[réf. souhaitée].

Fictions et documentaires[modifier | modifier le code]

La cryonie est couramment utilisée dans les œuvres de science-fiction pour maintenir en vie les astronautes pendant un très long vol spatial.

Littérature[modifier | modifier le code]

Dans le roman Jack Barron et l'Éternité de Norman Spinrad, l'un des protaganistes dirige une Fondation pour l'Immortalité Humaine et propose de cryogéniser des patients en attendant que la science découvre le secret de l'immortalité.

Le roman L'Horizon à l'envers de Marc Levy, sorti en , est basé sur une histoire vraie d'une jeune femme atteinte d'une maladie incurable et qui opte pour la cryogénisation.

Le roman Zéro K de Don DeLillo paru en 2016 est l'histoire d'un millionnaire qui fait appel à la cryonie pour son épouse atteinte d'une maladie incurable.

Films et jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Documentaires et reportages[modifier | modifier le code]

  • François Paradis (2009) avec François Paradis. Émission d`information hebdomadaire qui porte le nom de l'animateur Canadien avec comme sujet le 5 novembre 2009, la cryogénisation (cryonie).
  • Avenirs Possibles (2009) avec Chantal Lamarre. Épisode documentaire sur la cryogénisation, l`immortalité possible et les avancements technologiques. Cette émission fût diffusée le 6 novembre 2009 à Télé-Québec et sur TV5 Canada.
  • Les Francs-Tireurs (2015) avec Benoît Dutrizac. Reportage télé qui démasque les tabous, explore de nouveaux courants, fouille des cas insolites et scrute les dossiers chauds à la loupe. Épisode 432 consacré à la cryonie, Benoit Dutrizac visite les installations du Cryonics Institute, en banlieue de Detroit au Michigan. C’est là que reposent une centaine de « patients », tous congelés après leur mort dans l’espoir de revenir à la vie grâce aux progrès de la science.
  • Radio X (2015) avec Fred Gagné & Simon Tremblay. Émission d'information hebdomadaire à la radio Québécoise (Saguenay) avec comme sujet le 13 janvier 2015, la cryogénisation (cryonie).
  • Denis Levesque (2015) avec Denis Lévesque. Émission d`information hebdomadaire qui porte le nom de l'animateur Canadien avec comme sujet le 19 janvier 2015, la cryogénisation (cryonie).
  • Télématin (17 octobre 2015) avec William Leymergie. Segment sur la cryonie (cryogénisation), du Cryonics Institute et d'Organovo avec la participation du journaliste Jacques Cardoze.
  • Radio X (2016) avec Richard Martineau. Émission d'information hebdomadaire à la radio Québécoise qui porte le nom de l'animateur Canadien avec comme sujet le 22 janvier 2016, la cryogénisation (cryonie).
  • Radio X (2016) avec Richard Martineau. Émission d'information hebdomadaire à la radio Québécoise qui porte le nom de l'animateur Canadien avec comme sujet le 18 novembre 2016, la cryogénisation (cryonie).
  • France Culture (2016) avec Xavier Martinet. Émission d'information sur la science qui porte le nom, La Méthode Scientifique. Sujet du 24 novembre 2016, un segment sur la cryogénisation, le Cryonics Institute et la jeune Anglaise de 14 ans qui a reçu l'autorisation de la Haute Cour de Londres d'être préservée suite à un litige qui opposait les parents de l'adolescente.
  • Denis Levesque (2016) avec Denis Lévesque. Émission d'information hebdomadaire qui porte le nom de l'animateur Canadien avec comme sujet le 21 novembre 2016, la cryogénisation (cryonie).
  • Ici Radio-Canada (2016) avec Daniel Blanchette-Pelletier. Émission d'information diffusée sur Radio-Canada disponible partout dans le monde. Sujet du 24 novembre 2016, un segment sur la cryogénisation, le Cryonics Institute et la jeune Anglaise de 14 ans qui a reçu l'autorisation de la Haute Cour de Londres d'être préservée suite à un litige qui opposait les parents de l'adolescente.
  • Les Québécois Magali et Stephan Beauregard, membres en règle de Cryonics Institute, ont fait depuis 2005 et font toujours en 2016 de nombreux reportages radios et télévisions concernant la cryonie autant en France qu'au Canada.

Stephan Beauregard a été élu comme nouveau directeur du Cryonics Institute, au Michigan, le 9 septembre 2014. Il devient le second Canadien à être nommé à cette fonction après Benjamin Best.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Robin McKie, « Robin McKie: Cold facts about cryonics », sur the Guardian, (consulté le 6 avril 2018)
  2. (en) Elizabeth Day, « Dying is the last thing anyone wants to do – so keep cool and carry on », sur the Guardian, (consulté le 6 avril 2018)
  3. « La cryogénisation, de la science à la science-fiction », HuffPost Québec,‎ (lire en ligne)
  4. (en-GB) « Frequently Asked Questions | Cryonics Institute », sur www.cryonics.org (consulté le 5 avril 2018)
  5. (en) R.C. Merkle, « The technical feasibility of cryonics », Medical Hypotheses, vol. 39, no 1,‎ , p. 6–16 (DOI 10.1016/0306-9877(92)90133-w, lire en ligne)
  6. (en) Brian Wowk, « The future of death », Journal of Critical Care, vol. 29, no 6,‎ , p. 1111–1113 (DOI 10.1016/j.jcrc.2014.08.006, lire en ligne)
  7. a et b (en-GB) « Emergency Situations | Cryonics Institute », sur www.cryonics.org (consulté le 5 avril 2018)
  8. « GALEN PRESS Medical Book Extras SOULS ON ICE », sur www.galenpress.com (consulté le 6 avril 2018)
  9. (en) Ole Martin Moen, « The case for cryonics », Journal of Medical Ethics, vol. 41, no 8,‎ , p. 677–681 (ISSN 0306-6800 et 1473-4257, PMID 25717141, DOI 10.1136/medethics-2015-102715, lire en ligne)
  10. http://www.cryonics.org/ted.html
  11. (en) Jeff Davis « Walt Disney Dies » Los Angeles Herald-Examiner, 15 décembre 1966, p. 1.
  12. Robert CW Ettinger, The Prospect of Immortality, Doubleday, (ISBN 0-9743472-3-X, lire en ligne)
  13. (en-GB) « History/Timeline | Cryonics Institute », sur www.cryonics.org (consulté le 5 avril 2018)
  14. « Cryonics: Alcor Life Extension Foundation », sur www.alcor.org (consulté le 5 avril 2018)
  15. (en-GB) Courtney Weaver, « Inside the weird world of cryonics », sur Financial Times, (consulté le 6 avril 2018)
  16. a et b (en) « A kinetic treatment of glass formation », Journal of Non-Crystalline Solids, vol. 7, no 4,‎ , p. 337–348 (ISSN 0022-3093, DOI 10.1016/0022-3093(72)90269-4, lire en ligne)
  17. a et b (en) « CRYO-ELECTRON MICROSCOPY OF VITRIFIED WATER »
  18. (en) « KrioRus | the first cryonics company in Eurasia », sur kriorus.ru (consulté le 5 avril 2018)
  19. « The 2017 Nobel Prize in Chemistry - Press Release », sur www.nobelprize.org (consulté le 5 avril 2018)
  20. a et b « Le Nobel de chimie au Vaudois qui a révélé l’invisible », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  21. Jean-Pierre Bois, Le Mythe de Mathusalem, Fayard, , p. 75
  22. « Corps congelés : jugement le 13 mars », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  23. Loi du 15 novembre 1887 sur la liberté des funérailles. (lire en ligne)
  24. « La justice britannique permet la cryogénisation d'une jeune fille de 14 ans », LExpress.fr,‎ (lire en ligne)
  25. http://www.cryonics.org/resources/ci-vm-1-formula
  26. « Coût, température, légalité... La cryogénisation, mode d'emploi », LExpress.fr,‎ (lire en ligne)
  27. Voir par exemple Alain Damasio: «Qui bénéficiera de la biogénétique? Les dictateurs, les fous de pouvoir, les milliardaires tordus, les maniaques de l'ego», in Demain, serons-nous très humains plutôt que transhumains?, dialogue entre Alain Damasio et Michel Lévy-Provençal, Huffington Post, 5 avril 2015
  28. « 21st Century Medecine Publications », sur www.21cmpublications.com (consulté le 5 avril 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]