Cruralgie

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La cruralgie ou névralgie crurale est une douleur de la face antérieure du membre inférieur, causée par une irritation ou une compression du nerf fémoral (anciennement nerf crural) ou d'une de ses racines (L3 ou L4).

La douleur part du bas du dos et descend devant la cuisse, jusqu'au genou, jusqu'à la face interne de la jambe (cruris en latin), voire jusqu'au creux plantaire. La douleur, de type névralgique, est due à des lésions axonales (axonotmèse), tronculaires (neurotmèse) ou rachidiennes, l'irritation d'une des racines comprimant le nerf crural (maintenant appelé nerf fémoral), au niveau de L3 (entre L1, L2, L3, L4, voire S1 selon les auteurs d'anatomie). Selon la racine irritée, le trajet de la douleur sera différent.

La physiopathologie, la prise en charge et l'évolution de la névralgie crurale sont relativement similaires à ce que l'on retrouve dans la sciatique. Les névralgies crurales d'étiologie périphérique se traitent efficacement par la rééducation sensitive de la douleur[1],[2].

Il ne faut pas la confondre avec la sciatique qui est causée par le nerf sciatique et dont le trajet douloureux se situe grossièrement soit sur la face latérale du membre inférieur (L5) soit sur sa face postérieure (S1)

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

C'est habituellement un sujet âgé de 50 à 60 ans, qui est sujet à la cruralgie[3].

Physiopathologie[modifier | modifier le code]

Origine du nerf fémoral.
Rapports du nerf fémoral au niveau abdominopelvien.

Les causes sont les mêmes que pour la sciatique :

ou peuvent être plus locales :

  • Hématome du psoas (sous anticoagulant)

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Signes fonctionnels[modifier | modifier le code]

  • Douleurs intermittentes, à la face extérieure de la hanche, au niveau de l'aine et sur le devant de la cuisse.
  • Majorées lors des efforts de toux ou à la défécation.
  • Calmées par le repos en position allongée ou debout
  • Déclenchées par la position assise (notamment en voiture)
  • Pour les hommes une douleur au toucher du testicule, voire un gonflement de celui-ci.
  • Accompagnées d'un cortège de symptômes tel des paresthésies, une allodynie ou une anesthésie

Examen clinique[modifier | modifier le code]

Le signe de Lasègue inversé ou aussi appelé « signe de Leri » est positif : à plat ventre, l'extension forcée en arrière de la jambe réveille la douleur.

Elle est aussi réveillée par l'extension de la cuisse genou fléchi (signe du crural).

Examens complémentaires[modifier | modifier le code]

Le scanner ou l'IRM du rachis lombaire apportent des renseignements d'ordre topographique et permettent d'apprécier le degré de compression des racines nerveuses.

Prise en charge[modifier | modifier le code]

Les traitements sont les mêmes que ceux de la sciatique.

Évolution et complications[modifier | modifier le code]

signe de gravité : cruralgie paralysante, cruralgie hyperalgique.

Prévention[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mathis F, Degrange B, Desfoux N, Sprumont P, Hecker E, Rossier Ph. & Spicher CJ. « Diminution des douleurs neuropathiques périphériques par la rééducation sensitive » Rev Med Suisse 2007;3(135):2745-8.
  2. Spicher CJ, Buchet N, Quintal, I Sprumont P. Atlas des territoires cutanés pour le diagnostic des douleurs neuropathiques, (3e édition) Sauramps Médical, 2017. (ISBN 9791030300925)
  3. Collège français des enseignants en rhumatologie (COFER), Radiculalgie et syndrome canalaire : Particularités des lombocruralgies, sur campus.cerimes.fr