Croisade norvégienne

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Croisade norvégienne
Description de cette image, également commentée ci-après
Route empruntée par Sigurd Ier de Norvège jusqu'à Jérusalem et Constantinople (en rouge) et retour à la Norvège (en vert), selon Heimskringla.
Informations générales
Date 1107-1110
Lieu Péninsule Ibérique, Îles Baléares, Palestine
Casus belli Aider les chrétiens dans le conflit contre les musulmans
Issue Victoire décisive de la Norvège
Changements territoriaux le Comté de Sidon est créé
Belligérants
Monde chrétien

Royal Standard of Norway.svg Royaume de Norvège

Vexillum Regni Hierosolymae.svg Royaume de Jérusalem
Drapeau de la République de Venise République de Venise
Sarrasins

Flag of Morocco 1147 1269.svg Almoravides


Pirates


Rectangular green flag.svg Fatimides
Commandants
Royal Standard of Norway.svg Sigurd Ier de Norvège

Armoiries de Jérusalem.svg Baudouin Ier de Jérusalem

Ordelafo Faliero
Forces en présence
Norvégiens:
~ 5,000 hommes, 60 galères
Inconnu
Pertes
InconnuDans la péninsule Ibérique, deux villes ont été détruites, et beaucoup de gens ont été tués dans d'autres lieux.

Période intermédiaire post-Première croisade

Batailles

Arsouf · Mélitène · Croisades de secours · Ramla (1er) · Ramla (2e) · Tripoli · Harran · Artah · Ramla (3e) · Croisade norvégienne · Sidon · Champ du Sang · Azâz · Ba'rin · Shaizar · Édesse

La croisade norvégienne est une croisade[1] qui s'est déroulée de 1107 à 1110, en renfort à la première croisade, menée par le roi norvégien Sigurd Ier[2]. Sigurd a été le premier monarque européen à participer directement aux croisades vers la Terre sainte ; aucune des batailles de cette croisade n'a été perdue. La croisade norvégienne semble avoir été menée d'une manière similaire aux raids des Vikings, mais les buts des Norvégiens étaient différents cette fois-ci[3].

De la Norvège à l'Angleterre[modifier | modifier le code]

Le Roi Sigurd quitte le pays de Gerhard Munthe

Sigurd et ses hommes partirent de Norvège dans l'automne de l'année 1107 avec 60 bateaux et environ 5000 hommes. Pendant l'automne ils arrivèrent en Angleterre où Henri Ier était roi. Sigurd et ses hommes sont restés tout l'hiver, jusqu'au printemps de l'année 1108, où ils décidèrent de repartir vers l'ouest.

À travers la péninsule Ibérique[modifier | modifier le code]

Après plusieurs mois, ils arrivèrent à la ville de Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice où ils furent autorisés à rester pour l'hiver par un seigneur local. Cependant, quand l'hiver arriva, il y eut une pénurie de nourriture et le seigneur local refusa de vendre de la nourriture aux Norvégiens. Sigurd décida donc d'attaquer et piller le château avec son armée.

Pendant le voyage, les Norvégiens rencontrèrent une grande flotte pirate de galères qui cherchait des navires commerciaux pacifiques à voler. Cependant, Sigurd attaqua directement les pirates et prit d'assaut leurs bateaux. L'attaque fut un succès qui permit à Sigurd d'ajouter huit bateaux à sa flotte.

Les Norvégiens arrivèrent ensuite à un château en Andalousie musulmane appelé Sintre, dans l'actuel Portugal. Ils prirent le château et y massacrèrent tous ses occupants. Ils se rendirent ensuite à Lisbonne, une ville «demi-chrétienne et moitié païenne», sur la ligne de démarcation entre l'Ibérie chrétienne et musulmane. Là, ils gagnèrent leur troisième bataille, et acquirent un important butin.

Leur quatrième bataille a été gagnée dans la ville d'Alkasse (probablement Al Qaşr), où ils auraient tué la totalité des habitants, laissant derrière eux une ville déserte.

Aux Baléares[modifier | modifier le code]

Après une autre bataille victorieuse contre les pirates pendant qu'ils naviguaient à travers le détroit de Gibraltar (Norfasund), l'armée a navigué plus loin jusqu'au long des terres sarrasines (Serkland) dans la Méditerranée (Griklands hafi), et est arrivée aux îles Baléares. Les Baléares étaient à l'époque perçues par les chrétiens comme n'étant rien de plus qu'un havre pirate et un centre d'esclavage. Les raids norvégiens sont également les premières attaques chrétiennes enregistrées sur les Îles Baléares islamiques (bien que des attaques plus petites aient certainement eu lieu).

Le premier endroit où ils arrivèrent fut Formentera, où ils rencontrèrent un grand nombre de Blåmenn (Hommes bleus ou noir) et de Serkir (Sarasins) [1] qui avaient pris comme habitation une caverne. La bataille fut la plus détaillée de l'ensemble de la croisade à travers des sources écrites, et pourrait éventuellement être l'événement historique le plus notable dans l'histoire de cette petite île. Après cette bataille, les Norvégiens acquirent le plus grand trésor obtenu dans cette croisade. Ils ont ensuite poursuivi avec succès l'attaque d'Ibiza, puis de Minorque. Les Norvégiens semblent avoir évité d'attaquer la plus grande des îles Baléares, Majorque, probablement parce qu'elle était à l'époque le centre le plus prospère et le mieux fortifié d'un royaume taifa (royaume musulman indépendant formé après la dissolution du Caliphat de Cordoue) indépendant[1]. Des contes de leur succès ont pu inspirer la conquête catalane-pisane des Baléares en 1113-1115.

En Sicile[modifier | modifier le code]

À Jerusalem[modifier | modifier le code]

À l'été 1110, la croisade arrive finalement au port de Saint-Jean d'Acre[1] (ou selon d'autres source à Jaffa)[3], puis font route jusqu'à Jérusalem. Ils sont par la suite chaleureusement accueillis, par Baudouin Ier de Jérusalem et qui invite Sigurd jusqu’à la rivière Jourdain, avant de revenir à Jérusalem.

Sigurd retourne par la suite à Acre, où est appareillée sa flotte puis se dirige vers Sidon, lorsque Baudouin Ier lui demande son aide pour achever la conquête du littoral. À l'issue du siège, la ville est prise le 4 décembre 1110.

Le retour[modifier | modifier le code]

Après cela, Sigurd et ses hommes quittent la Terre sainte et naviguent jusqu'à Constantinople. Ils rejoignent la Norvège par voie terrestre via la Bulgarie, la Hongrie et le Saint-Empire romain germanique, où ils arrivent en 1111.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Gary B. Doxey (1996), "Norwegian Crusaders and the Balearic Islands", Scandinavian Studies, 10–1.
  2. Riley-Smith, 1986, p. 132
  3. a et b Klaus Krag, « Sigurd 1 Magnusson Jorsalfare », Norsk biografisk leksikon

Sources[modifier | modifier le code]