Croisée d'ogives

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Croisée et Ogive.
Voûtes à croisées d'ogives de la nef de la cathédrale Saint-Gatien de Tours
Une voûte d'ogives sexpartite

La croisée d'ogives est, avec l'arc-boutant, une caractéristique essentielle de l'architecture gothique, correspondant aux diagonales formées par l’intersection de deux voûtes en berceau.

L'architecture romane, qui précède le gothique, se caractérise par des arcs en plein cintre et des voûtes. Ces voûtes romanes sont massives et très lourdes, elles nécessitent des murs d'appui épais, le plus souvent renforcés par des contreforts accolés de place en place.

Avec l'architecture ogivale, le gothique amène une solution élégante aux problèmes de forces que connaît le roman. L'idée centrale de la croisée d'ogives est de faire des voûtes qui reposent non pas directement sur des murs, mais sur ces ogives croisées qui, avec les ogives elles-mêmes, convergent vers des piliers. La poussée n'est plus répartie tout au long du mur, mais concentrée sur un point au sommet du pilier. Du coup, le mur lui-même ne sert à rien et peut être vidé (pour placer des vitraux, par exemple) et la poussée reçue au sommet des piliers peut être facilement compensée par des arcs-boutants.

Les ogives désignent des arcs en nervures diagonales à l’intersection de deux voûtes. Elles déterminent, seules ou avec d'autres nervures (liernes, tiercerons) des quartiers de voûtes ou voûtains. La croisée d'ogives désigne la voûte formée par l'ensemble de ces voûtains. Elle peut être quadripartite ou sexpartite (selon que l'entrecroisement des ogives délimite 4 ou 6 voûtains). La voûte d'ogives est dite barlongue lorsqu'elle forme, à chaque travée, un rectangle dont le côté le plus long est perpendiculaire à la nef. Elle est dite oblongue dans le cas contraire.

Un système par croisée d'ogives et arcs-boutants est beaucoup plus délicat à équilibrer qu'une voûte simple en plein cintre, cette technique reflète une meilleure maîtrise de l'équilibre des forces. Cette même maîtrise se traduit aussi par l'amincissement des voûtes : étant mieux calculées, d'une portée proportionnellement plus faible, et cloisonnées, elles peuvent être plus minces sans risquer de flamber. C'est ce qui donne l'impression qu'« il n'y a rien de pesant » : effectivement, la voûte est intrinsèquement plus légère, et sa construction donne une impression supplémentaire de légèreté. L'architecte habile ajoute des procédés pour donner visuellement une impression de « flotter en l'air ».

Enfin, la toiture au-dessus des voûtes est nécessaire pour éviter des infiltrations d'eau de pluie, qui, sinon, finiraient par ruiner le bâtiment. Effectivement, avant l'invention de la croisée d'ogive, la seule manière de faire des grandes portées était de monter des murs verticaux, et de poser dessus une toiture, sans voûte intermédiaire (comme dans les basiliques paléochrétiennes). Le problème de cet agencement est qu'il est beaucoup trop sensible aux incendies.

Voir aussi[modifier | modifier le code]