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Crisnée

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Crisnée
Crisnée
La maison communale.
Blason de Crisnée
Héraldique
Image illustrative de l’article Crisnée
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Liège Province de Liège
Arrondissement Waremme
Bourgmestre Philippe Goffin (MR) (Code 4367 !)
Majorité Code 4367 !
Sièges
PS +
Code 4367 !
13
2
11
Section Code postal
Crisnée
Fize-le-Marsal
Kemexhe
Odeur
Thys
4367
4367
4367
4367
4367
Code INS 64021
Zone téléphonique 04 et 019
Démographie
Gentilé Crisnéen(ne)
Population
– Hommes
– Femmes
Densité
3 573 (2025)
49,73 %
50,27 %
210,56 hab./km2
Pyramide des âges
– 0–17 ans
– 18–64 ans
– 65 ans et +
()
16,85 %
62,08 %
21,07 %
Étrangers 3,53 % ()
Taux de chômage 8,83 % (2022)
Revenu annuel moyen 23 130 €/hab. (2021)
Géographie
Coordonnées 50° 43′ nord, 5° 23′ est
Superficie
– Terr. non-bâtis
– Terrains bâtis
– Divers
16,97 km2 (2023)
81,93 %
8,39 %
9,69 %
Localisation
Localisation de Crisnée
Situation de la commune dans l’arrondissement de Waremme et la province de Liège
Géolocalisation sur la carte : Belgique
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Crisnée
Géolocalisation sur la carte : Belgique
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Crisnée
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Crisnée
Géolocalisation sur la carte : province de Liège
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Crisnée
Liens
Site officiel crisnee.be

Crisnée [kʁisne] (en néerlandais Gerstenhoven, en wallon Crusnêye) est une commune francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Liège, ainsi qu'une localité où siège son administration.

Étymologie

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Les formes wallonnes et flamandes remontent, selon toute vraisemblance, à un prototype commun. Mais l'étymologie de Crisnée [kʁisne][1] pose problèmes ; linguistes et historiens (Kurth, Petri, Gamillscheg, Devleeschouwer, etc.) ne sont pas d'accord. Une possibilité : « Le prototype gallo-romain Cristianica postulerait un gentilice Cristinius que nous ne savons pas attesté, mais une formation ultérieure en -iaca sur un nom de personne Cristinus (le chrétien) est vraisemblable ».

Le nom wallon de Crisnée

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La traduction wallonne et la graphie (actuelles) du nom des autres covillages de l’entité est Tis, Fise, K’mèh’ et Ôdeû. Pour Crisnée, le panneau apposé sur la façade de l’administration communale propose Crus'nêye. Cette forme ne fait pas l’unanimité[Note 1] ; Les villages voisins sont généralement d’accord pour se nommer réciproquement comme indiqué ci-dessus, ils sont divisés sur la prononciation wallonne de Crisnée ; on y entend toutes les variantes imaginables.

Dans son Dictionnaire français-liégeois[2], Jean Haust présente trois possibilités de traduction : Crus’nêye - forme choisie pour le susdit panneau - mais également Cruch’nêye et aussi Cruch’gnêye, ou encore Crus’gnêye (dans Kemexhe), Crichgnêye (dans Odeur). Dans ses fascicules consacrés de 1937 à 1962 aux cinq villages, Jules Herbillon ne se prononce pas[3].

Le g comme le ch ne sont pas exceptionnels. Ce ch et ce g surtout se trouvent, six siècles durant, dans les plus anciennes graphies du village. La forme Crestengneis est souvent citée comme datant d'environ  ; par exemple, le village est nommé Crissengné en l’an dans une charte du comte de Looz ; puis encore Cristegees en , Criscengnees en , Cristengnées en , Crissengneez en , Crisgnée en et , Crissignée en , Crisseignée en , Chrisgnée en , etc. Le même g se retrouve dans le nom du village.

La forme Cruch’gnêye était couramment prononcée avant la Seconde Guerre mondiale par les anciens wallons du village. Plusieurs témoins sont encore vivants. Jules Herbillon l’admet dans sa Toponymie de Crisnée[4] lorsqu'il écrit, en note 2 : « cruch’gnêye paraît avoir subi l’influence de la forme francisée locale ».

Géographie

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Trois chemins, venant de Kemexhe, Fize-le-Marsal et Oreye descendent de la grand-route et se rejoignent au crucifix ; les trois autres, venant de Thys, Lowaige et Odeur, se rencontrent au pont ; et ces six voies ramassées en deux axes convergent vers le centre du village : so l'vêye.

Le village est situé à environ 14 km de Liège, chef-lieu de province et d'arrondissement judiciaire et 10 km de Waremme, chef-lieu d'arrondissement administratif.

Crisnée n'a pas de véritables et nettes frontières naturelles. Ses limites approximatives sont, du sud à l'ouest : la grand-route que longeaient les tramways vicinaux et électriques et que parcourent les autobus, une artère qui a perdu de l'importance depuis la mise en service de la proche autoroute E40 ; du sud à l'est, la Chaussée-Verte (li Tchâssîe) qui, menant d'Amay à Tongres, sépare plus ou moins d'Odeur ; l'ancienne route de Liège à Saint-Trond (li vôye di Sint-Trond), appelée jadis Voie Royale, qui passe au nord de la localité.

Le territoire de Crisnée, d'une superficie de 280 hectares, est aux marches de la Wallonie car il est contigu aux communes flamandes limbourgeoises de Lowaige (Lauw) et de Herstappe. Crisnée confine à[pas clair] quatre autres villages : Odeur, Kemexhe, Fize-le-Marsal et Thys, avec lesquels il forme, depuis la fusion du , l'entité Crisnée qui s'étend sur 1 674 hectares où vit une population de 2 906 habitants.

Le point culminant du village, à environ 134 mètres d'altitude, se trouve à l'extrême nord-est, près de la Tombe (dite de Herstappe, et qui se trouve en fait sur le territoire de Lowaige) ; de là-haut, apparaissent plusieurs clochers, les tours de la Basilique Notre-Dame de Tongres et, par temps clair, les terrils des charbonnages de la Campine, et quelquefois même ceux de la région liégeoise.

#NomSuperficie.
(km²)
Habitants
(2025)
Habitants
par km²
Code INS
1Crisnée2,801.39950064021A0
2Odeur2,702147964021A1
3Kemexhe4,5661513564021A3
4Fize-le-Marsal1,871.05956664021A4
5Thys5,052865764021A5

Communes limitrophes

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Communes limitrophes de Crisnée
Tongres Herstappe
Oreye Crisnée Awans
Remicourt

Hydrographie

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Le village de Crisnée appartient au bassin hydrographique de la Meuse par le Geer où vont se déverser ses eaux, après la traversée de Thys.

Ses rouâs ruisseaux », mais ils ne portent pas de nom) qui découpent le territoire, mis en parallèle avec le réseau routier original, ceinturent sur leurs versants les vergers rajeunis que fleurissent les printemps. Toutes les eaux ruissellent et affluent des points culminants de la commune que sont le carrefour d'Odeur, la gare de Thys et les confins de la Tombe.

Entre ces hauteurs se sont creusées, au cours des siècles, deux vallées principales parcourues par autant de grands rouâs. Le premier, venant de Villers-l'Évêque par Odeur, se noie dans le bassin d'orage qui jouxte la Chaussée ; mais il en sort, se reprend en Charlevaux, traverse la rue d'Odeur « â Pont » devant la chapelle et, parvenu en Sart, se jette dans l'autre « rouâ » son grand frère.

Celui-ci vient de Fexhe-le-Haut-Clocher, par Freloux et Kemexhe, entre à Crisnée près de la râperie, longe la rue Sylvain-Panis dans les prairies, passe en contrebas de l'église, s'engouffre « int' lès treûs cot'hès », et parvient dans le Sart où il reçoit son affluent.

Ensuite, les deux « rouâs » réunis suivent la « vôye dè Bwè » (le chemin du Bois) et quittent Crisnée, par 104 m d'altitude, vers le village de Thys, le Broeck, le Geer et la Meuse.

Du côté Sud, deux petites vallées secondaires se rattachent à ce dernier grand rouâ. L'une,venant de Fize-le-Marsal, traverse la vôye di Favray, c'est le Rôyetê, (ou petit rouâ), dit jadis riweteau des beghinnes ; l'autre vient également des limites de Fize, passe au lieu-dit âs bômes et gagne Thys. Les dépressions de terrain existent bien, mais, s'il y eut là des petits rouas, ils ont tari depuis longtemps.

Tous ces débouchés, pour les eaux de ruissellement, n'empêchent pas l'existence de bouchons dans trois endroits bien précis : à Pont, int' lès trëûs cot'hês et è Sârt[Note 2]. Les bourgmestres font curer les rigoles et nettoyer les rouâs, en vain.

Les anciens rouâs

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Un rouâ s'est appelé Kemexhe. Ce renseignement se trouve dans Le Geer, rivière hesbignonne de François Mahiels. Cet auteur complète son travail en présentant le fruit des recherches d'un autre historien. En 1923, A. de Rijckel publiait Rivières et ruisseaux de la Province de Liège. Étudiant d'anciennes cartes militaires, compulsant d'anciens registres, il a découvert les traces de cours d'eau disparus et a abouti à la conclusion que ceux-ci portent, pour la plupart le nom d'un des villages qu'ils traversent.

Il explique ainsi que des ruisseaux et rivières de Belgique s'appellent la Salm, l'Amblève, l'Hermeton, d'autres Le Piéton, le Burnot, la Magne, le Bolland, etc. Le même phénomène explique le nom du « Kemexhe ».

Le Kemexhe prenait sa source à Roloux, se dirigeait vers Fexhe-le-Haut-Clocher, Freloux, puis Kemexhe ; il traversait Crisnée et Thys pour se jeter dans le Geer au lieu-dit Nomerange. Le Kemexhe est cité dans des actes datés de 1294, 1301, 1342,1348 et 1586.

Depuis des décennies, sa source a tari, de même que l'appoint des eaux boueuses qu'y déversaient les râperies de Fexhe et de Crisnée. Seules l'alimentent occasionnellement aujourd’hui les eaux de ruissellement.

Le roua du Tchâlvâ n'est pas repris dans l'ouvrage mentionné ci-dessus. Sans doute ne roula-t-il jamais que les eaux accumulées par les pluies et la fonte des neiges dans le fond de la Chaussée-Verte. Son débit est maintenant régularisé par le bassin d'orage, cette réalisation du remembrement.

Le Wihogne prenait sa source près du château de Waroux, et se dirigeait par Xhendremael et Wihogne vers Freeren et le Geer. Le Russon prenait sa source à Bierset, passait Awans, longeait Hognoul, traversait la campagne de Xhendremael, descendait vers Othée et après Russon se dirigeait vers le Geer. Son affluent, le Hognoul, débutait à Velroux, se dirigeait par Voroux, Fooz et Villers-l'Évêque jusqu'au confluent, à Russon.

L'Yerne prend sa source à Verlaine, non loin de Yernawe, hameau de Saint-Georges. Il traverse Haneffe, Donceel et Limont, et il passe à Remicourt, Lamine et Hodeige avant de courir au Geer à Lens-sur-Geer. Son affluent, le Jeneffe qui passait par Momalle et Fize, revevait lui-même la Berwinne à Momelette (actes de 1348, 1478).

Qualité de l'air

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Dans le cadre de l'enquête organisée parmi les Crisnéens par l'Administration communale, les citoyens de la commune ont suggéré les recommandations suivantes concernant la qualité de l'air que respirent les Crisnéens et Crisnéennes en 2002.

Sont particulièrement dénoncés les feux de jardin et l'incinération sauvage (52 %), l'utilisation des véhicules à moteur (28 %), le chauffage au mazout (12,5 %), les pesticides agricoles (7,7 %) et, dans une moindre mesure, les pesticides, le fumier, l'électricité, les tondeuses à essence, les barbecues.

Sont encouragés : le triage des déchets, le compostage avec utilisation d'un broyeur, les emballages réutilisables, le respect de l'environnement par réglementation de l'épandage de lisier, la limitation en durée du dépôt de fumier sur les terres avant charruage, le réglage et l'entretien des appareils de chauffage, imposer l'équipement de protection sur les machines d'épandage de pesticides/herbicides, privilégier les transports en commun et le covoiturage, la plantation d'arbres et de haies dans jardins et pâtures, le long des routes et même des chemins de remembrement, l'emploi de produits de nettoyage écologiques, la promotion de la marche par l'aménagement de sentiers pédestres, l'interdiction de stationnement sauvage de camions (sur la Place d'Odeur par exemple), sans préjudice du nettoyage des voiries afin d'éviter les écoulements d'eaux usées et les mauvaises odeurs.

Sécurité civile

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Une des deux Unités opérationnelles de la Protection civile, dépendante du SPF Intérieur, est basée sur la commune.

Quelques chiffres

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En 1712, Crisnée compte 42 familles et 180 communiants. Par comparaison, à la même époque, les villages voisins comptent : à Kemexhe, 43 ménages et 160 communiants ; à Fize, 40 ménages et 160 communiants ; à Otrange, 44 ménages et 135 communiants ; à Thys, 34 ménages et 90 communiants ; à Odeur, 13 ménages et 60 communiants.

Evolution dans le temps

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De 1806 à 1811, Crisnée passe de 302 à 308 habitants. L'indépendance de la Belgique est fêtée par 336 habitants logés dans 64 demeures réparties comme suit : 9 fermes dont 4 grandes; 10 maisons particulières, 20 habitations rurales et 25 cabanes construites en bois et en argile, et couvertes de paille.

Dix ans plus tard, les Crisnéens sont 380, logés dans 77 maisons dont 5 forment le hameau Aux Croix sur la grand-route. En 1860, les habitants sont au nombre de 425 ; en 1890, ils sont 488 habitants dans 104 maisons.

Recensée à 539, en l'année 1910, la population s'élève jusqu'à son plus haut niveau de 573 âmes en 1926 dans 120 maisons. Elle redescendra ensuite à 512 habitants en 1940, tombera à 514 en 1954 pour remonter.

Le Grand Crisnée

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Au moment de la fusion des cinq communes au , l'entité compte 2 211 habitants, mais ce nombre tombe à 2 091 à la fin de 1970.

Au , le Grand Crisnée comptait 2 258 habitants et le village seul 569 pour 188 maisons. Le recensement du donne 2 906 habitants, et le nombre de maisons s'accroît chaque année dans les cinq villages de l'entité.

Démographie: Avant la fusion des communes

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  • Source: DGS recensements population

Démographie : Commune fusionnée

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En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1965, on peut dresser l'évolution suivante:

Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées.

  • Source: DGS , de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque 1 janvier[5]

Anthroponymie

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D'après les noms relevés dans la liste des contribuables de 1794, au début du XVIIIe siècle, des Crisnéens se nommaient déjà comme aujourd’hui Bage, Bolland, Bure, Defalle, Hubert, Lahaye, Jacquemotte, Kerstenne, Leduc, Melet, Renotte, etc.

Le patronyme Nomerenge était Denomerenge, et Louette était écrit sans W. Des documents très anciens - registres paroissiaux et carnets - retrouvés par hasard au fond d'une forge en 2005, ont apporté précisions et confirmations.

L'église Saint-Maurice.

Des traces de Néandertaliens, datant de la préhistoire, ont été trouvées récemment[Où ?][Quand ?][Par qui ?] ; elles font penser qu'ils résidaient dans cette région il y a environ 100 000 ans.

Une villa romaine, découverte en dans la campagne de Crisnée, par le doyen Fréson de Villers, se situerait à l'emplacement de l'antique Atuatuca, selon Eugène Dethier de Kemexhe.

La commune traversée par l'antique chaussée romaine de Metz à Tongres (appelée Chaussée Verte) est ceinturée de tumulus ; à l'époque de leur érection, ils permettaient de se voir mutuellement, pour des raisons stratégiques : il s'agit de ceux de Herstappe, d'Otrange, de Fize-le-Marsal, de Noville et de Lamine.

Saint Materne, évêque de Tongres, et ses successeurs apportent l'évangélisation avant le Ve siècle. Passent les Vandales, Huns et Normands. Sous le prince-évêque Notger, Kemexhe est l'église-mère de Thys ; de Fize-le-Marsal dont dépendaient les curés de Crisnée et d'Otrange ; Odeur relevait d'Othée. Chacune devait chaque année, le mardi de la Pentecôte, en procession et grande solennité, porter la redevance paroissiale au chanoine-costre[Qui ?] de Tongres.

Vers à Kemexhe, les nobles Beaurieu (burelé d'argent et d'azur de dix pièces au lion de gueules sur tout[pas clair]) et les Pénilh (au lion d'or) s'entre-tuaient au service des Awans et Waroux ; Thys avait son château de Louis, écuyer, seigneur de Thys et de Wotrenge, le singneur d'Odoir résidait à Villers-l'Évêque ; Fize-le-Marsal avait ses échevins, et Crisnée son seigneur à l'écu d'argent à cinq fusées de gueules, accolées en fasce, au franc-quartier d'or au sautoir de gueules, promu depuis quelques années au rang d'armoiries de la commune de Crisnée.

Durant les guerres du XVIIe siècle, dit « Siècle des malheurs », la commune et ses habitants furent occupées par les armées françaises (voir l'occupation des armées françaises).

Faits de guerre du XIVe au XVIIe siècle

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En 1325, Crisnée et les villages voisins logeaient les soldats du Prince-Évêque Adolphe de la Marck ; il avait son quartier général à Momalle, en compagnie du roi de Bohême, Jean l'Aveugle, de douze comtes et du Duc de Brabant, Jean III.

Vers le , les troupes du Prince et celles des villes se trouvent en présence dans la plaine de Crisnée allaient en venir aux mains lorsque l'attitude de Jean l'Aveugle contraignit le Prince-Évêque à se retirer. Selon la Chronique de Saint-Trond, le châtelain de Waremme se réconcilia avec l'Évêque à Crisnée.

Le , Crisnée et d'autres villages voisins furent pillés et brûlés par les troupes bourguignonnes de Philippe de Savoie. Le lendemain, les Liégeois, croyant que l'ennemi allait se retirer avec son butin, résolurent d'aller à sa poursuite.

Dix-septième siècle

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En 1673 et 1677, les troupes françaises du Roi-Soleil, commandées par Turenne et Condé dans leur Guerre de Hollande, occasionnent de nombreux dégâts. Au début du XVIIIe siècle, la guerre entre alliés Anglais et Hollandais contre les Français, est rapportée par le curé Renoir :

« L' an 1703, nostre village a esté campé depuis le 30 mai qui estoit le mercredi après la Pentecôte, jusqu'au neufvième jour ensuivant, par l'armée d' Angleterre et d'Hollande fort de 50 à 55 000 hommes.

Le généralissime des Anglais, nommé Marboroug, aiant son logement au chasteau de Thys, et celui des Hollandais, nommé Annerquerque, dans notre maison pastorale (ex-maison Élise Louwette, rue de la Ville). La ligne droite s'extendoit jusqu'au village de Russon et la gauche jusqu'à Hodeige. Depuis, au mois d'aoust, nostre village a esté fourragé 2 foy à la campagne, dans le peu de marsage qui estoit resté, par les trouppes de ladite armée pendant le siège de Huy.

Au mois de septembre de la ditte année, nostre village a esté derecheff campé par un détachement fait hors de la ditte armée campée à Saintrond, pour aller faire le siège de Limbourgue.

Ledit général Marbouroug s'estant encore logé au chasteau de Thys, et le Prince Héréditaire de Hesse Cassel dans nostre pauvre maison, et une partie de ses domestiques dans la ferme Lowet, jondante à la coemitière.

L'an 1705, nous avons encor esté campé par l'armée d'Hollande, commandée par le général Annerquerque; le 2 et 3 mille qui se logeat encore chez nous, et les députés des Estats au chasteau de Thys. Ainsi les froments ont derechefe esté tout fouragé, et les marsages foulé et ruiné.

Milor Marbourougue aiant rejoint l'armée d'Hollande avec les Anglois, ils ont repris le chasteau de Huy aux François, qui at esté un commencement pour délivrer la Hesbaye des campements des armées.

Le 2 septembre 1706, les soldats campés à Haneffe ont battu et enlevé les grains à Crisnée. En octobre, ces mêmes soldats campés pour lors à Looz sont revenus à Crisnée et y ont fourragé »

1917, collision de trams

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Dans les années 1910-1930, le voyage vers Liège se faisait en tram à vapeur ; les voitures avaient des banquettes en bois ; un poêle, alimenté en boulettes, dégageait plus de fumée que de chaleur. Le tram pouvait croiser à une station, un convoi de marchandises, des wagons transportant betteraves sucrières, pierrailles, charbon et même troupeau de veaux de boucherie.

Après l'arrêt de Crisnée, la locomotive verte forçait sa vitesse dans la descente de la râperie pour parvenir en haut de la grimpette vers la station d'Odeur. Après une averse de neige, elle ne réussissait pas toujours, entre Waroux et Alleur, à échapper aux congères.

Le mercredi , un peu avant huit heures du matin, deux trams vicinaux de cette ligne Ans-Oreye se télescopèrent à Crisnée, au lieu-dit Vers Kemexhe, près de la râperie.

Un convoi transportant des voyageurs liégeois descend d'Odeur à grande vitesse vers la rue de Kemexhe, avant d'aborder la côte vers les Croix ; l'autre convoi, descendant de Crisnée, fonce pour remonter vers le moulin d'Odeur. Le fond de la vallée est masqué aux chauffeurs par les ormes de la grand-route. Ils s'entr'aperçurent trop tard.

Le choc frontal des deux locomotives, massives, fut effroyable et, dans les voitures disloquées, gisaient des morts et des blessés. Les sauveteurs accoururent d'Odeur, Kemexhe et Crisnée, alertés par le bruit, des ouvriers arrivèrent de la sucrerie d'Oreye.

Sur place, Mère Jeanne et les Ursulines de l'école de Crisnée, s'affairent au secours des victimes, le curé Coopmans administre l'Extrême-onction aux blessés graves, le docteur Garin, aidé par quelques volontaires, donne les premiers soins, des voitures hippomobiles transportent les victimes vers Liège. Le Parquet descendra sur les lieux ; il ne retiendra aucune charge contre Les machinistes sont indemnes mais choqués, ayant eu le réflexe de sauter en marche avant le choc.

La majorité des passagers, originaires de Liège, Ans et Bressoux, venaient dans les campagnes hesbignonnes, munis de sacs et de houes, pour glaner un épi de froment ou fouiller les champs à la recherche de pommes de terre oubliées. En cette troisième année de guerre, les citadins avaient faim.

Parmi les 75 blessés, deux ne survivront pas, s'ajoutant aux 23 tués. L'acte de décès de quinze d'entre eux fut enregistré à l'administration communale de Crisnée, par le secrétaire Tombeur et le bourgmestre Louwette ; Fernand Lahaye, étudiant en médecine vétérinaire, faisait office de témoin.

Des collectes au profit des familles des victimes furent organisées dans la région, jusque dans les salles de spectacle de Liège ; elles rapportèrent la somme de 20 000 francs de l'époque (des millions de francs belges d'avant l'Euro).

Seconde Guerre mondiale

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Cinq soldats, dont trois de Thys, sont morts durant la Seconde Guerre mondiale[réf. nécessaire].

Les villages de la future entité échappèrent aux représailles nazies, malgré l'affrontement de Thys en , malgré une grange incendiée à Fize-le-Marsal où s'étaient réfugiés des résistants, malgré la prise d'otages à Kemexhe à la veille de la libération et malgré le suicide accidentel à Crisnée d'un jeune soldat allemand en retraite.

Bombes volantes ou Robots

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Plus de 1 000 V1 (Vergeltungswaffe ou arme de représailles), appelés aussi robots, s'écrasèrent dans la région liégeoise. Un percuta en plein le village de Crisnée, dans la nuit du , et occasionna quelques blessés et des dégâts ; un autre détruisit le centre de Fize où un G.I. se sacrifia pour sauver la vie d'un jeune enfant[réf. nécessaire].

Administration pendant la guerre

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Les bourgmestres, démocratiquement élus, conservèrent leur écharpe durant les hostilités, à deux exceptions : à Crisnée, Jules Jacquemotte fut désigné en remplacement d'Émile Denomerenge ; à Kemexhe, Oscar Driesmans fut limogé au bénéfice de Lucien Dechamps ; les déchus n'ont aucunement démérité, et les nouveaux venus n'ont collaboré d'aucune façon. À l'époque, le maïorat était assuré soit par un fermier, tels Defalle puis Prosmans à Thys, Royer à Fize-le-Marsal et Leduc à Odeur, soit par un tenant de la gauche comme Panis puis Gilon à Crisnée, Daniels à Kemexhe.

1960 : la fusion de communes

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L'éclairage électrique datait de et la distribution d'eau potable de .

En 1960, la Belgique était divisée en 2 492 communes ; depuis l'indépendance, chacune avait la même base administrative et une égale autonomie, héritage de Napoléon. L'annexion des cantons de l'Est et la création de communes autour des grandes villes portèrent ce nombre à 2 675 en 1928. Les sphères gouvernementales voulurent procéder à des regroupements.

Dès , un premier « dégraissage » ramène le total à 2 663. 12 ans plus tard, la fusion de réduit ce nombre à 596.

Premiers villages du pays, Crisnée, Fize-le-Marsal, Kemexhe, Thys et Odeur se prononcèrent : Crisnée et Odeur y furent favorables, des objections s'élevèrent ailleurs.

Thys, amputé, accepta de céder Broeck, mais jugeait Oreye trop éloigné et préférait l'association aux villages du Groupe Crisnée.

Fize-le-Marsal, qui avait les mêmes renseignements, hésitait ; elle prit comme prétexte qu'elle n'avait pas assez de données sur l'organisation et le fonctionnement de la fusion.

Kemexhe disposait d'un nouveau réseau routier, d'une belle et bonne école et d'une situation financière saine ; des cinq villages, il était le plus réticent. Le Conseil communal justifiait sa position :

« Odeur ne dispose encore que d'un réseau routier rudimentaire et sa place centralen'est pas un modèle d'hygiène, ni un lieu agréable. Fize n'est pas mieux loti sous ce rapport. Crisnée avec une partie de ses rues améliorées se trouve dans une situation financière difficile. En cas de fusion, Kemexhe devrait combler les lacunes vicinales et budgétaires des communes qu'on veut lui associer. »

En outre, Kemexhe mentionnait : « Les habitants de ces communes ne présentent pas le même caractère, ni la même mentalité. Chacune a ses coutumes, son mode de vie et,souvent, éprouve une forte aversion pour les localités voisines. De plus, ces villages diffèrent presque tous au point de vue politique »[réf. nécessaire].

Devant ces oppositions de principe, chaque village accepta l'inévitable. Restaient deux problèmes essentiels à régler : désigner l'emplacement du centre administratif et se mettre d'accord sur le nom de l'entité nouvelle.

Les édiles choisirent à l'unanimité de baptiser Crisnée la nouvelle entité et d'y installer le centre administratif[Note 3].

La composition des conseils communaux d'après-guerre demeurée longtemps politiquement stable et généralement conservatrice, se modifia. Seule ou en alliance avec la liste I.C.[Quoi ?], la gauche prit le pouvoir sous les bourgmestres Daniels de Kemexhe, Jean Stassart de Fize-le-Marsal, puis Joseph Vanmal de Kemexhe à nouveau. Les élections du ont donné la majorité à PRL-EPC, conduite par un bourgmestre libéral, Philippe Goffin, de Kemexhe, aux dépens de l'opposition P.S.

Documentation

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Pour éclairer l'histoire de l'entité, des documents peuvent être consultés aux Archives de l'État à Cointe, à la Bibliothèque Chiroux ainsi qu'à l'Évêché de Liège.

Plusieurs ex-citoyens de Crisnée ont publié le fruit de leurs recherches. Jules Herbillon avait consacré à chaque village un fascicule de toponymie. Eugène Dethier, chercheur et écrivain de Kemexhe, dans son essai 2000 ans de vie en Hesbaye, d'Atuatuca à l'E3 a esquissé une histoire de la région et de son village. Deux Thysois, l'un, Joseph Fraipont a rassemblé des notes historiques sur l'ancien village de Thys et l'autre, Louis Tihon, a traduit des textes anciens allant du XIIe siècle à l'indépendance de .

J.C. Vanhove a réuni une collection de 440 photos sur la vie d'antan à Thys.

Depuis 1986, Louis Marneffe a consacré ses loisirs à écrire la monographie des cinq villages en autant de « Chroniques des gens et des choses ».

Tous ces ouvrages constituent une synergie qui peut être consultée à la Bibliothèque communale et à la Bibliothèque Chiroux à Liège.

Héraldique

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La ville possède des armoiries qui lui ont été octroyées le 15 juillet 2003. Personnalisant le sceau communal et les documents officiels de l'Administration, on les doit à un Liégeois, Paul de Borman, qui fait paraître en mai-juin 1985 dans le Bulletin de l'Office généalogique et héraldique de Belgique une étude sur la pierre tombale du seigneur de Crisnée, Jean le Vilhain, pierre découverte lors de la démolition en 1983 d'un autel latéral dans la vieille église de Tohogne (Durbuy)[6].
Blasonnement : D'argent à cinq fusées de gueules, accolées en fasce (touchant les bords et les flancs de l'écu) au franc-quartier d'or chargé d'un sautoir de gueules.
Source du blasonnement : Heraldy of the World[7].



Politique et administration

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Collège et conseil communal 2024-2030

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Ci-dessous, le tableau des résultats des élections communales de 2024[8].

Parti Voix (2024) Voix (2018) % (2024) % (2018) +/- Sièges +/- Collège
Union Ecolo Citoyens 187 344 7,91% 14,94% en diminution 7.03 %
0  /  13
en diminution 1.0 Non
PS+ 412 343 17,42% 14,90% en augmentation 2.52 %
2  /  13
en augmentation 1.0 Non
Code 4367 ! 1.766 1.615 74,67% 70,16% en augmentation 4.51 %
11  /  13
en stagnation 0.0 Oui
Total 2 365 2 302 100 % 100 % 13
Collège communal[9]
BourgmestrePhilippe GoffinMR - Code 4367 !
1er ÉchevinAlain MaterneMR - Code 4367 !
2e ÉchevinYakhlef El MokhtariMR - Code 4367 !
3e ÉchevineMyriam TombeurMR - Code 4367 !
Président du CPASJean-François BrillonMR - Code 4367 !

Bourgmestres de Crisnée

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  • 1371 : Copiens de Crissengnees
  • 1372 : Johan Picavet de Villeir-l'Evesque
  • 1372 : Colars Borars d'Odour, maieur por le temps
  • 1381 : Lowys de Kemexhe
  • 1416 : Allixsandre Sandron
  • 1417 : Libertus Bottair
  • 1456 : Jehan de Trynar, submaïeur de Liège
  • 1462 : Bodechon de Crissengnée
  • 1480 : Collar le cherpentier, maieur substitué
  • 1485 : Gilet d'Orrey, souverain maieur
  • 1502 : Gilet Dorey
  • 1539 : Jacques Obrecht
  • 1542 : Collar de Nomerenge, sergent, maieur substitué
  • 1546 : Lynart le Thourier, souverain maieur
  • 1553 : Johan d'Odeur
  • 1558 : Renier Humblet, maieur de Kemexhe
  • 1564 : Dirick Rosenkranke, citain de Liège
  • 1579 : Jaspar de Jozé, citain de Liège
  • 1590 : Johan de Haling
  • 1594-1616 : Guillaume Hannossett
  • 1618-1631 : Jean Wathier
  • 1631-1632 : Nicolas Coxheur
  • 1647 : Jean de France, maleur
  • 1652-1667 : Cristiane de France
  • 1709-1732 : Erasme Jamolet, lieutenant bailli de Hesbaye
  • 1734 : Devivier
  • an VI-an IX : François Bodson, agent élu par la commune
  • 30 pluviôse an IX -  : Nicolas Kerstenne
  • novembre de 1822 à  : Médard Jacquemotte
  • à  : Charles Lamarche
  • septembre l825 à  : Nicolas Depaive
  • du au  : Denis Denomerenge
  • du à  : Vincent Coheur
  • de à  : Louis Kerstenne
  • de au  : Jacques Kerstenne
  • du au  : Nicolas Marneffe
  • du à  : Nicolas Louwette
  • de août l921 à , époque à laquelle il fut démis de ses fonctions par les autorités allemandes d'occupation : Émile Denomerenge
  • de à fin  : Jules Jacquemotte
  • de au  : Émile Denomerenge
  • de au  : Sylvain Panis
  • du au  : Joseph Gilon

Le maïorat de l'entité Crisnée (pour les communes de Crisnée, Thys, Odeur, Fize-le-Marsal et Kemexhe) sera assuré successivement par :

  • Henri Daniels, de Kemexhe : du au (démission)
  • Jean Stassart, de Fize : du au (décès)
  • Vannmal Joseph, de Kemexhe : du au (décès)
  • Goffin Philippe, de Kemexhe : depuis le à aujourd'hui

Patrimoine et culture

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Patrimoine architectural

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La paroisse

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L'église de 1902
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Le 1er dimanche d', le Conseil de Fabrique considère que l'église est trop petite pour la population et que la tour très ancienne est en très mauvais état. Le , le Conseil constate que cette église n'est qu'une grange avec des fenêtres et qu'elle ne saurait être agrandie ou restaurée ; qu'il est impossible d'en ajouter à ses 22 bancs : 11 de chaque côté, pour un total de 106 places ; que les habitants réclament une église plus spacieuse car l'ancienne n'a qu'une nef. . Approbation des plan, devis et cahier des charges, dressés par Henri Froment, architecte à Liège.

Financement
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Commune de Crisnée (15 000 F), Fabrique (6 000 F), Apport de 400 000 briques (5 000 F), Don à recevoir de l'Évêque ( ?), dépôt fait par le crisnéen Chanoine Kinet (5 000 F), valeur des vieux matériaux (2 000 F), subside de l'État (6 000 F), soit au total 41 000 F. Des Conseillers cherchent un modèle : le genre de l'église de Goffontaine (Verviers) sera retenu.

Le , exposition du plan à l'église dans l'enthousiasme général : l'église sera de style neo-roman à trois nefs de cinq travées avec deux chapelles latérales et olafond plat. Le , les plans sont approuvés par la Commission royale des Monuments et des Sites à condition que la partie extérieure des murs sera en pierre de grès. Le subside de l'État à 1/5 du prix est accepté avec l'appui du chef de Cabinet de Léopold II, le comte Paul de Borghrave d'Alténa.

Adjudications
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Celle de Grevesse, de Chapon-Seraing (55 900 F) sera acceptée. Entretemps, le subside de l'État est passé à 11 180 F et la contribution de la Fabrique à 13 000 F

La démolition de l'ancienne église est commencée par Grevesse le mardi de Pâques, . Une chapelle provisoire a été élevée Au Pont devant la chapelle N-D de Lourdes qui servira de chœur. La 1re messe y sera célébrée le . Ce baraquement provisoire pouvait accueillir 200 personnes. Le creusement des fondations commence à la fin du mois de mai. Il est alors découvert une pierre tumulaire du XIVe siècle portant les inscriptions : « Chi gîst Wilhealme de Cresgnée ki trepasat l'an MCCC le XIX le jour de sainte Kateline. Chi gîst damoiselle Maroie de Hanut fille Monsengnour Vilheame del porte, chevalier, sa femme qui trépasat l'an MCCCLXIII le V jour de fenal mois ».

La première pierre est posée le par le doyen de Hozémont. Le est célébrée la première messe dans l'église inachevée dont on avait muré les fenêtres, parce que le froid rendait impossible le séjour dans la chapelle provisoire. La date est fixée au pour la consécration. La voiture de l'Évêque est escortée par 32 cavaliers jusqu'à Crisnée où cinq mille personnes s'étaient rassemblées. La Fanfare de Russon et l'Harmonie d'Oreye jouaient des Pas-Redoublés. Discours d'accueil par le Bourgmestre et réponse de l'Évêque, et pour clore un chant de circonstance.

Le lendemain, le Chanoine de Gréban Saint-Germain célébra la messe dans la chapelle N-D où les reliques avaient été déposées. Le jour suivant, l'évêque confirma les enfants de Crisnée, Thys, Fize, Momalle, Kemexhe, Fooz, Loncin, Odeur, Hognoul et Villers-l'Évêque. Il repartit à 16 h 30 toujours escorté jusqu'à Momalle où il allait prendre le train.

Le Chemin de Croix a été placé et consacré le (2 300 F). Les reliques de saint Maurice ont été offertes par Corneliusvan Bommel le . L'achèvement du bâtiment, vingt ans plus tard, fut l'œuvre du curé Coopmans. Il se distingue des églises de la région par ses murs en pierre de grès, un chœur à chevet plat et surtout par un ciborium au-dessus de l'autel.

Des six registres paroissiaux, cinq ont été retrouvés à Thys :

  • Registre no 6 : reliefs, stuits, etc de 1775 à 1783.
  • Registre du Conseil de Fabrique de 1834 à 1925
  • Baptêmes 1788-1906 ; Confirmations de 1805 à 1905
  • Mariages 1796 à 1906 ; Décès de 1796 à 1906
  • Baptêmes, mariages et décès : de 1907 à 1925.
Hubert-Joseph Jacquemotte, prêtre et dignitaire
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Hubert-Joseph Jacquemotte naquit à Crisnée le mardi , de Médard Jacquemotte, notaire, et d'Anne-Marie Germeau. Ordonné prêtre à Malines le , il est vicaire à Saint-Nicolas (Liège) le , et curé de la paroisse Sainte-Foi (Liège) le . Il est le premier rédacteur du Courrier de la Meuse, journal fondé le , et le resta pendant quatre ans. Il est nommé au Principalat du Collège Royal de Liège, le . Il sera curé et doyen à Glons à partir du , puis à Spa trois ans plus tard.

Le , l'évêque Corneille Van Bommel le nomme Vicaire-Général, et le lendemain, chanoine honoraire de la Cathédrale. Il en sera chanoine titulaire le suivant. Il est fait archidiacre le et Camérier d'honneur de Sa Sainteté Grégoire XVI, le . Le , lors de la cérémonie du Saint-Viatique à l'évêque Van Bommel, Jacquemotte est chargé de « lire à haute voix le texte de la profession de foi que les évêques prononcent le jour de leur sacre ».

Le suivant, Van Bommel meurt ; le , Jacquemotte fait partie des 23 signataires de l'acte d'inhumation. Pendant neuf ans encore, il sera Vicaire-Général de De Montpellier.

Son portrait, peint par N. Nisen, se trouve chez Albert Denomerenge-Depas. Sa croix pastorale est accrochée à l'ostensoir de l'église paroissiale. Jacquemotte est enterré à Crisnée. Sa pierre funéraire est visible à droite de la façade de l'église.

Enseignement

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Premières écoles et titulaires

Une école était tenue à Crisnée dès 1712[10]. Sept signatures et huit croix d'illettrés soulignent, en 1795, une délibération de manants de Crisnée.

La dépêche du du Commissaire Royal autorise l'engagement de l'instituteur Jean-Joseph Kinet (1808-1877), de Celles. Dès la fin de 1827, une école primaire accueille des garçons et des filles, de Crisnée, Fize et Thys ; elle est située Aux Trois Croix, sur la grand-route N3, derrière l'actuelle[Quand ?] pharmacie Villé (ex-Chabot).

Le succès de cette école entraîne la nomination d'un sous-maître, le , Jean-Pierre Roppe, de Pousset. L'inspecteur informe le Conseil qu'il manque à l'école un pavé à chaux[Quoi ?] et deux colonnes : les poutres du plafond sont bombées sous leur propre poids.

Le , Henri-Joseph Rutten, d'Oreye, est nommé sous-instituteur en intérim de Roppe qui a donné sa démission, pour une raison ignorée. En 1863, l'école de 2e catégorie reçoit une subvention de 500 F (or) pour l'instruction gratuite de soixante-dix enfants pauvres, y compris ceux de Thys ; les enfants solvables payant 240 F ensemble.

Le Conseil obtient de lever 10 centimes additionnels extraordinaires pour couvrir les frais de construction d'une école, soit vingt mille francs. C'était le . En 1871, on avait construit au carrefour des rues de Fize et de Favray, un bâtiment d'école contigu à la maison communale. Henri-Joseph Rutten inaugure le nouveau local et, dès sa nomination d'instituteur, le , il habite à li scole. Il cumule ses fonctions avec celles de receveur communal et organiste. Carrière achevée, il démissionna à Pâques 1891.

Charles Lahaye (1859-1933), de Crisnée, nommé le , lui succède. Musicien et compositeur, il était organiste. Il fut aussi receveur du Bureau de Bienfaisance. De son temps, le Conseil communal fit renouveler le mobilier scolaire : bancs, poêle à charbon, grand tableau noir. Les collections de mesures de système métrique, récipients en étain, volumes en bois, furent achetés.

Intérimaire depuis le , Joseph Tombal (1899-1955), d'Otrange est élu le , avec la charge d'une classe approchant les 70 élèves. À la suite de l'intervention de l'inspecteur, cette situation s'améliore en 1921, quand les filles occupèrent leur propre classe. M. Saal, de Jeneffe, en 1933, et Pascaline Botty, d'Otrange, en 1938, remplacèrent Joseph Tombal pour deux congés de récupération. Il était aussi secrétaire communal, membre du Conseil de Fabrique et organiste. Malade, il est contraint de démissionner, le et meurt moins d'un an après.

Dès , l'école, à division unique jusque-là, avait été dédoublée. Le Conseil communal désigna Nicolas Bolland, de Crisnée, afin d'y enseigner au degré inférieur. En , le Conseil emprunta une somme de 10 000 F pour paver les cours de l'école. En 1953, la toiture en ardoises est remplacée par des tuiles Potelberg. Nicolas Bolland eut trois intérimaires : Raymond Collard et Joseph Dans, tous deux de Kemexhe, pendant la mobilisation de 1939-1940 et les Dix-Huit Jours, et Louis Marneffe, pour une courte maladie. Instituteur en chef, au , il ferme l'école primaire des garçons de Crisnée - en même temps que se fermait l'école des filles - au  : les élèves des communes fusionnées du Grand Crisnée furent regroupés à Fize-le-Marsal, à l'École Moyenne, rebaptisée plus tard Lycée d'Etat. Nicolas Bolland y termine sa carrière le .

La râperie de Crisnée

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Le ruisseau provenant de Freloux traversait Fexhe et Kemexhe. Il charriait à travers ces villages et vers Crisnée, Thys et le Geer, ses eaux boueuses, et la boue grasse des charrettes et chariots. Les cultivateurs de betteraves sucrières écouler leur production à la râperie de Crisnée, toute proche.

Les producteurs s'inquiétaient d'abord du pesage à la bascule, de la tare qu'on calculerait, du déchargement plus ou moins rapide, de la qualité des pulpes qu'on entasserait à la ferme dans un silo, et, surtout, de la teneur en sucre et du prix unitaire.

La râperie de Crisnée fut opérationnelle le , aux confins des communes de Fize-le-Marsl, Kemexhe et Crisnée. Sur ce territoire, s'élevaient les bureaux et le réfectoire du personnel, au droit de la rue de Kemexhe : un baraquement en bois fait avec des matériaux récupérés à la Caserne des Lanciers de Liège. Le gros œuvre de l'usine fut exécuté par la firme Lambotte de Bas-Oha, la grosse menuiserie par les ateliers Rolet de Liège, la huisserie par Henri Bolland, de Crisnée.

Administrativement, la râperie était une succursale de la Raffinerie Tirlemontoise. Le jus des betteraves traitées était pompé dans une conduite de 15 cm de diamètre vers Ramkin à Oreye, où elle rejoignait la conduite de Marlinne, pour gagner finalement Waremme et la sucrerie de Wanze.

Chaque année, la râperie recrutait environ quatre-vingts saisonniers ; faute de main-d'œuvre locale, une vingtaine de couples flandriens des environs d'Ypres étaient engagés en plus ; ils ne rechignant pas à œuvrer leurs douze heures par jour.

La fabrication de sucre était une suite d'opérations : lavage des betteraves, découpage en cossettes, diffusion à l'eau chaude, chaulage et filtration du jus, puis évaporation et enfin cuisson, cristallisation, centrifugeage et emballage ; chaque opération était surveillée par un chimiste et ses aides-chimistes occasionnels. Près de 300 agriculteurs des villages alentour y livraient leur production de 1 200 hectares par charrettes, chariots ou wagons du tram vicinal provenant des bascules extérieures de Xhendremael, Alleur, Paifve, Fooz, Dommartin et Lexhy. Suivant l'époque, la météo et l'évolution des techniques, les fournitures varièrent de 30 à 55 000 tonnes par saison, à raison de 500 à 1 000 tonnes par jour, en pauses de huit heures. Dans les premiers temps de la râperie, un accident fut mortel.

La râperie de Crisnée cessa toute activité le . Toute la production betteravière des environs fut alors traitée par la sucrerie Notre-Dame d'Oreye. Actuellement[Quand ?], le remembrement et la mécanisation ont tout changé. Le transport par camions de 20 tonnes est strictement programmé : Oreye n'accepte plus que les racines de chicorée, les betteraves sucrières sont traitées à Waremme et à Hollogne-sur-Geer.

À l'emplacement des silos en béton, la firme Ronvodal a édifié une fabrique d'éléments en béton précontraint. L'ancien bâtiment administratif, qui comportait aussi le service de pesage et de calcul de la tare des betteraves, abrite, depuis 1968, les bureaux de la firme Matagne. Dans la râperie, reste un énorme dépôt de matériaux et machines.

Amendement des sols

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Après la période de fabrication, les eaux du bac de lavage des betteraves évacuées vers le champ d'épandage étaient laissées à décanter ; de bonnes terres pour amender les terres de culture, étaient enlevées par chariots ou charrettes. Les engrais chimiques étaient rares et chers à l'achat. Juste avant mais surtout pendant la dernière guerre, la campagne de Xhendremaal fournissait un engrais phosphaté, le long de la ligne du tram. Les puits et galeries étaient rudimentaires, les seaux étaient remontés au bout de la corde du treuil. À la surface, s'élevaient des tas en forme de cônes.

Sports et vie associative

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Notes et références

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  1. Aucune unanimité parmi tous ceux qui, jadis, l’ont nommé et/ou écrit, et aujourd’hui, le prononcent et/ou l’orthographient en wallon : la toponymie et les toponymistes, les dictionnaires, les habitants des villages circonvoisins et surtout les anciens Crisnéens intéressés au premier chef.
  2. Que surviennent deux grosses averses, un orage trop généreux, ou une fonte de neiges trop brutale, et aussitôt à Pont, int' lès trëûs cot'hês et è Sârt, l'exubérance des flots a tôt étranglé les conduites, raviné les chemins, submergé les carrefours ; elle transforme les cours en mares à canards, et le spoiler des voitures en étraves de porte-avions. Au temps de la fabrication à la râperie, l'eau de lavage des betteraves chantonnait en écume sa course ocrée où les écoliers lançaient leurs bateaux de papier à qui accomplirait au plus vite le trajet allant du pont da Henri Bolland jusqu'à la sortie du pré Deltour, en face de chez Djîles da Mélanie.
  3. Pour choisir la future mairie commune aux cinq villages, tout se limita à une question de distances. Comme, à terme, les administrés seraient tenus à fréquenter la même maison communale pour toutes les formalités (naissance, mariage, décès, CPAS, chômage, certificats, etc.), il fallait prendre en compte le bien-être des électeurs, donc la longueur des déplacements. Dès lors, Crisnée, par sa situation centrale, finit par réunir l'unanimité des suffrages.

Références

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  1. Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Louvain-la-Neuve, Peeters, (lire en ligne), p. 105.
  2. édit. 1948, p. 125
  3. Dictionnaire liégeois, 1933, p. 186.
  4. 1949, p. 759
  5. 1 2 https://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK
  6. Note d'origine modifiée
  7. (en) « Crisnée : Wapen - Armoiries - coat of arms - crest », sur heraldry-wiki.com, Heraldry of the World, (consulté le ).
  8. « Commune de Crisnée », sur elections2024.wallonie.be, (consulté le )
  9. « Crisnée en fiche: coordonnées, bourgmestre, coalition et superficie », sur www.uvcw.be (consulté le )
  10. Visitationes I, p. 153

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • Annales de la Société Archéologiques de Bruxelles, XVII, 1903, p. 127.
  • Inventaire analytique des chartes Collégiale Ste-Croix, à Liège, Poncelet, tome I, 1911
  • Ernest Godefroid, Liège 1930, Touring Club de Belgique, Société royale, 1930.
  • Dictionnaire des communes belges, 1933.
  • Jean Haust, Dictionnaire de wallon liégeois, 1933-1938.
  • Jules Herbillon, Bulletin de la Commission royale de Toponymie de la Hesbaye Liégeoisee, Vol XIII : Crisnée, Wetteren De Meester, 1949.
  • Daniel-Rops, L'Église de la Cathédrale et de la Croisade, Arthème Fayard, 1952
  • Dieudonné Boverie, Histoire de Liège, Simonis, 1975
  • Eugène Dethier, 2000 ans de vie en Hesbaye, D'attuatuca à l'E5, 1976.
  • Jean Lejeune, La Principauté de Liège, Eugène Wahle éditeur, 1980.
  • Histoire des Tramways au Pays de Liège, GTF, 1985.
  • Henri Bernard, L'Armée Secrète 1940-1944, Duculot, 1986.
  • Fl. P. Ista, Hannut-Waremme dans la tourmente de la 2e Guerre mondiale, vol III, 1988.
  • Louis Marneffe, Chronique des gens et des choses de Crisnée, 1989
  • Louis Marneffe, Chronique du groupe Zorro, AS Liège-Ouest, 1995.
  • Pierre Henrion, Crisnée - église Saint-Maurice, dans Bulletin de la Commission royale des monuments, sites et fouilles, tome 18, 2004-2005, p. 68-69.

Liens externes

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