Attaque de panique

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Attaque de panique

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Description de cette image, également commentée ci-après

« Le Cri », tableau d'Edvard Munch (1893)

CIM-10 F41.0
CIM-9 300.01
MeSH D016584
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L'attaque de panique (également appelée crise d'angoisse aigüe ou quelquefois crise de panique)[1] se présente sous la survenue brutale d’une sensation de peur intense. Il s'agit généralement un épisode transitoire de sensations de peur (anxiété) et d'inconfort plus ou moins intenses, d'installation typiquement brutale et durant quelques minutes à plusieurs heures. Les symptômes physiques peuvent comporter des sueurs, des palpitations, une impression d'étouffer (dyspnée), des douleurs à la poitrine, des nausées, des picotements (paresthésie). Ces symptômes sont associés à des sensations de perte de contrôle ou de danger imminent sans lien avec la réalité. Le traitement vise essentiellement à rassurer et calmer le sujet, un anxiolytique est utilisé en cas d'échec.

L'attaque de panique peut concerner un grand nombre de syndromes différents, tels que les dépressions, certaines psychoses, des états d’intoxication, et surtout dans différents troubles anxieux et phobiques comme l'agoraphobie[2]. Certains facteurs comme le stress peuvent favoriser la survenue de telles crises.

En cas d'attaques de panique récidivantes, celles-ci peuvent rentrer dans le cadre plus large de trouble panique.

Origine du terme[modifier | modifier le code]

C'est un diagnostic fréquemment posé à partir des années 1980 aux États-Unis avec les classifications DSM. On trouve l'histoire de ce diagnostic chez Pierre Janet et F. Raymond en 1903[3] qui se référent à une définition datant de 1871 et qui émane de C. Westphal, neurologue à Berlin, dans un article publié dans Archiv für Psychiatrie und Nervenkrankheiten : « L'agoraphobie : une manifestation névropathique[4] ». Sigmund Freud parlait lui de « névrose d'angoisse » dont l'une des manifestations était « l'attaque d'angoisse » : « Le mécanisme de la névrose d'angoisse est à rechercher dans la dérivation de l'excitation sexuelle somatique à distance du psychisme et dans une utilisation anormale de cette excitation qui en est la conséquence[5]. »

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Fréquence des troubles[modifier | modifier le code]

On peut généralement considérer que les troubles paniques épisodiques concernent 2% de la population, alors que 1% de cette même population relèvera une atteinte par des troubles paniques, syndrome qui se caractérise par des attaques de panique récurrentes. Cependant une étude anglaise, effectuée auprès d'un échantillon de plus de 8000 personnes, semble prouver une fréquence plus importante, légèrement supérieure à 7%[6].

On peut également estimer que les attaques de panique surviennent le plus souvent chez des personnes plutôt jeunes avec un âge qui se situe entre 15 et 45 ans, et celles-ci sont généralement plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Description[modifier | modifier le code]

La plupart des patients sujets aux attaques de panique rapportent souvent une peur de mourir, de « devenir fou » ou de perdre le contrôle de leurs émotions ou de leur comportement. Ces impressions très pénibles entraînent en général un besoin de fuir le regard des autres en cherchant un endroit isolé où s'enfermer seul jusqu'à ce que le sentiment de malaise disparaisse partiellement ou totalement, ou encore, selon le DSM-IV-TR, « un désir urgent de fuir l'endroit quel qu'il soit où l'attaque est survenue[7] » (réponse combat-fuite, voir agoraphobie).

Une attaque de panique se signale par la survenue de plusieurs autres symptômes parmi les suivants[8] :

  • un sentiment d'angoisse sans raison ;
  • une sensation de catastrophe imminente (peur d'avoir un accident cardiaque ou cérébral par exemple) ;
  • des sueurs froides, des bouffées de chaleur ou des frissons ;
  • des palpitations ou la sensation d'un cœur qui bat trop fort ;
  • des tremblements ;
  • une sensation d'étouffement ou d'étranglement ;
  • des nausées ;
  • des vertiges et une sensation d'évanouissement ;
  • un sentiment d'irréalité ou de dissociation vis-à-vis de soi-même (déréalisation ou dépersonnalisation) ;
  • une impression d'engourdissement, fourmillements après la crise.

Ce qui caractérise une attaque de panique reste aussi la soudaineté de son déclenchement, souvent vécu comme une sensation brutale. Elle intervient sur une période de temps bien délimitée, généralement de quelques minutes.

Causes et facteurs déclenchants[modifier | modifier le code]

Les causes les plus connues d’une crise de panique sont le stress et des phobies récurrentes. Certains types de traumatismes, l’environnement au niveau familial ou professionnel peuvent également entraîner une crise. Certaines substances peuvent aussi causer, voire amplifier des crises de panique, telles que l'alcool et divers stupéfiants [9].

Une attaque de panique peut être spontanée, sans élément déclencheur (elle peut réveiller brutalement quelqu'un qui dormait) ou bien être déclenchée par la confrontation avec l'objet d'une phobie ou des souvenirs (voir syndrome de stress post-traumatique).

Le patient peut associer les attaques de paniques à un ou des lieux précis où elles sont survenues la première fois, ou alors à un ou des moments de la journée et ainsi, se les déclencher à un moment de la journée ou dans un lieu, ce qui peut pousser le patient à rester enfermé chez lui, ou au contraire à ne plus vouloir y retourner (voir agoraphobie).

Causes liés à des prises de substances diverses[modifier | modifier le code]

L'alcool, le cannabis, la cocaïne, des hallucinogènes (LSD), des amphétamines, des produits anticholinergiques, des dérivés nitrés, des hormones thyroïdiennes, des solvants, une intoxication au monoxyde de carbone, des corticoïdes peuvent déclencher une attaque de panique[10].

Le sevrage de certaines molécules peut créer une attaque de panique : alcool, opiacés, caféine, benzodiazépines, certains antihypertenseurs[10]. L'arrêt ou réduction marquée de la dose d'un traitement antidépresseur (syndrome de discontinuation associé aux antidépresseurs) peut également provoquer une ou des attaques de panique.

Causes liées à des états psychologique[modifier | modifier le code]

Phobies[modifier | modifier le code]

Une phobie peut entraîner une attaque de panique en réaction à une exposition à l'objet de leur phobie. Ces crises sont en général courtes et se résolvent lorsque l'exposition cesse.

Environnement[modifier | modifier le code]

Le milieu environnemental (parents anxieux, activité professionnel soumettant la personne à un stress important) peuvent également entraîner des crises d'angoisses qui peuvent devenir récurrentes si la personne atteinte ne s'éloigne pas du milieu contributeur de stress.

Évolution[modifier | modifier le code]

Le trouble panique correspond à la répétition de ces attaques de panique. Le trouble panique peut être accompagné de la crainte persistante de la survenue d'une attaque de panique, de sorte que la personne entre dans un cercle de peur qui va donc croissant.

Diagnostic différentiel[modifier | modifier le code]

Pathologies somatiques[modifier | modifier le code]

Dans la mesure où les symptômes peuvent mimer de nombreuses pathologies graves, le recours aux services d'urgence (SAMU) est souhaitable, surtout en cas de premier épisode. Le médecin des urgences élimine une crise d'asthme, une embolie pulmonaire, un syndrome coronarien aigu.

Anxiété chronique[modifier | modifier le code]

L'anxiété généralisée peut entraîner des situations où une crise succède immédiatement à une autre, suscitant un épuisement nerveux en quelques jours.

Prévention et Traitement[modifier | modifier le code]

Afin d'éviter la répétition d'attaques de panique et éviter que celles-ci évoluent vers un état de troubles paniques, le patient peut bénéficier d'une prise en charge thérapeutique de type analytique ou de type cognitive et comportementale, mais aussi d'un traitement médicamenteux pour lutter contre son état anxieux[11].

Dés la connaissance de l'état anxieux l’orientation du patient vers des techniques de relaxation visant à réduire le stress peut également contribuer à limiter le risque.

Article connexe : Techniques de relaxation.

Traitement préventif[modifier | modifier le code]

Le stress et l'anxiété sont souvent liés et peuvent entraîner, lorsqu'ils sont trop intenses, de graves troubles psychologiques tels que l'attaque de panique. Plusieurs méthodes peuvent être mises en place pour lutter contre l'excès de stress[12].

  • La relaxation
  • Le massage relaxant
  • La thalassothérapie

Ces méthodes, purement préventives, ne doivent être considérée que comme une aide personnelle et ne sont pas assimilables à des soins. En cas de survenance d'une crise ponctuelle, il reste toujours préférable de recevoir un avis médical pour assurer un suivi.

Traitement médicamenteux[modifier | modifier le code]

Le traitement médicamenteux préconisés par les médecins pour empêcher la récidive d'un attaque de panique identifié par leur diagnostic sont généralement des sont des médicaments utilisés contre l'anxiété. Les plus courants étant les traitements à base de benzodiazépine.

Cependant, à chaque fois que l'anxiété est durable, l'action des benzodiazépines qui n'ont pas d'effet « de fond » sur les pathologies anxieuses ou dépressives, la voie dite thérapeutique doit être renforcée en approfondissant du diagnostic pour traiter les causes de l'anxiété excessive qui entraînes ces attaques.

Article connexe : Anxiolytique.

Traitement thérapeutique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site de l'université de Roue, page sur les attaques de panique
  2. Site Vulgaris médcial, page sur l'attaque de panique
  3. P. Janet, Les obsessions et la psychasthénie, Ed Félix Alcan, Paris, 1903.
  4. traduit dans Synapse, 11, 1985
  5. Sigmund Freud, Névrose, psychose et perversion, Presses Universitaires de France, 1999, (ISBN 2130452086)
  6. Site de passeport.net, page sur l'attaque de panique
  7. DSM-IV-TR, Masson, Paris, 2003, page 495.
  8. Le DSM-IV-TR demande ainsi l'occurrence, en moins de 10 minutes, de 4 symptômes sur les 13 qu'il signale (DSM-IV-TR, Masson, Paris, 2003, p. 496).
  9. Site de psychologie.com, page sur l'attaque de panique
  10. a et b J.-P. Boulenger, C. Piquet, E. Corruble, P. Hardy « Troubles anxieux et troubles de l'adaptation » in Polycopié des questions de psychiatrie pour l'examen classant national], Psychiatrie générale, version abrégée (septembre 2007) sous l'égide du Collège national universitaire de psychiatrie, coordination : Pr Thibaut (CHU Rouen), Pr Lejoyeux (CHU Bichat) p. 13
  11. Site d'Eureka santé sur le traitement des attaques de paniques
  12. Site de Madame Figaro, page sur la lutte contre l'anxiété

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • J. Garrabé, « Anatomie d'un diagnostic à la mode : les panics attacks » in L'Évolution psychiatrique, 52, 1, 1987
  • Pierre Janet, Les obsessions et la psychasthénie : Tome 1, Analyse des symptômes, Éditions L'Harmattan, 2005, (ISBN 2747592588)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christophe André, Faire face au trouble panique : almanach, Éd. scientifiques L & C, Paris, 2008, 79 p. (ISBN 2-354-47066-5)
  • André Marchand et Andrée Letarte, La peur d'avoir peur : guide de traitement du trouble panique avec agoraphobie, Stanké, Montréal, 2001, 173 p. (ISBN 2-7604-0620-2)
  • Dominique Servant, Attaques de panique et agoraphobie : diagnostic et prise en charge, Masson, Paris, 2001, 197 p. (ISBN 2-294-00442-6)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Panique, trouble caché, film documentaire réalisé par Pierre H. Tremblay, Jacques Bradwejn et Richard Martin, CNASM, Lorquin, 1998?, 19' (VHS)

Liens externes[modifier | modifier le code]