Crise de la dette des pays en voie de développement

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La crise de la dette des pays en voie de développement a été déclenchée en 1982 par l'incapacité de plusieurs de ces pays à rembourser leurs emprunts, en particulier les pays pétroliers qui s'étaient endettés les années précédentes pour investir à la suite de la hausse des cours du pétrole.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le choc pétrolier de 1973 génère les "eurodollars", des dépôts des pays arabes, effectués en dollars dans les banques anglaises. Ces dépôts servent à octroyer des crédits à de nouveaux pays pétroliers, dont les gisements sont devenus exploitables : Mexique, Venezuela, Indonésie ou Nigeria, sans réel contrôle, dans l'euphorie d'un second choc pétrolier, en 1980, qui quadruple les cours du pétrole. Revers de la médaille, cette flambée de l'or noir fait aussi culminer l'inflation dans les grands pays développés habitués à importer du pétrole.

Pour tenter de stopper l'envolée de l'inflation aux États-Unis, Paul Volcker, président de la Réserve fédérale américaine, remonte progressivement les taux directeurs, jusqu'à 20% en juin 1981. Le dollar rebondit, puis flambe, mettant sous pression la livre sterling anglaise. La Banque centrale anglaise s'inquiète et relève ses propres taux directeurs à 16% en octobre 1981[1]. Toujours en octobre, afin de sortir les pays d'Amérique latine du cercle vicieux de l'endettement, la conférence Nord-Sud de Cancún est organisée, mais elle se solde par un échec.

Ces durcissements monétaires déclenchent une récession mondiale: en 1982, l'économie américaine recule de 2% et la production industrielle anglaise chute même de 10 %[2]. Les débouchés des pays pétroliers s'effondrent, au moment où ils venaient d'investir.

Le Mexique fut le premier pays à annoncer, en 1982, qu'il n'était plus en mesure de rembourser. Face à l'éventualité de perdre les fonds investis, les créanciers proposèrent de nombreux plans d'ajustement structurel (PAS) pour réorienter fondamentalement les économies des pays en difficulté. La plupart de ces plans préconisaient une réduction draconienne des dépenses publiques à caractère social et la mise en œuvre de politiques d'exportation pour compenser le manque à gagner causé par la baisse des cours du pétrole.

La crise de la dette des PVD a traîné en longueur, dans un premier temps car les créanciers refusent de prendre leurs pertes. Le PDG de Citigroup Walter Wriston déclare au New York Times qu'un emprunteur public « ne peut faire faillite[3] ». Les grandes banques créancières sortiront de la crise de la dette des pays en voie de développement, par la titrisation, via les Brady Bonds en 1989. Le plan leur a proposé de refinancer les crédits existants via des emprunts à 30 ans, une durée en général plus longue que celle des prêts en cours. Les nouveaux emprunts sont partiellement garantis par les États-Unis, à condition d'abandonner plus de 50 % de leurs créances.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Entre convictions et obligations: les gouvernements Thatcher et Major face au système monétaire européen, 1979-1997", par Nathalie Champroux, page 87
  2. "Comment Thatcher n'a pas tué l'Angleterre", propos recueillis par MARC VIGNAUD dans Le Point du 15 février 2012 [1]
  3. The alchimy of finance par George Soros, page 99, Editions Plon

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]