Crise économique portugaise

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La crise économique portugaise est une crise économique débutée en 2010 et liée à la crise de la dette dans la zone euro.

Causes[modifier | modifier le code]

Le Portugal, comme la Grèce, a vu ses taux d'emprunt augmenter à la suite de la dégradation de la note de sa dette souveraine, de A+ à A-, par Standard & Poor’s[1]. Le fait que sa dette extérieure (privée et publique) évaluée à près de 100 % du PIB, est essentiellement détenue par des actifs étrangers[2], est à la fois un élément de fragilité et de force, car les pays dont les banques ont prêté peuvent s'inquiéter des conséquences d'un défaut de paiement sur celles-ci. Si le Portugal présente des similitudes avec le cas grec, malgré tout son endettement et son déficit sont moindres[3],[4] et le pays n'a pas présenté des budgets « améliorés ».

Déficit et dette[modifier | modifier le code]

Le Portugal affiche un déficit public de 9,4 % du PIB[3] en 2009, puis 9,8 % en 2010, contre 13,6 % pour la Grèce en 2009. En septembre 2012, la troïka prévoit que le PIB du Portugal baisse de 3 % en 2012, avec un déficit public de 5 %, et une baisse de PIB de 1 % en 2013, avant de retrouver la croissance en 2014[5].

Son endettement public est de 77,4 % du PIB en 2009, et 93 % en 2010, contre 115 % du PIB pour la Grèce en 2009[3],[4]. La dette du Portugal devrait en 2014 représenter environ 124 % de son PIB, d’après l’estimation de la Troïka en septembre 2012.

Aide[modifier | modifier le code]

Le 7 avril 2011, après avoir nié pendant longtemps la nécessité d'un plan de sauvetage, le premier ministre José Sócrates finit par faire appel à au Fonds européen de stabilité financière et au FMI, afin de subvenir aux besoins en trésorerie du pays[6].

Le 16 mai 2011, l'Eurozone annonce que le Portugal va recevoir une aide de 78 milliards d’€ du FMI, du Fonds européen de stabilité financière et du Mécanisme européen de stabilité financière, pour stabiliser ses finances publiques[6]. En contrepartie le Portugal accepte un plan de réduction de son déficit public qui doit être de 9,8 % en 2010, de 5,9 % en 2011, de 4,5 % en 2012 et de 3 % en 2013[7]

Le 7 juin 2012, la banque Millennium BCP a reçu une aide de 3 milliards d’€ de la part du gouvernement[8]

En janvier 2013, la commission européenne approuve une recapitalisation d'un total de 1,1 milliard d'€ de Banco Internacional do Funchal (Banif).

Plan d’austérité[modifier | modifier le code]

Le gouvernement de José Sócrates, puis celui de Pedro Passos Coelho après les élections législatives de juin 2011, mettent en place plusieurs plans d'austérité. Signe positif, la Commission européenne prévoit que le gouvernement sera proche de ses objectifs de réduction du déficit, soit 4,5 % du PIB en 2012, puis 3,2 % en 2013 (contre 3 % selon les prévisions du gouvernement), avec une récession de 3 % en 2012.

En septembre 2010, le gouvernement portugais annonce des mesures d’austérité via des coupes dans les salaires du secteur public et de l’augmentation de certaines taxes[9]. Le 23 mars 2011, le parlement rejette ces mesures d’austérité[10].

En juillet et en aout 2011, le nouveau gouvernement mené par Pedro Passos Coelho annonce pour respecter ce plan, des coupes dans les dépenses publiques, dans les salaires publics, ainsi qu'une augmentation des taxes. Le gouvernement accepte également d’abandonner sa « golden share » (qui permet un droit de veto) dans Portugal Telecom.

Hausse du coût de la vie, des transports, de la santé et de la TVA. Baisse du pouvoir d'achat des Portugais de 6 % en 2012, baisse de 27 % du traitement des fonctionnaires, non-remplacement d’un départ en retraite sur deux, gel du salaire des fonctionnaires sur 4 ans, suppression des 13e et 14e mois pour les fonctionnaires et les retraités aux revenus supérieurs à 1 000 euros puis à l'ensemble des retraités, baisse de salaires d’une moyenne de 5 % des 500 000 fonctionnaires percevant un salaire supérieur à 1 550 euros par mois. Dans le privé, augmentation de l’horaire de travail d’une demi-heure par jour, assouplissement du droit du travail permettant de licencier plus facilement, de limiter l’allocation chômage, de réduire le coût des heures supplémentaires et de diminuer les congés et les jours fériés[11],[12].

En septembre 2013, Pedro Passos Coelho indique que dès le 1er janvier 2013, les cotisations sociales passeront de 11 à 18 %, entraînant mécaniquement une baisse des salaires de 7 %[13].

Conséquence[modifier | modifier le code]

2012

Le second trimestre 2012, le chômage a atteint le seuil de 15 %[14] « Au Portugal, l’accord conclu en 2011 entre Lisbonne et la troïka prévoit une coupe de 670 millions d’euros dans la santé. Le reste à charge des patients a doublé – de 2,25 à 5 euros – pour une consultation en ville et jusqu’à 20 euros pour une visite aux urgences. Seuls les patients à bas revenus, les malades chroniques – si la visite est en lien avec leur maladie – et les personnes handicapées en sont exemptés. »[15]
En septembre, les recettes fiscales chutent de 3,5 % principalement en raison de la baisse de la consommation. L'objectif de 4,5 % sur lequel s'était engagé le gouvernement portugais ne sera pas tenu. Il est en effet évalué entre 6,7 % et 7,1 % du PIB au premier semestre[16] .

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]