Crevette-pistolet

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Crevette-pistolet
Nom vulgaire ou nom vernaculaire ambigu :
l'appellation « Crevette-pistolet » s'applique en français à plusieurs taxons distincts.
Description de cette image, également commentée ci-après
Crevette-pistolet dans un document de 1905

Taxons concernés

Dans la famille des Alpheidae etc.

Le mot composé crevette-pistolet désigne plusieurs espèces de crustacés appartenant à la famille des Alpheidae, mais principalement l'espèce Alpheus dentipes[1]. Claquée brusquement, leur énorme pince produit une violente détonation de près de 220 décibels et une forte chaleur qui peut aller jusqu'à 5 000 kelvin accompagnées d'un puissant jet d'eau, qui vont frapper, voire tuer, la proie (petit poisson ou crevette).

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Caractéristiques physiques[modifier | modifier le code]

La crevette-pistolet mesure 3 à 5 cm. Ses yeux sont protégés par sa carapace, ce qui lui donne une très mauvaise vue. Elle possède un rostre court et non dentelé entre les deux yeux. Ses deux pinces sont asymétriques, la plus grosse mesurant à peu près la moitié de la taille de la crevette. Cette pince lui sert à chasser ou à se défendre en générant une petite explosion produisant une forte chaleur et un son très puissant, inaudible par l'homme mais capable de perturber les radars[2]. Lorsque cette grosse pince est arrachée, l'autre plus petite grossit pour la remplacer et à la place du moignon repousse une petite pince[3]. C'est pour cela que les crevettes pistolet peuvent avoir une grosse pince à gauche ou à droite.

La pince « pistolet »[modifier | modifier le code]

Usage de la pince comme « pistolet »

La crevette-pistolet possède une grosse pince qui, lorsqu'elle la fait claquer, produit une bulle de cavitation hydrodynamique qui implose violemment. La température de l'eau monte alors en un bref point chaud (entre 3 000 et 5 000 kelvin[4],[5]) et une détonation d'environ 220 décibels retentit. La crevette utilise cette « arme » pour stupéfier sa proie, briser sa coquille ou même la tuer. Cette pince se referme à une vitesse d'environ 20 mètres par seconde, ce qui crée un jet d'eau se propageant à plus de 30 mètres par seconde. Ce phénomène est assez semblable à celui produit par les pattes frappeuses des crevettes-mantes, un autre groupe de crustacés marins, non apparenté et plus gros[6].

Mode de vie[modifier | modifier le code]

Symbiose entre la crevette qui a creusé leur cachette dans le sable et un gobie surveillant les alentours pour elle.

Les crevettes-pistolet vivent souvent dans des colonies pouvant aller jusqu'à 300 membres se regroupant dans des éponges ou des coraux. Il n'est pas rare de voir qu'une crevette pistolet partage son trou avec un gobie, un petit poisson vivant dans les fonds marins. De cette coopération résulte une association bénéfique pour ses deux membres. En effet, le gobie ayant une meilleure vue que la crevette il monte la garde pendant que celle-ci s'occupe d'aménager le trou où ils vivront en communauté. Comme la vue de la crevette pistolet est très mauvaise, elle touche son gobie avec ses antennes en permanence afin de s'assurer de sa présence. La crevette pistolet est omnivore à tendance carnivore. Elle se nourrit de petits poissons, de crevettes à chair rose ou de petits crabes.

Noms français et noms scientifiques correspondants[modifier | modifier le code]

Liste alphabétique de noms vulgaires ou de noms vernaculaires attestés[7] en français.
Note : certaines espèces ont plusieurs noms et figurent donc plusieurs fois dans cette liste. Les classifications évoluant encore, certains noms scientifiques ont peut-être un autre synonyme valide. En gras, l'espèce la plus connue des francophones.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La crevette-pistolet
  2. http://pub.dega-akustik.de/ICA2019/data/articles/001376.pdf
  3. https://www.insa.nic.in/writereaddata/UpLoadedFiles/PINSA/Vol53B_1987_1_Art09.pdf
  4. (en) Kenneth S. Suslick, « Sonoluminescence temperatures during multi-bubble cavitation », Nature, vol. 401, no 6755,‎ , p. 772–775 (ISSN 0028-0836, DOI 10.1038/44536, lire en ligne, consulté le 4 septembre 2020).
  5. (en) D. Lohse, Barbara Schmitz et Michel Versluis, « Snapping shrimp make flashing bubbles », sur ResearchGate, Nature Publishing Group, (consulté le 4 septembre 2020).
  6. (en) S. N. Patek and R. L. Caldwell, « Extreme impact and cavitation forces of a biological hammer: strike forces of the peacock mantis shrimp », Journal of Experimental Biology, vol. 208, no Pt 19,‎ , p. 3655–3664 (PMID 16169943, DOI 10.1242/jeb.01831).
  7. Attention aux appellations et traductions fantaisistes circulant sur l'Internet
  8. Nom en français d'après l'Inventaire National du Patrimoine Naturel, sur le site Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN)
  9. a b c d et e Nom en français d'après DORIS (Données d'Observations pour la Reconnaissance et l’Identification de la faune et de la flore Subaquatiques), consulter le site en ligne
  10. Site futura-sciences.com, article de Marie-Céline Ray sur la crevette-pistolet, consulté le 10 décembre 2020.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (en) « Shrimp Snap (and flash) », sur Université de Twente (consulté le 3 juin 2015) : site de l'Université de Twente comprenant des photographies, du son et des vidéos du phénomène.