Magallana angulata

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Magallana angulata (anciennement Crassostrea angulata), appelée également huître portugaise, est une espèce d’huître d'origine asiatique. Probablement introduite au XVIIe siècle au Portugal, elle a été cultivée en Europe à la fin du XIXe siècle. Après une épizootie due à un iridovirus, Crassostrea angulata a presque disparu à la fin des années 1960 et l'espèce a été remplacée par Crassostrea gigas[1],[2]

Histoire en France[modifier | modifier le code]

photo publiée en 1908 dans les Annales de la Société des sciences naturelles de la Charente- Maritime . Banc d'huitres portugaises, introduites, près La Rochelle ; étagées les unes sur les autres. Les générations inférieures sont mortes et envahies par de la vase

Au début du XXe siècle, les naturalistes de Charente-Maritime évoque comme suite à des introductions accidentelles ou volontaires dans les parcs à huîtres de véritables pullulations de l'huitre portugaise en France. « En différentes localités baignées par la Manche, à Deauville, par exemple, on entrepose parfois des huîtres portugaises dans les parcs, mais on n’y a jamais observé la moindre tendance à la reproduction », mais là où de bonnes conditions sont rassemblées, « aux environs de La Rochelle, par exemple, leur développement est véritablement prodigieux ; elles recouvrent d’une enveloppe ininterrompue tous les rochers de la zone soumise au jeu des marées, et forment parfois dimmenses bouquets d’un mètre et plus de hauteur. Quand, à laide d4une pioche, on démolit une de ces agglomérations de bivalves, dont le volume peut atteindre un demi-mètre cube, on s’aperçoit, non sans surprise, quelle a pour unique point d'appui une pierre grosse comme les deux poings. Celle-ci a supporté cinq à six générations d’huîtres étroites et longues, tixées, dressées (...) ; des légions d’animaux trouvent un refuge entre ces milliers de coquilles : ce sont des porcelaines, des vers d’espèces variées et d’innombrables murex, qui vivent aux dépens des huîtres, dont ils perforent les valves. Il y a là un poids énorme de calcaire sécrété par ces animaux, en partant du sulfate de calcium contenu dans l’eau de mer. Ces bouquets dressés peuvent être comparés, dans une certaine mesure, aux récifs qu’édifient les polypiers constructeurs dans les mers chaudes ; mais, infiniment moins résistants, ils ne durent que quelques années. Quand les mollusques du dessous sont morts, leurs coquilles s’effritent, le récif périt par la base ; les vagues d'une tempête l’abattent comme château de cartes. Nous savons tous combien les chutes du promeneur dans ces parages sont dangereuses, car elles (...) »[3]

Phylogénie[modifier | modifier le code]

Plusieurs analyses phylogéniques font apparaître l'« huître portugaise » comme un morphotype local de la Magallana gigas (« huître creuse japonaise »)[4],[5].


Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.hysea-anr.fr/Modeles-biologiques/Les-huitres-Crassostrea-gigas-et-C.-angulata
  2. http://archimer.ifremer.fr/doc/00033/14377/
  3. Annales de la Société des sciences naturelles de la Charente-Maritime ; Société des sciences naturelles de la Charente-Maritime Société des sciences naturelles de la Charente-Inférieure, La Rochelle. Comptes-rendus des travaux Académie de La Rochelle, 1908
  4. (en) Ó Foighil1, D., Gaffney, P.M., Wilbur, A.E. & Hilbish, T.J. (1998). Mitochondrial cytochrome oxidase I gene sequences support an Asian origin for the Portuguese oyster Crassostrea angulata. Marine Biology, 131 (3) : 497-503. Résumé
  5. (en) Reece, K.S., Cordes, J.F., Stubbs, J.B., Hudson, K.L. & Francis, E.A. (2007). Molecular phylogenies help resolve taxonomic confusion with Asian Crassostrea oyster species. Marine Biology, DOI 10.1007/s00227-007-0846-2. Résumé