Cran (typographie)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Composition dans le composteur : on voit le cran dessus, les caractères sont placés tête en bas, donc ils sont en réalité « cran dessous » (Allemagne).
Caractère ligature Garamond : le cran (visible à l’arrière) est « dessous », donc « dessus » à la composition.

En typographie, le cran est une entaille arrondie pratiquée dans le tige d’un caractère typographique en plomb, soit du côté inférieur, soit du côté supérieur, selon les pays.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Le cran permet au typographe, par simple toucher, de placer le caractère dans le bon sens dans son composteur : « cran dessus » ou « cran dessous ».

Cette expression prête à confusion, et Fournier le déplore déjà dans son Manuel[1]. En effet, en France la tradition est de faire le cran dessus, c’est-à-dire en partie supérieure, « du côté où sont les accents ». Mais les typographes disent « cran dessous », car ils placent le caractère tête en bas dans le composteur, donc le cran est en bas. Dans d’autres pays — en Allemagne, en Hollande, en Flandre et même dans le Lyonnais —, c’est l’inverse.

Fournier signale encore que certains caractères portent deux crans au lieu d’un : ce sont les caractères de petits corps, de taille intermédiaire entre des tailles courantes, et qu’il est difficile de distinguer : ce sont les Mignonne (7 pt), Gaillarde (9 pt) et Philosophie (11 pt), qui ne sont que des semi-corps, qui ne diffèrent des autres corps que d’un point typographique, alors que les autres diffèrent de deux points. D’autre part, les imprimeurs pouvaient ajouter, au moyen d’un rabot spécial, des crans supplémentaires pour identifier certains caractères.

Le cran est formé par une saillie de section semi-circulaire dans un des flancs du moule, à l’origine faite avec une section de câble, d’où le cran arrondi, et plus tard on utilisa une réglette, qui donna un cran à bords droits.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Dominique Fertel, La Science pratique de l'imprimerie, Saint-Omer, 1723.
  • Fournier le jeune, Manuel typographique, utile aux gens de lettres, & à ceux qui exercent les différentes parties de l'Art de l'Imprimerie, Paris, 1764 [1].
  • Diderot et d'Alembert, Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers.
  • Henri Fournier, Traité de la typographie, Paris, 1825 ; Bruxelles, 1826 [2].
  • Théotiste Lefèvre, Guide pratique du compositeur d'imprimerie, Paris, Firmin-Didot, 1855 [3].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]