Crétinisme

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Crétinisme

Classification et ressources externes

Description de cette image, également commentée ci-après

« Joseph le crétin », Eugène Trutat, Muséum de Toulouse.

CIM-10 E00
CIM-9 243
DiseasesDB 6612
eMedicine ped/501 
MeSH C05.116.099.343.347
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Le crétinisme ou le crétinisme congénital, est une maladie provoquée par le manque d'hormones thyroïdiennes. Il se caractérise globalement par un arrêt du développement physique et mental à une certaine période de la croissance de l'enfant (en raison de la carence hormonale mentionnée précédemment), une dystrophie des os et des pièces molles, enfin un métabolisme de base diminué. Cette pathologie n'existe plus en France, car l'hypothyroïdie congénitale est dépistée systématiquement à la naissance depuis plusieurs dizaines d'années[réf. nécessaire].

Par ailleurs, le crétinisme peut avoir également pour origine une carence en iode, en particulier dans les régions montagneuses éloignées de la mer. En effet, autrefois, dans ces régions, la source classique de sel était le sel gemme, très pauvre en iode (contrairement au sel marin), ce qui a entraîné jusqu'au début du XXe siècle des carences en iode, caractérisées notamment par la formation d'un goitre caractéristique. C'est ce phénomène, associé à l'endogamie des régions isolées, qui a donné naissance aux expressions de « crétin des Alpes » et de « goitreux du Valais ». L'usage généralisé dans les régions à risque, comme la Suisse, d'un sel de table dont le chlorure de sodium est enrichi en iode, a permis de vaincre ce fléau.

Étymologie du terme médical[modifier | modifier le code]

Bien que l'étymologie du mot « crétin » soit encore considérée comme incertaine par certains auteurs[1], plusieurs spécialistes contemporains de l'étymologie du français, tels Alain Rey[2] ou Walther von Wartburg, estiment que l'explication la plus vraisemblable est de faire dériver crétin de chrétien, par euphémisation, un crétin étant considéré comme un innocent, un bienheureux[3],[4],[5],[6], ou parce que les arriérés étaient recueillis dans les monastères au Moyen Âge[7].

Différentes autres explications ont toutefois été proposées :

  • Pour Émile Littré[8] et Pierre Larousse[9], l'étymologie probable est l'allemand : Kreidling, « crétin », dérivé de Kreide, « craie », à cause de la couleur blanchâtre de la peau des crétins.
  • Le mot pourrait venir aussi du mot latin creta, qui désigne la craie, à cause de la pâleur de ceux qui sont affectés[10] ;
  • Ou de cretira, une pauvre créature en romanche et vieil italien creatus[11] ;
  • Ou de cretia, signifiant créature[12] ;
  • Ou de cresta, la « crête », morceau d’étoffe rouge servant à identifier les « cagots » dans les Pyrénées [13] ;
  • Voire de Kröte, « crapaud »[14].

Clinique[modifier | modifier le code]

Il y a un nanisme dysharmonieux[15], un retard d'éruption des dents et de l'âge osseux avec œdème généralisé et peau sèche. La mandibule est petite, macroglossie avec protrusion, malocclusion dentaire, proalvéolies, diastème et béance intermaxillaires. Retard d'éruption, microdontie et dysplasie de la dentine permanente.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Louis Korpes, « Retour sur textes : Crétinisme », Revue Européenne de Recherche sur le Handicap, vol. 5, no 2,‎ (DOI 0.1016/j.alter.2011.02.008)
  2. Alain Rey (dir.), Le Robert : Dictionnaire historique de la langue française, t. 1, Robert, , p. 947 :

    « Terme originaire des régions alpines de Suisse romande (1680 à Vaud) où existait à l'état endémique un syndrome d'hypothyroïdie (crétinisme) parmi des populations carencées en iode. Ce mot régional est issu du latin christianus (chrétien) avec un traitement de la finale caractéristique du franco-provençal (-ianu donnant -in). L'évolution sémantique s'explique par euphémisme »

  3. Georges Canguilhem, Études d'histoire et de philosophie des sciences, Vrin, (lire en ligne), p. 280
  4. « crétin », sur CNRTL
  5. (de) Christian Schmitt, « Christentum und Kretinismus », dans Romanistisches Jahrbuch, De Gruyter, (DOI 101515/roma.59.2)
  6. (en) John Dennison et Charles Oxnard, « Etymology of the Word ‘Cretin’ », dans Endemic Cretinism, Springer, (présentation en ligne)
  7. Jean-Luc Lambert, Introduction à l'arriération mentale, Mardaga, (lire en ligne), p. 8
  8. Dictionnaire de la langue française, Hachette,
  9. Jardin des racines latines, 1860, par Pierre Larousse, répertorié par la BNF
  10. (de) C. Rösch, Untersuchungen über den Kretinismus in Württemberg, 184l
  11. (en) W. Twining, Some account of cretinism and the institution for its cure, on the Abendberg, J.W. Parker,
  12. (de) J.F. Ackermann, Uber die Kretinen, eine besondere Menschenabart in den Alpen,
  13. F. Michel, Histoire des races maudites de France et de l’Espagne, A. Franck,
  14. (en) P.F. Cranefield, « The discovery of cretinism », Bulletin of the History of Medicine, vol. 36, no 6,‎
  15. http://www.chups.jussieu.fr/polys/endocrino/poly/POLY.Chp.6.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]