Crème glacée

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Crème glacée
Image illustrative de l’article Crème glacée
Crème glacée à la framboise

Lieu d’origine Empire perse (présumé)
Date Antiquité (présumé)
Place dans le service Dessert, commerce de rue
Température de service Froide
Ingrédients Crème, lait, air, jaune d’œuf, sucre, arôme
Mets similaires Cornet à glace, gelato, glace à l'italienne, sorbet, yaourt glacé, milk-shake, sandwich à la crème glacée, dondurma
Classification Dessert, cuisine de rue

La crème glacée ou glace en France ou ice cream en anglais, est une recette traditionnelle de dessert glacé, artisanale ou industrielle, à base de crème ou de lait, d'air, de jaunes d'œufs, de sucre, et de divers arômes.

Elle diffère du sorbet, composé de sirop de sucre (50 % d'eau et 50 % de sucre) et de pulpe de fruit, ou d'arôme, ou d'alcool.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les plus anciens sorbets glacés connus du monde datent de l'empire perse, durant l'Antiquité, recettes à base d'eau, de crème ou de lait, diffusées progressivement avec le temps dans le monde. De la glace naturelle était prélevée en hiver dans des lacs et des mares, et conservée dans des glacières (des trous dans le sol). La civilisation gréco-romaine fabriquaient des recettes avec du miel et des jus de fruits. L'empereur romain Néron faisait transporter par bateau de la neige et de la glace de montagnes enneigées ou de volcans comme l'Etna en Sicile, conservées dans des « puits à neige[1] ».

Le marchand explorateur italien Marco Polo rapporte en Italie et en Sicile, de ses voyages en Chine au XIIIe siècle, de nombreuses recettes de glaces produites toute l'année grâce à une technique chinoise ancienne de ruissellement d'un mélange d'eau et de salpêtre sur un récipient contenant la préparation[2]. Les glaces sont d'abord réservées aux tables des cours royales et papales.

La reine de France Catherine de Médicis (épouse du roi Henri II de France) serait à l'origine de la diffusion en France, au XVIe siècle, des asperges, des tomates, des macarons, et du sorbet, donnant naissance à la « révolution gastronomique française[3] ».

Le cuisinier italien Francesco Procopio est considéré comme le père de la crème glacée en France, dont il insuffle avec succès la mode dans son Café Procope, fondé à Paris en 1686. Les glacières à base de fosses de dizaines de mètres couvertes d'un toit isolant, dans lesquelles s'alternaient des couches de paille et de glace, permettaient alors de garder de la glace jusqu'en été, nécessaires à la fabrication et conservation des produits glacés. Elles se multiplient avec l’essor de ce commerce qui devient un privilège de la noblesse par une loi de 1701[4]. A cette époque, la cour de France du roi Louis XIV, pouvait consommer des crèmes glacées l'été grâce à treize glacières du parc du château de Versailles[5].

En 1775, parait le premier livre italien consacré à la fabrication des glaces, apparues dès le XVIe siècle, De sorbetti de Filippo Baldini[6].

La technique des glacières se diffuse entre autres dans les domaines agricoles (dont ceux des présidents américains George Washington et Thomas Jefferson). À partir des années 1820, Frederic Tudor, de Boston, développe un nouveau commerce de la glace en exploitant la glace naturelle de Nouvelle-Angleterre pour la vendre dans le monde entier.

Des marchands de glaces développent avec succès la crème glacée de commerce de rue des cités à partir de la fin du XIXe siècle. La première mention de cornet à glace de crème glacée (« élaborés avec des amandes et cuits au four ») apparaît dans le livre de cuisine Mrs. A. B. Marshall's Book of Cookery en 1888, de la cuisinière anglaise Agnes Marshall (surnommée « la reine des glaces »). Le cône de crème glacée est popularisé aux États-Unis à l'occasion de l'Exposition universelle de 1904, à Saint-Louis (Missouri).

Crème glacée 02.jpg

L'invention et la diffusion des premières sorbetières des années 1830, et des premiers congélateurs des années 1830, contribuent depuis à la démocratisation de la crème glacée artisanale ou de grande distribution dans le monde. Quelques cuisiniers-scientifiques (dont Hervé This) contribuent à développer au XXe siècle la gastronomie moléculaire à base de crèmes glacées fabriquées avec de l'azote liquide.

Législation[modifier | modifier le code]

Il existe quatre types d'appellations règlementées et cinq types d'appellation non réglementées : dans la première figurent les crèmes glacées, les glaces aux œufs, les glaces standards (par exemple, glace à la vanille) et les sorbets ; dans la deuxième, figurent les biscuits glacés, les bombes, les parfaits, les mousses aux fruits et les mousses aux œufs.[Où ?][réf. souhaitée]

GelatoAmorino-3.jpg

Poids économique[modifier | modifier le code]

Bien qu'en légère régression (en consommation annuelle par personne) dans les pays riches, le marché des crèmes glacées, lié à celui de l'industrie laitière, a un poids considérable. Les États-Unis ont produit à eux seuls 4,9 milliards de litres de glace en 1988. Les principaux importateurs de crèmes glacées et d’autres aliments glacés, en 2005, ont été le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, devant l’Espagne, les Pays-Bas et la Belgique[7].

Elle approche ou dépasse souvent les 10 litres par habitant et par an, essentiellement achetée en format familial dans les pays disposant d'une bonne infrastructure de distribution commerciale. Dans certains pays, notamment le Canada, la part de marché du yaourt glacé, associé à un produit moins riche en matière grasse progresse rapidement 4 % des ventes en 2005)[7].

Quelques spécialités et variantes de crèmes glacées[modifier | modifier le code]

Musées[modifier | modifier le code]

  • 2006 : ouverture du musée de la glace de Tokyo (avec des glaces aux goûts les plus variés et les plus inattendus).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Source : La Confédération Nationale des Glaciers de France (CNGF)

  1. (en) Tamra Andrews, Nectar and Ambrosia : An Encyclopedia of Food in World Mythology, ABC-CLIO, , p. 121.
  2. École Lenôtre, Les Recettes glacées de l'école Lenôtre, éd. Jérôme Villette, 1995, 150 p. (ISBN 2-86547-036-9).
  3. Janine Garrisson, Catherine de Médicis. L'impossible harmonie, Payot, , p. 132.
  4. Restaurer son patrimoine, document du Conseil Général du Loiret.
  5. Petit Trianon - Glacière 2.jpg.
  6. François-Régis Gaudry, p. 4
  7. a et b Données économiques / 2005

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François-Régis Gaudry avec Alessandra Pierini, Stephane Solier, Ilaria Brunetti, On va déguster l'Italie, Vanves, Hachette Livre (marabout), , 464 p. (ISBN 978-2-501-15180-1).

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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