Couvent Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers

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Couvent Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers
Église Sainte-Catherine-de-la-Couture
Couvent et église Sainte-Catherine sur plan de Turgot de 1737
Couvent et église Sainte-Catherine sur plan de Turgot de 1737
Présentation
Culte Catholique romain
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Paris
Ville Paris
Coordonnées 48° 51′ 19″ nord, 2° 21′ 46″ est

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Couvent Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers Église Sainte-Catherine-de-la-Couture

Géolocalisation sur la carte : 4e arrondissement de Paris

(Voir situation sur carte : 4e arrondissement de Paris)
Couvent Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers Église Sainte-Catherine-de-la-Couture

Le couvent Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers, également appelée prieuré ou monastère ou église Sainte-Catherine-de-la-Couture à Paris (IVe arrondissement) est une ancienne église parisienne fondée par les sergents d'armes de la garde du roi, en mémoire de la bataille de Bouvines puis détruite à la fin du XVIIIe siècle. Ces dépendances servirent de cimetière.

Situation[modifier | modifier le code]

Le bâtiment était situé à l'intérieur d'un quadrilatère rue de Turenne, rue de Jarente, rue de Sévigné, rue Saint-Antoine[1] et occupait l'emplacement de l'actuelle place du Marché-Sainte-Catherine.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1201, quatre professeurs de l'Université de Paris, préférant la solitude au monde et la vie privée à la réputation que leurs lumières et leurs talents leur avaient acquise, se retirent dans une vallée déserte de la Champagne où ils bâtissent des cellules et un oratoire, fondations du premier prieuré du Val des Écoliers. Leurs écoliers les y suivent. Une congrégation se forme, dite l'ordre du Val-des-Écoliers. Les jeunes gens qui la composent font le vœu de chasteté sous le patronage d'une vierge, sainte Catherine. Moins de trente ans après, cet ordre compte vingt prieurés.

En 1228, l'un de ces prieurés est établi à Paris par Nicolas Giboin, bourgeois qui cède trois arpents de terre (environ un hectare) qu'il possède près de la porte Baudet à l'extérieur de l'enceinte de Philippe-Auguste (aux alentours de l'actuelle rue de Sévigné). L'église est alors fondée par les sergents d'armes de la garde du roi, en mémoire de la bataille de Bouvines. Le roi saint Louis pose la première pierre du couvent en 1229 et le dote de revenus.

Voici les inscriptions qu'on lisait sur deux pierres du portail, où l'on voyait l'effigie de saint Louis entre deux archers de sa garde :

« À la prière des sergents d'armes, monsieur sainct Loys fonda ceste église et y mist la première pierre ; et fust pour la joye de la victoire qui fust au pont de Bovines, l'an 1214. »

« Les sergents d'armes pour le temps gardoient ledit pont, et vouèrent que si Dieu leur donnoit victoire, ils fonderoient une église en l'honneur de madame saincte Katherine ; ainsi fust-il. »

L'établissement faisait partie de l'Université de Paris. Les sergents d'armes font de cette église le siège de leur confrérie, et presque tous y ont leur sépulture. Ainsi, y sont enterrés les maréchaux de Champagne et de Normandie tués sur l'ordre d'Étienne Marcel ; devant son portail sont exposés les cadavres d'Étienne Marcel et de cinquante-quatre de ses compagnons tués à la porte Saint-Antoine, et dans son cimetière sont enterrés secrètement Jean Desmarets et d'autres victimes de la révolte des Maillotins de 1383.

En 1234 est fondée la première maison fille de Sainte-Catherine, le prieuré du Val-Saint-Éloi, entre Chilly et Longjumeau.

Le cloître fut construit par le Trésorier du Temple Jean de Milly et d'autres frères du Temple ont fait bâtir à leur frais l'infirmerie et le mur de clôture. L'église de style gothique en forme de croix latine était assez vaste, environ 50 mètres de long. Son portail s'ouvrait en face de l'actuelle caserne des Pompiers de la rue de Sévigné et on accédait au transept par un passage sur la rue Saint-Antoine à l'emplacement de l'actuelle rue Caron[2].

Le cloître et les bâtiments du prieuré étaient bordés par un jardin qui s'étendait jusqu'à l'emplacement de l'actuelle rue Turenne (du n° 5 au n° 17).

Louis XI octroie des dons à l'église le 22 octobre 1461 et le 3 juin 1477[3]. Il confirme encore ses privilèges en juin 1480[4].

Le Jean Trigeau, plâtrier à Paris rue des Petits-Champs, prend à bail une maison servant « a cuyre et a batre plastre avecques ung lieu servant a mettre la pierre, sise en la deuxième cour du prieuré Sainte-Catharine-du-Val-des-Écoliers et appartenant à cet établissement, moyennant 16 livres tournois[5] »

En 1629, l'ordre de Sainte-Catherine est réuni à la congrégation de Sainte-Geneviève. La maison de la rue Saint-Antoine devient alors le noviciat de cette congrégation. En 1661, le portail est de l'église est reconstruit. Armand-Charles de La Porte de La Meilleraye, duc Mazarin, en pose la première pierre : la médaille commémorative de l'événement est conservée à Paris au musée Carnavalet[6].

En 1767, comme les bâtiments tombent en ruines, ce noviciat est transféré dans la maison des Jésuites, dont l'ordre vient d'être supprimé. Dans cette translation, le prieuré est démoli en 1773-1774 et l'église en 1777. À son emplacement, on aménage en 1783 sur les plans de Soufflot la place du Marché Sainte-Catherine, les rues d'Ormesson, de Jarente, Necker, Caron et l'impasse de la Poissonnerie.

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Les sergents d'armes[modifier | modifier le code]

Cimetière[modifier | modifier le code]

Germain Pilon, Tombeau de Valentine Balbiani (1518-1572) (1574), marbre, Paris, musée du Louvre. Valentine Balbiani est l'épouse du futur cardinal René de Birague.

Furent inhumés dans le couvent :

Certains des tombeaux furent transférés dans l'église Saint-Louis-des-Jésuites lorsque les Génovéfains vinrent occuper, en 1768, l'ancienne maison professe des Jésuites.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Monastère ou prieuré de Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers.
  2. Jean-Claude Garret, La rue des Francs-Bourgeois au Marais, Délégation à 'action artistique de la Ville de Paris, , 304 p. (ISBN 2 905118 43 1), p. 38-44
  3. [https://books.google.fr/books?id=4-ZZAAAAYAAJ&pg=PA131 Lettres patentes de Louis XI, le 22 octobre 1461
  4. https://books.google.fr/books?id=j3kUAQAAMAAJ&pg=PA547 Lettres patentes de Louis XI, Paris, juin 1480].
  5. Claire Béchu, Florence Greffe, Isabelle Pébay, « N° 306, au dos du N°305 »[De quoi ?], in Minutier Central des notaires de Paris, minutes du XVe siècle de l'étude XIX, inventaire analytique, Paris, Archives nationales, 1993.
  6. ND31.
  7. Prénommé dans les ouvrages Raoul II on le trouve ici sous le prénom de Jean II

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]