Couteron

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Couteron
Couteron
Rue principale du hameau de Couteron.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Bouches-du-Rhône
Arrondissement Aix-en-Provence
Canton Aix-en-Provence-Nord-Est
Intercommunalité Communauté d'agglomération du pays d'Aix
Commune Aix-en-Provence
Code postal 13100
Géographie
Coordonnées 43° 35′ 59″ nord, 5° 26′ 48″ est
Altitude Min. 335 m
Max. 366 m
Localisation

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Coutheron , CPA années 1970.

Couteron[1] est un hameau de la commune d'Aix-en-Provence, qui dépend du village de Puyricard, auquel il est rattaché paroissialement depuis la Révolution française, avec la commune de Venelles.

Il appartient au canton d'Aix-en-Provence-Nord-Est et à la paroisse de Puyricard.

Château de La Brillanne.

Couteron possède une école communale publique. Il abrite également deux domaines viticoles, le domaine de la Brillane[2] et le chateau Levesque. Quelques bastides et châteaux composent sa campagne comme le château de La Brillanne ou la bastide de Saint Simon.

Histoire[modifier | modifier le code]

Alors que la campagne aux alentours de Puyricard semble désertée entre le milieu du XIVe siècle et celui du XVe siècle, et qu'aucune trace de son centre ancien ne persiste[3], ses habitants, comme ceux des fermes environnantes, sont partis pour la ville d'Aix.

Pour autant, les terres ne cessent pas d'être cultivées. Le terroir continue d'être exploité. Ainsi, en 1428, une vingtaine d'habitants d'Aix possèdent une terre qu'ils exploitent à Puyricard.

Pendant cette période, seule une bastide y est construite : celle d'Antoine Isnard, maître rational à la Cour des Comptes, en 1411 ; un bâtiment de dix mètres sur cinq et comptant trois étages[3].

Il est possible que cette désertion, d'ordre économique principalement, n'a pas contribué à donner à Puyricard une identité de réel village et, même lorsque la population s'y installe à nouveau, le village ne restera désormais qu'un quartier périphérique d'Aix[3].

Dès cette époque se développent des hameaux périphériques à Puyricard et englobés dans la même paroisse ; Couteron et Pontès en sont les principaux exemples.

Coutheron se développe alors et compte 124 habitants en 1820[4].

En mai 1927, après une délibération mucipale, l'électricité fait son apparition au hameau[5], suivi d'une cabine téléphonique[6], et une arrivée en eau potable des hameaux de Fontrousse et Coutheron[7].

En 1935, on y trouve une école mixte et la paroisse de Notre-Dame de Couteron compte 244 paroissiens.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Église de l'Immaculée-Conception[modifier | modifier le code]

Église de l'Immaculée-Conception.

L'église de Couteron, connue sous le vocable d'église de l'Immaculée-Conception, est située à égale distance entre Couteron et le hameau de Fontrousse qu'elle dessert également. Elle se trouve à l'intersection de la rue Yvette-Bonnard, artère principale du village, et le chemin de Fontrousse. Sur sa façade trône une statue de la Vierge dont André Hamon dit qu'« elle domine toute la plaine[8] ».

Château de La Brillanne[modifier | modifier le code]

Le château est situé à Coutheron, hameau de Puyricard au Nord de la commune d'Aix-en-Provence et au pied de la chaîne de la Trévaresse.

Propriété atypique de la région, la construction d'origine date du XVe siècle.

Au cours des siècles, des remaniements successifs ont modifié le bâtiment d'origine. À la fin du XIXe siècle La Brillanne alors bastide traditionnelle avec son toit à quatre pentes, va connaitre une véritable révolution architecturale : l'ajout de quatre tours aux quatre angles du bâtiment. Depuis 1894 La Brillanne est dotée d'une architecture atypique pour la région provençale.

Les familles[modifier | modifier le code]

Les terres où se trouve La Brillanne dépendaient en 1300 de la famille de Baux, seigneur de Puyricard, jusqu’en 1500 vraisemblablement.

Puis les terres furent propriété de la famille d’Estienne de Chaussegros, seigneur de Saint Jean de la Salle et Comte de Prunières, issue de Jean D'Estienne, Notaire, Consul d'Aix et Procureur du pays en 1560 et Seigneur de Saint Jean de la Salle aujourd'hui Château du Grand Saint Jean entre Rognes et Eguilles. (Il se marie 10 octobre 1527 à Antonone d’Ubaye de Meyran.)

La cinquième génération, à travers Louis d’Estienne seigneur de Saint Jean de vaugine comte de Prunières, Conseiller au parlement du Dauphiné (marié à Grenoble le 14 juillet 1694 à Marie Thérèse de Puvelin Alleman de Chatte née en Isère en 1672), vendra les terres en 1735.

En 1735 la famille Joanis de la Brillanne achète les terres.

Cette famille aujourd’hui éteinte possède depuis la fin du XVe siècle son tombeau dans l’église Sainte Magdeleine à Aix-en-Provence.

Jean Louis de Joannis marquis de La Brillanne chevalier d’Aix, Consul et Procureur du pays d’Aix, né le 24 avril 1714, baptisé le 28 en l’église de la Madeleine d’Aix (parrain : Louis de Demandolx seigneur de la Palu, marraine : Elisabeth de Damat de la Brillanne), épouse le 25 février 1760 en l’église de Venelles, Pélagie de Guerin fille de Nicolas écuyer, conseiller du roi demeurant en Artois, et d’Angèle BRINY, en présence de François Xavier de Fulconie, Joseph de Menc, Augustin François de Lévesque, tous trois conseillers à la cour de Comptes, et François Charles Racine Dupuy capitaine au régiment de Cambis.

Leur fille, Charlotte Angélique de Joannis marquise de La Brillanne née dans la bastide le 2 aout et est baptisée le 5 août 1760 en l’église de Puyricard (parrain Charles de Joannis de Châteauneuf, ancien officier de galère, chevalier de Saint-Louis, marraine Catherine Angèle Guérin de Racine), épouse le 21 octobre 1783 en l’église de la Madeleine d’Aix, Louis François FRANC, avocat au Parlement de Provence.)

Par alliance les terres passent en possession de la famille Duveyrier.

Martial Duveyrier, Lieutenant colonel de gendarmerie aura une fille unique, Zoé Catherine.

Elle se mariera en 1796 à Marie Philip de Rambert.

Leur fille Zoé Philip de Rambert née en 1797 se marie en 1818 à Amédé Etienne Joseph Geneviève de Coye de Castelet originaire des Baux de Provence.

La famille de Coye de Castelet possédait également l'Hotel Courtès sur le Cours Mirabeau. Cette famille fut anoblie par charge en 1745.

Paul de Coye de Castelet naquit à La Brillanne le 19 septembre 1867.

La propriété passe ensuite après la 2ème guerre entre les mains de la famille Latil.

Architecture de La Brillanne[modifier | modifier le code]

À l’origine, une véritable bastide avec une façade simple, à deux étages généreusement percée de cinq fenêtres pour profiter du jardin ;

Un toit à quatre pentes ornées de génoises, des corniches de tuiles dont le nombre de rangées indique la qualité du propriétaire (trois valent signe de noblesse, les propriétaires de La Brillanne portaient le titre de marquis).

Au XIXe siècle, la Brillanne se voit rajouter un étage ainsi que quatre tours carrées à chaque angles ce qui lui vaut dès lors l’appellation de château, ainsi qu’un toit d’ardoises.

Dès lors, l’architecture du château sera atypique au sein de la campagne aixoise.

La Brillanne conserve les éléments bastidaires extérieurs classiques[modifier | modifier le code]
  • Dépendances attenantes ;
  • Aire de battage ;
  • Colombier ;
  • Jardin à la française du XVIIIe siècle avec ses allées de buis, et ses parterres gravillonnés, et de verdure ;
  • Une « tèse » (grande allée plantée d'arbustes à baies, de chênes, de pins, formant une couverture végétale espace ombragé permettait de rafraîchissantes promenades en été, mais pas seulement. Lorsque les baies mûrissaient à l'automne, au moment où passaient les oiseaux migrateurs, on fermait la tèse à l'aide de filet afin d'y attraper les passeraux. On y pratique la « chasse des dames » et des paresseux : un filet est tendu au centre de l'allée, et aux deux extrémités, les chasseurs criant et tapant des mains pour effrayer les oiseaux, les rabattent vers le filet où on les attrape à mains nues)
  • Un bois à l’est de la maison de maître ;
  • Une entrée monumentale avec une grille en fer forgée qui indiquait sans ambiguïté la puissance et la richesse des maitres des lieux ;
  • La porte d'entrée est surmontée d'une couronne de marquis ;
  • Des Bassins alimentés par une source naturelle descendant de la Trévaresse ;
  • Un Lavoir ;
  • Des fontaines ;
  • La montagne Sainte-Victoire en perspective.
Les éléments intérieurs ont été conservés également[modifier | modifier le code]
Château de La Brillanne.
  • Un vestibule avec carreaux en damiers noirs et blancs ;
  • Des carreaux de ciments du XIXe siècle ;
  • Des cheminées en marbre du Tholonet mais aussi en bois noble ;
  • Des gypseries dorées témoignant de la richesse de la famille du marquis ;
  • Un escalier en bois central ainsi qu’un escalier de service ;
  • Une fontaine de marbre ;
  • Une cave renfermant des tonneaux, vestiges de l’activité viticole du château.

Patrimoine archéologique[modifier | modifier le code]

Plusieurs découvertes archéologiques ont été faites à Couteron depuis la fin du XIXe siècle. Un site du Haut-Empire y a été reconnu mais on en ignore la fonction. Peut-être s'agit-il d'une villa[9]. Des vestiges gallo-romains ont aussi été découverts près de l'ancienne chapelle de Couteron. Ils contenaient notamment des fragments de sigillée sud-gauloise, un fragment d'amphore gauloise, un anneau en terre cuite et des fragments de verres décorés de godrons[10].

En 1981, des structures bâties ont aussi été trouvées à Couteron, à l'ouest de l'école. Un sol en béton de 30 centimètres de profondeur et deux murs délimitant l'angle d'une pièce ont été mis au jour. On a trouvé à l'occasion les restes d'un égout[9]. Ces vestiges ont depuis été détruits.

Enfin, à 200 mètres au nord de l'église de Couteron ont été trouvés des restes maçonnés d'époque romaine. Ils étaient accompagnés d'objets que l'on a estimés entre le Ier siècle et le IVe siècle. Une hache polie, sans doute utilisée dans un but prophylactique, a notamment été découverte en cette circonstance[9].

Environnement[modifier | modifier le code]

Le village de Couteron possède une micro-station de traitement des eaux du Verdon visant à une consommation locale[11].

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'orthographe ancienne « Coutheron » est aussi utilisée pour désigner le hameau. Le nom « Couteron » provient du nom d'une vieille famille provençale propriétaire terrien sur la commune. Jusqu'au milieu des années 1990, les habitants originaires de Couteron écrivaient « Coutheron ». Mais, lors d'un changement de panneau d'entrée d'agglomération, par les services communaux de la ville d'Aix-en-Provence, le h disparaît. En provençal, Coutheron est écrit Couteroun (cf. Lou Tresor dou Felibrige, Frédéric Mistral). On trouve aussi dans la même référence Nostro Damo de Couteroun, francisé en « Notre-Dame de Coutheron », vocable utilisé pour désigner l'église de l'Immaculée-Conception.
  2. La Brillane, site officiel.
  3. a, b et c « Encore les villages disparus : dépeuplement et repeuplement autour d'Aix-en-Provence (XIVe-XVIe siècle) », in Annales, économie, sociétés, civilisations, Noël Coulet, vol. XXVIII, n° 6, 1973, p. 1463-1483.
  4. Les Bouches-du-Rhône, encyclopédie départementale, vol. XIV : « Monographies communales, Marseille- Aix- Arles », Paul Masson, Fernand Benoit, Paris, Marseille, 1935, p. 559.
  5. « électrification de Coutheron - 1927 », sur gallican.bnf
  6. « Délibération cabine téléphonique Coutheron », sur gallica.bnf
  7. « Aix - Installation de pompes sur les puits communaux - Demande de subvention », sur gallican.bnf
  8. Notre-Dame de France ou Histoire du culte de la Sainte-Vierge en France depuis l'origine du christianisme jusqu'à nos jours, par André Jean Marie Hamon, curé de Saint-Sulpice, 7e vol., Paris, 1866, p. 186.
  9. a, b et c Carte archéologique de la Gaule : Aix-en-Provence, pays d'Aix, val de Durance, 13/4, Fl. Mocci, N. Nin (dir.), Paris, 2006, Académie des inscriptions et belles-lettres, ministère de l'Éducation nationale, ministère de la Recherche, ministère de la Culture et de la Communication, maison des Sciences de l'homme, centre Camille-Jullian, ville d'Aix-en-Provence, communauté du pays d'Aix.
  10. A. Roth, Aix-en-Provence et son territoire à l'époque gallo-romaine, mémoire de maîtrise, Aix-en-Provence, université de Provence, 1972, p. 99.
  11. « Circuit de distribution de l’eau potable », mairie d'Aix-en-Provence.

Liens externes[modifier | modifier le code]