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Couroupita guianensis

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Couroupita guianensis
Description de cette image, également commentée ci-après
Boulet de canon en Inde.
Classification
Règne Plantae
Sous-règne Tracheobionta
Division Magnoliophyta
Classe Magnoliopsida
Sous-classe Dilleniidae
Ordre Lecythidales
Famille Lecythidaceae
Sous-famille Lecythidoideae
Genre Couroupita

Espèce

Couroupita guianensis
Aubl.,1775

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

L’arbre boulet de canon, Couroupita guianensis Aubl. (1775) est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Lecythidaceae.

C'est un arbre à feuillage persistant de la même famille que le noyer d'Amazonie (Bertholletia excelsa), originaire du nord d'Amérique du Sud, d'Amérique tropicale et du sud des Caraïbes. Il est cultivé dans de nombreuses autres régions tropicales pour ses belles fleurs parfumées.

Couroupita guianensis a le statut d'espèce déterminante ZNIEFF en Guyane[1].

Très planté dans les temples en Inde, cet arbre est appelé l'arbre « nagalingam » en tamoul. Il est considéré comme sacré par les hindous puisque sa fleur ressemble à un Nâga, un serpent sacré sur le shiva lingam.

Dénomination erronée au palais royal de Phnom Penh.

Mais il se trouve souvent planté en Asie avec des dénominations assez farfelues comme Shorea robusta ou encore Pentacme siamensis, ces dénominations faisant référence au Sal ou Sâla (Shorea robusta). Le Sal est un arbre sacré aussi bien pour le bouddhisme que pour l’hindouisme ou le jaïnisme.

Cette erreur a probablement pour origine le mauvais étiquetage d'un couroupita par les jardiniers du palais royal au Cambodge, erreur diffusée ensuite très largement en toute innocence, en particulier sur le web, par des visiteurs, avec leurs photos du Couroupita légendé Shorea ou pentacme.

Description

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30 à 35 m de hauteur, avec des tiges terminées par des feuilles disposées en rosette. Les fleurs sont orange, écarlates ou roses formant des grappes mesurant 3 m de longueur. Elles sont composées de six pétales, sont assez grosses, mesurant jusqu'à 10 cm, et ont une odeur agréable[2]. Elles donnent de gros fruits sphériques et ligneux de 15 à 24 cm de diamètre, contenant de nombreuses (200 à 300) graines. La pulpe du fruit bleuit à l'air libre et a une odeur désagréable.

Comme les cocotiers, ces arbres ne devraient pas être plantés à proximité des chemins ou des zones de circulation, car ses lourdes noix sont connues pour tomber soudainement. Toutefois, il est très largement utilisé comme arbre d'ornement sur les trottoirs et les places à Rio do Janeiro (comme place Largo do Machado à Catete).

Histoire naturelle

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En 1741, Barrère écrit sur cette plante ainsi[3] :

« PEKIA fructu maximo, globoſo. Kouroupitoutoumou. Boulet de canon. On trouve dans l'Appendix de Marcgrave, pag. 293[4] la figure de cet arbre ſous le nom de Pekia, dont je me fuis ſervi pour déſigner ce nouveau genre de Plante, auquel les Créoles ont donné le nom de Boulet de canon, ſans doute à cauſe de la groſſeur & de la figure ſphérique du fruit. »

En 1775, le botaniste Aublet propose la diagnose suivante pour Couroupita guianensis[5] :

Couroupita guianensis par Aublet (1775)
Le fruit repréſenté eſt diminué conſidérablement ; le pépin eſt de grandeur naturelle. - Capſule. - 2. Rebord forme par les débris du calice. - 3. Place du ſtigmate. - 4. Capſule coupée en travers. dans laquelle on voit la ſeconde capſule & ſix loges. - 5. Seconde capſule ſéparée. - 6. Semence[5].
« COUROUPITA Guianenſis foliis quinatis, emarginatis, fructu globoſo, rureſcente. (Tabula 282.)

Pequea ſive Pekia. Pis. Hiſt. Braſ. pag. 141. edit. 1658[6].

Pekia fructu maximo, globoſo, KOUROUPITOUTOUMOU ; BOULET DE CANON. Barr. Franc. Equinox. p. 92.

Arbor trunco viginti & triginta-pedali, ad ſummitatem ramoſo ; ramis undique ſparſis ; ramulis folioſis. Folia alterna, ovato-oblonga, acuta, glabra, rigida, integerrima, petiolata. Flores alternatim difpoſiti in ſpicam oblongam ſuper truncum & ramos prodeuntem. Pedunculus riorum ad bafim ſquamula decidua, & duabus aliis propc calicem munitur. Corolla ampia, incarnata, gratum odorem exhalans. Fructus rufeſcens, pa4udolus : pulpa interior ſaporis acidi.

Floret 3 fructumque ſert variis anni temporibus.

Nomen Caribaeum COUROUPITOUTOUMOU ; Gallicè BOULET DE CANON.

Couroupitæ flos idem eſt ac lecythidis, at fructus diverfus eſt.
 »

« LE COUROUPITE de la Guiane.. (PLANCHE 282.).

Le Couroupite eſt un arbre qui s'élève a une grande hauteur. Son tronc a ſouvent plus de deux pieds de diamètre. Son écorce eſt épaiſſe, gerſée & raboteuſe. Son bois eſt blanc, intérieurement rougeâtre, & n'a pas une grande ſolidité ; c'eſt pourquoi il eſt rarement employé. On en trouvé des pieds iſolés dans les abattis de Maturi, & alors cet arbre ne s'élève pas ſi haut, & n'eſt pas ſi gros qu'il eſt en pleine forêt. Au ſommet du tronc naiſſent des branches qui ſe répandent en tous ſens ; elles portent des rameaux chargés de feuilles alternes, ovales, liſſes, entières, longues d'un pied, & larges de quatre pouces.

Les fleurs naiſſent ſur le tronc & ſur les branches ; elles ſont portées ſur des tiges diſpoſées en épis, ſimples, fermes, droites & ligneuſes. Ces fleurs, ſont rangées alternativement, & ont chacune un pédoncule court, fermé, ſoutenu à ſa baſe par une écaille qui tombe de bonne heure. Ce pédoncule a encore deux petites écailles vers la naiſſance du calice.

Le calice à ſon ſommet eſt diviſé en ſix parties concaves, charnues & verdâtres.

La corolle eſt partagée en ſix grands lobes entiers, inégaux, concaves, de couleur de roſe un peu fonce, quatre ſont plus petits & deux plus grands, ils tiennent par un onglet large, épais, charnu, blanchâtre, à la baſe des diviſions du calice, & enſuite s'uniſſent à un diſque qui couvre le ſommet de l'ovaire ; ce diſque eſt formé par un feuillet charnu, percé dans ſon centre, & garni d'étamines dans preſque toute ſa ſurface ; le bord de ce diſque, qui eſt du côté des quatre petits lobes, s'allonge de quelques lignes, & donne naiſſance a un gros corps charnu, épais, échancré à ſon ſommet, de forme ovoïde, liſſe, convexe en deſſus, d'un blanc mêlé de couleur de roſe, garni en deſſous de lames rougeâtres, appliquées les unes ſur les autres que l'on prendroit, au premier coup d’œil, pour des étamines ; ce corps eſt courbé & couché ſur le fond de la fleur, & empêche qu'on puiſſe appercevoir les étamines & le ſtyle ; ce n'eſt qu'en le ſoulevant qu'on peut les voir.

Les étamines ſont en grand nombre ſur le diſque ; leurs filets ſont charnus & très courts. Les anthères ſont jaunes & très petites. Le piſtil eſt un ovaire uni & preſque tout renferme dans la partie poſtérieure du calice ; cet ovaire ſe terminé par un mammelon anguleux qui remplit l'ouverture du diſque ; ce mammelon eſt couronné par un stigmate marqué de ſix rayons.

L'ovaire, conjointement avec le calice, devient, en muriſſant une capſule ronde de la forme & de la groſſeur d'un boulet de trente-ſix, plus ou moins. Vers la partie ſupérieure il y a un rebord circulaire peu ſaillant, forme par les diviſions du calice ; & au deſſous eſt un cercle diſtingue par une ligne : ce cercle eſt la partie de l'ovaire qui dans la fleur étoit recouverte par les onglets des lobes de la corolle: ce qui eſt au deſſus de cette ligne, eſt le mammelon qui étoit emboëté dans le trou du diſque, & qui portoit le ſtigmate. Cette capſule ne s'ouvre point, & diffère en cela de celle du quatelé, Elle eſt extérieurement brune, raboteuſe, de ſubſtance ligneuſe & fermé ; l'on épaiſſeur eſt environ de deux lignes ; intérieurement elle eſt enduite d'une matière fibreuſe & pulpeuſe, ſous laquelle eſt une ſeconde capſule mince, ferme & oſſeuſe ; cette ſeconde capſule eſt partagée intérieurement en ſix loges, que l'on ne peut diſtinguer que dans les jeunes fruits. Ces loges ne ſont formées que par des membranes qui ſe confondent avec la pulpe qui enveloppe les semences dans la maturité du fruit ; elles ſont rondes, applaties, à deux lobes, couvertes d'une pellicule mince & blanche. Lorſque ce fruit eſt tombe, qu'il eſt reſte quelque temps ſur la terre, & qu'alors on le briſe, ou s'il ſa été en tombant, il exhale une odeur acide. Sa pulpe devient liquide, de couleur de lie de vin ; dans cet état elle ne m'a point paru d'un goût déſagréable. Pour conſerver cette capſule, l'on eſt obligé de la percer avec une tarrière en deux endroits oppoſés, afin de faciliter la ſortie du ſuc qu'elle contenoit ; alors la capſule intérieure ſe trouve libre, & roule dans l'extérieure. Ce fruit eſt fort peſant dans ſa maturité, il ſeroit dangereux d'en eſſuyer le choc lorſqu'il tombe.

Les fleurs & cet arbre ſont belles a la vue, & répandent une odeur très ſuave.

Cet arbre eſt en fleur & en fruit durant preſque toutes les ſaiſons de l'année dans l'île de Caïenne. Les pieds, que j'y ai obſervés, étoient tous de moyenne hauteur ; ce n'eſt que dans les hautes forêts qu'on en trouvé de très grands.

Comme la fleur de cet arbre diffère peu de celle du quatelé, on n'a pas cru néceſſaire d'en donner la figure.

Le fruit repréſenté eſt diminué conſidérablement ; le pépin eſt de grandeur naturelle.

Les Créoles & les Nègres ont donné à ce fruit le nom de boulet de canon, auquel il reſſemble à beaucoup d'égards. Quelques-uns le nomment abricot ſauvage, & ſuivant Barrère, l'arbre eſt appellé COUROUPITOUTOUMOU par quelques nations ſauvages de la Guiane.

Je ne crois pas, comme l'avance cet auteur, qu'on doive rapporter cet arbre au Pekia de Marcgrave ; Braſ. App. pag. 293. »

 Fusée-Aublet, 1775.

Articles connexes

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Liens externes

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Notes et références

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  1. « Liste des espèces déterminantes de l'inventaire ZNIEFF : Guyane », sur INPN - Institut National du Patrimoine Naturel (consulté le )
  2. « L'arbre boulet de canon - ลูกปืนใหญ่ : Un arbre à la floraison voyante et parfumée. », sur thailande-guide.com, 02 mai 2018 (mis à jour le 05 avril 2019)
  3. Pierre Barrère, ESSAI SUR L'HISTOIRE NATURELLE DE LA FRANCE EQUINOXIALE. OU DE̛NOMBREMENT Des Plantes, des Animaux, & des Minéraux, qui ſe trouvent dans l'Iſle de Cayenne, les Iſles de Remire, sur les Côtes de la Mer, & dans le Continent de la Guyane. AVEC Leurs noms differens, Latins, François, & Indiens, & quelques Obſervations ſur leur uſage dans la médecine et dans les arts., PARIS : PIGET, (lire en ligne)
  4. (la) Willem Piso et George Marcgrave, Historia naturalis Brasiliae, Leyde et Amsterdam, Elzevier, , 415 p. (lire en ligne)
  5. 1 2 Jean Baptiste Christian Fusée-Aublet, HISTOIRE DES PLANTES DE LA GUIANE FRANÇOISE, rangées suivant la méthode sexuelle, avec plusieurs mémoires sur les différents objets intéreſſants, relatifs à la culture & au commerce de la Guiane françoiſe, & une Notice des plantes de l'Iſle de France. volume II, Londres et Paris, P.-F. Didot jeune, Librairie de la Faculté de Médecine, quai des Augustins, (lire en ligne), p. 708-711
  6. (la) Willem Piso, De Indiae utriusque re naturali et medica libri quatuordecim, quorum contenta pagina sequens exhibet : Gulielmi Pisonis de indiae utriusque re naturali et medica, Amstelaedami, Elzevirios, , 141 p. (lire en ligne)