Courlon-sur-Yonne

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Courlon-sur-Yonne
Mairie de Courlon-sur-Yonne.
Mairie de Courlon-sur-Yonne.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne
Département Yonne
Arrondissement Sens
Canton Sergines
Intercommunalité Communauté de communes Yonne Nord
Maire
Mandat
Jean-Jacques Percheminier
2008-2014
Code postal 89140
Code commune 89124
Démographie
Gentilé Courlonnais
Population
municipale
1 165 hab. (2011)
Densité 70 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 20′ 22″ N 3° 09′ 58″ E / 48.3394444444, 3.16611111111 ()48° 20′ 22″ Nord 3° 09′ 58″ Est / 48.3394444444, 3.16611111111 ()  
Altitude Min. 54 m – Max. 138 m
Superficie 16,73 km2
Localisation

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Courlon-sur-Yonne

Courlon-sur-Yonne est une commune française située dans le département de l'Yonne et la région Bourgogne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Courlon-sur-Yonne est un village rural situé sur la rive droite de l'Yonne, à 18 km au nord de Sens, et traversé dans toute sa longueur par la Départementale 23 qui, de Sens à Montereau, double dans la plaine la RN 6.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Bazoches-lès-Bray
(Seine-et-Marne)
Sergines Rose des vents
Vinneuf N Serbonnes
O    Courlon-sur-Yonne    E
S
Champigny Villemanoche

Économie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Age[modifier | modifier le code]

Le nom du village, écrit aussi jadis Corlon et Courleon, s’est prêté à plusieurs étymologies. Il faut écarter le «cursus longus», ou «cours long», qui n’est qu’un plat calembour. On retient plus ordinairement le «Curteleonis» du IXe siècle, comme formé de «curtem», le domaine, et d’un nom d’homme germanique tel que Leto. Courlon eut donc été originairement: le «domaine de Leto». On propose aussi de faire dériver Courlon de l’expression latine «curule vadum» qui désignait un gué carrossable. Un tel gué se trouvait aussi en aval de Sens, sous le nom de Courchanvaux. Cette dernière étymologie a du moins le mérite d’expliquer l’implantation d’un village en ce point stratégique qui devait conditionner son histoire et le développement de son économie. Le gué de Courlon fut en effet pendant des siècles un important lieu de passage et de transactions entre les villages des deux rives de la basse Yonne. Ce trafic fut encore amélioré en 1851 par l’établissement d’un bac; mais la construction du pont de Champigny-sur-Yonne en 1865 lui fut fatal. Par contre, le barrage destiné à alimenter en eau le canal de dérivation creusé en 1878 lui fut bénéfique, créant un magnifique plan d’eau très apprécié des pêcheurs et aujourd’hui des amateurs de sport nautique.

La paroisse appartient au diocèse de Sens.

Courlon au plan féodal fait partie de la châtellenie de Bray-sur-Seine, et donc du comté de Champagne. Il s'en suit qu'au plan judiciaire, Courlon a relevé du bailliage de Provins.

La "Renaissance"[modifier | modifier le code]

La fortune du village lui vaut de posséder des murailles. Avant 1560, une population variée de commerçants et d'artisans vit là. La proximité de l'Yonne fixe des voituriers par eau au hameau du Portillon.

Comme souvent en pareil cas, les murailles donnent un faux sentiment de puissance aux habitants lors des épisodes militaires. C'est ainsi que les habitants commencèrent à fermer les portes du bourg lorsque l'armée des Protestants du prince de Condé est venue ravager le Nogentais, le Braytois et Montereau. Ne pouvant faire face à tant de soldats, les habitants ont quitté les remparts pour aller se réfugier dans leur église paroissiale. Les Huguenots y massacrèrent les habitants : femmes et enfants compris. Quelques hommes ont voulu défendre chèrement leur vie dans le clocher. Les assiégeant leur promirent la vie sauve. La majorité s'est contentée de cette parole et fut aussitôt massacrée. Le curé remonta dans le clocher et refusa de se rendre. Il a préféré se jeter dans le vide. Avec cynisme, les assiégeants prétendirent qu'ils n'avaient nulle mauvaise intention contre lui, car il avait été un joueur de paume très apprécié de leur prince lors d'une partie récente tenue à Vallery[1]. Il s'agit d'un des grands massacres perpétré dans la contrée. Aucune plaque, panneau ou rue n'en rappelle l'existence. On doit relever que dans le village voisin de Serbonnes vivait la famille Clément, dont le fils Jacques, moine Jacobin à Paris puis à Sens, a assassiné le roi Henri III à Saint-Cloud en 1589. Il est très sommairement qualifié de "fanatique" (parce que moine?, Ligueur?, candidat combattant?).

Dès le Moyen Âge, Courlon avait assuré sa protection par une enceinte que forcèrent néanmoins pendant les guerres de Religion les huguenots quand, pour punir les habitants de ne pas leur avoir ouvert leur porte, ils mirent à sac, à feu et à sang tout le village et incendièrent l’église, le . Plus tard, quand Henri IV s'efforça, entre 1590 et 1594, de se rallier Sens et le Sénonais, le duc de Nevers, craignant que Courlon ne servit de refuge aux ligueurs, fit démanteler ses remparts, ne laissant subsister que les fossés. En 1776, Courlon comptait 220 feux et 630 communiants. Son territoire comprenait 4 600 arpents dont 450 plantés en vigne. L’air, disait-on, y était très sain et il y avait toujours eu dans le pays beaucoup de vieillards. L’église paroissiale fut d’abord sous le patronage de l’abbaye de Sainte-Colombe, fondée près de Sens en 620 et qui détenait à Courlon un fief important, dépendant de la seigneurie de Bray. Mais en 1196 le droit de nomination du curé fut remis à l’archevêque. Toutefois, Sainte Colombe conservera sur le bourg et les lieux voisins, même après la transaction passée en 1736 avec le comte de Rochechouart, un droit de seigneurie qui lui rapportait environ 2 300 livres par an. L’abbé de Sainte-Colombe était à Courlon gros décimateur pour le blé et partageait avec le curé la dîme du vin. Tous les ans, une partie de cette dernière dîme était prélevée pour distribuer à chaque habitant, après la première messe de Pâques, un pain de 10 onces ½. L’église Saint-Loup (XIIIe siècle), témoin principal d’un riche passé, est classée monument historique depuis 1912. Elle fait l’objet d’importants travaux de restauration de ses maçonneries et couvertures. De larges fossés, dont il reste quelques vestiges, entouraient le village. La commune consacre une salle, ouverte l’été, au peintre Henri Montassier né à Courlon en 1880.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1977 mars 1978 Raymond Marouzé    
mars 1978 mars 1980 Roger Reyberat    
mars 1981 mars 1989 Maurice Charles    
mars 1989 mars 1997 Yvon Dauvergne    
mars 1997 en cours Jean-Jacques Percheminier [2]   Président de la Communauté de communes Yonne Nord (mars 2009 - mai 2011)

Conseiller général du Canton de Sergines (depuis mai 2011)

Démographie[modifier | modifier le code]

La commune est membre de la Communauté de Communes Yonne-Nord. Sa population est en évolution constante, régulière et maîtrisée.


En 2011, la commune comptait 1 165 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 072 1 136 1 129 1 093 1 166 1 162 1 212 1 278 1 267
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 177 1 185 1 110 1 037 1 006 938 947 904 896
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
838 812 727 631 732 639 661 614 638
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
677 728 710 720 876 988 1 125 1 148 1 164
2011 - - - - - - - -
1 165 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4])
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église paroissiale Saint-Loup.
  • Église Saint-Loup, XXIe siècle. Monument historique depuis 1912. L'église paroissiale, où la population fut massacrée dix ans avant la saint Barthélémy, dispose de magnifiques clés de voûte, de très grande hauteur.
  • Les bords de L'Yonne.
  • Anciens remparts démantelés à la demande de Henri IV entre 1590 et 1594.
  • L'espace sportif Guy Roux inauguré par Guy Roux le 22 mai 2011.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Henri Montassier (1880-1946) : peintre.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mémoires de Claude Haton
  2. Conseil général de l’Yonne, Ma Commune, consulté le 17 décembre 2013.
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011