Courbe hypsométrique

Une courbe hypsométrique est une courbe représentant la répartition de la surface d'un territoire en fonction de son altitude. Elle permet une vue synthétique du relief de ce territoire[1]. Elle est utile pour l'étude de l'hypsométrie, la mesure de l'élévation des terres par rapport au niveau de la mer[2],[3], pour l'étude du relief, et pour la caractérisation de bassins versants[4],[1].
Il peut s'agir d'un histogramme[5],[6] ou une fonction de répartition empirique des élévations pour une zone géographique.
Il existe des différences de courbes hypsométriques entre les paysages car les processus géomorphiques qui façonnent le paysage peuvent être différents.
Plusieurs outils sont associés à la courbe hypsométrique :
- L'intégrale hypsométrique est une mesure récapitulative de la forme de la courbe hypsométrique.
- Le rapport hypsométrique Rh, ou ratio de dissection, définit par Strahler dans les années 1950, compare la surface au-dessus de la courbe (So) à celle qui est en dessous (Si). Un rapport de 1 souligne une stabilité morphologique du bassin étudié[7].
Représentation
[modifier | modifier le code]Lorsqu'elle est dessinée sous forme d'histogramme à 2 dimensions, une courbe hypsométrique affiche l'élévation en ordonnées et la zone de terrain correspondante en abscisses[5]. La courbe peut également être représentée sous une forme non dimensionnelle ou normalisée en mettant à l'échelle l'élévation et la surface par les valeurs maximales.
Dans l'article original sur ce sujet, Arthur Strahler propose une courbe contenant trois paramètres pour s'adapter à différentes relations hypsométriques[8]:
- ,
où , et sont des paramètres d'ajustement. Des recherches ultérieures utilisant des modèles d'évolution de paysage bidimensionnels ont remis en question l'applicabilité générale de cet ajustement[9], ainsi que la capacité de la courbe hypsométrique à gérer les effets dépendant de l'échelle.

Utilisation
[modifier | modifier le code]La courbe hypsométrique non dimensionnelle fournit à un hydrologue ou à un géomorphologue un moyen d'évaluer la similitude des bassins versants[1]. De manière schématique, elle permet de différencier les bassins versants « jeunes », profondément incisés dans un plateau, et « anciens », sous forme de vallée évasée, dont les versants présentent des pentes douces[4].
Voir aussi
[modifier | modifier le code]- Carte hypsométrique
- Équation hypsométrique
- Hypsomètre, un instrument utilisé en hypsométrie qui estime l'élévation en faisant bouillir de l'eau
Références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 « Chapitre2 - Le bassin versant et son complexe », sur archiveweb.epfl.ch (consulté le )
- ↑ « MSN Encarta » [archive du ]
- ↑ « HYPSOMÉTRIE : Définition de HYPSOMÉTRIE », sur www.cnrtl.fr (consulté le )
- 1 2 Jacques Mercier, Pierre Vergély et Yves Missenard, chap. 11 « Les mouvements verticaux », dans Tectonique, Dunod, coll. « Sciences Sup », , 256 p. (ISBN 210075663X, lire en ligne), p. 209 à 220
- 1 2 « QGis 2.8 Wien: calcul des Courbes hypsométriques | Blog SIG & Territoires » (consulté le )
- ↑ Albert Jambon et Alain Thomas, « 5. La Terre objet différencié », Sciences Sup, Dunod, , p. 113–144 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Daniel Delahaye et Johnny Douvinet, chap. 17 « De la morphométrie à la géo-simulation », dans Denis Mercier, Géomorphologie de la France, Dunod, coll. « Sciences Sup », , 320 p. (EAN 9782100588046), p. 245 à 259
- ↑ Strahler, « Hypsometric (area-altitude) analysis of erosional topography », Bulletin of the Geological Society of America, vol. 63, no 11, , p. 1117–1142 (DOI 10.1130/0016-7606(1952)63[1117:HAAOET]2.0.CO;2)
- ↑ Willgoose et Hancock, « Revisiting the hypsometric curve as an indicator of form and process in transport‐limited catchment », Earth Surface Processes and Landforms, vol. 23, no 7, , p. 611–623 (DOI 10.1002/(SICI)1096-9837(199807)23:7<611::AID-ESP872>3.0.CO;2-Y)