Courbe d'apprentissage

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Une courbe d'apprentissage est une courbe décrivant la relation entre la production cumulée d'une entreprise et les quantités de facteurs nécessaires pour produire chaque unité. Une règle informelle dit que « lorsqu'on double son expérience industrielle, on arrive à réduire ses coûts de 30 % ».

Enjeux de la courbe d'apprentissage[modifier | modifier le code]

Empirique comme la plupart des lois scalantes, elle mérite tout de même qu'on s'y arrête : si elle a pu être formulée, en effet, c'est qu'elle ne heurtait pas outre mesure l'expérience de ceux qui l'invoquaient, qu'il s'agisse de fabriquer des briques, des semiconducteurs, des autocommutateurs, des pull-overs ou du courant électrique. Lorsqu'on sait qu'on fera dix fois plus de quelque chose, on peut consacrer un peu de temps à étudier la façon dont on pourra le faire mieux, plus vite et moins cher — ce qui représente très exactement les trois sommets du fameux triangle prix, délai, qualité cher aux industriels.

Usage pratique[modifier | modifier le code]

La plupart des contrats négociés aujourd'hui comportent donc des clauses de variation de prix tenant compte de la courbe d'apprentissage du sous-traitant, qui va sous-traiter de mieux en mieux en inventant de nouveaux procédés, en s'équipant de machines nouvelles... mais si et seulement s’il a la garantie de pouvoir amortir tout cela sur une série suffisamment longue. Le reste appartient aux techniques de négociation.

Le chiffre de 30 % de baisse de coût à chaque décuplement de taille des séries sert de point de départ aux négociations pour toutes les séries à partir de la première, voire de la présérie. Ensuite, on négocie pied à pied quelques points de détail avec une argumentation de préférence solide.

Exemple typique[modifier | modifier le code]

Le cas du Minitel, où trois concurrents furent mis en lice (car il est moins facile de conclure une entente secrète qu’à deux) dans l'espoir de séries pouvant aller jusqu'à 3 millions d'appareils (aucun candidat ne pouvait espérer plus de 50 % du marché par principe) donne une idée des concessions qui ont été acceptées par les constructeurs. Un terminal en mode texte valait 8000 F, un modem 2000 F, et le Minitel qui comprenait les deux était obtenu au prix de revient commercial (et non simplement industriel) de 2200 F (1985).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]