Costume traditionnel en France

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Cet article ou une de ses sections doit être recyclé (indiquez la date de pose grâce au paramètre date).

Une réorganisation et une clarification du contenu paraissent nécessaires. Discutez des points à améliorer en page de discussion ou précisez les sections à recycler en utilisant {{section à recycler}}.

Danse du groupe Empi et Riaume, exemple de costumes traditionnels.

En France, on nomme costume traditionnel ou costume régional l'ensemble des vêtements portés dans les différentes provinces et régions françaises.

Généralité[modifier | modifier le code]

Supplanté par la puissante attraction du style de vêtements conçus suivant la mode dite internationale, le port du costume traditionnel semble être devenu anecdotique en France.

Son port est aussi directement proportionnel à la disparition de la ruralité, de l'attachement au terroir et de l'isolement des campagnes.

Chargé toutefois toujours d'un puissant symbolisme, il est conservé surtout dans le domaine du folklore.

Par région[modifier | modifier le code]

Alsace[modifier | modifier le code]

Coiffes alsaciennes au musée de Strasbourg
Femmes et enfants en 1915
Costume masculin en 1945

Le costume alsacien est caractérisé par la coiffe féminine recouvert d'une bande de tissu croisé en énorme nœud dont les pans retombent dans le dos. Il donne naissance à l'imagerie typique du costume alsacien. Le costume traditionnel alsacien tel qu'il est exhibé dans le folklore contemporain, ou dans l'imagerie populaire, avec le grand nœud caractéristique n'est qu'un aspect épisodique du costume alsacien traditionnel, et date du début du XIXe siècle. Mais la guerre de 1870, qui fera de l'Alsace un Land allemand, verra l'apparition furtive d'une petite cocarde tricolore sur ce ruban noué, en guise de forte contestation et d'attachement à la France4. Depuis cet évènement la coiffe alsacienne à grand nœud noir, qui n'est que l'évolution ornementale d'une coiffe paysanne du Kochersberg, symbolisera la spécificité alsacienne, c'est-à-dire un fort attachement à la France tout en revendiquant une culture locale très développée à distinguer de la germanité d'outre-Rhin. Les coiffes traditionnelles les plus courantes, entre le XVIIIe et le XIXe siècle restent toutefois d'une forme moins connue du grand public, puisqu'il s'agit des coiffes à bec, ou Schnaeppenhub, et des bonnets à couture médiane, ou Schlupfkappen5. Les coiffes à bec seront interdites en 1793 durant la Révolution française, qui les considère trop allemandes, dans le cadre de l'unification nationale.

Dans la vie quotidienne, et en-dehors du symbolisme, le costume traditionnel a évolué au fil des époques, selon les nombreux apports culturels dont l'Alsace a bénéficié. Bien qu'il soit malaisé de définir une date marquant le début d'une mode alsacienne, témoin d'une certaine unité culturelle, il est possible de corréler l'émergence d'un style local à la stabilité d'une population dans le temps. Pour l'Alsace cette stabilisation aurait commencé durant l'ère de romanisation aux environs de 90 par la Pax Romana6, avec le lent amalgame des diverses tribus celtes autochtones et la pérennisation des commerces, de l'artisanat et de l'agriculture, puis la naissance de la vigne alsacienne au IIIe siècle. Ainsi, malgré l'invasion décisive des Alamans en 406, le dépeuplement gallo-romain qui s'ensuivra, et l'incursion des Huns au Ve siècle qui laissera place à l'invasion franque, les pratiques locales perdurent et s'enrichissent, habillant l'Alsacien de synthèses des différents apports. De fait s'il n'existe pas de style contemporain alsacien, faute de créateurs de mode locaux et à cause de l'internationalisation des tenues vestimentaires, le passé a montré l'existence de spécificités stylistiques, d'inventions, notamment au XVIIIe siècle dans les grandes villes comme Strasbourg. Au XVIe siècle la jupe deviendra un marqueur religieux selon sa couleur, sa décoration et sa taille. Ainsi, si la jupe des femmes catholiques, nommée Kutt, reste longue jusqu'aux chevilles, celle des protestantes luthériennes, la Rock, se raccourcit jusqu'à laisser apparaître le jupon sur 10 cm. À partir de 1830, les protestantes porteront la jupe verte, bleue ou rouge, et les catholiques la jupe rouge garance. Une bordure de velours noir signera le deuil.

* Costume masculin Dans sa version traditionnelle de la région de Strasbourg, il est utilisé pour les évènements folkloriques et les représentations de bloosmusik. Il se caractérise par une profusion de boutons dorés, entre 60 et 70 selon la richesse de celui qui le porte. chapeau à larges bords en feutre noir pantalon noir garni de 5 boutons dorés du côté extérieur veste noire garnie de boutons dorés gilet rouge croisé chemise blanche avec un galon noir noué au cou

* Costume féminin Celui-ci est beaucoup plus complexe, une coiffe composée d'un bonnet noir et d'une bande de tissu de 3,60 mètres de longueur que l'on croise pour obtenir un nœud, il est cousu sur le bonnet. Il forme des pans retombant à l'arrière de la tête. chemisier blanc en broderie anglaise jupe avec un corselet blanc et plastron tablier noir brodé châle rouge vert panty et jupon

Anjou[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Costume angevin.

L'homme angevin porte un pantalon, une veste blanche, un gilet et un cravate en nœud, avec un chapeau de feutre noir et des chaussures de cuir. Certains portaient une montre à gousset. La femme porte une robe généralement foncée, un tablier, un châle, des chaussures de cuir. À ce costume s'ajoute un collier ras-du-cou orné d'une croix. Selon les régions, un plastron en dentelle ou mousseline s'ajoute à la tenue. La particularité des tenues des femmes angevines sont les coiffes

  • Angevine : bonnet de dentelle à tuyaux, orné d'un nœud pontant vers le haut. Fond brodé
  • Maugeoise : ressemblant beaucoup à l'Angevine mais avec de plus petits tuyaux, elle dégage les deux côtés de la tête.
  • Pont-de-céaise : Fond brodé se marquant d'un pli. Les tuyaux rabattent vers le sol, le devant est large et incliné et surmonté d'un nœud.
  • Saumuroise : appelée également "coiffe tournante, se retrouve en Touraine. Composée d'une partie plate sur le dessus de la tête, elle forme des tuyaux de la grosseur d'une aiguille. On ajoute un nœud plat est posé sur la nuque.

Aquitaine[modifier | modifier le code]

Auvergne[modifier | modifier le code]

Bourrée auvergnate en costume traditionnel

En Auvergne, le costume traditionnel varie selon les villes. D'une manière générale, les femmes mariées portent une robe généralement de couleur sombre, rouge, verte ou bleue, parfois noire. Ces dames portent, à tout âge, une coiffe blanche brodée qui enveloppe les cheveux, lesquels sont liés en chignon pour ne pas être visibles. À l'âge adulte, et pour sortir, elles portent un chapeau de paille à sommet aplati souvent agrémenté de fleurs ou fruits séchés. Sous la robe, il y a un jupon blanc et, souvent, un pantis fendu entre les jambes. Elles portent un châle, avec une bavette si elles sont mariées ou une collerette blanche brodée si elles ne le sont pas. Les hommes, eux, portent une veste dans les mêmes tons que la robe de leur épouse, à manches longues noires ou sans manches au-dessus d'une chemise claire. Ils ont sur la tête un chapeau de feutre noir à larges bords. Le pantalon est noir uni et droit. Autour du coup est noué un foulard rouge et jaune, aux couleurs symboliques de l'Auvergne ; il est utilisé à l'occasion de danses traditionnelles, notamment des bourrées.

Basque[modifier | modifier le code]

Costumes basques du XIXe siècle

Le costume basque est représenté par l'emblématique béret porté par les hommes. L'espadrille est quant à elle la chaussure basque par excellence.

* Costume masculin L'homme basque porte une chemise blanche à manches longues, un pantalon blanc, un foulard et une ceinture rouge, sans oublier le célèbre béret

* Costume féminin La tenue traditionnelle féminine est souvent composée d'une chemise blanche, d'un corset noir, d'une jupe rouge ou colorée agrémentée de bandes noires, et parfois d'un tablier. Les femmes portaient un bonnet ou un foulard blanc.

Berry[modifier | modifier le code]

Bretagne[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Costume breton et Lexique du costume breton.

Bourgogne[modifier | modifier le code]

Corse[modifier | modifier le code]

Limousin[modifier | modifier le code]

Nord-Pas-de-Calais[modifier | modifier le code]

Boulogne-sur-mer : c'est un costume simple et modeste. Pour les femmes, une robe généralement noire avec un large châle formant cache-cœur, de couleur pastel ou imprimé. Pour les hommes, pêcheurs pour la plupart, c'est la tenue de travail, pantalon, vareuse rouge, casquette. Mais la coiffe des femmes est très orginale : une large auréole de dentelle plissée.

Normandie[modifier | modifier le code]

Le costume normand traditionnel varie en fonction de la proximité ou non avec Paris, selon qu'on est en Haute ou Basse-Normandie et selon l'époque entre le XVIIIe et le début du XXe siècle. Les normandes se laissent influencer par la mode parisienne et notamment pour le choix des textiles : cotonnades, indiennes, siamoises, etc. Le lin et le chanvre produits dans la région servent à fabriquer le textile pour les vêtements de tous les jours. Le costume traditionnel normand est plus porté par de grands propriétaires terriens que par des gens modestes ou urbains. L'image du costume traditionnel a été véhiculé par une iconographie riche qui laissait une grande part à l'imagination de l'artiste, notamment concernant les grandes coiffes à rencontre.

Le costume masculin se caractérise par le port du pantalon à pont, du gilet, inspiré de l'habit à la française, de la blouse (appelée blaude), du mouchoir de cou et de la casquette. La blaude bleue se porte pour les fêtes, ornée de broderies blanches au point de chaînette aux épaules, à l'encolure, aux poignets et aux poches. Pour que le tissu de coton soit brillant, il est calandré, passé entre deux cylindres).

Le costume féminin est plus varié et évolue plus avec le temps. Ce sont surtout par les contrats de mariage et les inventaires après décès qui permettent d'avoir des sources sur la qualité et la quantité du vestiaire féminin. Composé d'une jupe et d'un corsage, le costume est orné d'un tablier plissé ou à bavette épinglé sur le corsage. La robe fait son apparition à la campagne au début du XIXe siècle. La coiffe est un élément culturel et régional fort du costume normand. Son invention date de la fin du XVIIIe siècle avec le bonnet cauchoix et s'achève à la veille de la Seconde Guerre mondiale avec la bonnette de la Manche. S'il existe une régionalisation forte des coiffes, elles ont toutefois des points communs : un fond, plus ou moins grand, la présence de broderies, une passe et des barbes (sorte de volants qui encadrent le visage). La plus courante reste le bonnet rond, appelé aussi pierrot. Les grandes coiffes sont à la mode jusque dans les années 1850. À ce moment-là, elles prennent des mesures exacerbées puis disparaissent peu à peu au profit des bonnettes : plus petites et pratiques à porter même si elles restent réservées aux fêtes et cérémonies.

Le costume normand traditionnel n'est plus porté, des groupes folkloriques, tels que Blaudes et Coëffes, continuent à le faire vivre et à conserver les savoir-faire[1].

Provence[modifier | modifier le code]

Arlésiennes en costume aux Saintes-Maries-de-la-Mer
Le costume comtadin traditionnel

Le costume provençal traditionnel comporte deux grandes variantes : le costume arlésien, dit aussi arlèse, ou provençal après que Frédéric Mistral ait relancé son port à la fin du XIXe siècle comme signe de l'identité culturelle de la Provence, et le costume comtadin, porté dans le Comtat Venaissin et jusqu'au nord de la Durance, y compris à Avignon. Encore utilisé le dimanche jusqu'au début du XXe siècle, son usage courant a progressivement disparu au cours de la première moitié du XXe siècle. Actuellement, il n'est porté qu'épisodiquement, par des groupes folkloriques ou lors de manifestations volontaristes de l'identité locale[2]. Les deux types de costume sont aisément identifiables dans leur version féminine : coiffe généralement sombre sur le haut du crâne couvrant uniquement le chignon, et silhouette « en sablier » très prononcé pour le costume arlésien, coiffe blanche à la grecque éventuellement recouverte d'une fichu de même couleur pour le costume comtadin. Selon les classes sociales, le tissu du costume change, mais dans chacun des deux grands styles, la coupe reste à peu-près la même.

Vallée d'Ossau[modifier | modifier le code]

En vallée d'Ossau, les hommes portent un béret marron, typique du Béarn, agrémenté de deux pompons de couleur, une chemise blanche sans col, une veste rouge s'arrêtant à la taille, un pantalon également marron, de grandes chaussettes blanches, montantes jusqu'au bas du genou et enfin, une paire de chaussures en cuir, noir ou marron.

Vendée[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alice Gandin, Le Costume Normand, Orep (ISBN 9782915762693, lire en ligne)
  2. En « Arlésienne » ou « le voile islamique » à l’envers ? Danièle Dossetto, Terrain, n° 36

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Bernard et la Guérouée de Gâtines, Les habits du peuple des campagnes, Imp. Fournier, Vatan, 2° trimestre 1985.
  • Daniel Bernard, Hier en Berry... Le travail de la laine, La Bouinotte. Le magazine du Berry. N° 5. Automne 1983. Pages 40-43.
  • Daniel Bernard, Le vêtement populaire en Berry, Berry. Une terre à découvrir. N° 3. Automne 1987. Pages 32-40.
  • Daniel Bernard, Le vêtement paysan dans le Berry du XIX° siècle, Bulletin de l’A.S.P.H.A.R.E.S.D. Eguzon, (Actes du colloque « De la mémoire des terroirs à l’avenir du monde rural »). N° 7. Année 1992. Pages 29-36.
  • Daniel Bernard, Au bonheur des dames. La parure villageoise en Berry au siècle dernier, Berry Magazine. N° 51. Automne 1999. Pages 44-50.
  • Daniel Bernard, (Costumes régionaux de) l’Indre, La coiffe de fête, marque d’identité et symbole, In * Costumes régionaux d’autrefois. Archives et Culture. Paris. Mai 2003. Pages 82-83.
  • Daniel Bernard, Parures paysannes et villageoises du Berry (XIX° siècle), In * catalogue de l’exposition « Parures du Berry ». (27 juin –14 septembre 2003). Cité de l’Or. Saint-Amand-Montrond (Cher). Juin 2003. Pages 2- 6.
  • Alice Gandin, Le Costume Normand, Orep (ISBN 9782915762693)

Article connexe[modifier | modifier le code]