Cosaques

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Cosaque écouter en russe : kazak (казак) - pluriel : kazaki (казаки), en ukrainien : kozak (козак) - pluriel : kozaky (козаки), en polonais : Kozak - pluriel : Kozacy, est le nom donné à un groupe de populations en majorité slaves d’Europe orientale adjacente au Caucase et à l’Asie et autrefois à l'Empire ottoman.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Portrait d'une femme cosaque, par le peintre russe Grigori Gagarine.

L’origine du terme « cosaque » renvoie à une fonction, une catégorie d’individus, plutôt qu’à une ethnie ou un peuple. Dans le Codex Cumanicus, dictionnaire trilingue couman (langue turque), persan et latin, mais aussi glossaire et index thématique servant à décrire les peuples en contact avec les Coumans de l’époque, les cosaques (sous la forme « quzzaq ») y sont mentionnés comme étant des sentinelles, des gardiens ayant pour fonction de défendre la steppe des ennemis tatars. Côté étymologique, le terme slave « cosaque » (kozak en ukrainien et en polonais, kazak en russe) est probablement un dérivé du turco-mongol qazaq, un vocable qui se retrouve dans de nombreuses langues de même souche et qui signifie « homme libre », ou « sans attache », par extension vagabond ou aventurier. Le lien avec le soldat ou le garde indépendant décrit dans le Codex Cumanicus est donc des plus logiques puisque le mercenaire est un homme travaillant pour son propre compte. Selon Mikhaïl W. Ramseier, certains chercheurs (William Erskine ou Julius von Klaproth), attribuent une origine arabe au mot « qazaq », qui serait passé en Asie centrale et en Russie après avoir franchi le Caucase, par le biais des Perses puis des Tcherkesses. Dans cette hypothèse, le terme désigne un « homme martial vivant en nomade », un soldat des steppes, une signification très proche de la turco-mongole et une filiation entre les deux parentés reste possible. Mikhaïl W. Ramseier note encore que le Russe Vassili Radlov (ou Wilhelm Radloff), fondateur de la turcologie, définit les cosaques comme des « hommes libres, indépendants et nomades ». Il n'y a pas de rapport entre les Cosaques et les Kazakhs (kазах), ni les Khazars, quoique habitant les mêmes régions, mais à plusieurs siècles d'intervalle.

Rendu artistique d'un cosaque zaporogue par Sergueï Vasilkovsky (vers 1900).

Historique[modifier | modifier le code]

Origine des Cosaques[modifier | modifier le code]

Les Cosaques sont mentionnés pour la première fois dans le Codex Cumanicus, un document dont la rédaction de la partie lexicale est estimée entre 1292 et 1295 et dont la plus ancienne copie actuellement connue date de 1303. Le mot signifie alors, soit « garde de convois », soit « pillard des steppes ». Par la suite, la Chronique de Nikon, une compilation de livres, chroniques et documents anciens parue au début du XVIe siècle, rapporte que des bandes cosaques apparurent dans les environs de Riazan, près de Moscou, dès 1443. Selon la chronique, cette année-là le grand-prince de Riazan conclut un accord avec des renégats tatars venus piller le pays. Ils s'installèrent pour l'hiver et louèrent leurs services de mercenaires pour combattre les Tatars. À partir du milieu du XVe siècle, des Slaves deviennent Cosaques et les références se multiplient : entre Don et Volga à partir de 1470, et autour du Dniepr et en Ukraine actuelle vers 1490.

Ces premiers Cosaques, aventuriers, pirates et mercenaires, descendirent la Volga et colonisèrent les rives du fleuve russe, ainsi que, progressivement, celles du Don et du Dniepr. Ils s'installèrent dans la steppe du sud de la Russie et de l'Ukraine actuelle, au nord de la mer Noire. Pour Iaroslav Lebedynsky, de tels hommes ont probablement toujours existé dans la steppe et l'on peut qualifier de proto-Cosaques les Toques noires, à forte composante petchénègue, les Brodnici (en), mi-slaves, mi-turciques, ou encore les Polovtses sauvages, des renégats coumans. Pour Mikhail Ramseier, il faut aussi compter sur la forte composante des slaves sous la forme des Sevrioukis, des descendants de tribus slaves venues du nord et qui se mélangèrent très tôt à ces rebelles turciques. Preuve en est que les premiers Cosaques, incontestablement turciques au départ, se slavisèrent rapidement. C'est d'ailleurs en 1468 qu'apparaît près de Moscou le premier chef cosaque à nom slave : Ivan Rouno.

Réunis en bandes (starchines) louant leurs services aux nations limitrophes de la steppe, ces premiers Cosaques se retrouvent bientôt aux côtés de Moscovites, de Lituaniens, de Polonais ou de Moldaves, intègrent des éléments des colonies italiennes de la mer Noire et même du khanat de Crimée. On les décrit alors comme étant surtout des mercenaires, des gardes-frontières, des guides de la steppe, des protecteurs de marchands ou de diplomates, mais aussi et surtout des pillards attaquant les villages et les caravanes de rencontre.

Par la suite, ces bandes d'aventuriers accueillent les nombreux fugitifs des États voisins, dont certains arrivaient par familles entières pour échapper au servage, aux lourds impôts ou aux guerres. Les bandes devinrent des établissements, puis de vraies communautés, formées de parias, de pauvres, de rebelles, d'esclaves, aussi bien nordiques et slaves qu'orientaux. Les premiers Cosaques véritablement organisés apparaissent dans la région du Don, autour de 1520, et sur le Dniepr inférieur pour les Zaporogues, en 1550. Porohy signifie « rapides », « tourbillons », en référence à la géographie du grand fleuve.

Noce cosaque, par Józef Brandt.

Les Cosaques zaporogues[modifier | modifier le code]

Vers la fin du XVe, les premiers Cosaques s'établissent entre les fleuves Boug et Dniepr, région sous l'autorité formelle du grand-duc de Lituanie jusqu'en 1569, du roi de Pologne ensuite. On trouve là surtout des paysans corvéables fuyant les obligations envers les seigneurs, des pauvres des villes, des aventuriers de toutes sortes, quelquefois issus de la noblesse, et des criminels de droit commun. Pour les jeunes nobles polonais aventureux, faire le cosaque permettait d'acquérir rapidement une grande expérience militaire.

Les Cosaques zaporogues étaient ethniquement[2] essentiellement des habitants du duché de Kiev et des Biélorusses orthodoxes, avec une importante minorité polonaise catholique, un dixième environ, et des groupes arméniens (tcherkessogaïs) ou moldaves (răzeși ou razèches). Il est probable, tout au moins au début de la cosaquerie, que des Tatars aussi « passèrent cosaques » en devenant chrétiens et polonais (en Podlachie), moldaves (clan du khan Temir) ou russes (clans Tazi ou Fasli)[3]. Au début du XVIIe siècle exista même un petit détachement de cosaques juifs. Quant aux aventuriers, il en vint de toute l'Europe, y compris de France, car les cosaques accueillaient tous les hommes, quelle que soit leur origine, qui, abandonnant ce qu'ils étaient, voulaient vivre comme eux.

Au début, ces réfugiés ou proscrits essayaient de devenir sinon cultivateurs du moins éleveurs, mais, attaqués par les Tatars, qui pillaient leurs récoltes et détruisaient leurs biens, ils se sont rapidement organisés en confréries militaires, vivant de chasse, de pêche et de rapines chez les Tatars, lorsqu'ils ne résidaient pas dans leurs camps retranchés, les sitch. La région est alors giboyeuse et les rivières regorgent de poissons. Dans les eaux du Dniepr certains esturgeons très âgés mesuraient plus de six mètres et pesaient plus d'une tonne. La steppe pontique où ils vivaient constituait une zone-tampon entre les monarchies chrétiennes du nord-ouest et les états musulmans du sud-est. Selon l'expression du géographe russo-ukrainien du XIXe siècle A. Zachtchouk, « avec la cosaquerie, l'Europe a eu son “est sauvage” avant qu'avec ses bouviers, l'Amérique n'ait son “ouest sauvage” »[4].

S'organisant en démocratie directe, les Cosaques élisent leurs chefs militaires (lors d'assemblées générales appelées Rada), dont le plus élevé dans la hiérarchie porte le nom de « otaman » ou hetman. C'est lors de ces assemblées qu'ils déterminaient la marche à suivre et l'objectif. Cependant, gare à l'otaman lorsque l'expédition échouait, ce qui était rare. La première sitch des cosaques se trouve sur une île, la Mala Khortytsia, en aval des rapides du Dniepr, d’où leur nom de zaporogue (za porohy signifie « au-delà des rapides »).

Certains cosaques se mettent au service des starostes des confins du roi de Pologne dont une des tâches était de mettre fin aux expéditions tatares dans le royaume de Pologne et le grand-duché de Lituanie. Ces cosaques restaient en ville à disposition des starostes, ne parcourant la steppe que pendant les saisons de chasse et de pêche. D'autres vivaient dans les steppes en permanence. Mais tous les cosaques restent essentiellement libres et ceux qui veulent organiser des expéditions avec eux doivent les rejoindre. Certains administrateurs domaniaux du roi de Pologne, tel Dmytro Vychnevetsky, deviennent ainsi cosaques.

Brillants cavaliers, les cosaques forment des convois de chariots qu'ils attachent entre eux lors de la bataille, formant un rempart en forme de triangle, infranchissable par les chevaux. Disposant quelquefois de longues piques sur lesquels s'empalaient les montures ennemies qui essayent de sauter, toujours d'armes à feu et parfois de petits canons, les Cosaques repoussèrent ainsi toutes les attaques des cavaliers tartars. Lorsque l'ennemi avait subi de lourdes pertes après plusieurs assauts, les cavaliers cosaques sortaient de leur camp pour achever le travail à coups de sabres et de haches.

Tchaïka (vanneau en ukrainien), mahonne de guerre des cosaques au XVIIe siècle.

Rapidement, les Cosaques deviennent également d'excellents navigateurs, utilisant des barques à rames. Ils organisaient, en longeant les côtes, des expéditions (essentiellement de pillage), qui les menèrent jusqu’à Constantinople.

Au XVIe siècle, le gouvernement polonais commence une politique d’enregistrement officiel, c’est-à-dire d’inscription sur les registres leur accordant la propriété de la terre des steppes, celle-ci appartenant en principe au roi, contre un service militaire, un statut ressemblant donc à celui de la noblesse. Au temps du roi Sigismond II de Pologne, il y avait au mieux 500 cosaques enregistrés, alors que les troupes cosaques pouvaient atteindre 10 000 soldats à la fin du siècle. Le nombre de cosaques enregistrés[5] augmente à plusieurs reprises, mais est toujours largement inférieur au nombre réel de cosaques.

Les cosaques non enregistrés[6] devaient en principe devenir serfs sur les domaines de nobles polonais, ce qui fut la cause des révoltes. Au début du XVIIe siècle, plusieurs milliers de cosaques sont enregistrés ; environ 6 000 avant la révolte de 1648. Il y avait déjà entre 100 000 et 200 000 Cosaques, souvent des paysans qui ne voulaient plus être serfs. Le nombre de Cosaques ne dépassait pas en réalité 50 000 hommes, y compris ceux qui ne parcouraient les steppes qu'occasionnellement. En 1648, c'est en fait toute la Zaporoguie qui se révolte au nom des libertés cosaques.

Développement de la cosaquerie[modifier | modifier le code]

Les Cosaques (en vert) aux marges de l'Empire russe au XVIIIe siècle.

Par la suite, les cosaques formèrent d'autres communautés plus à l'est au fur et à mesure que les noblesses, russes et polonaises, investissaient leurs territoires. Du côté lituano-polonais, les cosaques, hormis les zaporogues, furent récupérés par l'État en tant que soldats, qui créa en 1581 un registre pour les recenser. On parla alors des « cosaques enregistrés », par opposition aux « libres » qui restaient hors du contrôle de l'État. Côté russe, les cosaques également se mirent sous la coupe du gouvernement du tsar. Bien qu'autonomes dans leurs régions, ils collaboraient avec les armées tsaristes contre une solde et des produits en nature (sel, alcool, tissus, poudre, etc.).

Les établissements cosaques se multiplièrent sur les frontières de l'Empire russe : le Caucase avec le Kouban et le Terek, puis toute la Sibérie, avec les conquêtes de Ermak Timofeïévitch au-delà de l'Oural pour le compte du tsar Ivan IV le Terrible.

Révoltes et soulèvements[modifier | modifier le code]

Opprimés par les féodaux polonais qui colonisaient progressivement le pays, les cosaques se révoltent et l'État dut sans cesse batailler pour les contenir, tout en les contentant afin de pouvoir les utiliser. Le plus célèbre de ces soulèvements fut celui de 1648 conduit par Bogdan Khmelnitski. Il aboutira à la création de l'Hetmanat, organisation cosaque dont Bogdan Khmelnytsky sera le premier hetman. Supportant de plus en plus mal la férule de la Pologne sur l'hetmanat, les cosaques reprirent les armes contre les polonais et, choix de l'hetman , décidèrent de se placer sous la suzeraineté du Tsar russe en lui prêtant allégeance en 1654 par le traité de Péréiaslav. Dans leur esprit il s'agissait d'obtenir un puissant protecteur qui fît équilibre à la Pologne et aux tatars de Crimée et qui pût garantir leurs libertés et leur organisation interne. À part la création des cosaques de la région « slobodienne » (slobodskaïa), et les cosaques restés enregistrés en Pologne, les cosaques étaient alors majoritairement passés sous le contrôle du tsar malgré des hésitations et des conflits internes importants, voire des retournements d'alliance, ce dont témoigne Iouri Khmelnytsky, le fils de Bogdan. Plus tard, l'Hetmanat se scinda en rive Gauche et rive Droite (du Dniepr), respectivement contrôlées par la Russie et la Pologne. Le côté polonais fut rapidement dissous (1699), tandis que le côté russe, qui garda seul le nom d'Hetmanat, fut supprimé par Catherine II en 1775.

En Russie aussi, les révoltes se succédèrent, dès 1606 avec Ivan Bolotnikov, puis Stenka Razine entre 1667 et 1671, Kondrati Boulavine (en)) en 1707 et Emelian Pougatchev à partir de 1773, pour ne prendre que celles qui eurent un retentissement national.

Les cosaques de Russie[modifier | modifier le code]

À partir du début du XVIe siècle, les cosaques russes partaient pour le service de guet et de patrouille, protégeaient les territoires frontaliers de la Moscovie contre les incursions des tatars de Crimée, de Kazan et d'Astrakhan et des hordes transvolgiennes. La région entre Donets et Don se peuple également de paysans qui y deviennent chasseurs, pêcheurs, quelquefois éleveurs, organisant des expéditions chez les tatars. Ces cosaques forment la communauté du Don.

Les cosaques russes ont joué un rôle important pendant l'expansion de la Russie en Sibérie (en particulier Ermak Timofeïévitch), au Caucase et en Asie centrale du XVIe au XIXe siècles. Ils ont également servi de guides pour la plupart des expéditions russes de géographes, de commerçants, d'explorateurs et d'arpenteurs civils.

À la fin du XVIe siècle, les cosaques russes de la Sibérie de l'ouest ont fondé les villes de Tobolsk, Beriozovo, Sourgout, Tara, Obdorsk et Narym. Au début du XVIIe siècle les cosaques russes ont atteint le fleuve Ienisseï.

À l'époque du règne de Mikhaïl Romanov, les cosaques russes de la Sibérie de l'est ont fondé les villes de Ienisseïsk, Krasnoïarsk et Iakoutsk et atteint l'océan Pacifique. Le cosaque Vassili Poïarkov a passé en 1645[7] le fleuve Amour et découvert la côte septentrionale de l'île Sakhaline. En 1648, un autre cosaque, Simon Dejnev a atteint l'embouchure du fleuve Anadyr (dans la péninsule de Tchoukotka) et découvert la route entre l'Asie et l'Amérique[réf. nécessaire], tandis qu'entre 1697 et 1699, Vladimir Atlassov atteint quant à lui la péninsule du Kamtchatka[8].

Soldats du tsar[modifier | modifier le code]

À la suite de la révolte de Pougatchev, puis à celle des haïdamaks, des zaporogues mélangés à des paysans rebelles (à ne pas confondre avec les haïdouks des Balkans), l'impératrice Catherine II décida la dissolution de l'Hetmanat et de la Sietch zaporogue, et la répression frappa toutes les autres communautés dès 1775. À partir de là, les cosaques, devenus inexistants côté polonais (rive droite du Dniepr), intégrèrent les armées impériales du côté russe, à la manière de régiments de dragons ou de hussards. Passant entièrement à la solde du tsar, ils gardèrent néanmoins une forme d'autonomie, d'abord au sein de leurs établissements, que l'on appela voïsko, des armées territoriales dont certaines étaient endogènes et d'autres créées artificiellement par l'État pour défendre les frontières, puis en étant exemptés d'impôts.

Toujours en quête d'indépendance, les cosaques, en échange de leur statut spécial et des avantages concédés par le pouvoir, se muèrent donc en soldats de l'Empire, puis, en gendarmes du tsar, devenant le bras armé le plus efficace du gouvernement.

Cosaques dans l'armée impériale Russe : il existait des régiments de cavalerie cosaques dans l'armée russe, qui assuraient la garde rapprochée de la famille impériale et des princes. Ces régiments étaient composés de cosaques instruits : il était obligatoire de savoir lire, écrire et compter. La notion de titre nobiliaire était juste tolérée et comme le disait un proverbe cosaque « quand un cosaque est à cheval, seul Dieu est plus grand que lui ». La plus célèbre des divisions cosaques de l'armée russe était une division qui portait le nom de « Division sauvage » et qui était redoutée pour la violence de ses charges. Elle était totalement indépendante et nommait ses officiers, qui étaient confirmés dans leur grade, par des écoles d'instruction ou des décrets impériaux. L'empereur et les princes de la famille étaient tous commandants d'une division de cosaques, qui, au combat, était fractionnée en groupes nommés sotnia, et qui pouvait rapidement se regrouper pour attaquer la cavalerie ennemie.

Les communautés de cosaques de la Russie à la veille de la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Dimitri Pechkov, cosaque du fleuve Amour. Gravure parue dans Kniga o Lochadi du prince Ouroussov, tome 1, page 163 (Saint-Pétersbourg, 1902)

À la veille de 1914, une dizaine d'« armées » (voïsko) cosaques, c'est-à-dire de communautés territoriales militarisées, d'une population totale de 4,5 millions, familles incluses, s'échelonnaient d'ouest en est sur le territoire russe, dans un ordre décroissant en termes d'effectifs [9]

Seules ces trois communautés sont de création essentiellement spontanée et endogène.

Les communautés suivantes sont des groupes de garde-frontières créés par les tsars :

De 1917 à aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Les cosaques après la Révolution de 1917[modifier | modifier le code]

À la révolution, les cosaques prirent parti soit de se battre dans les troupes blanches, soit de s'engager dans l'Armée Rouge soit de se mobiliser pour instaurer leurs propres gouvernements indépendants: la Republique du Don de l'Ataman Krasnoff ou l'Hetmanat de l'ataman Skoropadsky . Ces tentatives furent écrasées par l'Armée Rouge.

Le 24 janvier 1919, fut décidé par le Comité central du Parti Communiste de procéder à l'extermination des Cosaques sur l'ensemble du territoire. La circulaire portant organisation de la destruction des Cosaques ordonnait les mesures suivantes:

" Il est nécessaire, compte tenu de l'expérience de la guerre civile avec les Cosaques, de reconnaître comme seule attitude légitime le combat le plus impitoyable contre la totalité des Cosaques pour procéder à leur extermination complète. Aucun compromis, aucune demi-mesure n'est acceptable. Il faut donc:

1. Mener une terreur de masse contre les riches Cosaques, en les détruisant tous sans exception ; mener une terreur de masse impitoyable contre tous les Cosaques qui ont pris part directement ou indirectement à la lutte contre le pouvoir soviétique. Concernant la classe cosaque, il est impératif de prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir l’impossibilité de nouvelles tentatives d’action de sa part contre le régime soviétique.

2. Confisquer le pain et forcer à remettre (aux forces soviétiques) tous les surplus concernés dans les paragraphes indiqués, ceci s'applique à la fois au pain et à tous les autres produits agricoles.

3. Prendre toutes les mesures pour aider les nouveaux arrivants « non-résidents » pauvres, en organisant la réinstallation le plus efficacement possible.

4. Accorder aux nouveaux arrivants "non-résidents" l’égalité avec les Cosaques pour l’attribution de la terre et à tous autres égards.

5. Procéder à un désarmement complet et fusiller toutes les personnes qui se trouveront en possession d’armes après la date limite.

6. Ne distribuer des armes, parmi les non-résidents, qu'aux éléments fiables.

7. Les unités armées doivent être stationnées dans les villages cosaques jusqu'à l'établissement d'un ordre complet.

8. Tous les commissaires nommés dans toutes les implantations cosaques sont invités à faire preuve d'une fermeté maximale et à suivre ces instructions avec constance.

Le Comité central décide de mettre en œuvre, par le biais des institutions soviétiques compétentes, l'obligation du Commissariat du Peuple au Développement d'élaborer en toute urgence des mesures réelles de réinstallation massive de « non-résidents » pauvres sur les terres cosaques.

Comité central du Parti Communiste[10]

La famine soviétique de 1921-1922 qui ravagea les terres cosaques fut une des conséquences de l'application de cette directive

Les cosaques pendant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Soumises à des mesures d'extermination de masse en Union soviétique, les populations cosaques qui avaient pu s'échapper se regroupèrent en Occident et se réorganisèrent militairement.

Au sein de l'Armée rouge, les unités cosaques composées de guerriers cosaques ralliés à la révolution furent d'abord dissoutes mais en 1936, Staline recréa des régiments de cavalerie cosaque.

L'armée du Reich eut elle aussi ses divisions cosaques, les cosaques de Pannwitz, composés de forces cosaques qui prirent le pari de rejoindre les forces de Hitler, afin de libérer leurs terres des persécutions communistes et restaurer leur liberté après le conflit. Après la défaite allemande, ces troupes ont été livrées à Staline par les Alliés, ce qui permit à l'Union soviétique de terminer la décosaquisation commencée en 1919.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Les communautés cosaques avaient cessé d’exister comme entités officielles après la révolution russe. Depuis la chute de l’URSS elles se sont en partie reformées, et bénéficient d’une reconnaissance officielle en tant que Cosaques enregistrés de la Fédération de Russie. Depuis la crise de Crimée de 2014, les Cosaques sont une force armée pro-russe, aidée de milices orthodoxes originaires des Balkans, notamment serbes.[11]

Tous les 24 janvier, jour de la prise du décret d'extermination des Cosaques, est célébré en Orthodoxie russe un service funèbre en mémoire des victimes de la politique d'extermination mise en place par le Comité central du Parti Communiste.[12]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cet épisode a inspiré à Guillaume Apollinaire un poème de son recueil Alcools.
  2. Franz 2004, p. 96-102
  3. Ernst Eichler (dir.), Manuel international d'onomastique, Walter de Gruyter, NY 1995, (ISBN 978-3-11-020342-4) ; Romuald Romański, Les Tatars ISBN/ (ISBN 978-83-11-11035-9), articles de Stojan Romański et autres spécialistes sur [1] et sur http://www.ukrcensus.gov.ua/eng/results/nationality_population/nationality_1/s5/?botton=cens_db&box=5.1W&k_t=00&p=80&rz=1_1&rz_b=2_1%20%20%20%20%20%20%20%20%20%20%20%20&n_page=5]
  4. (ru) А. Защук, Материалы для географии и статистики России, собранные офицерами Генерального штаба, Saint-Pétersbourg, Тип. Э. Веймара,‎ .
  5. Franz 2004, p. 102-109
  6. Franz 2004, p. 109-113
  7. (ru) Article Vassili Poïarkov dans le Encyclopédie Brockhaus et Efron.
  8. (ru) Atlassov, Vladimir Vassilievitch dans l’encyclopédie Brockhaus et Efron (1890-1907).
  9. Iaroslav Lebedynsky, Histoire des Cosaques, Terre Noire, , p. 174.
  10. Centre russe pour le stockage et l'étude des documents d'histoire récente (RCHIDNI). F.17. Op.4. E.7. L.5; F.17. Op.65. D.35. L.216. Copie dactylographiée
  11. « Ukraine: aux côtés des cosaques en Crimée, une poignée de combattants serbes », sur www.20minutes.fr (consulté le 25 août 2019)
  12. (ru) « В день 100-летия начала политики расказачивания председатель Синодального комитета по взаимодействию с казачеством совершил панихиду по убиенным казакам / Новости / Патриархия.ru », sur Патриархия.ru (consulté le 1er octobre 2020)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (pl) Maciej Franz, Wojskowość Kozaczyzny Zaporoskiej w XVI-XVII wieku [« L’art militaire des Cosaques Zaporogues aux XVIe – XVIIe siècles »], Adam Marszalek,
  • Iaroslav Lebedynsky, Histoire des Cosaques, Terre Noire, 1995, 269p: un survol historique de la formation des cosaques, avec une mise en valeur de leur composante ukrainienne.
  • Iaroslav Lebedynsky, Les Cosaques, Une société guerrière entre libertés et pouvoirs - Ukraine - 1490-1790, Paris, Errance, « Civilisations et cultures », 2004. (ISBN 2 87772-272-4).Livre fondamental.
  • Iaroslav Lebedinsky , "Ukraine, une histoire en question ", Paris, L'Harmattan, 2e éd revue, 2019. Point de vue ukrainien assumé, mais argumenté.
  • Philip Longworth, Les Cosaques, Paris, Albin Michel, 1972.
  • Mikhaïl W. Ramseier, Cosaques, Genève, Nemo, 2009. (ISBN 2-940038-39-2)
  • Jean Savant, Les Cosaques, Paris, Éditions Balzac, 1948.
  • Goudakov Vladimir, Caucasiens, Cosaques et empires : les relations interculturelles au Caucase du Nord-Ouest, XVe – XVIIIe siècle, Édition : L'Harmattan (juin 2009) (ISBN 229609502X)
  • Dmitri Nikolaïevitch Pechkov (Auteur), thomas Stevens (Auteur), Jean-Louis Gouraud (Préface), Carole Ferret (Traduction), La Russie à cheval : Récits croisés d'un cosaque et d'un reporter (1889-1890), Éditeur : Payot (mars 2002) (ISBN 2228895644)
  • Jean-Benoit Scherer, Annales de la Petite-Russie, ou Histoire des Cosaques-Saporogues et des Cosaques de l'Ukraine, ou de la Petite-Russie depuis leur origine jusqu'à nos jours:… et de pièces justificatives. Tome 2, Éditeur : BookSurge Publishing (avril 2001) (ISBN 0543996883)
  • Francis Moncaubeig, Sur les traces des Cosaques, Éditeur : Anovi (juin 2015) (ISBN 9782914818650)

Lien externe[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]