Corybantes

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Jupiter parmi les Corybantes, peinture de Giuseppe Maria Crespi, v. 1730, Kimbell Art Museum

Dans la mythologie grecque, les Corybantes (en grec ancien Κορύϐαντες / Korúbantes), appelé Kurbantes en Phrygie, et Koryvandes dans la translittération moderne grecque, sont des danseurs coiffés d'un casque qui célèbrent le culte de la Grande Déesse phrygienne Cybèle en jouant du tambourin et en dansant. Les Corybantes sont des hommes en armure, qui suivent le rythme des tambourins, des cors, des flûtes et des cymbales (Lucrèce, II, 600-643), et le marquent avec leurs pieds. La danse, selon la pensée grecque, était une des activités éducatrices, comme la fabrication du vin ou la musique. La danse en armure (la « danse pyrrhique » ou simplement la « pyrrhique ») était un rituel d'initiation pour les jeunes hommes qui « arrivent à leur majorité » et était liée à la célébration d'une victoire à la guerre.

Corybantes et Curètes[modifier | modifier le code]

Les Curètes[1] sont, quant à eux, les neuf danseurs adorateurs de Rhéa, l'homologue crétoise de Cybèle ; Virgile confond Corybantes et Curètes[2].

L'helléniste français Henri Jeanmaire a montré que les Curètes aussi bien que le Zeus crétois (appelé « le plus grand kouros » dans des hymnes crétois) était en liaison étroite avec le passage des jeunes hommes à l'âge de virilité dans certaines villes crétoises[3].

Les Corybantes phrygiens ont été souvent confondus avec d'autres fraternités masculines extatiques, comme les Dactyles du mont Ida ou les Curètes crétois, divinités de la jeunesse (kouroi) qui servaient de gardiens pendant la petite enfance de Zeus. Dans le récit grec de sa naissance, le rite des lances et des boucliers qui s'entrechoquent, est interprété comme servant à couvrir les cris du petit enfant-dieu et à empêcher que son père Cronos le découvre. Ovide dans ses Métamorphoses les fait naître de l'eau de pluie, Ouranos fertilisant Gaïa, ce qui pourrait rapprocher ce rite des Hyades des Pélasges. Selon le pseudo-Apollodore, ils sont les fils d'Apollon et de la Muse Thalie. Selon une version encore, ils sont les fils de Zeus et de la Muse Calliope.

Les Corybantes ou Curètes président aussi à la petite enfance de Dionysos, un autre dieu né bébé et de Zagreus, un enfant crétois de Zeus. L'extase sauvage qui accompagne leur culte peut se comparer à celle des Ménades, des femmes qui suivaient Dionysos.

Culte[modifier | modifier le code]

Il existait plusieurs « tribus » de Corybantes, entre autres les Cabires, les Corybantes de l'Eubée et les Corybantes de Samothrace. Hoplodamos et ses géants étaient comptés au nombre des Corybantes et le Titan Anytos était considéré comme un Curète.

Théophraste a écrit que les anciennes prescriptions du culte athénien avaient été copiées sur le règlement des cérémonies des Corybantes crétois[4].

Expressions[modifier | modifier le code]

« Je ne peux pas l'écouter sans que le cœur ne me batte pis qu'aux Corybantes et que ses propos ne m'arrachent des larmes » (Platon, Le Banquet, Éloge de Socrate par Alcibiade)[5].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. On peut orthographier de différentes manières le mot Curètes selon la transcription : Kurètes, Courètes, Kourètes
  2. Énéide, III
  3. Couroi et Courètes : essai sur l'éducation spartiate et sur les rites d'adolescence dans l'antiquité hellénique, Lille, 1939
  4. De l'abstinence, cité par Porphyre de Tyr (Livre II, 20)
  5. Platon, [Le Banquet], Éloge de Socrate par Alcibiade

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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