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Corps d'armée des personnels et des services administratifs et techniques

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Corps d'armée des personnels et des services administratifs et techniques
Création (officiellement[note 1])
Pays Drapeau de Madagascar Madagascar
Branche Armée de terre malgache
Type Corps d'armée
Rôle Logistique militaire, opérations techniques, administration du personnel
Garnison Soanierana, Antananarivo
Colonel en chef Michael Randrianirina

Le Corps d'armée des personnels et des services administratifs et techniques, abrégé CAPSAT, est une unité des Forces armées de Madagascar[2]. Influente politiquement, elle a mis en œuvre deux coups d'État en 2009 et en 2025.

Le CAPSAT n'est pas une unité de combat de première ligne mais joue un rôle central dans la gestion de la logistique militaire, des opérations techniques et de l'administration du personnel[3].

En raison de la tenue de dossiers floue pendant le régime socialiste, la date exacte de fondation du CAPSAT est inconnue. Il est possible que l'unité, ou une ayant une fonction quasi identique, ait été créée lors de la réorganisation des forces armées durant la création de la République démocratique de Madagascar marxiste-léniniste en 1975 ; cependant, la première mention explicite du CAPSAT est intervenue lors de la réorganisation de l'armée le 2 décembre 2003, lorsque le CAPSAT, ou son prédécesseur qui a été renommé CAPSAT, a été réorganisé dans la nouvelle armée de la Troisième République de Madagascar[1],[4].

Le CAPSAT est un groupe très puissant à Madagascar depuis plusieurs décennies, principalement en raison de ses liens avec les élites commerciales locales et certaines sections de la gendarmerie, mais aussi parce que les officiers du CAPSAT étaient fréquemment promus à des postes de direction supérieurs, étendant ainsi l'influence de l'unité sur l'ensemble de l'armée[3].

En raison de son rôle, le CAPSAT a le contrôle structurel de fonctions clés de l'armée, à savoir la logistique et les salaires. Puisque c'est le CAPSAT qui paie le personnel de l'armée, il a acquis la réputation de faiseur de rois de la politique malgache[3].

Leur mutinerie, menée par le Colonel Noël Rakotonandrasana, pendant la Crise politique malgache de 2009 a provoqué la démission du Président Marc Ravalomanana et l'installation du maire d'Antananarivo, Andry Rajoelina, comme Président de la Haute Autorité de transition de Madagascar après un coup d'État[5],[6]. Le CAPSAT avait été un allié ferme de Rajoelina, qui a ensuite tenté, sans succès, de placer des loyalistes et des alliés au sein du CAPSAT[3]. En raison de cette tentative d'infiltration, à partir de 2020-2021, le CAPSAT et Rajoelina se sont brouillés, et le CAPSAT a « remis en question si leurs intérêts et ceux de Rajoelina coïncidaient »[3].

Incident de sécurité

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En août 2021, la garnison du CAPSAT a été victime d'un cambriolage. Le magasin d'armes du camp à Soanierana a été dévalisé dans la nuit du mardi 10 août. Une équipe de militaires de garde a signalé qu'un fusil d'assaut AK-47 ainsi que des munitions avaient été dérobés. Les militaires se sont immédiatement mobilisés pour traquer l'auteur du cambriolage, ratissant large dans les quartiers riverains, mais le responsable du vol est resté introuvable[7].

Le camp Intendant général Jean Jacques Rasolomalala est passé en état d'alerte à la suite de cet incident. Des dispositifs de sécurité renforcés ont été mis en place au niveau du camp CAPSAT, et le Régiment de Transmission et de Soutien à Fiadanana, situé à une centaine de mètres, a également été consigné. Le contrôle des troupes et des armements dans ces deux camps militaires est devenu systématique[7].

Cet incident a suscité l'ire du président de la République, chef suprême des forces armées. Des observateurs ont émis l'hypothèse d'un lien possible avec le projet « Apollo 21 », dans lequel l'un des officiers mis en cause était justement responsable d'un magasin d'armes. Cet officier général, encore en activité et déjà comparu dans le cadre de l'instruction du projet de Paul Rafanoharana, avait été mis sous contrôle judiciaire, tandis que d'autres généraux impliqués bénéficiaient d'une liberté provisoire[7].

Coup d'État de 2025

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Le CAPSAT a lancé un coup d'État le 14 octobre 2025 et son commandant actuel, le Colonel Michael Randrianirina, est devenu Président de Madagascar par intérim, bien que cela soit contesté par Andry Rajoelina qui a fui le pays et est défaillant dans ses fonctions[8].

Coopération internationale

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Le CAPSAT joue également un rôle dans les exercices militaires internationaux. En avril 2025, la ville de Mahajanga a accueilli environ 1 500 soldats provenant de cinq pays de l'océan Indien pour la manœuvre militaire conjointe Tulipe 2025. Cet événement, qui s'est déroulé du 20 au 25 avril, a réuni des forces armées de Madagascar, des Seychelles, de La Réunion, des Comores et de Maurice[9].

Les soldats malgaches, qui constituaient la majorité des participants, ont quitté le camp de Capsat Soanierana pour rejoindre Mahajanga. Les exercices militaires se sont déroulés dans plusieurs localités, notamment à Antsanitia, Ankilahila, Ambalakida, Mahajanga ville, Katsepy, Bekipay, Soalala et Andranomavo. Des démonstrations de sauts de parachutes étaient également au programme [9].

Selon le général Jocelyn Rakotoson, coordonnateur de l'exercice auprès de l'Etat-major de l'armée malgache, cette manœuvre militaire représentait une opportunité de renforcer les capacités des forces terrestres, navales et aériennes de Madagascar : « C'est une occasion pour nos soldats de renforcer leurs compétences et leurs capacités opérationnelles »[9].

Notes et références

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  1. Possiblement formé en 1975 et simplement renommé en 2003[1]

Références

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  1. a et b « Liste des thèmes », sur cnlegis.gov.mg,
  2. « Madagascar : Pourquoi l'unité militaire CAPSAT est-elle si influente ? », sur DW.com,
  3. a b c d et e « Qu'est-ce que le CAPSAT, l'unité militaire qui a pris le pouvoir à Madagascar ? », sur Firstpost,
  4. « Liste des thèmes », sur cnlegis.gov.mg,
  5. « Mutinerie à la CAPSAT », sur Madagascar Tribune,
  6. « DÉCLARATION À AMBOHITSOROHITRA - Les militaires prennent le pouvoir », sur L'Express de Madagascar,
  7. a b et c « Armée - Le camp Capsat en état d'alerte », sur Midi Madagasikara,
  8. « L'armée malgache prend le pouvoir, le président en fuite destitué », sur Reuters.com,
  9. a b et c « Coopération militaire - Environ 1 500 soldats de cinq pays de l'océan Indien attendus à Mahajanga », sur 2424.mg,